Justine…

jupe fendueJustine prenait de l’âge, et pourtant,  loin d’être mémérisée, elle restait la reine de la sape. Bien que parfois maquillée comme un camion volé, je dois avouer que cette voisine restait pour moi  une MILF de rêve malgré sa quarantaine bien sonnée.

Invariablement , Justine m’envoyait des milliers de scuds,  par le truchement de ses yeux de braise, lorsque je matais son décolleté abyssal  avec trop d’insistance.

Personnellement, j’avais dépassé la cinquantaine, mais nul besoin de Viagra ou de cure intensive de Goji pour amarrer la donzelle.Justine me rendait fou, et rien qu’à la voir habillée de sa jupe rouge  fendue et de ses escarpins, je me sentais tendu comme un string, celui-là même qu’il manquait peut être sous la sus-nommée jupe rouge.

Autant vous dire, que la circulation alternée n’était pas de mise au niveau de mon entre-jambes  si vous voyez ce que je veux dire…

J’avais beau me traiter de chacal, de baltringue, rien n’y faisait…Justine me chauffait grave et à chaque fois que je la croisais dans la cage d’escalier de l’immeuble, je me sentais partir en cacahuète : j’avais l’irrésistible envie d’aller chneuquer sous sa jupe  et de pratiquer activement l’échange des fluides  de nos particules fines.

Un jour , je fis des avances  un tantinet grivoises à Justine, qui m’avoua spontanément  être devenue lesbienne depuis qu’elle avait enfin divorcé de son bolos de mari ,  que ses enfants avaient quitté la maison et que sa copine venait de fêter ses 20 ans, qu’elle avait des seins de madone et qu’elle ne voulait plus entendre parler de pauvres types dans mon genre.

A ce stade , je lui demandais non sans humour,  si son amie et elle, prévoyaient de  faire une sex-tape. Hélas, je reçus une baffe en retour.

J’en conclus que comme toujours, je me retrouvais dans les choux et que  je devrais me contacter de cybersexe en fumant un peu de beuh…

Lose quand tu nous tiens…

PS : Ce petit texte a été fait avec une partie des nouveaux mots qui seront dans le Larousse et le Robert , édition de 2016.

Bucolique…

vacheLa nuit, il y a normalement un moment de calme absolu, entre 2h30 et 4h30  environ à la belle saison. Ce créneau correspond au moment où les grillons se sont tus et où les oiseaux ne sont pas encore levés.

Mais , avec le réchauffement climatique, il y a de plus en plus de nuits où les grillons passent le relais aux merles et où ce moment de calme absolu n’existe plus. C’était le cas la nuit dernière. Et cela m’ennuie car avec le cri strident des grillons, je ne peux plus entendre la chouette hululer…or j’adore entendre cet oiseau de nuit qui est trop loin du jardin pour pouvoir gagner sur les insectes.

Ce matin, je suis parti balader le chien comme tous les jours, et c’est le chant des coqs du quartier qui ont accompagné le début de la courte promenade. J’ai bombé le torse et pris l’air fier, je ne vais pas me laisser concurrencer par des gallinacés quand même.

Un peu plus loin, j’ai remarqué que ça tintinnabulait dans les prés : les vaches ont été parées de cloches en vue de la transhumance prochaine. Dans les Alpes, on dirait que les troupeaux ont revêtu leurs clarines en vue de la prochaine montée à l’ alpage. Ici, dans les Pyrénées, on parle  plutôt de sonnailles et de montée vers les pâturages d’altitude.

Arrivé, au lac, je n’ai pas vu le héron qui parfois s’envole lorsqu’il entend du bruit. Je me suis contenté de la famille des canards colverts qui flottent paisiblement sur l’eau.

Cette balade change au fil des saisons et j’y suis attaché.

Je vis à 2km d’une petite cité grise et moche  de 10000 habitants, les pires qui soient, ni village de campagne ni ville. Là où j’habite , c’est beaucoup plus riant et au soleil. Et je sais que lorsque je serai enfin redevenu citadin, cette petite promenade autant matinale que bucolique me manquera.

On n’est jamais satisfait de rien et rien n’est jamais parfait…

Les Singuliers d’ Anne Percin

les singuliersC’est grâce à Somaja (merci  !! )  que j’ai connu Anne Percin, au départ avec un livre jeunesse plaisant à lire mais sans trop d’intérêt, puis avec Le premier été, un roman  » adultes  »  à l’univers noir qui m’avait beaucoup plu. Avec  Les Singuliers, troisième roman d‘Anne Percin publié en 2014, je viens de vivre un coup de coeur.

