Et il me parla de cerisiers , de poussières et d’une montagne de Antoine PAJE (2014)

antoine page

Je lance un nouveau style de chronique de livre, que je réserverai aux livres que j’ai aimé lire, sans toutefois avoir un coup de coeur ou un enthousiasme particulier.  Et j’inaugure aujourd’hui cette rubrique avec Antoine Paje.

LES  DOUZE BONNES RAISONS DE LIRE  » ET IL ME PARLA DE CERISIERS, DE POUSSIERES ET D’ UNE MONTAGNE.

  • Parce que c’est un premier roman d’un non professionnel de l’écriture, et qu’on n’en lit jamais assez.
  • Parce que c’est un roman optimiste, qui croit en l’humain, et qui finit bien, il m’a fait un peu penser aux livres de Valérie Tong Cuong, en moins maîtrisé et moins émouvant.
  • Parce qu’il fait référence à Star Wars et que les fans sont nombreux ( pas moi, j’en ai rien à battre de Star Wars)
  • Parce que je crois que ce livre  est sorti uniquement en poche à l’origine.
  • Parce que je l’ai choisi comme ça, au pif, en musardant en librairie.
  • Parce  que cette réédition collector est vraiment très belle à feuilleter, avec plein de fleurs de cerisiers, du beau rouge, un bel objet littéraire.
  • Parce que ce livre a eu du succès, ce qui a permis à Antoine Paje de sortir un deuxième livre en novembre dernier.
  • Parce que le livre contient : un avant propos, une introduction, le récit, l’épilogue numéro 1, l’épilogue numéro 2 et une post-face…c’est pas courant !
  • Parce que l’idée du livre me plaît, elle consiste à dire que c’est la peur qui bloque l’individu et que la peur n’est quasi jamais justifiée, que ce sont on a peur ne se réalise pas souvent et quand bien même, n’est rarement très grave.
  • Parce que le titre est originale, enfin je trouve…
  • Parce que c’est un récit qui se lit vite et qui a plutôt tendance à donner la banane.
  • Parce que Mind The Gap est un très bon conseiller littéraire.

Charlotte again…

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Vous vous souvenez peut-être que j’ai adoré le livre de David Foenkinos, Charlotte, sorti en 2014. Ce  roman est son plus gros succès en grand format, à tel point  qu’il n’est pas encore sorti en poche.

Non seulement, j’ai renoué avec l ‘auteur que j’avais laissé de côté, un peu lassé par ses histoires trop semblables , et qui a radicalement changé de sujet et de style littéraire . Mais encore, il m’a transmis à défaut de  son obsession,  au moins sa passion pour Charlotte Salomon, cette jeune peintre juive allemande , exterminée dans une chambre à gaz à 26 ans.

En relisant Charlotte, dans cette belle édition illustrée d’une soixantaine de gouaches de l’artiste, j’ai pu apprécier d’autant plus les phrases de David Foenkinos, étant donné que je connaissais déjà l’histoire de la vie de Charlotte.

Je me suis seulement rendu compte de ce paradoxe terrible : alors que son père , sa belle-mère et le seul amour de  sa vie l’ont poussée à venir se réfugier en France, à Villefranche sur Mer, afin d’échapper à la barbarie nazie, elle mourra dans un camp d’extermination, suite à une dénonciation d’un bon français, alors que son père,  sa belle mère, réfugiés aux Pays Bas et l’amour  de sa vie, Alfred, réfugié à Londres, survivront à la guerre. Quelle triste ironie du sort.

Si vous voulez en savoir plus sur Charlotte, vous pouvez retrouver ma chronique sur ce magnifique bio pic romancé de David Foenkinos : Ici et une chronique sur la biographie de Charlotte Salomon : La jeune fille et la mort.

Ci dessous, j’ai associé neuf   phrases de David Foenkinos avec neuf  gouaches de Charlotte Salomon, extraites de son unique et monumentale oeuvre,  » Vie ou théâtre ». Les phrases n’ont pas de lien avec les peintures, puisque ces peintures étaient liées aux mots de Charlotte et non à ceux de Foenkinos, sauf pour la dernière.

 

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Les mots n’ont pas toujours besoin d’une destination.
On les laisse s’arrêter aux frontières des sensations.
Errant sans tête dans l’espace du trouble.
Et c’est bien le privilège des artistes : vivre dans la confusion.
Certains corps sont des consolations.

