La belle de l’étoile de Nadia Galy.

nadia galyAprès le suicide de Sorj, son amant, la narratrice quitte Paris, Manu son mari, sa vie  et fuit à Saint Pierre de Miquelon. Entre son travail au petit aéroport de l’île, ses dérives dans l’alcool et le jeûne, ses rencontres avec les îliens, dont une pour le moins inattendue, la narratrice va peu à peu régler ses comptes avec son passé, pas seulement sentimental, afin de commencer une renaissance salvatrice.

Le belle de l’ étoile est un livre de la rentrée littéraire 2014  perdu dans la masse, dont personne n’a vraiment parlé, même s’il est publié chez Albin Michel, pourtant grosse maison d’édition. il faut dire que Nadia Galy, dont je n’avais jamais entendu parler avant, n’a publié que trois romans en sept années, ce qui est déjà pas mal.

Je ne peux pas dire que j’ai vraiment aimé La belle de l’ étoile, pour plusieurs raisons:

  • Le style est assez intello, avec beaucoup de références culturelles et de mots que je ne connaissais pas, or je me refuse à lire avec un dictionnaire à côté du livre, d’autant que cela ne nuit pas à la compréhension
  • J’ai eu du mal à m’identifier aux personnages, ce qui peut se comprendre étant donné le thème
  • Je trouve le livre assez inégal avec une construction parfois déroutante même si elle est à l’image du chaos de l’héroïne du livre.

Mais, j’ai souhaité en parler et le chroniquer car Nadia Galy offre au lecteur, une approche  du deuil très personnelle, originale et forte, sans pathos ni poncifs habituels sur ce genre de thème plutôt éculé en littérature. Je ne sais pas si elle est partie d’un évènement réel de sa vie de femme, elle dit à la fin du livre que  » dans ce roman tout est aussi vrai que faux » et au fond, cela n’importe guère.

C’est la sincérité qu’elle donne à son héroïne qui m’a touché et son audace littéraire. Certes, ça vole un peu trop haut pour moi mais son récit est poétique et audacieux, elle invente des mots et fait de l’équilibrisme littéraire, c’est original et fort le plus souvent.

Et, puis, l’un des personnages principaux de La belle de l’étoile est Saint Pierre et Miquelon, cette île perdue dans l’ Atlantique Nord où Nadia Galy a vraiment vécu pendant 6 années .Les tempêtes de Saint Pierre résonnent en écho avec celles de la narratrice et le portrait de l’île est vraiment réussi.

J’aimais les Saint-Pierrais, ces matelots couverts d’algue et de pluie, au corps gercé par le vent de noroît, qui seuls savaient comment panser les âmes au fond des brasseries.

 

Au final, un livre fort sur l’amour, la passion, la perte, l’abandon, la vie, mais qui pourra peut être laisser certains lecteurs sur le bord du chemin. Aspho, je parie que tu suivras l’auteur sur sa route, je te garde ce livre si tu le permets…

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33 réflexions sur “La belle de l’étoile de Nadia Galy.

  1. sous les galets

    Ecoute, une blogueuse l’avait reçu en avant première cet été et avait livré des extraits absolument ahurissants (ampoulés, incompréhensibles et un peu prétentieux). Je te trouve donc super bienveillant malgré tes bémols qui restent quand même très respectueux, mais du coup je passe mon tour …
    Bisettes

    1. Je serais presque tenté d’essayer un autre livre d’elle, c’est étrange car souvent dans ces cas là, je ne m’accroche pas…il y a du grand dans ce roman et aussi des phrases compliquées et difficiles. Mitigé je suis donc! Bisous Galinette !

  2. Je suis un peu partagée sur ce livre. Autant tout le traitement de la thématique du deuil m’a touchée, autant les événements secondaires de l’intrigue m’ont paru un peu « bouche-trou »; alors que la correspondance que j’attendais comme centrale est elle laissée de côté. Les commentaires de Nadia Galy laissés ici éclairent un peu la démarche, c’est toujours intéressant d’avoir le point de vue de l’auteur…

    1. Binevenu(e) Zarline ! Ha oui alors, le commentaire de l’auteur est une bénédiction, surtout quand il veut bien parler de son travail et de sa façon d’être. En fait les quatrièmes de couverture sont parfois un peu limites. On pourrait penser à une partie épistolaire. J’ai feuilleté le livre en librairie avant de l’acheter donc je savais à quoi m’attendre de ce point de vue là !

