Cornouailles : une parenthèse enchantée (fin)

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Aie c’est le dernier jour… enfin demain ça compte pas puisqu’il faut reprendre la route pour Bristol, puis l’avion, puis la voiture pour rentrer.

Il fait toujours beau, il faut en profiter…

Jour 7 : Saint Michaels’ Mont – Marazion – Capé Cornwall – Pendeen – Zennor

La journée va commencer en allant au Mont Saint Michel… oui oui vous avez bien entendu ! Il y a une réplique de la célèbre Abbaye normande ici :  en Cornouailles. Elle a été construite après, quelque 80 ans plus tard, et à l’origine c’est  les Bénédictins du Mont Saint Michel normand qui ont voulu fonder une abbaye comparable, située sur une île et perchée sur un rocher de granit .

Regardez vu de loin, il est saisissant non ce Saint Michaels’ Mount ?

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La différence c’est qu’en fait il s’agit aujourd’hui d’un château, l’abbaye ne fonctionne plus. Et puis, ici, c’est vraiment une île, pas seulement lors des grandes marées, mais tous les jours. On prend le bateau à marée haute ou la digue à marée basse.

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Sur place…

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On trouve un magnifique jardin méditerranéen et même tropical, avec des vues somptueuses sur le château, l’océan Atlantique et les villages alentours.

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A flower inside flowers( yes i speak fluently… )

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C’est vraiment un bel endroit, reposant et beau, on avait envie d’y rester…jusqu’à ce que la faim nous prenne et nous intime l’ordre de rejoindre le pub de Marazion pour manger…

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Allez, nous repartons vers encore un bout du monde, Capé Cornwall. Je trouve que cet endroit ressemble énormément à l’ Irlande, ce qui n’est pas pour me déplaire: du vert, des côtes intactes, quelques moutons ( pas assez pour être en Irlande toutefois), quelques murets également…

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Après une petite marche au soleil sous la brise marine, nous allons finir la journée en empruntant une route magnifique, là encore très irlandaise, qui va nous conduire d’abord à Pendeen.

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Et enfin, le dernier village que nous visiterons, en pleine campagne, dans une ambiance de ferme surplombant la mer, sera Zennor, car sans t’es mort !  Petite déception, plus de cream tea aux 2 pubs du village, c’était trop tard, ils fermaient…WTF ??

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Il faut rentrer au chalet pour préparer le sac et faire un peu de ménage, il est déjà tard, et saluer une dernière fois la propriétaire,  l’ avenante Bella !

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PS: pas une égratignure sur la fucking voiture toute neuve bourrée d’électronique ! 

 

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Belle du seigneur d’ Albert Cohen.

Forcément, je ne pouvais que rapatrier cette chronique, parue le 5 août 2011. Je n’ai rien retouché, juste enlevé le paragraphe qui parlait de l’adaptation cinématographique.

Roman hors norme, brillant, ébouriffant, dérangeant, qui ressemble à rien de connu et lu par moi jusqu’ici.

Un mois pile pour avaler les 1100 pages du pavé.

Impression de dépucelage littéraire, de n’avoir jamais rien lu avant.

Cohen est un génie et je ne veux plus rien lire de lui pour rester sur cet ovni littéraire, sur ce livre magistral considéré comme un chef-d’œuvre, l’un des dix meilleurs romans du vingtième siècle.

Je ne sais plus quoi lire maintenant…

Que dire sur ce livre ? Je vais me limiter à parler du thème central, l’exploration de la passion amoureuse en occultant les thèmes secondaires qui sont pourtant essentiels pour cadrer l’histoire d’amour des personnages (la noblesse, la bourgeoisie, les hauts fonctionnaires, la montée de l’antisémitisme au milieu des années 30)

Albert Cohen décortique la passion amoureuse comme jamais :  C’est un  auteur qui dit la vérité, sa vérité sans rien édulcorer en annonçant la couleur dès le départ : les deux personnages sont promis à leur déclin.

L’amour passionnel est voué à l’échec et à la perte des amants, quelle qu’elle soit.