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Une révélation est la compréhension de ce que l’on sait déjà.

 

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Les pessimistes ont fini à Hollywood, et les optimistes à Auschwitz (Billy Wilder)

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On peut tout quitter sauf ses obsessions.

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Seul le silence peut soutenir la marche des survivants.

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Progressivement, elle fait tout plus lentement :manger,marcher,lire. Quelque chose ralentit en elle. Sûrement une infiltration de la mélancolie dans son corps. Une mélancolie ravageuse,dont on ne revient pas. Le bonheur devient une île dans le passé, inaccessible.

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La véritable mesure de la vie est le souvenir.

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Où est la vie ?
Où est le théâtre ?
Qui peut connaître la vérité ?
La dernière peinture est saisissante de force.
Charlotte se dessine face à la mer.
On la voit de dos.
Sur son corps, elle écrit le titre : Leben ? oder Theater ?
C’est sur elle-même que se referme l’œuvre dont sa vie est le sujet.

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Balavoine : 3 morceaux que j’aime !

balavoineIl y a 30 ans, disparaissait Daniel Balavoine, alors  au faite de sa gloire.

En 1985, l’ album  » Sauver l’amour «  est publié. Cet album est juste fantastique à tous les niveaux. Les textes, le chant et la musique, avec des mélodies imparables et le son synthétique parfait des années 80, utilisant les sonorités  les plus modernes de l’époque. L’album qui comprend 9 chansons seulement sera le premier disque français publié sous format CD et se vendra à près de 1500000 exemplaires (à ce jour) .

Que reste t-il de Balavoine aujourd’hui ? Pour moi il reste des chansons aux thématiques qui sont encore totalement d’actualité et même plus que dans les années 80,  il reste ce sale caractère de râleur engagé qui osait ouvrir sa gueule devant les puissants de ce monde et il reste cette voix que personne depuis n’a su égaler…ou très peu.

Je vous propose de réécouter 3 titres du Chanteur.

Petit homme mort au combat  (extrait de  » Sauver l’amour ») : peut être ma chanson préférée…terrible texte qu’on croirait écrit en 2015…désolé pour les images du clip, pas évident de trouver un clip sur cette chanson…

 

Les petits lolos ( extrait de  » loin des yeux de l’occident « )…un titre plus léger !

 

Aimer est plus fort que d’être aimé ( extrait de  » Sauver l’amour »)…un grand classique…

 

 

Jacob Jacob de Valérie Zénatti (2014)

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Jacob Melki est un jeune juif de 18 ans, vivant en Algérie, alors « enclave » française, en 1944. Alors qu’on l’a chassé du lycée en raison de son statut de Juif , la France fait appel à ses services pour aller libérer le territoire alors que les Allemands ont perdu la Guerre. Il part donc de Constantine , rejoint les côtes française et participe au débarquement de Provence avec trois  de  ses compatriotes, de religion différente ou identique à la sienne, Dieu n’est pas regardant lorsqu’il s’agit de la Patrie.  Ils gagnent des territoires dans l’ Est de la France et puis sont confrontés à la mort. Un jour Jacob est touché au combat. Sa famille, restée en Algérie n’a pas de nouvelles de lui. C’est une famille pauvre, vivant comme l’usage le veut, sous la domination du père, Haîm, cordonnier, fruste et violent., et du frère aîné de Jacob, Abraham, fidèle à l’image de son père…les hommes ordonnent et les femmes, notamment Rachel, la noble mère de Jacob,  exécutent et se taisent, les enfants rebelles sont corrigés sans ménagement.

Je suis partagé sur ce livre. Caque roman a souvent un côté up et un autre down , une face lumineuse et une face fade…celui de Valérie Zénatti peut être encore plus, enfin c’est mon ressenti.

L’histoire de Jacob Jacob est une histoire forte, maîtrisée par l’auteur, intelligente. Moi qui n’aime pas l’histoire, j’ai vraiment aimé ce rappel de périodes sombres de notre passé , qui part des lois scélérates du régime de Vichy sous l’occupation, passe par la libération des dernières zones occupées France en 1944/ 1945, et va même jusqu’à la guerre d’Algérie, et Valérie Zénatti montre simplement l’ironie de l’histoire pour cette population des juifs d’ Algérie ,  qui finira par devoir s’exiler vers la France quelques années plus tard.

Le tout est fait de manière simple et très bien intégré dans l’histoire, la petite, celle de Jacob et de sa famille.