Les singuliers raconte le parcours de trois jeunes peintres en devenir. L’histoire se déroule de 1888 à 1890, à Paris, Bruxelles et Pont-Aven. Anne Percin raconte la vie  de Hugo,   de sa cousine et confidente  Hazel et  de  son meilleur ami Tobias. Hugo, cousin imaginaire de L’artiste peintre Anna Boch, rencontre un certain Paul Gauguin et d’autres peintres de l’époque  disons impressionniste, qui s’étaient à l’époque installés dans ce petit trou charmant de Bretagne.  Le livre est épistolaire, il croise les lettres  de ces trois jeunes gens s’essayant à la peinture, au dessin , à la photographie, chacun à leur manière, chacun dans un endroit différent.

Ce livre est une totale réussite et une excellente surprise. Le style épistolaire sied à merveille dans cette histoire et Anne Percin arrive à impulser un rythme et un intérêt soutenu dans chacune des lettres échangées. Le fait de mélanger des héros fictifs avec des personnages réels passe comme des lettres à la poste de Pont aven !  De même, le contexte historique (l’exposition universelle à Paris, Jack l’éventreur…) est restitué avec simplicité et bonheur pour qui est un peu rétif à l’histoire.

Mais dans les Singuliers, Anne Percin propose  aussi  une histoire romanesque d’amitié (et d’amour, mais y a t-il une différence au fond)  entre les trois jeunes peintres  mais encore une réflexion savoureuse sur la singularité de chaque être humain.

 » Vois-tu, il est absolument nécessaire et vital à certains de savoir qu’il existe une personne capable de les comprendre – cette personne fut-elle absente, éloignée, ou morte, cela ne change rien. Appelons ça une foi, et passons là-dessus ».

 » C’est justement parce que la solitude est la meilleure alliée de l’artiste que l’amitié doit lui être si précieuse . Moi-même qui redoute tant le monde, je trouve que mes amis me font vivre davantage. Non pas plus longtemps, bien évidemment, mais plus largement. Ils donnent de l’épaisseur à ma vie ».

Et puis , l’auteur  propose surtout  à son lecteur,   une réflexion savoureuse sur ce qu’est un artiste et comment on devient artiste.

 » La nudité de nous choque que lorsqu’elle est laide …il me semble à moi que la beauté est un voile que la nature a mis sur le monde pour nous le rendre tolérable. Et peut-être que la mission d’un art véritablement moderne serait d’oeuvrer pour nous faire voir le monde autrement qu’à travers le prisme de l’esthétique? Un monde dévoilé, délivré de l’obsession de la beauté, un monde où tous les corps , tous les visages mériteraient d’être regardés. »

Je suis néophyte en matière de peinture mais toujours très attiré par cet univers, et je dois dire que j’ai appris pas mal de choses sur les peintres de cette époque, le tout en prenant un vrai plaisir de lecteur.

J’ai aimé l’écriture, fluide, simple, forte et souvent  noire d’ Anne Percin, et je trouve que ce livre serait génial à proposer dans les collèges et les lycées, pour l’ouverture qu’il propose sur l’art en général et les relations humaines qui le sous-tend…sur la vie, la mort aussi parfois.

« La mort me fait horreur  au point que j’en deviens ridicule. Le sexe, lui, n’a rien de dérangeant , tout est bon à voir du moment que c’est vivant ».

En résumé,  Les Singuliers fut un très beau moment de lecture et un livre que je recommande à tous ceux et celles qui ont envie de découvrir cet univers de peinture et de sentiments humains.

Et ce long passage pour terminer…que je trouve très beau.

 » Il faut s’habituer à l’idée de n’être pas aimé. C’est la deuxième tâche la plus difficile d’un artiste, la première étant d’être absolument soi-même. Supporter la moquerie, la raillerie, le refus de tout ce que l’on est, de tout ce en quoi on tient, se voir imposer le silence et ne pas pouvoir riposter: voilà la grande, l’insupportable , la nécessaire mission d’une vie. Je ne parle pas seulement de la vie d’artiste. Voilà pourquoi l’amour et l’amitié sont des miracles : parce qu’il ne faut jamais s’y attendre ni croire qu’on les mérite. Seuls les morts méritent quelque chose. Ils ont l’immunité eux. Ils sont de l’autre côté, ils ont gagné. »

logo coup de couer

Fatigué…Renaud ressortira-t-il son flingue ?