Récit très noir du début à la fin, aucun espoir, toujours la vérité implacable et cruelle.

Aucun répit  dans le récit, les mots claquent à 220 km heure, on a parfois du mal à suivre, il y a des longueurs mais Cohen poursuit sa démonstration implacable et épouvantable. C’est vraiment dur et en même temps son style pour décrire la passion est vraiment beau, vraiment émouvant, parfois même très sensuel tout en restant pudique. Allez soyons honnête tout le monde rêve de la grande passion amoureuse, de l’île déserte avec sa dulcinée pour ne faire que s’aimer du matin au soir….mais après avoir lu ce livre, on y réfléchit à deux fois….car c’est une condamnation sans appel de la passion.

La passion amoureuse n’est possible que si on est jeune, beau, bien socialement ; Ce n’est qu’une gigantesque supercherie puisque que seul le coté bestial, « la viande », « les gorilleries » comptent et sont légitimés par les convenances sociales.

Selon Cohen, dès que l’on vieillit, plus de place pour l’amour physique et la passion, terminé pour la femme dès que ses seins tombent ou dès que l’homme perd quatre canines ou son rang social.

De plus les amants condamnés par leur passion s’étouffent rapidement, et sans social autour  d’eux, il est impossible de faire durer la passion, l’ennui vient très vite et l’enfermement est total.

Style très spécial : des pages entières de monologues  parlés des personnages et de monologues intérieurs, sans aucunes phrases ni ponctuation. D’habitude je suis totalement hermétique aux phrases qui n’en finissent pas, j’aime ce qui claque, ce qui est synthétique, ce qui se rapproche des pensées et aphorismes. Là, je suis fasciné par cette écriture, je sais pas pourquoi, on à l’impression d’un tourbillon autour de nous et on en sort épuisé.

Schéma de base très simple : la femme (Ariane) , le mari (Adrien) , l’amant (Solal).

Premier monologue intérieur d’Ariane et ça suffit pour tomber amoureux du personnage : jeune femme belle aux yeux de biche, distinguée, torturée, complexe, mariée mais qui n’aime pas son mari et vit dans son monde intérieur, joue du piano et lit beaucoup,même dans son bain, proche de la nature et des étoiles, toujours prête à parler aux animaux et à les sauver ( à défaut de parler aux humains) ,proche des chevaux (ancienne cavalière) et des crapauds, qui parle seule dans son bain,  s’embrasse sur son miroir, bref un peu barée, un peu princesse et  un peu hystérique aussi ….orpheline très tôt, ayant  de plus perdu sa soeur adorée . Jeune femme réservée et pudique mais capable de folies pour celui qu’elle aime, de tout lui donner. Bref un amour d’Ariane, qui de plus , cerise sur le gâteau rêve d’Himalaya…

Le mari : Adrien, un gentil couillon sans cervelle, fonctionnaire qui ne vit que par le regard de ses supérieurs, préoccupé seulement de lui-même et  de sa progression dans la voie hiérarchique, de la taille de son bureau et du niveau de confort des chambres d’hôtel lorsqu’il part en mission, des personnes qu’il peut inviter chez lui en fonction de leur rang social….bref un pauvre bougre qui ne vit que par le regard des autres et   de sa femme en particulier dont il voudrait être admiré.

Et pourtant il l’aime son Ariane, il est attentionné et gentil mais il est incapable d’aimer vraiment de donner quoi que soit d’épanouissant même si au fond c’est un amour sincère et émouvant.

Solal est piégé par la recherche de cet amour passionnel qui ne le rend pas heureux malgré ses multiples amantes et amoureuses.  Il méprise ses conquêtes, est parfois limite misogyne et en même temps il sait qu’il a accès à la passion amoureuse seulement  par ce qu’il est puissant, chef, jeune et beau. Il voudrait être aimé sans apparat pour ce qu’il est vraiment, la première rencontre il tente de séduire Ariane déguisé en vieillard aux dents cassées et elle le repousse ce qui la condamnera ,car Solal la séduira alors par la force .

