Le dernier gardien d’Ellis Island de Gaëlle Josse

dernier gardien

Merci à Miss Aspho de m’avoir prêté ce livre qu’il me tardait de découvrir, et un paragraphe de sa chronique que vous pouvez lire : Ici.

Novembre 1954. Ellis Island va fermer ses portes pour toujours et il reste neuf jours à John Mitchell « pas un de plus » avant de quitter les lieux. Une fièvre s’empare soudain de lui, un besoin impérieux d’écrire sur ses quarante-cinq années passées là, en exil de sa vie, de lui-même au milieu d’autres exilés apatrides. John  Mitchell est le directeur du centre au moment de sa fermeture et il va nous livrer ses souvenirs tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel.  « Le temps s’est figé ici, tous sont allés vers leur vie, je suis resté à la mienne, ici à quai, spectateur de ces destinées multiples, témoin de ces heures ou de ces jours de passage qui ont définitivement changé le visage de leur existence. »

Pour ceux qui ne connaissent pas  Ellis Island, c’est un  îlot situé derrière la Statue de la Liberté à New York ,  qui fut la porte d’entrée de l’ Amérique pour des millions d’immigrants venus chercher une meilleure vie. Les services de l’ immigration des States vérifiaient ici, que les candidats au visa ou  à la nationalité américaine,  n’étaient pas une menace pour le pays.

L’histoire racontée par Gaëlle Josse est vraiment belle, il y a de l’émotion, beaucoup d’humanité comme dans tous ses romans, du rythme, du suspens, de l’amour, du romanesque…c’est presque un roman parfait, et je reviendrai sur le presque un peu plus loin  . J’ai particulièrement aimé le regard porté par l’auteur sur la situation de migrant, regard à la fois  touchant et tendre dans sa gravité.

« Pendant quarante-cinq années – j’ai eu le temps de les compter -, j’ai vu passer ces hommes, ces femmes, ces enfants, dignes et égarés dans leurs vêtements les plus convenables, dans leur sueur, leur fatigue, leurs regards perdus, essayant de comprendre une langue dont ils ne savaient pas un mot, avec leurs rêves posés là au milieu de leurs bagages. Des malles, des cantines, des paniers, des valises, des sacs, des tapis, des couvertures, et à l’intérieur tout ce qui reste d’une vie d’avant, celle qu’ils ont quittée, et qu’ils doivent, pour ne pas l’oublier, garder dans un lieu fermé au plus profond de leur cœur afin de ne pas céder au déchirement des séparations, à la douleur de se souvenir des visages qu’ils ne reverront jamais. Il faut avancer, s’adapter à une autre vie, à une autre langue, à d’autres gestes, à d’autres habitudes, à d’autres nourritures, à un autre climat. Apprendre, apprendre vite et ne pas se retourner. Je ne sais si pour la plupart d’entre eux le rêve s’est accompli, ou s’ils ont brutalement été jetés dans un quotidien, qui valait à peine ce lui qu’ils avaient fui. trop tard pour y penser leur exil est sans retour. »

Hé bien voilà, à l’instar d’ Anna Gavalda et de Delphine De Vigan, j’ai lu tous les romans de Gaëlle Josse. Si vous ne connaissez pas cette auteur, Le Dernier Gardien d’Ellis Island est le roman  qu’il vous faut lire en premier. Vous serez emportés par l’histoire de ce directeur accroché sur son rocher et vous ne lâcherez pas le livre avant de connaître la fin. C’est un  roman  réussi et quasi universel qui pourra toucher un très large public. C’est un livre qui s’offre, qui se prête, qui se conserve…et qui fait un beau parcours en librairie , loin du tapage médiatique, ce qui est amplement mérité.

