Un conte…pas de Noël

Gif pere noel 3J’ai publié ce texte pour la première fois le 23  décembre 2011…il y a 3 ans.  Seulement Asphodèle et Antiblues l’avaient lu et commenté  à l’époque. Ensuite , j’ai transformé ce texte en courte  nouvelle, lue et corrigée par Aspho. Et je l’aie même présentée à trois petits concours locaux  de nouvelles  , sans prétention. Je n’ai été sur le podium d’aucun de ses trois concours, mais j’ai su que j’étais arrivé quatrième à  l’un d’eux. J’ai alors lu la nouvelle du lauréat, et là, j’ai décidé de ne plus faire de concours de nouvelles…et de nouvelles tout court !

Je viens de relire ce petit texte, que j’avais écrit comme ça, hors atelier d’Olivia ou d’Asphodèle, et avec le recul, j’ai eu raison de ne pas persévérer mais néanmoins, j’aime ce petit texte…

 

Ce matin là, Arthur n’en pouvait plus. Il alla trouver le Magicien  qui apparaissait parfois pour exaucer les vœux  des âmes en peine.

–         Je vous en prie Magicien, elle m’obsède , je n’ai plus aucun répit. Sa peau est si douce, ses doigts qui courent le long de mes bras  me procurent des sensations folles, lorsque ses caresses s’arrêtent , c’est insupportable , tout mon corps les réclame. Aidez moi Magicien , j’implore votre bonté.

–         Arthur, je vais t’enlever la perception du toucher, demain tu iras mieux.

Le lendemain Arthur frappa à nouveau chez le Magicien.

–         Maître s’il vous plaît,  je ne sens plus ses caresses sur ma peau,  mais son odeur me rend dingue. Son parfum, mélange de patchouli et de fruits rouges est un supplice, et lorsqu’elle me fait un baiser, j’imagine et je ressens toutes les effluves divines de son corps, c’est trop dur.

–         Arthur, je vais aussi t’enlever la faculté de l’odorat, après cela tu iras mieux.

Le lendemain, Arthur était à nouveau dans la salle d’attente du Magicien.

–         Magicien, il faut encore m’aider…je ne sens plus son parfum mais lorsqu’elle me susurre des mots d’amour, ses paroles pénètrent au plus profond de mon être, ses intonations résonnent en moi sans discontinuer, comme l’écho des vagues s’échoue sur la grève de galets.  Je sais que je vous en demande beaucoup  mais aidez moi encore une fois.

–         Arthur, ton cas m’inquiète, je vais aussi t’enlever l’ouie, si jamais demain tu ne vas pas mieux on verra bien, je suis magicien mais ta situation est difficile…

Le lendemain, c’était dimanche et le Magicien n’était pas là, fallait pas exagérer non plus, le dimanche même  la mélancolie se dépoétise,  il n’existe pas d’antidote au pire.

Donc le lundi, Arthur était de nouveau face à lui.

–         Maître, merci encore de votre aide, mais ce n’est pas  toujours pas suffisant : je n’entends plus ses paroles mais lorsqu’elle me parle et me dit des mots doux, ses lèvres sont une invitation au désir , et ses yeux si beaux et si fous me donnent envie de la chérir pour l’éternité. Aidez moi, par pitié…

–         Arthur, je vais t’enlever la vue…après cela il ne te restera que la parole, c’est sur que demain tu iras mieux, foi de Magicien…

Le lendemain, comme  Arthur pouvait encore parler, il dit au Magicien qu’il n’était toujours pas guéri, et  toujours obsédé par elle, il était désespéré. Il ne put entendre  le magicien dire :

–         Arthur j’ai  enfin compris…en fait celle qui hante tes nuits n’est pas réelle, elle n’existe pas,  tu es amoureux d’une chimère, d’un être virtuel que ton imagination a créé.  Je vais t’enlever l’usage d’une partie de  ton cerveau pour te soulager. Mais si je t’enlève l’imagination, tu vas perdre la raison. En contrepartie je vais au moins  rétablir tous tes autres sens.

Et le Magicien  exécuta sa manipulation, il enleva l’imagination du cerveau d’Arthur qui  en perdit  aussitôt la raison.

 

Mercredi matin, comme tous les jours et tous les soirs depuis maintenant presque quatre ans, Ariane allait sonner à la porte d’Arthur. Elle était infirmière et appréciait ce patient pas comme les autres, qu’elle avait connu juste après l’obtention de son diplôme.