Solal est possédé, limite schizophrène, il sait qu’il entraînera Ariane vers la déchéance et qu’il la rendra malheureuse et qu’il se rendra malheureux…il le sait dès le début mais il lui ment alors qu’elle est totalement sincère et naïve. Au fond Solal rêve d’un amour tendresse, d’un amour amitié voir même d’ un amour maternel, en somme d’un amour pur et impossible  mais est incapable de résister à l’appel de la passion.

Fou de jalousie vers la fin de leur passion, il va devenir  malgré lui le bourreau d’Ariane, totalement consentante et soumise à son Seigneur, prête à tout pour l’aimer et le garder.

Quand Ariane quitte Adrien elle lui écrit simplement : «  toi si bon, te faire souffrir, c’est affreux…pardonne moi mais j’ai besoin d’être heureuse. Il est l’amour de ma vie, le premier, le seul. »

 

Quand Solal comprend que leur amour est condamné que la déchéance passionnelle est inéluctable et qu’il pète les plombs il se dit à lui même ; « Du joli, la passion dite amour. Si pas de jalousie ennui. Si jalousie, enfer bestial. Elle est une esclave, une brute. Ignobles romanciers, bande de menteurs »

Vraiment, je suis enchanté, ému, surpris et totalement chamboulé par cet ouvrage. Je ne sais pas si je trouverai un jour un autre livre aussi fort autour d’une histoire d’amour, un autre livre qui me fera autant vibrer.

Belle du seigneur,  » un départ ivre vers la mer »

 

Play-list du moment , été 2016 !

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Bon c’est l’été…alors qu’est-ce qu’on écoute comme tubes de l’été 2016 ?

Attention, des chansons pour l’été, des trucs légers et qui font du bien, voilà ce que j’entends quand je tends l’oreille…

Justin Timberlake : Cant stop the feeling . On l’entends en boucle partout, il fait son chemin…mais arrêtez donc de vous trémousser, je vous vois !

Adèle :  Send my love.  Hé bien voilà, pour une fois, en écoutant Adèle on n’a pas envie de se pendre direct,  ni même besoin de gober illico 2 ou 3 Lexomil…vous voyez qu’il y a de l’espoir quand même !!  Par contre sa robe à fleurs dans le clip, c’est sans espoir.

DNCE : Cake by the océan. J’en ai déjà parlé, ce morceau nous a suivis partout quand nous étions en Angleterre…le  vrai tube de l’été quoi ! Je précise que malgré son titre,  la chanson ne parle pas de votre beau-frère qui fait de la voile à Palavas.

Mike postner : I Took a pill in Ibiza.  Ce jeune homme est fou, il est parti prendre des pillules à Ibiza…bon ok c’est plus fun que d’aller prendre un bus à Chamalières…mais bon, tout fout le camp. Ceci dit, c’était déjà un tube du printemps, mais ça continue… Attention, le clip comporte des images gore voire trash…

 

 

La noce champêtre.

calecheVoici l’un de mes tous premiers textes publiés dans le cadre des ateliers littéraires, le 29 septembre 2011…

La noce Champêtre.

Ils allaient tous deux, se suffisant à eux mêmes, heureux d’être toujours amoureux après tant d’années de vie commune. En ce samedi d’automne radieux, ils progressaient vers leur destinée, main dans la main, bercés par le roulis chaotique d’un tacot de collection.

Dans ce véhicule anachronique, le temps était en suspension.

A peine deux ou trois champs de blé, deux ou trois rangées d’arbres aux couleurs d’or, que déjà ils dépassèrent le jardin potager du curé du village et parvinrent devant la mairie.

Les invités s’attendaient à une arrivée tonitruante, tel un saut en parapente mais la rencontre fortuite d’un couple de parachutistes accidentés et d’humeur mélancolique  avait eu raison de la témérité des mariés.

L’échange des alliances, breloques futiles ,étincelantes et précieuses , fut bref mais intense, un peu magique en somme.