RenaudBen figurez-vous que lundi dernier je rentrais d’un week-end à Dublin…il faut bien revenir pour pouvoir partir mais les retours sont de plus en plus difficiles avec le temps…les départs aussi avec l’âge (warf j’en rajoute un peu là…)  quand le pilote pose les roues de l’avion sur le tarmac, cela me donne envie de remettre les gaz !

Et donc ce lundi soir, je suis tombé devant un reportage sur les 40 ans de carrière de Renaud et je l’ai regardé. La télé est un mal nécessaire, comme le football, essayez d’imaginer ce que  serait la vie dans notre société sans la télé, le foot et (les films porno)…ou plutôt n’essayez pas, vous allez avoir peur !

Mais je sens que je dérive de mon sujet : Renaud ! Je connais ses chansons les plus célèbres, j’ai deux albums je crois, dont une compil, bref je ne suis pas ce qu’on appelle un fan mais j’apprécie le personnage depuis toujours et j’ai l’impression de l’avoir toujours connu avec son franc-parler de franc-tireur. C’est qu’il  s’est permis pas mal de mots et de bons mots pour dégommer la connerie humaine et la méchanceté crasse de l’homme en particulier. Surtout dans ses premières chansons que je connais très peu.

Ce serait aujourd’hui, ses textes pourraient  être censurés…le rap est passé par là depuis les années 90. Lisez donc ce texte après la phrase qui suit  (Où c’est que j’ai mis mon flingue)

Et d’ailleurs j’en profite pour le publier ce texte  avant que nos blogs soient espionnés par les pouvoirs publics,  car autrement  je serais  cuit, catalogué dans les terroristes potentiels à surveiller, les ennemis de la République…

J’veux qu’mes chansons soient des caresses
Ou bien des poings dans la gueule,
A qui qu’ce soit que je m’adresse
J’veux vous remuer dans vos fauteuils.

 

Alors, écoutez-moi un peu,
Les pousse-mégots, et les nez d’boeufs,
Les ringards, les folkeux, les journaleux.

D’puis qu’y’a mon nom dans vos journaux,
Qu’on voit ma tronche à la télé,
Où j’vends ma soupe empoisonnée
Vous m’avez un peu trop gonflé.

 

J’suis pas chanteur pour mes copains,
Et j’peux être teigneux comme un chien.

J’déclare pas avec Aragon,
que l’poète a toujours raison.
La femme est l’avenir des cons
Et l’homme est l’avenir de rien.

 

Moi, mon av’nir est sur le zinc
D’un bistrot des plus cradingues
Mais bordel !
Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ?
J’ai mis la main sur ma flingue !

 

J’vais pas m’laisser emboucaner
Par les fachos, par les gauchos,
Tous ces pauv’ mecs endoctrinés
Qui foutent ma révolte au tombeau.

Tous ceux qui m’traitent de démago
Dans leurs torchons qu’j’lirai jamais :
« Renaud c’est mort, il est récupéré ».

 

Tous ces p’tits bourgeois incurables
Qui parlent pas, qu’écrivent pas, qui bavent
Qui vivront vieux leur vie d’minables
Ont tous dans la bouche un cadavre.

 

T’t’façon, j’chante pas pour ces blaireaux
Et j’ai pas dit mon dernier mot.

C’est sûr’ment pas un disque d’or
Ou un Olympia pour moi tout seul
Qui me feront virer de bord
Qui me feront fermer ma gueule.

 

Tant qu’y’aura d’la haine dans mes s’ringues
Je ne chant’rai que pour les dingues

Mais bordel ! Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ?

 

Y’a pas qu’les mômes, dans la rue,
Qui m’collent au cul pour une photo,
Y’a même des flics qui me saluent,
Qui veulent que j’signe dans leurs calots.

Moi, j’crache dedans, et j’crie bien haut
Qu’le bleu marine me fait gerber
Qu’j’aime pas l’travail, la justice et l’armée.

C’est pas d’main qu’on m’verra marcher
Avec les connards qui vont aux urnes
Choisir clui qui les f’ra crever.
Moi, ces jours-là, j’reste dans ma turne.

 

Rien à foutre de la lutte d’crasses
Tous les systèmes sont dégueulasses !