On sent aussi une vraie sincérité dans ce livre, Valérie Zénatti rend un hommage appuyé à cette population et à ce jeune homme mort pour la France. Le récit est légèrement autobiographique puisque Jacob est l’incarnation d’un grand oncle de l’auteur, qui a eu ce parcours là. Certaines scènes sont bouleversantes, dans le bon sens du terme.

Mais, d’un autre côté, je n’ai pas pu adhérer totalement au récit et suis resté parfois de l’autre côté du pont suspendu de Constantine. En effet, Valérie Zénati livre un roman hyper classique, sans aucune originalité, prévisible à certains moments. Quant à son style, il ne m’a pas bouleversé, elle utilise des phrases à rallonge, avec moult virgules, et même si c’est bien écrit et facile à suivre, il m’a manqué je ne sais pas, un peu de surprise. A force de vouloir trop bouleverser on tombe dans le larmoyant et la fin du livre pourrait être sponsorisée par Kleenex .

Jacob Jacob est une belle histoire, une plongée sensible dans l’histoire et le parcours de cette famille, mais le livre est beaucoup  trop académique pour que je puisse dire qu’il m’a emporté là ou l’auteur voulait me mener.

J’ai passé un bon moment de lecture et cette histoire m’a touchée sans toutefois vraiment m’enthousiasmer. Je m’en tiendrai là  pur le moment , je pense, pour cette auteur.

Un grand merci à Nina qui m’a offert de livre et un gros bisou au passage.

 

Cecile

pat (57)

Voici ma participation à l ‘atelier des plumes de la grande prêtresse de la blogosphère. C’est l’épisode 48 déjà  (mais quel âge ça lui fait à la patronne des plumes ?? 😀 😀 😀 ).

Les mots à placer ce mois ci sont : Jour, gentillesse, motivation, coupable, fer, almanach, visite, éparpillement, dilettante, farandole, insomnie, maison, passe-partout, plaisir, poésie, éclaircie, tempête, mélancolique, serpillière, agacement, chaleur, respirer, minuscule et syncopé.

Allez hop, voici ma participation.

Ma chère Cécile,

Je te remercie de ta gentillesse lors de ta dernière lettre. Elle m’a fait  grand plaisir, comme à chaque fois .  Après tant d’années, chacune de tes visites en prose me touche, un jour à marquer au fer rouge sur l’almanach  du parcours qu’il me reste encore à réaliser.

Personne, mis à part toi, n’a jamais compris ou voulu comprendre pourquoi, ce cinq juillet là, j’ai rangé au placard cette fausse motivation coupable qui hantait ma vie d’alors, pour venir m’installer ici , dans cette  minuscule maison qui surplombe l’océan.

J’avais juste besoin de respirer, de me désembrumer l’esprit en faisant corps avec les embruns, de fuir le monde, mon monde, ce qui me restait de famille, juste besoin  d’être un contemplatif en dilettante.

Ici, c’est la farandole des vagues qui berce mes nuits d’insomnies. Je prends un tel plaisir à observer les ressacs. J’aime cet instant fugace où l’océan est comme syncopé entre deux assauts. J’aime  les tempêtes , ces éparpillements d’écume qui compactent  mon âme de vieux bonhomme solitaire.

Bien entendu, cette chaumière manque de chaleur et ma chère Cécile, j’ai aujourd’hui soixante treize ans, et  je dois avouer que mes rhumatismes deviennent gênants.

Mais sache , Cécile,  que je n’ai aucun regret. Je préfère à jamais éponger les larmes de l’absence ici, qu’être resté la serpillère que j’étais avant, avant  ce cinq juillet, il y a si longtemps.

Aujourd’hui, je lis des romans, des poésies. Je poétise ma vie à défaut de l’avoir vécue. J’attends sans peur ni agacement le moment ou après l’éclaircie, l’arc en ciel s’éteindra pour de bon. Lorsque le fer aura cédé aux  perfides assauts de la rouille.

Ma pauvre Cécile, j’ai soixante treize ans, j’ai appris que David Bowie est mort récemment.

Si j’ai l’air un peu mélancolique dans ma réponse, ne te fais pas de soucis, ce n’est pas dû à cet isolement face à l’océan.

Pour moi, il y a longtemps que c’est fini, mais grâce à toi, Cécile, je reçois encore des mots que j’aime, et ça distrait ma vie.

