L’attrappe-coeurs de Jérôme David Sallinger

attrappe coeursHé bien voilà, après avoir lu et aimé Oona et Salinger de Frédéric Beigbeder, je me suis trouvé une vieille occas chez le père Joseph à Toulouse,  je m’y suis attelé…et j’ai été au bout !! Yes !!

L’attrape-coeurs est le récit de Holden Caulfield, un adolescent américain de 16 ans, qui se fait renvoyer pour la énième fois de son collège. Trois jours avant les vacances de Noël, il quitte le pensionnat du collège et décide de ne pas rentrer chez lui avant la date officielle des vacances de Noël. Salinger nous raconte donc  le périple d’ Holden à New York entre hôtels, taxis, cinémas, théâtres, bars…et ses rencontres avec divers personnages de son passé ou de son présent.

L’attrappe-coeurs se lit très facilement, c’est rythmé, original dans la forme et dans la finalité du livre, enfin d’après  ce que j’en ai compris car je pense être passé à coté du message principal.

Pour moi, c’est le récit d’un adolescent qui refuse de grandir et refuse  le monde qui l’entoure, à la fois nihiliste, misanthrope, parfois misogyne et le plus souvent émouvant et triste dans cette  posture . Il y a quelques passages assez drôles également.

Ceci étant, je n’arrive pas bien à comprendre pourquoi ce livre est considéré comme un chef-d’oeuvre absolu, vendu à 35 millions d’exemplaires et ayant apporté à Salinger gloire et royalties conséquents. Il faut noter qu’il ne publiera seulement que trois nouvelles après son roman, durant sa longue existence de reclus dans la campagne américaine.

Pour moi, l’ Attrape-coeurs est un bon livre et je suis heureux de l’avoir lu à la lumière de ce que je sais sur Salinger grâce au livre de Frédéric Beigbeder. On retrouve totalement le dégoût des hommes après la guerre qui laissa de graves séquelles psychologiques à Salinger.

Mais le discours du livre me semble paradoxalement être celui de quelqu’un bien plus âgé que le personnage de Holden.

En résumé, j’ai passé un bon moment de lecture mais je reste assez perplexe sur l’aura de ce livre. Peut-être qu’en 1945 c’était un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) mais s’il était publié aujourd’hui, je ne sais quel accueil il aurait…

 

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22 réflexions sur “L’attrappe-coeurs de Jérôme David Sallinger

  1. fab

    Un bouquin quej’ai lu très jeune dans mon nihilisme des années 83-84!!! un souvenir , une impression , je me souviens avoir enchainé sur lejournal du voleur de jean genet que j’ai adoré et dévoré …une écriture sans concession §
    lectures de révoltes intérieures sur la difficulté d’entrer en humanité … oui à recommander mais avec un accompagnement philosophique à l’appui !

    1. C’est certainement la barbarie de la guerre qui a déclenché ce livre chez Salinger. Il a enchaîné le débarquement, la libération de Paris et surtout, la libération des camps d’extermination Nazis. Comment de relever de ça? Un destion singulier pour cet auteur…

    1. Oui tu as raison, je l’ai fait pour ma culture littéraire, par curiosité et aussi pour en savoir plus sur l’auteur décrit dans Oona et Salinger. Je ne le regrette pas mais je ne déborde pas d’enthousiasme en effet…

  2. sous les galets

    C’est vraiment étonnant ta chronique, je n’ai toujours entendu que des critiques hyper positives sur ce livre, comme tu le dis, on parle de chef-d’oeuvre, et je m’attendais à des éloges de ta part. Est ce que tu suggères que ce livre aurait trop vieilli pour conserver son message subversif de 1945 ?
    En tous les cas, j’adore ta franchise, ça fait vraiment du bien 😉

    1. Peut être que c’est cela Galéa, c’est un bon livre, fluide et réussi mais aujourd’hui, si on le lit, on a du mal à voir son coté révolutionnaire enfin je crois. Et du coup, on se pose la question de ce que ce titre représente au niveau de la littérature américaine.

    1. Je n’ai jamais pensé qu’il pouvait se foutre en l’air au fur et à mesure de la progression du récit mais il est vrai que l’amour qu’il a pour sa petite soeur, qui par essence n’est pas encore pervertie, lui permet de garder la tête hors de l’eau !
      Bonne fin de semaine et gros bisous.

  3. Sans m’intéresser à cette lecture, je retiens ta remarque sur le succès incompréhensible de certaines oeuvres et pas seulement dans la littérature!
    Est ce qu’on passe à côté de quelque chose ou est ce de la fumisterie agrémentée de manipulation?
    il faut du temps pour se faire une idée personnelle!

  4. Déjà quand je l’ai lu il y a trois ans, j’avais trouvé que ce livre méritait une traduction plus adaptée au langage « djeun » d’aujourd’hui, il est un peu daté de ce côté là ! Mais le message qu’il véhicule sur l’adolescence a quelque chose d’universel qui en fait sûrement son succès ! (et sans avoir à lire Beigbeder 😉 )… Quelles que soient les époques, les adolescents se retrouvent dans Caufield, nous avons tous (eu) quelque chose de son mal-être. Comme tu le dis si bien, la littérature aborde toujours les mêmes sujets, c’est la façon dont ils sont traités qui les rend géniaux…ou pas ! Sur le moment, après ma lecture, je pensais un peu comme toi « c’est tout ? » et puis ce livre a fait son chemin, j’ai relu des passages et j’ai compris d’autres choses, c’est un livre gigogne ! Qui mérite qu’on s’y attarde…

    1. Beigbeder dit aussi que c’est un livre à tiroirs. je n’ai pas l’habitude de lire des ouvrages sur cette thématique de l’adolescence.
      Le roman de Salinger fait partie de ces succès incompréhensibles mais tant mieux, si les auteurs connaissaient la recette du succès, cela rendrait leur travail moins intéressant pour nous lecteurs.
      Je suis heureux de l’avoir lu..
      Bises et à très vite.

  5. Voilà tu en est arrivé exactement au même constat que moi quand je l’ai lu ! Je pense également que ce roman a marqué une époque et c’est sûrement la raison de son importance littéraire parce qu’à part ça je n’ai rien trouvé d’extraordinaire à ce roman.
    En lisant Oona et Salinger, l’envie m’est venue de me replonger dans l’Attrape coeur histoire de voir si quelque chose ne m’avait pas échappé … Beigbeder en parle avec tellement d’amour et d’admiration !!!

    1. Nous avons eu le même ressenti alors toi et moi ! Et je reviens sur mon idée qui consiste à dire que pour intéresser les jeunes à la lecture aujourd’hui, c’est bine Beigbeder et non Salinger qu’il faudrait faire lire dans les collèges et les lycées. Pour que lire soit un plaisir et non une contrainte. Mais le jour où les élites et l’intelligentsia auront intégré ça et commenceront à se poser des questions, c’est que la fin du monde sera proche…

      1. Si encore on faisait lire Salinger !!! Mais même pas, on préfère souvent des histoires d’adultes bien compliquées dans des époques qu’ils situent à peine avec un style qui demande une maturité de lecteur qu’ils n’ont évidemment pas !!! … Pfffffff !!!

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