  3. je ne sais pas si je lirais le livre bien que une histoire qui se passe à St Pierre et miquelon me tente on oublie tellement cet archipel… après l’histoire du deuil et de la reconstruction me semble un peu vue et revue mais bon je le note quand même dans un coin de ma mémoire..

    1. Bonjour ! Oui bien sûr le deuil est vu et revu, mais je vais vous livrer un secret: au départ, je voulais que la fin du roman nous fasse comprendre que la narratrice c’était laissée tombée dans les eaux froides derrières le Grand Colombier. Et puis j’ai été prise par le roman, les lettres de son amant qu’elle se fait renvoyer pour les relire et y répondre, lui donnent l’occasion de revivre les moments merveilleux de l’amour. Le récit est parcouru par ces moments magiques qui ont fait d’elle une femme, qui lui ont ouvert ce ciel trop grand pour elle. Et puis, entre les lettres qu’elle doit attendre parce que là bas le courrier dépend des avions, elle a le loisir de faire des rencontres, de réfléchir, de sortir, d’aller danser, d’aller boire, de se faire des amis. Chaque lettre la fait durer et dans cette durée il y a de la place pour les autres, de la place pour être abasourdie par la beauté de l’hiver, par la force des éléments, par la gaité de noël, par la joie d’une jeune femme naïve et tendre qui se prend d’amitié pour elle, et par le don qu’elle fait à un pauvre monsieur dans le désarroi. Si j’ai choisi de mettre ce récit là bas, dans cette île que je connais si bien, c’est que tout est fait pour vivre là-bas. La narratrice est cassée de l’intérieur mais tout bruisse autour d’elle. Bref, au fur et à mesure de l’écriture, elle m’a échappé, tout m’a échappé, et j’ai du me rendre à l’évidence, c’est l’amour qui l’a sauvée. Du fond des terres froides où son amant était couché désormais, il a néanmoins réussi à la catapulter vers la vie, vers la danse, la famille, le plaisir. Voilà, oui, de deuil il est question, mais pas que ! 🙂 Il faut aussi danser le quadrille, chanter dans les bars, faire des bonhommes de neige, assurer les décorations de noël, bosser, aller à Terre Neuve, et vivre Bordel !!! (si j’ose dire !) . Voilà, à bientôt peut être !
      Nadia Galy

      1. Merci de ces précisions…c’est un bonheur d’avoir l’auteur qui parle de son travail, de ses mots , ses ressentis…Vous êtes toujours la bienvenue, qui sait sur d’autres chroniques de livres que vous avez lu ou sur tout autre chose…

  4. soene

    L’auteur suit les chroniques de ses romans, c’est à noter tellement c’est rarissime.
    Trop de livres à lire avant de noter celui-là avec des thèmes peu originaux, il me semble…
    Mais je tenais à laisser un signe, MTG, je vais essayer d’être plus régulièrement présente sur notre Bloguo 😆
    Gros bisous

    1. Coucou Soène.
      Les thèmes originaux, il y en a de moins en moins en littérature. Le traitement du thème par l’auteur est lui par contre très personnel.
      Certains auteurs suivent pas mal les chroniques sur leurs livres, surtout via facebook où ils repèrent les chroniques puisque les blogs littéraires sont aussi présent à travers les comptes FB des blogueurs.
      Ce qui est rare c’est de pouvoir échanger quelques vrais mots, surtout quand on encense pas l’auteur dans sa chronique.
      Hé oui, il y a du relâchement…tu n’es même pas dans le top 6 des commentateurs ( je n’ai pas la suite au delà du sixième enfin si elle y est je ne sais pas où la trouver…:D) honte à toi ! Vriament les retraiyés, on peut pas leur faire confiance… 😀