Je t’embrasse, et te dis à bientôt.

P.

P.S : je suis désolé, mais j’ai laissé Passe-partout à Fort Boyard.

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Cendrillon est dangereuse…

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Le premier article portant sur un tableau (les femmes qui lisent sont dangereuses) ayant été bien accueilli, je poursuis cette nouvelle catégorie.

Aujourd’hui , il s’agit d’une évocation moderne de Cendrillon, et Cendrillon est bien dangereuse parce qu’elle est à la fois une princesse (forcément éphémère) et une femme ordinaire motivée pour sortir de sa condition première.

Les représentations de Cendrillon sont généralement clinquantes, merveilleuses et le bleu domine, comme dans le dessin animé.

Là sur cette peinture (l’artiste n’est pas un peintre connu ou classique, il s’agit de Mistigri…pour en savoir plus c’est ici : Mistigri ) , c’est le rouge qui domine et je trouve que c’est mieux que le bleu pour illustrer ce conte de fée.

Et puis en arrière plan, il y a l’évocation du carrosse qui part sans la belle  enfin c’est ce que moi j’y vois sur ce papier peint.

Enfin, j’aime bien l’idée de ce visage lisse qui peut exprimer tous les sentiments, notamment l’effroi passé minuit…

Et vous qu’en pensez-vous de ce tableau?

Amants et fils de DH Lawrence (1913 )

Amants et fils

Je retrouve ici avec plaisir cet auteur anglais génial, dont, je trouve, on parle peu et seulement pour L’ Amant de Lady Chaterley, qui est l’un des livres les plus intelligent et beau que j’ai pu lire. Amants et fils est l’un de ses premiers romans, en partie autobiographique pour le début du livre, publié en 1913.

Paul Morel, le personnage dont nous suivons la trajectoire, est le fils d’un mineur du Nottinghamshire. Son père est rustre, porté sur l’alcool , mais travailleur et pas totalement abject bien que détesté par ses quatre enfants et sa femme. Paul est très attaché à sa mère, noble et aimante, laquelle fait tourner le foyer avec le peu d’argent que lui ramène son mari de la mine.

Paul, instruit, timide et torturé trouvera une place dans une ville voisine et va  croiser le chemin de deux jeunes femmes. Miriam et Clara. L’une est religieuse et en quête d’absolu en amour, l’autre est plus charnelle.

Mais Paul aime avant tout sa mère…et souvent en amour, il faut « tuer la mère » pour pouvoir aimer une compagne…et D.H Lawrence, en écho d’ailleurs à ce bon vieux Freud dont il était un contemporain, nous raconte le parcours sentimental de Paul et l’évolution de sa famille avec le temps.

 » Il n’avait pas voulu admettre qu’ils s’aimaient. Leur intimité était si abstraite; l’âme, la pensée y tenaient tant de place, et ce n’avait été qu’un effort sans élan vers la connaissance de soi ; si bien qu’il ne voyait là qu’une amitié platonique. Il niait obstinément qu’il y eût autre chose entre eux. Miriam gardait le silence, ou bien acquiesçait avec calme. C’était un sot qui ne savait pas ce qu’il se passait en lui. »

Ce livre était sur mes étagères depuis au moins deux ans, et se retrouvait toujours au fond comme par hasard. Mais , ayant pour projet de lire Proust et ayant reporté le projet à 2016, j’ai voulu lire un classique, malgré les 650 pages aux lignes serrées.

Et comme j’ai bien fait, D.H. Lawrence est vraiment un écrivain génial et je vais continuer à le découvrir. Premier coup de coeur de l’année 2016 !

 » Quelquefois, la vie s’empare d’un être, emporte son corps, accomplit son histoire jusqu’au bout, et pourtant rien n’est réel, et cela le laisse comme s’il n’avait été qu’un nuage qui se dissipe. »

Déjà, encore une fois avec les classiques anglais, on ne s’ennuie pas une seconde, le décor se campe petit à petit, les personnages prennent corps, puis l’histoire se déroule sans temps morts, ni complications, ni digressions inutiles.

Amants et fils est un livre aux multiples facettes, à l’instar de l’ Amant de Lady Chaterley, injustement cantonné à un roman subversif et immoral.

C’est à la fois un pan de vie du milieu des mineurs avant la mécanisation, une réflexion sur la recherche du bonheur et d’un équilibre sentimental  et une magnifique histoire d’amour.