Oui mais voilà, pour moi ce n’est pas le meilleur livre de Gaëlle Josse, ce qui ne gâche en rien le plaisir que j’ai eu à le lire. Dans Le Dernier Gardien D’ Ellis Island, Gaëlle Josse apparaît comme une merveilleuse  raconteuse d’histoire romanesque (et cela devient rare finalement…) mais l’histoire éclipse parfois la magie des mots . Il y a quelques facilités dans le cours du récit, pas mal de teasing , (effet d’annonce sur ce qui va suivre…ne zappez pas le meilleur est à venir…), on retrouve l’inévitable lumière des étoiles mortes  (que les romanciers adorent mais aucun n’arrivent à égaler Ariane qui l’évoque si bien  dans Belle Du Seigneur)   et certains personnages ont du mal à exister car ils ne font qu’une trop brève apparition . Je ne  vais pas me faire des amis étant donné les critiques dithyrambiques sur les blogs et dans la presse, mais voilà, j’aime vraiment Gaëlle Josse, j’ai lu ses  quatre romans en moins d’un an…alors je donne mon ressenti, comme toujours d’ailleurs.

En fait,  dans Nos Vies Désaccordées  , le texte de Gaëlle Josse m’ a fait  l’effet d’un  morceau de diamant  brut enfermé dans un éclat  de roche,  un peu biscornu, pas immédiatement accessible , qui nécessitait de gratter un peu pour alors   atteindre une merveilleuse lumière en forme de prisme .  Avec Le Dernier Gardien d’ Ellis Island , j’ai trouvé un  joli diamant à la taille parfaite, tout pimpant , bien poli, mais au final moins éblouissant. C’est mon ressenti de lecteur.

Maintenant je n’ai qu’une envie, lire le prochain roman de Gaëlle Josse, mais va falloir être patient alors je relirai Noces de neige en attendant…

Le Dernier Gardien d’Ellis Island est sélectionné pour le Prix Mind  The  Gap 2014.

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Katy Perry : Part of me.

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En 2012, je connaissais les chansons de Katy Perry qui passaient déjà en boucle sur  les radios musicales,  mais je ne connaissais pas la miss, enfin je veux dire que je ne la reconnaissais pas physiquement.

Et puis un soir , sur le plateau du Grand Journal, j’ai vu la créature…c’était sur ce titre là et cette chorégraphie là. Comment dire, je ne m’en suis jamais vraiment remis…

Part of me est, je crois, le morceau que je préfère chez la chanteuse qui devient peu à peu la plus grande star féminine de la pop-music internationale.

2 concerts sont prévus en France en 2015 pour sa tournée  » Prism  »  et je serai présent à celui de Montpellier en février ! Je pense y aller avec une perruque rose fluo sur la tête pour me faire moins remarquer…à suivre donc !

 

le jeu concours de Noël de Mind The Gap : le défi à relever !

Jeu de Noël 3

PS : Merci à Miss Aspho pour les logos du jeu…

Avant de vous révéler le défi à relever pour gagner au jeu concours de Noël, voici la liste des participant(e)s que je remercie sincèrement. Alors dans l’ordre d’arrivée , vont jouer avec moi:

  • Sharon
  • Jean-Charles
  • Asphodèle
  • Valentyne
  • Soène
  • Syl
  • Olivia
  • Les sorcières, Marie et Anne
  • Secrète Louise
  • Galéa
  • Jeanne
  • Célestine
  • Attila
  • Monesille

Je ne m’attendais pas à avoir tant de monde, on retrouve bien entendu les fidèles et mes chouchoutes mais aussi de nouvelles têtes que je connais très peu et c’est très bien ainsi, j’aime bien ce mélange.

Le moment est venu de vous dire ce que j’attends de vous pour ce jeu concours : il s’agit simplement d’écrire votre lettre au Père Noël…comme quand vous étiez petit(e) mais maintenant vous êtes grand(e)s !

A vous de proposer une lettre amusante, décalée, classique, détournée, déjantée, émouvante, enfantine,  sexy, hilarante, méchante, poétique …tout ce que vous voulez du moment qu’il s’agit bien  d’une lettre au Père Noël !