Depuis quatre  années matin et soir, elle allait le piquer et lui placer les perfusions indispensables à sa survie.

Tous les jours elle lui massait délicatement les bras et lui hydratait la peau à l’aide de crèmes adaptées,  afin de rendre plus tolérable les répétitions d’aiguilles enfoncées dans la chair d’Arthur.

Tous les jours, elle lui récitait un poème ou quelques mots érudits, Arthur et Elle ayant en commun l’amour des lettres, juste le temps de mettre en place la perfusion, juste le temps d’égayer son existence solitaire.

Tous les jours elle lui souriait ,  le regardait droit dans les yeux et l’embrassait en partant en lui disant  » à demain « .

Ce matin là  en franchissant le seuil de sa chambre, elle vit tout de suite  dans le regard d’Arthur que quelque chose s’était brisé…ses yeux étaient l’incarnation du vide abyssal.

Elle ne savait pas qu’elle avait devant elle,  Arthur, celui qui l’avait aimée à en perdre la raison.

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28 réflexions sur “Un conte…pas de Noël

  1. soene

    Tu gribouilles en gris blues, Mind 😉
    Ca me fait penser à la chanson de Juliette Gréco, un petit poisson, un petit oiseau s’aimaient d’amour tendre, mais comment s’y prendre… etc. 😆
    Un drôle de conte, en effet, tristounet. T’en n’a pas un de Noël ?
    Pas trop long, hein, j’suis en pause, moi !
    Bonne fin de semaine et gros bisous en LUMIERES (je ne vais pas trop traîner en ville, j’aime pas la foule :roll:)

    1. Non je n’ai pas de conte de Noël…je n’écris plus de petites nouvelles désormais !
      Je connais vaguement la chanson de Gréco.
      la ville et ses lumières me manquent , j’espère aller une fois à Toulouse avant Noël , histoire d’en profiter un peu !
      Belle pause et gros bisous, à bientôt pour les votes du jeu concours !

  2. J’ai lu ce texte hier matin vers 5 heures quand il est arrivé sur la messagerie de mon téléphone. J’ai été un peu étonné et les yeux tout collés je me suis demandé si c’était la Pat de Mind.
    Mais comme dit ma future moitié (:D) continue tu as une belle plume. 😀

          1. hé h » Soène, tu as seulement 4 minutes d’avance sur la jument verte qui galope !
            Ton vote est enregistré…merci et à plus tard pour la suite !
            Gros bisous et bon dimanche tout gris et froid enfin ici…tu as de la chance, c’est la fête des lumières chez toi !

  3. Ha mais oui, je me disais aussi qu’il en manquait, je m’en souviens bien de ce magicien ! Et puis les prénoms, Ariane (of course) et Arthur !!! Le fait d’avoir violemment coupé change la donne mais ça rend pas mal !Tu as une belle imagination et un style bien à toi ! Je t’encourage à persévérer même si tu ne veux pas être lu pour l’instant ou que tu crois que tu n’auras jamais le Goncourt donc ce n’est pas la peine , bref toutes ces mauvaises raisons que l’on se donne pour ne pas écrire. Ecris, même peu, même si tu crois que ça ne vaut rien, il en restera toujours quelque chose et il y aura d’autres phases dans ta vie où je suis sûre que tu auras envie d’écrire à nouveau… Tu verras, on en reparlera ! 😉

    1. En fait c’est le texte original que tu as ici… que j’ai transformé en nouvelle de 5 pages ensuite !! A l’époque j’avais envie de raconter des histoires, ce n’est plus le cas aujourd’hui mais je pense que tu as raison dans tes propos…et cela me parle. Bises.

  4. Allez je vais faire voir mon petit côté donneuse de leçon :
    quelqu’un a dit, (ne me demandez pas qui !!!) il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.
    sI tu as envie d’écrire des nouvelles, fais toi plaisir !
    bz

    1. Oui tu as tout à fait raison et heureusement . je suis déçu, tu aurais pu nous dire de qui était cette pensée… 😀
      Ceci dit, je n’ai plus envie d’écrire de nouvelles aujourd’hui. Quelques courts textes écrits pour les ateliers me plaisent mais ils sont minoritaires sur le total…
      Bises !

  5. Quel beau billet! Un conte qui souligne le coté gris blues de MTG …
    Sa lecture me rappelle irrésistiblement le très beau film de J Schnabel « Le scaphandre et le papillon » (2007) avec Mathieu Amalric dans un rôle de composition extraordinaire.

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