D.H Lawrence écrit magnifiquement, c’est léger comme un macaron artisanal, la coque du macaron étant juste relevée par une crème légère et parfumée.

 » Dans notre intimité, le corps ne compte pas. Je ne vous parle pas par les sens mais par l’âme. C’est pourquoi, nous ne pouvons pas aimer comme les autres. Notre affection n’est pas une affection de tous les jours. Cependant nous sommes de simples mortels, et vivre ensemble, côte à côte, serait terrible, car, je ne sais pourquoi avec vous, je ne peux pas être longtemps frivole ; et vous savez, vivre au dessus de la nature humaine , ce serait la perdre ».

Ce que j’ai aimé dans Amants et fils, c’est que l’auteur magnifie à la fois la nature et le vivant, comme une toile de fond enchanteresse qui permet du coup à l’être humain d’essayer d’être bon, d’être juste, d’être en vérité avec soi-même. Je trouve que D.H Lawrence est optimiste vis-a vis de l’humain, et parfois ça fait du bien d’y croire.

Et Puis l’auteur raconte l’amour avec brio et ses mots touchent le lecteur dès lors qu’il se sent proche de Paul, Miriam et Clara.

D.H Lawrence a passé sa courte vie (mort à 45 ans) à parcourir le monde, voyager, s’ouvrir aux autres et aux idées, et cela se ressent dans Amants et fils. Lawrence était un précurseur aux idées humanistes et nouvelles, et c’est pour cela qu’il fut catalogué, censuré voire harcelé par les biens pensants et les autorités religieuses de l’époque.

Lisez ou relisez ce jeune  auteur anglais , vous avez le choix entre des romans bien entendu, mais aussi des essais, des pièces de théâtre , des poèmes et de multiples récits de voyages.

Pour ceux que ça intéresseraient, ma chronique sur Lady Chaterley est  : Ici.

Et pour finir, un peu de rêverie…

 » Elle alla s’asseoir sur la barrière et contempla les nuages dorés, qui tombaient en morceaux , et voguaient, ruines immenses et roses, vers les ténèbres. L’or se transforma en une flamme écarlate , dont l’intensité était pareille à la douleur. Puis l’écarlate passa au rose, le rose au cramoisi, et l’état de la passion mourut dans le ciel. Le monde entier était gris sombre. Paul se laissa glisser au bas de l’arbre avec son panier, déchirant la manche de sa chemise en descendant. »

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Le passé n’est jamais simple, le futur est conditionnel et le présent est imparfait…

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Bon ben voilà, le sapin est mort et jeté lamentablement dans une poubelle , quelle tristesse d’abattre un végétal vivant alors que des plastiques réutilisables existent, ce n’est pas le sujet mais j’ai vraiment les boules chaque année avec cette histoire . La bûche et le les huîtres sont digérées (ou vomies suivant les cas, finalement  c’était pas forcément une bonne idée de tester la bûche aux huîtres) bref tout va bien , on est au taquet pour ce mois de janvier qui s’annonce festif dans notre beau pays…

Le France est vraiment un beau pays, du point de vue de la nature et du patrimoine, nous sommes toujours le premier pays en terme de tourisme mondial, et à juste titre,  mais depuis 2 ans, Londres est plus visité que Paris…de quoi réfléchir…et j’ai réfléchis !

Vous me voyez venir…nous sommes le 6 janvier 2016 et forcément, il y a un an, enfin  le 7 janvier 2015…alors zou, regardez le nombre d’émissions spéciales , reportages prévus à la télé cette semaine , et je ne  parle pas des JT et des talk show. Bien sur , ce n’est pas pour faire de l’audimat et vendre des pubs, c’est  seulement pour le recueillement, les explications détaillées du pourquoi et du comment…c’est pas pour faire frémir la ménagère de plus ou moins 50 ans et son mari voire plus si affinités, pas pour se complaire dans la peur et le malheur…

Allez admettons  que je sois de mauvaise foi, que ce soit logique et inévitable étant donné la hauteur de cet évènement . Mais il n’y a pas que ça, je trouve que nous avons une mentalité mortifère et de plus en plus.

En France on est en permanence  tourné vers le passé, l’histoire, la poussière, les morts. Et j’ai du mal à comprendre pourquoi.  Regardez à la télé en  ce mois de janvier, le nombre d’émissions qui fêtent ou plutôt célèbrent la mort…je ne parle pas que de Charlie Hebdo, je pense aux 3o ans de la disparition de Balavoine (j’en reparlerai peut être, c’est un type que j’aime, je ne suis pas à un paradoxe près), aux 20 ans de la disparition de Miterrand et même aux 20 ans de la mort de Léon Zitrone !