J’peux pas encaisser les drapeaux
Quoi qu’le noir soit le plus beau.
La Marseillaise, même en reggae,
Ça m’a toujours fait dégueuler.

 

Les marches militaires, ça m’déglingue
Et votr’ République, moi, j’la tringle
Mais bordel ! Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ?

 

D’puis qu’on m’a tiré mon canif
Un soir au métro Saint-Michel
J’fous plus les pieds dans une manif
Sans un unchak’ ou un coktail.

A Longwy comme à Saint-Lazare
Plus de slogans face aux flicards
Mais les fusils, des pavés, des grenades !

Gueuler contre la répression
En défilant « Bastille-Nation »
Quand mes frangins crèvent en prison
Ça donne une bonne conscience aux cons

 

Aux nez-d’boeux et aux pousse mégots
Qui foutent ma révolte au tombeau.

Si un jour j’me r’trouve la gueule par terre
Sûr qu’ça s’ra d’la faute à Baader.
Si j’crève le nez dans le ruisseau
Sûr qu’ça s’ra d’la faute à Bonnot.

 

Pour l’instant, ma gueule est sur le zinc
D’un bistrot des plus cradingues,
Mais faites gaffe ! J’ai mis la main sur mon flingue !

Allez, ça envoie et cela a dû faire bien des grincheux…à l’époque  de sa sortie, en 1980 !

Aujourd’hui, plus de signes de Renaud depuis 2008, date de son dernier Album. On sait qu’il alterne les périodes d’alcoolisme et de sevrage (disons le ainsi). A priori, le reportage de France 3  laissait entendre qu’il était en période de sevrage mais qu’il avait choisi de se taire, qu’il n’avait plus rien à dire. Et si seulement ceux  qui n’ont rien à dire la bouclaient , qu’est ce que ce serait bien chez les chanteurs et les chanteuses.

Renaud se serait retiré du monde…serait-il allé s’exiler au fin fond de l’Irlande ? Pas sur…en Angleterre il l’a déjà fait… probablement qu’il  en eu assez d’essayer de faire changer le monde, il a dû revenir de ses utopies et doit pas être fier de lui ni du monde qui attend son jeune fils de 9 ans…

La solution ultime , c’est se retirer carrément  de la vie…comme le font les hommes et les femmes des monastères . Moi qui ne crois en rien, je suis fasciné par ces vies d’ascètes , qui se contraignent à ne plus vivre pour ne plus penser donc ne plus souffrir, en s’enfermant dans un monde qui n’existe pas, seulement dans les murs de leur monastère.  Et si elle était là la vraie utopie et la seule réalisable aujourd’hui…à condition de mouiller sa tunique ?

Alors en espérant que Renaud ne parte pas en retraite définitivement, je lui souhaite avec un peu de retard un bel anniversaire…

Lolita de Vladimir Nabokov

lolitaJe suis un écrivain américain , né en Russie et formé en Angleterre, où j’ai étudié la littérature française avant de passer quinze années en Allemagne. Je suis venu en Amérique en 1940 et j’ai décidé de devenir citoyen américain et de faire de ce pays mon foyer.  Tels sont les mots reproduits sur Wikipédia prononcés par Vladimir Nabokov, immense auteur du vingtième siècle, dont Lolita paru en 1955 est le livre emblématique.

Tout le monde connaît plus ou moins, l’histoire : celle d’ Humbert Humbert, un européen obsédé par les « nymphettes », qui va vivre une relation passionnelle avec Dolorès Haze, une jeune fille américaine qui a 12 ans au début de leur relation et 14 à son terme.

Dès le début du livre, le lecteur est dans l’ambiance…

 » Il vous faut être un artiste doublé d’un fou, une créature d’une infinie mélancolie, avec une bulle de poison ardent dans les reins et une flemme supra-voluptueuse brûlant en permanence dans votre délicate épine dorsale, pour discerner aussitôt, à des signes ineffables  (la courbe légèrement féline d’une pommette, la finesse d’une jambe duveteuse, et autres indices que le désespoir et la honte et les larmes de tendresse m’interdisent d’énumérer), le petit démon fatal au milieu de ces enfants en bonne santé. »

 

Je dois dire que Lolita m’a vraiment interpellé par sa forme et aussi par sa thématique et je comprends qu’il y ait eu autant de débats et de censure lors de sa sortie. Vladimir Nabokov à écrit un texte extrêmement fort et prenant.