  5. Bonjour tout le monde,

    Je suis vraiment vraiment touchée de votre propos. Je trouve tellement rare qu’on puisse parler de ce que l’on n’a pas aimé dans un livre sans pour autant le détruire que je me permets ce petit billet. Les avis sur mon roman sont extrêmement tranchés, j’ai de la chance, la plupart l’adorent, en aiment précisément ce que vous n’appréciez pas, à savoir l’écriture, et l’hymne à l’amour, à toutes les amours (dont je ne peut préciser la teneur ici, au cas où). Mais on m’a aussi effet dit, les femmes surtout, qu’elles ne s’identifiaient pas trop à la narratrice. J’ai aussi parfois senti une sorte de rejet. Je ne sais pas très bien pourquoi, moi j’aurais eu envie de la prendre dans mes bras, mais je suis sans doute de parti pris ( 😉 . La malheureuse mets du temps à prendre son destin en main, elle cherche comment faire, comment réparer en sachant que c’est impossible, et dans le grand silence qu’elle s’impose va petit à petit résonner l’écho du monde qui l’entoure pour la ramener vers la vie. C’est ce qui compte. La vie, c’est vraiment ce qui compte. Et si dans tout ça vous avez apprécié ce retour parmi la communauté humaine alors j’aurais réussi ce que je voulais. Après, je suis bien sûr désolée que vous n’ayez pas plus accroché, mais ça…c’est fichu, je n’y peux plus rien 😉

    Cependant, pour ce qui est de saint pierre, vraiment, vraiment je voudrais redresser la barre. Ça me fait de la peine l’image que cet endroit véhicule. J’y ai passé les plus belles années de ma vie, il y a la bas, une conscience de sa propre fragilité d’être humain, une solidarité, un bonheur à être ensemble que je n’ai jamais rencontré ailleurs, et pourtant dieu sait si j’ai beaucoup bourlingué. Cette île minuscule est une sorte de petit Canada, avec une météo à rebrousse poil, et les gens les plus solides et les plus déterminés à vivre que je connaisse. Pour qui s’intéresse à l’insularité, c’est un crève coeur que de voir cette coquille de noix si ballottée sans amour, sans image, sans estime. Cette île a fait la fortune des morutiers du monde entier, elle a donné ses enfants, parfois dès 12 ans pour aider sur les bâteaux, elle a servi d’abri, de havre à des milliers de marins à l’époque où on pouvait traverser la rade à pied sec en passant de bateau en bateau. Ce caillou a donné les premiers militants de la france libre (partis par le Canada dès le 18 juin pour rejoindre De Gaulle). Ce petit endroit mérite qu’on la prenne dans ses bras, qu’on le choie, c’est un morceau d’histoire qui dérive là bas loin de nous, avec force et courage.

    Merci aussi, d’avoir tempéré à chaque fois les ardeurs de vos commentateurs à ne pas me lire, je vous trouve d’une rare honnêteté, c’est bien agréable.

    Je vous embrasse

    1. Bonjour Nadia.

      C’est moi qui vous remercie de vote passage : les auteur(e)s voient parfois les chroniques sur les blogs littéraires , pas souvent, et quand ils les voient ils ne commentent pas, il est vrai que les chroniques sont souvent enthousiastes, parfois trop d’ailleurs pour être sincères et un auteur encensé aura du mal à commenter…

      Si je n’avais pas trouvé votre libre intéressant et bon, je n’en aurais pas parlé, je me refuse à parler de livres que j’ai pas aimés…à quoi bon, le but est de faire partager ce que j’aime en littérature. Mais quand je suis partagé, je le dis…
      Je trouve que vous magnifiez Saint Pierre et Miquelon et comme je le dis dans ma chronique, cet aspect là du livre m’a vraiment plu. Vous rajoutez au mythe de cette île perdue en plein Atlantique Nord…
      Pour l’identification à votre héroïne, déjà je suis de sexe masculin et je crois que quand on a heureusement pas vécu de deuil, c’est peut être moins évident de se sentir proche du personnage. Cela dit, je la trouve magnifique votre héroïne et rien ne m’a gêné ou choqué dans sa trajectoire…peut-être de jeûne qu’elle s’impose mais chacun expie comme il le peut… 😀
      Votre style m’a laissé un peu sur le bord du chemin (au début surtout) parce qu’il est trop soutenu pour moi. J’ai ressenti la même chose avec Philippe Claudel ou Lyliane Beauquel, par exemple et c’est vrai que je me refuse à aller prendre un dictionnaire quand je lis, je préfère rester sur le rythme du récit et de la lecture !