Le Père Noël est multiple, vous le savez…

Ho ho Ho...je vous attends les petits amis...
Ho ho Ho…je vous attends les petits amis…
Hey, salut , elle est là Syl ?
J'sais pas lire...
J’sais pas lire…
Font suer tous ces gosses...mais Aspho tu vas trop vite...
Font suer tous ces gosses…mais Aspho tu vas trop vite…
Ces petits morveux y z'auront rien cette année !
Galéa, on t’as reconnue !
Hey Salut ! Elle est là Syl ?
Hey Salut ! Elle est là Syl ?
Jean-Charles , on t'a reconnu...
Jean-Charles , on t’a reconnu…
Je savais bien que c'était pas un boulot pour moi...
Je savais bien que j’aurais dû travailler à la Sécu…

Les contraintes à respecter pour que je valide votre participation sont les suivantes:

  1.  Vous devez m’envoyer votre texte uniquement par mail à l’adresse mind.the.gap@orange.fr avant le 02 décembre 23h59. Vous devez m’envoyer  un texte Word en pièce jointe plutôt que de mettre le texte dans le corps de votre mail.
  2. Votre lettre doit commencer par  les mots :  Cher Papa Noël
  3. Votre lettre doit comporter au maximum 350 mots  afin que la lecture de vos oeuvres ne soit pas trop longue… (utilisez la fonction outils : statistiques ou révision statistiques suivant les versions de Word pour compter vos mots)

Un jury  de sélection composé de La Douce et de moi-même se réunira le 4 décembre et  présélectionnera 7 lettres sur les 14.  (Je ne dirai pas à la Douce qui a écrit quoi ).  Il est en effet impossible pour les lecteurs et les lectrices du blog  qui devront ensuite voter  de lire, mémoriser  et  départager 14 lettres !

Rendez-vous ici le 07  décembre pour la mise en ligne (anonyme) des 7  lettres qui auront été retenues par le jury   et le lancement des votes…

Allez hop, c’est parti, à vos plumes…le Père Noël n’attends plus que vos facéties…

Bises et à très vite pour la suite du jeu concours de Noël du blog de Mind The Gap,  élu blog saveur de l’année par son auteur !

L’attrappe-coeurs de Jérôme David Sallinger

attrappe coeursHé bien voilà, après avoir lu et aimé Oona et Salinger de Frédéric Beigbeder, je me suis trouvé une vieille occas chez le père Joseph à Toulouse,  je m’y suis attelé…et j’ai été au bout !! Yes !!

L’attrape-coeurs est le récit de Holden Caulfield, un adolescent américain de 16 ans, qui se fait renvoyer pour la énième fois de son collège. Trois jours avant les vacances de Noël, il quitte le pensionnat du collège et décide de ne pas rentrer chez lui avant la date officielle des vacances de Noël. Salinger nous raconte donc  le périple d’ Holden à New York entre hôtels, taxis, cinémas, théâtres, bars…et ses rencontres avec divers personnages de son passé ou de son présent.

L’attrappe-coeurs se lit très facilement, c’est rythmé, original dans la forme et dans la finalité du livre, enfin d’après  ce que j’en ai compris car je pense être passé à coté du message principal.

Pour moi, c’est le récit d’un adolescent qui refuse de grandir et refuse  le monde qui l’entoure, à la fois nihiliste, misanthrope, parfois misogyne et le plus souvent émouvant et triste dans cette  posture . Il y a quelques passages assez drôles également.

Ceci étant, je n’arrive pas bien à comprendre pourquoi ce livre est considéré comme un chef-d’oeuvre absolu, vendu à 35 millions d’exemplaires et ayant apporté à Salinger gloire et royalties conséquents. Il faut noter qu’il ne publiera seulement que trois nouvelles après son roman, durant sa longue existence de reclus dans la campagne américaine.

Pour moi, l’ Attrape-coeurs est un bon livre et je suis heureux de l’avoir lu à la lumière de ce que je sais sur Salinger grâce au livre de Frédéric Beigbeder. On retrouve totalement le dégoût des hommes après la guerre qui laissa de graves séquelles psychologiques à Salinger.

Mais le discours du livre me semble paradoxalement être celui de quelqu’un bien plus âgé que le personnage de Holden.