Juste après, le nouveau mari put enfin étreindre son épouse au doux parfum de miel. Il adorait en effet la fragrance de son eau de toilette. Elle le rendait fou d’amour et chaque apparition du flacon réveillait cette  potion érotiquement odorante.

L’apéritif fut pris sous les tonnelles dans une rare harmonie au point qu’une abeille certainement attirée par les nombreux bouquets de fleurs des champs, vint piquer l’un des témoins. Celui ci se mit alors à éternuer joyeusement, nul ne sait encore aujourd’hui pourquoi.

Le repas fut enjoué et la soirée festive. On but raisonnablement d’abord, puis joyeusement ensuite.  On fit la java, on guincha entre les rires des enfants, on but encore , personne ne sait plus exactement quel breuvage, mais qu’importe. Certains paraît-il virent même passer un troupeau d’éléphants plus ou moins roses, signe que la fin de la soirée  allait être bien floue pour quelques âmes.

Vers cinq heures, les jeunes mariés sortirent sur la terrasse et s’étreignirent à nouveau dans la fraîcheur de l’aube naissante. Malgré d’inévitables effluves d’odeur corporelle après toutes ces danses endiablées, la jeune mariée sentit  la peau épicée  de son époux. Et pendant que les invités remplissaient le livre d’or de   mots précieux, ils se blottirent l’un contre l’autre en regardant les milliers d’astres dans le ciel, pareils à des reflets argentés sur une mer d’encre.

Ils eurent alors une pensée pour ceux qu’ils aimaient vraiment et qui n’étaient pas là pour partager leur union. Ce traumatisme , tout à coup perfidement installé dans leurs pensées  , les rapprocha d’autant plus .

Ils s’embrassèrent longuement sur la bouche en priant pour que la lune ne tombe pas pour complicité d’envol…

 

Cornouailles : une parenthèse enchantée (4)

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Bon il fait beau et c’est le jour 6…

Jour 6 : Ménabilly et Fowey.

Nous partons direct pour Ménabilly...la route y mène presque tout droit et on arrive à un terminus, un parking tout près de la ferme de Barton…où il est d’usage de remplir le pot au lait d’une demi-livre comme droit de place ! C’est disons un groupe de maisons…dont celle de Daphné enfin, celle où elle vécut 25 ans !

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A cet endroit, même si à ce moment là je ne le sais pas encore, nous sommes pile en face de Ména, la maison louée par Daphné du Maurier,  et  qui l’inspira tellement. Il est impossible de la voir, elle est enfouie dans la végétation et les arbres mais on est à 400 ou 500 mètres maximum.

Nous descendons ensuite  vers la plage de Porthmouth…

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Au bout de ce portillon, ici à contre-jour, se trouve Porthmouth cove,  deux  criques soeurs, de petite taille. C’est ici que Daphné du Maurier venait tous les jours pour se baigner à la belle saison et se ressourcer, seule , avec ses enfants, son chien… C’est également ici que gamine, elle vit le naufrage du Romanie, échoué sur les rochers de cette baie, à grand fracas, ce qui lui inspira le naufrage dans Rébecca. Il reste encore quelques débris rouillés du navire au bout de la plage.

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Et c’est ici que se trouve le hangar à bateaux et le cottage en contrebas de la plage dans lequel Rébecca recevait ses amants… Il y a un cottage, un lac et la baie…rien d’autre !

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Et puis, au départ de la plage, il y a la petite montée vers le Gribbin Head, une petite colline du haut de laquelle on embrasse une vue circulaire sur la baie de Fowey. Daphné y grimpait tous les jours également, même dans ses vieux jours, accompagnée de ses chiens…

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Nous redescendons à Porthmouth cove, remontons le chemin et repassons devant la ferme de Barton. Je veux en voir plus de Mena. Alors comme tous ceux qui arpentent ces lieux à la recherche de Daphné, je m’arrête devant la maison du garde : c’est l’entrée du domaine de Ménabilly…qui est « strictly private » ! On voit même un écriteau indiquant  » Beware of the bulls » ! Sauf que dans un livre anglais de 2010,  on  apprend que les bulls  du propriétaire du domaine étaient à cette époque, un labrador et un chien de chasse…pas trop féroces.

