Macarons…

macaron solitude

Au fond, j’aurai passé une partie de ma vie à rechercher l’allégresse dans la dégustation de macarons. Je n’ai jamais vraiment compris leur poésie et peu de gens se rendent compte du potentiel érotique de ces gâteaux. Je mourrai sans en avoir percé les mystères, et à vrai dire, je ne cherche plus, je n’ai même plus l’envie de donner ma langue aux chats, fussent-ils des mignons minous.

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Je suis assise là, sur les berges du fleuve, avec mon ballotin de douceurs colorées et fondantes. Comme souvent, je regarde passer les bateaux-croisière pour les touristes pressés de rentabiliser leurs journées de vacances. Les péniches ont disparu, mon sourire aussi. Plus personne ne navigue excepté en eaux troubles.

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Lorsqu’il fait beau, je contemple le balai des traînées de kérosène laissées par les avions décidés à partir vers l’ailleurs. Suivant l’heure, les couleurs du ciel, du fleuve, des berges et des bâtiments en brique rose arrivent à être en parfaite harmonie. Ma petite joie est d’accorder ma dégustation de macaron aux couleurs du moment. Ce soir, c’est le violet qui domine, à défaut d’amour je me rabats  donc sur la mure.

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Je ne vais plus au bout du fleuve. Celui-ci se meurt dans l’océan et je n’ai plus envie d’arpenter les falaises embruyérées. Je les ai pourtant chéries, avant, lorsque l’une de mes amantes m’avait une nouvelle fois brisé le cœur. Avec le temps même la mélancolie se dépoétise. Je ne sais pas pourquoi j’ai renoncé si jeune à l’amour. Sait-on jamais vraiment de quoi sont faits nos renoncements ?

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Désormais, je laisse fondre la myriade de parfums, de confitures et de poudres d’amandes et puis je rentre chez moi respirer la brume de mes lectures. Puis je m’endors. Demain matin en me levant, J’aurai cinquante cinq ans et seul le pâtissier aura une pensée pour moi.

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Fera-t-il beau  demain ?

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PS: Merci à mes sponsors, Kleenex et Lexomil, pour leur fidélité et leurs encouragements.

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30 réflexions sur “Macarons…

  1. Zut, mon com’ a disparu, j’ai encore ripé sur une touche qui fallait pas ! scrongneugneu !
    Je te disais comme j’ai été bluffée par ton texte. Le passage au féminin m’a troublée, j’y ai cru. Et que de belles inventions langagières ! Bravo, c’est très bon et tu côtoies bellement la poésie.
    S’il n’y avait pas eu la pirouette finale très mindounesque, j’y aurais cru jusqu’au bout.

    C’est fou le pouvoir des macarons. Quand j’en mange, à part faire éclore des kilos supplémentaires, il n’y a rien qui se passe chez moi. Il n’y a pas à dire, on n’est pas tous pareils ! 😉

    1. Merci de tous ces compliments, je devrais être rouge comme un macaron à la fraise à force 😀
      Moi quand j’en mange, je ressens que du plaisir et coté kilos ça va…j’ai trouvé un nouveau fournisseur sur Toulouse, une tuerie macaronesque…bises !

  2.  » a défaut d’amour, je me rabats sur la mûre »
    Alors ça, c’est fort! C’est vraiment très très fort! Bravo pour ce texte, moi aussi j’ai d’abord pensé â un extrait de livre. Tu est  » mûr » pour publier.

  3. sous les galets

    Tu as oublié de remercier ce mois d’octobre qui rend la vie chaque année un peu plus triste que septembre.
    Il est extra ton texte! Aspho a-t-elle repris les plumes ou c’est une initiative perso ? Tu sais à quel point j’aime ses personnages seuls au monde et qui ont raté pas mal de choses pour en arriver là, au bord d’un fleuve je veux. Sans doute, parce que certains d’entre nous pourraient être ces gens là, qui cherchent l’allégresse dans un macaron (ou dans un chocolat au beurre salé etc….)
    bref, ton incipit est topissime, franchement, tu n’as rien à envier à ton Fredo, moi je te le dis.