En résumé, j’ai passé un bon moment de lecture mais je reste assez perplexe sur l’aura de ce livre. Peut-être qu’en 1945 c’était un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) mais s’il était publié aujourd’hui, je ne sais quel accueil il aurait…

 

Charlotte, la jeune fille et la mort de Bruno Pedretti (Robert Laffont – 2006)

charlotte salomon 2

 Après avoir beaucoup aimé le livre de David Foenkinos, Charlotte, qui vient d’obtenir le Prix Renaudot, j’ai eu envie de poursuivre ma découverte de cette jeune peintre au destin tragique. Je me suis donc procuré cette autre biographie romancée, écrite par Bruno Pedretti, un italien passionné d’histoire de l’art.

Evidemment, j’ai beaucoup apprécié cette lecture qui pourra toucher les amateurs d’art et de peinture en particulier et ceux qui comme moi, ont été bouleversés par la vie et le talent de Charlotte Salomon à la lecture du livre de David Foenkinos.

D’un point de vue biographique, tout concorde ou presque entre les deux livres, excepté sur la toute fin de  vie de Charlotte où Bruno Pedretti occulte un premier internement rapide dans un camp de rétention en France et situe la production de l’oeuvre de Charlotte, Vie où Théâtre, dans un lieu différent, toujours à Villefranche Sur Mer.

Mais l’intéressant dans ce livre, c’est l’approche artistique puisque le parti pris n’est pas de raconter en détail la vie de Charlotte ni le contexte historique, mais d’imaginer comment son passé familial et sa condition de juive persécutée ont pu influencer son art. Bruno Pedretti, dans Charlotte, le jeune fille et la mort, imagine des dialogues où des pensées qu’aurait pu avoir Charlotte Salomon.

Lorsque sa mère était encore en vie:

Charlotte demanda à sa maman où s’en allaient les notes après qu’elle les avait jouées au piano.  » Elles vont au ciel, répondit-elle, parce que la musique est plus libre que les musiciens et les hommes et qu’il ne lui plaît pas de rester longtemps sur cette terre. Le ciel est un royaume musical: là les notes ne meurent pas et les émotions ne s’évincent pas les unes les autres. Quand ta mère sera devenue un ange, elle descendra et portera à son agnelet une lettre pour lui raconter comment c’est là-haut, au ciel. Ca te plairait, Charlotte, que ta maman devienne un ange avec des ailes « ?

Après la mort  de sa mère, alors qu’elle se rend sur sa tombe:

 » Elle arracha une fleur de la passion et vit que comme toutes les fleurs de la couronne, elle était coupée. Elle venait d’une nature privée de toute racine. Elle n’avait plus sa terre à elle, mais était fixée dans le filet ligneux et épineux qui enchaînaient la couronne funèbre en un cercle. Ces fleurs sans terre et sans saison inauguraient donc la mort. C’est donc pour ça, pensa-t-elle  qu’on utilise des fleurs coupées pour les couronnes sur les tombes:  pour dire qu’une vie a été coupée? Comment les fleurs pourraient-elles s’enraciner sur une tombe de marbre?

Alors qu’elle créé, pour ne pas sombrer…

« Il n’existe pas d’artiste qui soit à la hauteur de son art. Si cela arrive, l’artiste n’en supporte pas le poids et suffoque, meurt, devient fou ou cesse  d’être artiste pour ne pas périr ou devenir fou…les artistes sont des héros passagers, ils peuvent fréquenter longtemps les sommets mais jamais en continu. »

Je trouve cette presque conclusion très réaliste, je pense à Van Gogh, Michael Jackson, Kurt Cobain, Virginia Woolf, Camille Claudel…au hasard !

Charlotte Salomon, elle, peignait pour vivre, pour survivre, pour laisser une trace de sa famille, de sa condition, de ses amours…ce n’est pas son art qui l’a tuée, mais la barbarie des hommes.

Je compte lire un troisième ouvrage en français consacré à Charlotte et publié cette année.

Pour ceux qui s’intéresseraient à la peinture de Charlotte, je vous signale que le musée juif d’ Amsterdam qui conserve Vie ou Théâtre, a mis en ligne de nombreuses pages de son oeuvre : Ici.

charlotte

Le grand jeu de Noël de Mind The Gap

logo jeu de Noël 1Dans un mois et demi c’est Noël qui revient,  un peu comme un cheveu sur la langue. Et voilà une occasion pour lancer le grand jeu de Noël du blog de Mind The Gap ! C’est une première !