D’un côté, il raconte le parcours  d’un pervers sexuel, conscient de ses déviations et qui se déteste pour ça, mais ne pouvant résister à son addiction pour certaines filles à l’orée de leur puberté.

De l’autre, c’est le portrait d’un homme  qui aime passionnément sa Lolita, comme on aime une maîtresse et qui s’auto-détruit et la détruit en se lançant à corps perdu dans un amour impossible et immoral .

 » Nous ne sommes pas des monstres sexuels ! Nous ne violons pas comme le font ces braves soldats ». Nous sommes des hommes infortunés et doux , aux yeux de chiens battus, suffisamment intégrés socialement pour maîtriser nos pulsions en présence des adultes mais prêts à sacrifier des années et des années de notre vie pour pouvoir toucher une nymphette ne serait-ce qu’une seule fois. Nous ne sommes pas des tueurs assurément, les poètes ne tuent point. ».

 

Mais là ou le texte de Nabokov est fort, c’est dans la façon de raconter l’histoire. Humbert Humbert, rédige un mémoire destiné à son avocat pour raconter sa folie. Et il raconte de manière claire, cynique, objective, sans aucune complaisance pour qui que soit…il dit la vérité, sa vérité , sans ménager le lecteur et en le prenant à partie.

 » La loi romaine stipulant qu’une fille peut se marier à douze ans fut adoptée par l’Église et est encore en vigueur, de façon plus ou moins tacite, dans certains états américains. Et quinze ans est partout l’âge légal. Il n’y a rien de mal disent les deux hémisphères, à ce qu’un vaurien quadragénaire, béni par le prêtre local et gorgé de boisson, se défasse de ses habits de fête trempés et darde jusqu’à la garde sa jeune épousée….. Je suis le chien fidèle de la nature, je n’ai fait qu’obéir à la nature. Pourquoi alors ce sentiment d’horreur dont je ne puis me défaire ?  »

 

Et puis, ce sale type est un érudit, un intellectuel, un docte docteur lettré…et en aucun cas un pédophile assassin de petites filles comme adorent les journaux télévisés et ceux qui les regardent en tremblant devant leur poste télé… Il n’y a jamais de violence, de contrainte physique, de viol au sens physique du terme. Lors de leur premier rapport sexuel, alors que Lo à 12 ans, elle s’offre à ses avances et lui  avoue même  qu’il ne sera pas le premier…

Ceux qui pensent lire des scènes hot et suggestives en seront pour leurs frais, il n’y a que très peu de références au sexe et à chaque fois en des termes poétiques et virevoltants quoique souvent pompeux.

D’ailleurs, toute le livre est d’un très haut niveau linguistique, il y a des mots compliqués et inconnus quasiment à chaque page, avec pléthore de références littéraires et culturelles et au final cela rend Lolita un peu laborieux.

Et puis, la deuxième partie, celle qui narre l’épopée de Humbert et Lo devenue orpheline avec son  » papa », est longue et bien moins réussie que la première partie, l’approche du psychopathe  en quelque sorte.

À la fin, je suis heureux d’avoir lu Lolita, c’est un grand livre, intéressant, intelligent, dérangeant même  aujourd’hui,  encore plus aujourd’hui d’ailleurs étant donné le contexte social et l’actualité du monde. C’est un livre qui m’a laissé un peu perplexe, un peu KO parfois mais qui m’a toujours intéressé malgré les 517 pages.

 » Tant que l’on ne pourra pas me prouver – à moi tel que je suis aujourd’hui, avec mon coeur et ma barbe, et ma putréfaction – que cela est sans conséquence aucune à très long terme, qu’une enfant nommée Dolorès Haze ait été privée d’enfance par un maniaque , tant qu’on ne pourra pas le prouver (et si on le peut, la vie est une farce), je n’entrevois d’autre cure à mon tourment que le palliatif triste et très local de l’art verbal. Pour citer un poète de Jadis : Le sens moral chez les mortels n’est que la dîme que nous payons sur le sens mortel du sublime. »

 

Je ne sais pas si je relirai un jour Vladimir Nabokov, mais je conseille la lecture ou la relecture de ce monument à ceux qui lisent beaucoup de classiques.

Et puis bien entendu, je ne peux résister à mettre ici le tube inter galactique de Mylène Farmer et Laurent Boutonnat qui reprend la quatrième de couverture du livre de Nabokov.