      Mais votre histoire est forte et votre livre est de ceux qui restent en mémoire. Ce garde-à-vous journalier de votre héroïne et le long passage dans la boutique de pompes funèbres m’ont marqués, entre autres…
      Merci encore de votre passage, ça aide aussi à continuer à chroniquer des livres…

    1. Le sujet peut être rédhibitoire en effet . Pourtant, j’ai souvent lu des livres magnifiques qui parlaient du deuil, très différents…je pense à Blondel ou à Fournier par exemple…
      Un mot sur 2 quand même pas mais le début est très soutenu en terme de vocabulaire…

    2. Non, non, vous ne regarderez pas un mot sur deux dans le dictionnaire, je vous le parie ! Vous savez, j’écris aussi pour que mes parents chéris puissent me lire, l’un et l’autre ne lisent pas, jamais. Ils n’ont que le certificat d’études, et moi je suis architecte de formation, pas agrégée de lettres 🙂 mais c’est vrai que ce que j’aime c’est jouer avec les mots, parfois des mots anciens ou des mots du vocabulaire saint pierrais, mais jamais je ne perd l’idée que mes parents doivent pouvoir me lire. C’est important pour moi. A bientôt ici peut être !

      1. C’est pour cela que j’ai envie de faire lire ce livre à une amie (dans la vraie vie) qui a aussi un blog , bien plus érudit que le mien d’ailleurs, je parie que votre style lui parlera directement…les mots anciens et disons d’ailleurs lui plairont et l’histoire aussi…

  6. Il faut vraiment aller mal pour aller s’installer à Saint-Pierre-et-Miquelon ! Bon je ne note pas pour l’instant, tes remarques sur le style me freinent un peu, mais je note quand même l’auteur. bises dominicales

      1. Et faire prof en Ariège, alors ???? 😉 Bon, sais-tu que je l’ai quand même noté et feuilleté en librairie parce que tu m’as un peu intrigué avec ce style qui t’a fait penser que tu avais besoin du dictionnaire (quand on est aussi fort que toi au scrabble, ça m’interroge quand même ! 😉 ). Bisous

  7. Malgré ton « désarçonnement » je veux bien tenter ! Dire que mon père a refusé net sa mutation à Miquelon (hiver 10 mois sur 12 à l’époque) ! Cette île est réputée pour son plus fort taux d’alcoolisme et de suicides (avec la Calédonie d’ailleurs où le soleil brille tout le temps)… Les styles exigeants ne me découragent pas mais il faut quand même que le fond et la construction tiennent la route, à suivre mon Poussin !!! 😆

    1. Le fond tient la route, je parie que tu vas aimer, je te le garde…sans tous ces mots compliqués et phrases complexes, j’aurais aimé…et puis au delà du thème du deuil, le portrait de cet île qui interpelle un peu tout le monde est vraiment réussi.

  8. Ne je vais pas le noter. Pas parce que l’histoire ne m’attire pas, mais parce que j’ai décidé de lire tous les livres qui s’empilent et qui dégringolent.
    Bon dimanche

  9. Coucou Mind !
    Je ne suis pas très tentée par ce récit. Je suis en train d’abandonner la lecture d’un faux premier roman de la rentrée littéraire, Le manteau de Greta Garbo, que l’auteur a truffé, pour le coup, d’anecdotes personnelles dont je n’ai que faire.
    Bon dimanche !

    1. Je crois avoir vu l’auteur à La Grande Librairie mais je n’en ai plus qu’un vague souvenir.
      Dans La belle de l’étoile, le sujet est raide au départ mais il n’y a aucun pathos, parfois même c’est drôle…je suis partagé sur ce livre mais si j’en ai parlé c’est que pour moi, c’est un bon livre !

  10. Coucou Mind 🙂
    Je note 🙂 ta phrase  » récit est poétique et audacieux, elle invente des mots et fait de l’équilibrisme littéraire, c’est original et fort le plus souvent. » m’a convaincue
    Bises et bon dimanche

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