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On ne voit pas du tout la maison de cette entrée. Alors nous continuons un peu plus plus loin, vers une chapelle, celle de Trégaminion où les obsèques de Daphné Du Maurier furent célébrées (puis ses cendres dispersées sur les falaises du Gribbin Head)

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Et de cette chapelle, l’on voit Mena, perdue dans les arbres…juste après les champs où paissent les vaches tranquillement. Voici ce que le visiteur lambda peut voir du mystérieux Manoir où Daphné vécut 25 ans :  un morceau de l’aile nord !

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Ce sera tout pour Mena, mais je sais maintenant où se trouve le passage sous les arbres qui permet de remonter de la plage vers le manoir, la fameuse « Vallée heureuse » de Manderley, puisque Manderley est la réplique de Ména (et d’une maison de maître située près de Londres que fréquentait Daphné dans son enfance). Mais c’est strictement privé…alors il y a un autre moyen , très simple et tout à fait légal pour voir le Manoir , qui appartient à la même famille depuis des siècles, les Rasleigh…pas l’intérieur bien entendu, mais l’extérieur, en somme voir l’ensemble du domaine de Ménabilly en rentrant par l’entrée officielle, la maison du gardien…

Laissons là Ména, et reprenons la voiture pour aller à Fowey, le petit port charmant où Daphné a situé bon nombre de ses histoires…

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Le centre du village est coloré , avec une grande et magnifique église…

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Et puis, juste en face du port, on voit Bodinick, que l’on peut rejoindre en Ferry, il suffit de traverser  l’estuaire. Et à Bodinick se trouve Ferryside, la première maison des Du Maurier dans la Cornouailles, maison de vacances au début, où la jeune Daphné vient en solitaire, y compris l’hiver, pour écrire. Son premier roman fut rédigé à 100% dans cette maison (la plus à droite sur les photos ci-dessous)

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Dernière balade jusqu’au point de vue sur le village de Polruan, en face , en allant jusqu’au château en ruine de Sainte Catherine.

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Il est trop tard pour visiter un nouveau jardin pas très loin et puis on est crevés à force de crapahuter dans le pays Du Maurier !

Alors retour à notre location , dans la verte campagne anglaise…

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Fin de l’aventure au prochain épisode…où je vous emmènerai au Mont Saint Michel  et en prime une photo de Bella…

 

A chacun son ailleurs.

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Première publication le 02 novembre 2011 sur OB. (très légères retouches)

Quand le ciel est clair, j’aime regarder les avions et leur traînée de poudre blanche, si agréable à l’œil et tellement nocive pour la planète.

Quand je vois un avion lancé à 800 km par heure et voguant à 10000 mètres d’altitude, je me demande vers quel ailleurs il achemine ses passagers avec autant d’aplomb. Les possibilités d’ailleurs sont infinies. On rêve tous d’un ailleurs à un moment ou un autre.

Peut être un homme fuit-il son passé, un drame familial ou un amour impossible et il se dit qu’ailleurs il prendra un nouveau départ, sans jamais se retourner ni rien regretter. Mais partir à l’autre bout de la France ou du monde pour éliminer un chagrin d’amour ou la perte d’un frère ne suffit pas : si c’était le cas il faudrait réserver ses places 20 ans à l’avance et les aiguilleurs du ciel seraient les maîtres du monde (ils le sont un peu quand ils font grève d’ailleurs…)

Bien sur, le changement de lieux et de repères est propice au travail sur soi pour se retrouver , mais la fuite en elle-même ne changera rien à l’histoire. C’est un ailleurs interne que doit trouver ce passager et peu importe alors l’endroit de sa renaissance.

Peut être que cette femme, elle,  va revoir sa famille, si loin géographiquement et si proche dans son cœur: elle est à la recherche de la source. Sans doutes qu’à mesure que l’avion perdra de la vitesse en négociant sa descente , son cœur à elle   battra de plus en plus vite.