Camp claude

chanson-du-jourJe suis prêt à parier qu’on va entendre parler de ce groupe français, électro : Camp Claude, dont le premier album est prévu pour cette année.

Je trouve pas mal de parallèles avec Christine And The Queens, je leur souhaite le même parcours même si je pense que ce sera plus long…

  • C’est le même label que Christine : Because music
  • Le groupe fait de la musique électro préprogrammée
  • le leader est une jeune femme
  • Le style est un peu intello
  • Ils ont la caution culturelle su service public

D’autres morceaux très sympas sont disponibles sur le net mais je vous propose de découvrir Hurricanes…by Camp Claude !

Le Bac de Français.

gif chienEn 1986, j’avais 16 ans lorsque j’ai passé la Bac Français.  J’ai fait un bac B, c’est à dire science éco, mais le programme était  commun à l’époque avec le Bac A , littéraire.

Suite à un échange avec Sharon concernant un livre classique imbuvable, je lui ai dit que je parlerai des textes et oeuvres complètes étudiés en seconde et surtout en  première  que j’ai dû présenter pour cette épreuve.  Voici donc cette liste, je commente après…

Thème 1 : Du bon sauvage au nègre romantique

  • Montaigne : Les essais
  • Montesquieu : Les lettres Persanes
  • Diderot : supplément au voyage de Bougainville
  • Hugo : Bug Jargal (oeuvre complète)
  • Mérimée : Tamango

Thème 2 : Les relations maîtres valets au théâtre

  • Molière : Don Juan
  • Marivaux : L’ île des esclaves
  • Beaumarchais : Le Mariage de Figaro
  • Hugo : Ruy Blas (oeuvre complète)
  • Césaire : Une tempête

Thème 3 : Le héros romantique et l’esthétique du mal du siècle

  • Goethe : Les souffrances du jeune Werther
  • Chateaubriand : René
  • Vigny : Stello
  • Pétrus Borel : Champavert
  • Musset : Les Confessions d’un enfant du siècle

Thème 4 : Diableries et thèmes sataniques

  • Jacques Cazotte : Le diable amoureux
  • Aloysius Bertrand : Gaspard de la nuit (oeuvre complète)
  • Hussmans : Là-bas
  • Bernanos : Sous le soleil de Saton
  • Higelin : Champagne (chanson)

Thème 5 : Elles, portraits de femmes

  • Gautier : Mademoiselle de Maupin
  • Maupassant : Boule de Suif
  • Baudelaire : La belle Dorothée
  • René Fallet : Banlieue Sud-Est
  • J-P Dubois : La rose noire du blues

Bilan des courses : désastreux. En seconde , ma prof de français s’appelait SAM ( non pas celle qui ne buvais  pas dans les soirées…quoi que) :Soeur Anne Monique. Hé oui j’étais dans un lycée privé. Bon souvenir de ses cours, esprit ouvert…mais suivant le programme académique à la lettre

En première, le prof était M Vanel, en apparence sympa mais en fait un con présomptueux, sorte de terroriste intellectuel , parfait pour faire avaler tous ces auteurs dans le temps imparti.

Le souci est là, quand on a 14, 15 ou 16 ans, qu’est ce qu’on en a à foutre de ces histoires d’autres siècles qui n’ont aucune résonance avec nos vies et notre époque?  Comment on peut aimer ces monuments de la littérature française?  Cela serait trop demander à l’intelligentsia de l’éducation nationale  et à nos élites de redescendre sur terre et d’essayer d’intéresser les jeunes à la lecture avec des auteurs contemporains, jeunes, accessibles…on pourrait faire 50% de classiques et 50% d’auteurs actuels non ?

C’est très français ceci de s’occuper beaucoup plus des morts que des vivants…

vieux livre

Ce qui est bête, c’est que je n’ai jamais relu un seul de ces auteurs (excepté Maupassant) et que je n’ai aucune intention de le faire…merci l’éducation nationale.  Un livre sur 4 ou 5 que je lis est pourtant  un classique et aujourd’hui j’apprécie certains d’entre eux.