    1. sous les galets

      Il manque des mots bien sûr, et je m’en aperçois une fois que c’est publié. Si l’ensemble n’est pas compréhensible, je recommencerai 😉

    2. Ton commentaire me fait très plaisir , si tu es enthousiaste c’est que le texte t’ a touchée. Je l’ai écrit hors atelier. Je ne participe qu’à l’Atelier de miss Aspho mais pas à chaque fois. Elle reprend lundi…et si tu venais déposer un petit mot et puis un texte…juste une fois mais peut-être tu l’as déjà fait avant qu’on se connaisse??
      Beigbeder écrit des pensées qui me ressemblent, j’aimerais les avoir écrites parfois. Il a du talent mais c’est un escroc et il cède à la facilité…

      1. Non mon Poussin, j’étais sur l’I-phone mais il y a eu je ne sais quoi, et je ne vois plus la partie droite de l’écran ni ce que je tape, alors j’ai coupé court en me disant que j’allais revenir de l’ordi. Je vais demander des tuyaux aux Zhiponnées pour savoir quoi faire quand ça « saute » comme ça !!!
        J’étais ébahie ce matin en lisant ton si beau texte, sur le moment j’ai cru que tu mettais un extrait de ta dernière lecture et puis au fil des mots, j’ai reconnu des traits très mindouniens, sans parler de tes sponsors préférés, là je me suis dit : « chapeau l’artiste », quand il veut se donner la peine, il est bon !!! 😉 J’ai beaucoup aimé les considérations de cette balade au fil de l’eau, davantage que les macarons mais les uns ne vont pas sans l’autre, c’est là que c’est fort… Je suis ravie d’apprendre que tu vas participer aux Plumes, ça me fait chaud au coeur !!! Je crois que « les sanglots longs de l’automne bercent nos coeurs d’une langueur monotone » (sic d’après Verlaine) et ça nous rend « productif », c’est déjà pas mal… Bises Poussin macaroné de mauve !!! 😀

        1. Hé bien , quel commentaire là aussi…j’en suis tout rosé ! Je connaissais ce vers de Verlaine ! Oui j’ai envie de participer aux plumes la semaine prochaine, sans savoir de quoi je parlerai mais dans ton atelier il y a les mots pour se raccrocher aux branches !
          Allez je file, vivement ce soir !! Gros bisous et à très vite !

  4. Tu aurais pu participer au jeudi poésie avec ce texte Mind !
    Il est magnifique et grinçant.
    Les macarons érotiques ? A ma prochaine dégustation je ferai plus attention 😆
    Bravo pour ce délice/délire !
    Bisous sucrés

    1. Merci Soène de ton commentaire enthousiaste mais tu sais, la poésie et moi cela fait 2, je suis assez hermétique à cet exercice de style en général. Par contre, je prévois de faire le prochain atelier des plumes de miss Aspho…j’ai envie d’écrire, quoi je ne sais pas. En fait la semaine dernière, je me suis offert une boite de macarons à Toulouse et en rentrant sur l’autoroute, il y avait des traînées d’avion dans le ciel…il en faut peu pour aligner quelques phrases!
      Bon WE, tu dois être aux anges avec un temps pareil !! Bises Soène, merci de ta fidélité ici !

  5. Très beau texte, nostalgique à souhait…
    Quand même, à partir de 55 ans, faut faire attention à l’abus de macarons, les triglycérides et le cholestérol te guettent, ma chère !! Faut s’inscrire dans la durée !!! 😉

      1. Coucou Mind
        Au début , je me suis dit que c’eratit de toi et puis au deuxième paragraphe il y avait « Je suis assise là, sur les berges du fleuve » et j’ai eu un doute ….très réussi en tout cas 🙂
        Bises

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