Voici le déroulement de ce jeu concours pour lequel le gagnant recevra un colis de Noël pour mettre au pied de son sapin le 24 décembre . Pour celles qui ont participé au jeu concours des 3 ans du blog au printemps dernier, c’est la même organisation sauf qu’il y aura un unique défi à relever…rapidité = efficacité !

  •  Tous ceux et celles qui souhaitent participer doivent s’inscrire en commentant cet article au plus tard  le mercredi 19 novembre.
  • Le 24 novembre, je publierai la liste des participant(e)s et j ‘indiquerai le  défi qu’il faudra alors relever. Je précise qu’il y aura qu’un seul défi , accessible à tous, pas compliqué,  pour participer au concours mais comme vous l’avez compris, je ne dis pas ce dont il s’agit pour le moment…hé hé hé.
  • Vous aurez jusqu’au 03 décembre  pour m’envoyer par mail uniquement, votre participation au concours.
  • Le 7 décembre, je publie un article avec toutes vos participations , sans indiquer l’auteur de la participation,  et je lance les votes pour élire le grand gagnant du jeu.
  • Tous les lecteurs, participants ou non au concours, voteront par commentaires,  pour élire le gagnant entre le 7 et le 13 décembre.
  • Le résultat du jeu concours sera publié le mercredi 17 décembre et le lauréat gagnera un colis de Noël surprise, qui sera envoyé par la poste le jour même. Il y a aura un seul gagnant, pas de lots de consolation pour les autres joueurs.

Gif pere noel 4

Attention aux dates que je rappellerai dans les différents articles , je serai intransigeant sur les délais…

J’attends  donc vos inscriptions dans les commentaires pour cet article, je vous en remercie par avance et j’espère qu’on va s’amuser. Je commence à remplir le colis de Noël, j’ai déjà 6 (petits) cadeaux dans ma besace…

 

Et vous ??

gif chienCet article est expérimental, n’appelez pas les secours ni la police, tout va bien se passer !

Alors moi, ça m’énerff comme disait Helmut (si vous avez compris la vanne, aië pour vous, vous n’aurez jamais le prix Nobel, même s’ils créent des nouvelles catégories)  !

Donc, voici ce qui m’énerve sur les blogs que je fréquente et donc que j’aime car je ne me force jamais pour développer ma blogoliste. L’amour ne se convoque pas, il s’évoque, se poque mais jamais ne se convoque !

  • Les blogs qui ne parlent pas de Mind The Gap : mon blog est mon préféré, c’est le meilleur de tous alors je ne comprends toujours pas pourquoi je plafonne à 30 visites par jour! What the fuck ! Faites un effort quand même !
  • Les blogs cernés par les pubs : essayez de les choisir au moins , mettez des pubs pour  de la lingerie, ou des bandes annonces de films de cul…mais là, Leclerc, Castorama, les assurances et les mutuelles…stop ! Pourquoi pas les pompes funèbres aussi ou le dernier CD de Céline Dion ?
  • Les commentaires qui restent sans réponse alors que les articles s’enchainent: Pas facile d’être des stars de la blogo, je sais, mais quand même, je suis triste, moi qui avait enfin trouvé des personnes qui m’adressaient la parole…tout part en vrille…stone le monde est stone…
  • Les blogs visuellement tristes…tous blancs ou avec des tapisseries récupérées dans les musées….M’enfin, faut vous katyperryser un peu quand même…
  • Les articles tellement longs qu’il faut envoyer la souris de l’ordinateur en révision juste après (oui parce que je ne sais  pas utiliser l’e-pad…je deviens fou avec !! )
  • Les blogs qui me prennent pour un robot, d’autant plus que j’ai remarqué que maintenant, j’ai des chiffres clairs à rentrer au lieu de mots flous…ils savent que je viens d’acheter ma troisième paire de lunettes ou quoi ??  En en plus, je ne suis pas un robot, faut pas croire ce que disent les journaux, je ne suis pas un robot !
  • Mais alors surtout, ce que je ne supporte pas, c’est les blogueurs qui critiquent et crachent dans la soupe, surtout quand après 3 ans et demi, ils plafonnent encore à 30 visites par jour !