J’entends ici ou là, que dans certains lycées on aborde Anna Gavalda ou Gaëlle Josse,  et  bien  d’autres…et je me dis que peut être ils ont enfin compris, que les choses changent, que peut-être ils en ont marre de dégoûter les jeunes de la lecture…

Bien entendu, si vous avez des souvenirs de vos textes de bac français en tant  qu’ancien élève,  si vous êtes prof  de français, lecteur  ou auteur…exprimez-vous…votre avis m’intéresse…

Monsieur,

lettre

Monsieur,

Si je prends la plume ce soir, au moment où mon existence  vacille,  c’est pour coucher sur le papier un souvenir passionnel,  comme une explication au désastre  dont vous m’avez fait l’honneur d’être le complice depuis plus de trente années.

Je vous en prie Monsieur, brûlez tout ce qui précède  mais pas cette lettre !  Ne la mettez pas dans votre poubelle comme un vulgaire courrier ou un très mauvais manuscrit même si vous n’avez pas été trop regardant en ce qui me concerne, j’en conviens.

Je l’ai rencontrée dans le train de  17h38 pour Paris, c’était le 26 juillet 1958. Elle portait une   courte robe  de couleur rose avec un assortiment de fleurs . On  voyait très peu  de tenues similaires à cette époque là., c’était presque excentrique.  Sa présence dans ce train  était un peu comme on dirait aujourd’hui « a  cupcake in a  pudding ».

Nous eûmes de brefs échanges courtois et de circonstance,  il faisait très chaud dans ce compartiment  où nous étions les seuls passagers, et  tandis que  je détaillais la carte de son anatomie, j’évitai de  croiser ses yeux d’opaline qui pénétraient au plus profond de l’âme humaine.

Alors que le train arrivait  dans l’essoufflement  d’une entrée en gare, elle se leva pour descendre fumer une cigarette sur le quai, je ne sais par quelle coquetterie elle ne fumât pas dans le compartiment en ma présence. A la faveur d’un courant d’air, sa robe se souleva tandis  que  sa peau m’effleurait  par deux fois, alors qu’elle regagnait sa place.

A ce moment, je sus que je serais perpétuellement amoureux   de cette jeune femme. J’étais pétrifié par son allure et sa beauté juvénile. Mon appendice masculin se mit à s’allonger comme l’appendice nasal de ce stupide pantin de bois dont le nom m’échappe.

Lorsque le train arriva à Paris, j’osai bafouiller deux ou trois phrases et remettre ma carte de visite à Pauline, elle s’appelait ainsi. J’espérai je ne sais quoi en retour, une folie peut être. Je n’étais pas particulièrement bel homme mais je séduisais assez facilement les femmes.

Je n’eus jamais  la moindre réponse. Une relation  épistolaire ne m’aurait de toutes façons pas satisfait, mais elle aurait au moins  flatté mon ego.

Par la suite, je n’ai cessé de  rechercher Pauline  en vain,  partout, en tout, et chez les autres femmes aussi.

Je ne suis marié cinq  fois, un vrai fiasco conjugal. J’ai eu quantité de maîtresses,  de liaisons sans lendemain, j’ai réalisé beaucoup de fantasmes et pas que dans mes livres, mais jamais le seul qui eût pu m’apaiser.

Alors, je suis tombé dans la grossièreté, la facilité, la vulgarité, la misogynie,  pour faire payer aux femmes l’affront  auto infligé  lors de  cette journée de 1958.  J’ai écris à la chaîne des romans crasseux en picolant plus que de raison.

Mes femmes légitimes  m’ont épousé pour l’argent et vous, Monsieur et cher ami,  vous m’ avez édité  uniquement pour l’argent aussi.  Finalement,  Il y a dans l’existence réelle bien plus de vulgarité que dans mes livres, autant chez les femmes, que chez les hommes, fussent-ils éditeurs.

Cela n’excuse rien,  Monsieur, mais cela donne juste un autre point de vue…

A l’heure où je prends mes distances avec la vie  et me trouve dans le sas de l’au-delà, je vous salue bien bas. La récréation est terminée. J’aime Pauline et j’emmerde tous  mes détracteurs pour des siècles et des siècles !

PS : mots prononcés par l’éditeur au moment  où il détruisit cette lettre :   »  Messa dita est, Amen . Puis, ce dernier appela son assistane :  »  Nathalie, demandez à l’imprimeur 10000 exemplaires supplémentaires du dernier livre de……..  « 

Pour information, ce texte a été publié la première fois le 9 novembre 2013 dans le cadre de l’atelier des plumes d’ Asphodèle. Je rapatrie de temps en temps un texte de mon ancien blog, lorsque je l’aime bien…