La dernière conquête du Major Pettigrew d’ Helen SIMONSON

major

Ernest Pettigrew est un militaire anglais en retraite, élevé au rang de Major, ancien membre du bataillon du Royal Sussex Le vieux bonhomme vit dans la verte campagne anglaise, il est veuf. Il partage ses journées entre golf, thé, parties de chasse, thé, lectures, thé et promenades. C’est un homme de l’ancienne école, pour qui le bon goût et l’éducation comptent encore beaucoup, lesquels sont mis à mal par Roger, son escroc de fils.
Le hasard l’amène à fréquenter Madame Ali, qui tient l’épicerie du village. Elle est plus jeune que le Major d’une dizaine année, veuve également…et pakistanaise !
Ernest et Yasminah arrivent-il à s’aimer au sein de cette société anglaise conservatrice et hypocrite et à résister à la décadence du monde actuel ?

Ma chère Madame Ali, j’aurais peine à prétendre que vous soyez vieille. Vous êtes dans ce que j’appellerais la toute première fleur de l’âge de la maturité féminine. »
C’était un peu grandiloquent, mais il espérait surprendre un rougissement. Au lieu de quoi, elle rit de lui, aux éclats.
« Je n’ai jamais entendu personne se donner tant de mal pour appliquer, à la truelle, une telle couche de flatterie sur les rides et l’empâtement d’un âge mûr déjà très avancé, major, fit-elle. J’ai cinquante-huit ans et je pense avoir basculé bien au-delà de la fleur de l’âge. Tout ce que je puis espérer désormais, c’est de sécher dans un de ces bouquets de fleurs éternelles.
– Eh bien, j’ai dix ans de plus que vous, répliqua-t-il, j’en déduis que cela fait de moi un vrai fossile. »

C’est l’histoire que nous raconte Helen Simonson dans La Dernière Conquête du Major Pettigrew, avec beaucoup de talent, de brio et d’humour.

La quatrième de couverture fait référence aux livres de Jane Austen et pour une fois, ce n’est pas une argumentation commerciale et je le prouve.

  • Il y a une foultitude de personnages secondaires en plus des deux héros mais contrairement aux histoires de Jane, on arrive à suivre facilement dès le début.
  • C’est un pavé (500 pages écrites serrées) et les 100 premières pages sont, disons, assez soporifiques…
  • Il y a un bal, enfin une soirée anniversaire du club de golf du Major, qui d’ailleurs dégénère joyeusement.
  • Après le bal, les personnages se rapprochent et l’histoire devient petit à petit intéressante puis passionnante.

On imagine la fin de l’histoire qui forcément sera joyeuse !

Par contre, on n’est pas au dix-neuvième siècle, l’action se déroule à l’époque moderne et Helen Simonson confronte dans son livre, la tradition et le modernisme et aborde les questions du racisme, de la religion, de l’opposition entre villes et campagnes (entre autres…).

Mais le plus intéressant, c’est ce personnage du Major Pettigrew qui petit à petit va révéler son cœur et ses principes, pas si rigides qu’on pourrait le penser au départ vont révéler un homme d’une grande humanité.

C’est un livre à l’anglaise, fin, délicat, avec des répliques cinglantes et un humour comme je l’aime.

« – De nos jours, les hommes attendent de leur femme qu’elle soit aussi époustouflante que leur maîtresse.
-C’est atroce. Comment donc les distingueront-ils l’une de l’autre ? »

La Dernière Conquête du Major Pettigrew est une respiration qui se déguste lentement, comme une chiquette de Saint Malo. Il ne faut pas se presser et en apprécier toutes les saveurs.

Merci à Syl de m’avoir offert ce roman lors de l’opération « complot pour les 3 ans du blog ».

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18 réflexions sur “La dernière conquête du Major Pettigrew d’ Helen SIMONSON

  1. Je note aussi 🙂 jusque-là, le titre ne me disait rien et la couverture est moyenne (oui je choisis plein de lectures uniquement sur la couverture:-))
    Le titre me fait penser à Agatha Christie …
    Bises Mind 🙂

    1. Pourquoi pas la couverture finalement, on choisit souvent avec la quatrième de couv qui ne reflète pas toujours la réalité du livre, elle est là pour déclencher le passage à l’acte…
      Bises et belle journée Val !

  2. sous les galets

    Je le note, je l’avais vu sur pas mal de blogs et puis j’étais passée à autre chose, mais ça va faire bien longtemps que je tourne autour, et puis bon en ce moment je lis à la vitesse de l’escargot donc je ne risque pas de me presser pour le lire …
    ah ah ah
    mais tu sais que ce qui m’a retenue c’est que le major porte le nom d’un méchant dans Harry Potter ….

    1. Je connais pas Harry Potter mais tu verras si tu le lis que Pettigrew est un vrai gentil ! De mon coté, j’ai lu le Begbeider et le Foenkinos au milieu de ce livre, pour faire une pause et prendre un peu de vitesse de lecture. Mais c’est un vrai bon livre et qui plus est, un premier roman !

  3. Un coup de cœur pour moi, et contrairement à toi j’ai accroché dès le début et l’ai lu d’une traite (j’étais en vacances, ça aide !).
    J’ai adoré ce major qui laisse sa carapace de vieil anglais se craqueler au fur et à mesure, et les dialogues sont savoureux. On pourrait en citer des pages.
    Mais tu as raison, les autres nombreux personnages sont aussi très intéressants, voire décapants ! bises ensoleillées …encore…n’oublie pas de refaire ton stock de crème solaire parce qu’à ce train là on va encore bronzer jusqu’à Noël 🙂

    1. Je sais que ce fut un coup de coeur pour toi et c’est vrai que quiconque aime les livres anglais et cet univers à la Jane Austen mais au gout du jour, ne peut qu’aimer ce livre.
      J’ai passé un joli moment de lecture !!

  4. soene

    Une lecture sweet alors Mindounet 😆 c’est la mode le franglais, j’ai vu ça à la télé !
    C’est reposant ce genre de livre. Ca fait du bien de temps en temps.
    Quand ma Pal ne menacera plus de s’écrouler, je le rajouterai 🙄
    Porte toi bien
    @ bientôt… plus tard et gros bisous en attendant

  5. J’avais beaucoup aimé aussi et je me souviens pas que le début soit soporifique, disons que ça démarre un peu lentement si mes souvenirs sont bons… Mais ce Major est absolument délicieux :

  6. Ça ne peut que me plaire mais quand même, les « 100 premières pages soporifiques » ??? Carrément ? Je ne vais pas y résister, ou alors il me faudra 3 mois pour le lire !!! Si ça devient « chiquette », je m’incline !
    Bises et bonne fin de soirée le Poussin !

  7. Un bonbon plus acidulé que sucré. J’aime les journées ponctuées de « thé » et s’il est servi dans de belles tasses anglaises c’est encore mieux.
    Contente qu’il t’ait plu.

    1. Oui j’ai aimé ce livre, je l’ai lu en 3 fois, entrecoupé de 2 autres livres courts…
      En plus, l’auteur a le bon goût (british) de nous épargner le descriptif des désagréments liés à une sur-consommation de thé… 😀
      Bises et belle journée Syl !

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