Et Vous ??

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Les demeurées de Jeanne Benameur ( Denoël / 2000 – Folio)

les demeuréesLa Varienne est l’idiote d’un village, elle est  employée par Madame comme femme d’intérieur. Luce est sa fille, La Petite. Les deux vivent dans leur monde, inséparables et reliées par un amour immense pratiqué en totale autarcie . Un jour, Luce doit aller à l’école, où la jeune insitutrice, Mademoiselle Solange, veut lui apprendre à lire et à écrire, comme aux autres enfants du village. Le Varienne et La Petite doivent se séparer.

« Des mots charriés dans les veines. Les sons se hissent, trébuchent, tombent derrière la lèvre. Abrutie. Les eaux usées glissent du seau, éclaboussent. La conscience est pauvre. La main s’essuie au tablier de toile grossière. Abrutie. Les mots n’ont pas lieu d’être, ils sont. »

Qu’attendons-nous d’un livre? Le réponse est multiple suivant les personnes, les moments, les histoires. Là je n’attendais rien, ne connaissant pas Jeanne Benameur (enfin de nom seulement) et ne me sentant à priori pas trop concerné par le résumé de la quatrième de couverture.

Et puis, j’ai lu et j’ai reçu ce petit texte de 80 pages comme on reçoit un grand bonheur ou un grand malheur : on ne s’y attend pas, on ne peut le prévoir ni l’éviter. J’ai été vraiment touché et ému  par cette histoire dont le canevas tient sur un morceau de post-it. Les Demeurées fait partie de ces pépites qui nous tombent dessus sans qu’on ait rien demandé et que l’on ne peut esquiver.

Il est difficile de dire ce qui m’a tellement séduit chez Jeanne Bénameur. Peut-être le fait qu’il s’agit d’une histoire d’amour , celle d’une mère et de sa fille, considérées comme  des idiotes ou des abruties par les autres. Peut-être parce que le livre décrit aussi la terrible difficulté de la séparation, ici celle d’une enfant vis à vis de sa mère. Peut-être parce que l’humanité est omniprésente dans le récit de Jeanne Benameur. Peut-être parce que sa réflexion autour du savoir imposé à l’enfant est juste.

« Dans la cour de l’école, la petite reste seule. Ce que vivent les autres filles ne l’intéresse pas. Elles se parlent, chuchotent, jacassent, crient parfois, des sons aigus qui font se tourner son visage, d’un seul coup.
Elle, ne crie jamais.
Dans la poche de son tablier, elle serre l’unique objet qui la relie au monde des murs grisés, luisants, de la vapeur des légumes bouillis. Lisse, bombée, sa toute petite dent. »

Mais aussi et avant tout, c’est l’écriture de Jeanne Benameur qui a fait mouche dans  Les demeurées  (le titre à double sens est très fort je trouve). C’est un style d’une épure redoutable, celui qui fait souvent défaut à certains écrivains présomptueux qui pensent qu’il faut épater la galerie à grand renfort de mots savants et de références culturelles. Certains y parviennent d’ailleurs et sont remarquables. Mais Ici,  c’est de l’émotion pure, des mots ciselés qui touchent le lecteur dans sa condition d’être humain, des phrases courtes, des simples mots parfois répétés qui cognent tous dans la même direction.

Il faut 1h 30 maximum pour lire  Les demeurées  et en garder cette impression rare d’avoir été étonné, surpris, brusqué, charmé. Encore une fois, ce n’est pas tant l’histoire, finalement simple et triste , qui compte, mais la façon qu’à Jeanne Benameur de l’aborder. C’est la vérité d’une auteur, celle qui va emporter son lecteur.

Mon passage préféré est celui-ci :

« Cette nuit-là l’obscurité les gagne. Il y a dans le monde des amours qui ne reflètent rien, des amours opaques. Jamais l’abandon ne trouverait de mot pour guider leur coeur. Derrière leurs paupières closes, leurs yeux sont grands ouverts, ne cherchent rien. Ni route, ni chemin ne parviennent jusqu’à elles. Elles sont égarées dans le présent du grand lit, immobiles. Aucune image, aucune pensée ne les mène jusqu’à demain. Tout entières présentes, comme tombées de si haut que leur poids s’est multiplié jusqu’au vertige. Trop lourdes pour la vie. Abruties, demeurées dans la nuit. »

 

Un grand merci à Séia qui m’a offert ce livre (qui n’était pas dans ma liste) pour l’anniversaire des 3 ans du blog l’été dernier.