Mais quand même, il n’y a pas mieux à faire que célébrer les morts, les victimes ? On ne pourrait pas essayer de s’intéresser un peu aux vivants pour changer ? C’est pareil dans les autres pays ou c’est juste nous  qui sommes fascinés par le morbide ? C’est normal de passer des heures à retrouver ses ancêtres au lieu de s’occuper de ses proches, même si l’un n’empêche pas l’autre et heureusement !  C’est important de savoir qu’une arrière tri aïeule était pute sous Napoléon pour être heureux en 2016  ?  C’est plus important de s’ébaudir devant des fossiles de prouts de mammouths que d’essayer pour de bon de sauver les ours polaires et les abeilles, car s’ils meurent on mourra derrière eux, ce n’est qu’une question d’échelle temporelle, c’est inéluctable, mais on se fout du vivant, on préfère s’occuper des morts, c’est plus facile.

Je ne comprends pas pourquoi on se complaît dans le malheur. Pourquoi à Paris les gens sont tristes et gris, le métro atroce et pourquoi à Londres les gens sont enjoués, colorés, vivants. Dans le métro ils font aussi la gueule bien souvent mais il n’y a pas cette pesanteur, cette odeur de cadavre en décomposition made in France. Et ne parle pas de novembre 2013, j’ai remarqué ça bien avant ces horribles affaires.

J’ai entendu une chose très simple il y a pas longtemps, une métaphore basée sur la conduite automobile. Pour atteindre son but en voiture et éviter les accidents, il faut surtout regarder droit devant et avoir un regard circulaire  en permanence, pour s’adapter. Il faut aussi regarder de temps en temps et même  régulièrement dans le rétroviseur, mais c’est au niveau du pare-brise que l’essentiel se joue : voir  loin devant en ayant un regard circulaire…

Alors, ok, les vieux livres c’est beau mais si on les manipule trop, ils tombent en lambeaux. Et si on ne peut manipuler un livre, à quoi sert-il ? Ce n’est qu’un repère qui existe mais qui n’aide pas à lire donc à vivre.

Il y a matière à débat , je sais que beaucoup ne seront pas d’accord avec cette chronique et heureusement !

vieux livre

 

L’homme en rouge de Michel Polnareff

homme en rouge

Polnareff est de retour avec un nouvel album qui va sortir au premier trimestre 2016, suivi d’une grande tournée avec notamment 4 dates prévues à l’Aréna de Paris.

Cela faisait 25 ans qu’on attendait un nouvel album, le dernier, l’excellent Kama Sutra datant de 1995.

Bon, tout le monde à ses faiblesses, et sans marcher sur les platebandes de la grande Prêtresse Asphodèle, il m’arrive aussi  d’aimer des chanteurs moribonds, et pour moi Michel Polnareff est le dernier génie vivant des chanteurs français (avec Aznavour dans un autre style).

L’homme en rouge est le premier extrait dévoilé, juste avant Noël, on y retrouve le côté provocateur de Polnareff ,bien assagit mais j’aime assez l’idée de plomber l’ambiance devant les mielleuses dégoulinances autour de Noël.

Musicalement et au niveau de l’interprétation, on retrouve parfaitement le style Polnareff, la chanson fait mouche à la première écoute.

Du point de vue des paroles, bon, allez il s’est pas foulé, c’est un peu cul cul la praline, …mais les textes n’ont jamais été son fort, il s’est souvent accompagné d’auteurs talentueux par le passé.

j’y retrouve le côté décadent du chanteur, celui qui m’a toujours attiré chez lui, son anticonformisme et ce texte est à la fois un peu pervers et très naïf…comme souvent dans les chansons de Polnareff.

Globalement le titre est plutôt descendu par les critiques, vous savez, ceux qui professent mais sont incapables de produire quoi que ce soit d’artistique…mais aussi tièdement accueilli par les fans qui s’attendaient à mieux après 25 ans.

Personnellement, je le trouve plutôt bon et réussi mais c’est vrai que je m’attendais  aussi à mieux…mais bon à 70 ans ça ne peut plus être comme à 30 ans !

Et vous ? vous aimez ?