Les demeurées de Jeanne Benameur est sélectionné pour le Prix Mind The Gap 2014.

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The Do en live au Grand Journal

chanson-du-jourBon je me rends compte  que cette catégorie d’articles  n’intéresse pas grand monde mais c’est pas grave, je poursuis…

Aujourd’hui, il s’agit du groupe pop THE DO, qui existe depuis 2005. Ils sont anglophones comme vous le constaterez si vous prenez le temps d’écouter le morceau que je vous propose. Mais c’est un groupe franco-finlandais.

Ce  morceau est extrait de leur troisième album que j’ai écouté :Shake Shook Shaken,  et le titre étrange est Despair Engover et Ecstasy.

C’est plein de peps et de fraîcheur, on dirait un groupe anglais…je vais aller écouter  leurs premiers ‘albums car je trouve ça très bien !

La belle de l’étoile de Nadia Galy.

nadia galyAprès le suicide de Sorj, son amant, la narratrice quitte Paris, Manu son mari, sa vie  et fuit à Saint Pierre de Miquelon. Entre son travail au petit aéroport de l’île, ses dérives dans l’alcool et le jeûne, ses rencontres avec les îliens, dont une pour le moins inattendue, la narratrice va peu à peu régler ses comptes avec son passé, pas seulement sentimental, afin de commencer une renaissance salvatrice.

Le belle de l’ étoile est un livre de la rentrée littéraire 2014  perdu dans la masse, dont personne n’a vraiment parlé, même s’il est publié chez Albin Michel, pourtant grosse maison d’édition. il faut dire que Nadia Galy, dont je n’avais jamais entendu parler avant, n’a publié que trois romans en sept années, ce qui est déjà pas mal.

Je ne peux pas dire que j’ai vraiment aimé La belle de l’ étoile, pour plusieurs raisons:

  • Le style est assez intello, avec beaucoup de références culturelles et de mots que je ne connaissais pas, or je me refuse à lire avec un dictionnaire à côté du livre, d’autant que cela ne nuit pas à la compréhension
  • J’ai eu du mal à m’identifier aux personnages, ce qui peut se comprendre étant donné le thème
  • Je trouve le livre assez inégal avec une construction parfois déroutante même si elle est à l’image du chaos de l’héroïne du livre.

Mais, j’ai souhaité en parler et le chroniquer car Nadia Galy offre au lecteur, une approche  du deuil très personnelle, originale et forte, sans pathos ni poncifs habituels sur ce genre de thème plutôt éculé en littérature. Je ne sais pas si elle est partie d’un évènement réel de sa vie de femme, elle dit à la fin du livre que  » dans ce roman tout est aussi vrai que faux » et au fond, cela n’importe guère.

C’est la sincérité qu’elle donne à son héroïne qui m’a touché et son audace littéraire. Certes, ça vole un peu trop haut pour moi mais son récit est poétique et audacieux, elle invente des mots et fait de l’équilibrisme littéraire, c’est original et fort le plus souvent.

Et, puis, l’un des personnages principaux de La belle de l’étoile est Saint Pierre et Miquelon, cette île perdue dans l’ Atlantique Nord où Nadia Galy a vraiment vécu pendant 6 années .Les tempêtes de Saint Pierre résonnent en écho avec celles de la narratrice et le portrait de l’île est vraiment réussi.

J’aimais les Saint-Pierrais, ces matelots couverts d’algue et de pluie, au corps gercé par le vent de noroît, qui seuls savaient comment panser les âmes au fond des brasseries.

 

Au final, un livre fort sur l’amour, la passion, la perte, l’abandon, la vie, mais qui pourra peut être laisser certains lecteurs sur le bord du chemin. Aspho, je parie que tu suivras l’auteur sur sa route, je te garde ce livre si tu le permets…