Ce couple assis là juste à côté de l’issue de secours part vivre son histoire d’amour passionnelle et  peut-être condamnée par les circonstances de la vie. Même si l’avion se crashe ils auront une chance d’être les premiers à s’en échapper afin que vive leur passion…ils se serrent si fort la main…ou alors l’un d’eux est terrorisé par l’avion…

Cette femme là au fond de l’appareil accompagne peut-être sa mère pour son avant dernier voyage vers l’ailleurs de sa jeunesse, celui là même qui lui a procuré les plus beaux moments de sa vie de femme et de sa vie d’être humain.

Ces hommes d’affaires blasés qui ne prennent même plus le temps de jeter un œil à travers le hublot pour assister au spectacle éternellement renouvelé du vol au dessus des nuages, au dessus des plus hautes montagnes, vers quoi volent-ils ?  Quelle tristesse de ne pas profiter de ce moment unique qui transcende les rêves et les espoirs. Le business rend aveugle et triste.

Voilà à quoi je pense lorsque je vois une trace de poudre blanche violer l’azur au dessus de moi. Je pense à ces moments où je vole , où je suis l’un des anonymes embarqué dans l’avion.

Simone de Beauvoir qui fit plusieurs fois des traversées de l’Atlantique (encore risquées à son époque) pour rejoindre l’homme de sa vie (pas Sartre qui fut l’amour de sa vie, son double spirituel, sa moitié intellectuelle et humaine, mais Nelson Algren) écrivit ceci à propos des voyages en avion et de cet amour à distance : «  l’avion est le seul mode de transport qui s’harmonise avec l’état du cœur : l’avion, l’amour, le ciel, la tristesse et l’espoir forment un tout ».

A chaque trajet en avion où les éléments le permettent, j’essaye de ressentir ce qu’elle a voulu dire. Parfois j’y arrive, de moins en moins à vrai dire…

Je vous souhaite de jolis trajets en Airbus…plutôt qu’en bus R.

 

Cornouailles : une parenthèse enchantée (3)

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Suite du périple…après un bon petit déjeuner avec du Carrot Cake…à la radio, tiens, le nouveau Adèle, il est pas mal du tout !

Grosse journée aujourd’hui…

Jour 5 : Trenwaington Garden – Mousehole – Minack Théâtre – Porthcuro – Lands end.

Premier arrêt du jour au jardin de Trenwaington, encore un site du National Trust et cette fois-ci, le parking est gratuit…incroyable !  Encore un beau jardin arboré fleuri et reposant, l’un des 30 jardins environ situé en Cornouailles .Idéal pour commencer la journée en en  prenant plein les yeux (et un peu sur la tête, c’est marrant de secouer les branches mouillées par la pluie de la nuit…)

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Ensuite, cap sur Mousehole. Nous pensons que cela veut dire  » trou de souris » car c’est vraiment un charmant petit port , en face du Mont Saint Michel mais ça j’en parlerai plus tard ( vous avez vu je fais du teasing… !) .  On a profité des ruelles charmantes et fleuries et d’un super restaurant où nous avons mangé un excellent poisson pêché ici et du crabe pêché au village voisin. La lumière était intéressante à Mousehole, un peu gris souris…

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Oui mais voilà, le temps change vite en Cornouailles, et le soleil est revenu pour notre prochaine escale. Et notre prochaine escale aura été mon endroit préféré du séjour. Un lieu ou plutôt deux extra-ordinaires. Le premier est un théâtre en plein air, creusé dans le granit, posé sur une falaise et surplombant l’océan avec sur ses hauteurs un jardin quasi exotique, un truc de folie !  le Minack Théâtre a été voulu et construit à côté de 1932 par une dame dénommée Rowéna Cade, qui l’a arpenté et amélioré jusqu’à sa mort à 85 ans. C’est un théâtre très actif, reconnu internationalement, qui joue de multiples pièces, notamment les grands classiques anglais. Et en bas, par un chemin escarpé qui part du théâtre, on arrive à la sublime anse de Porthcuro, où le sable est blond et la mer d’un bleu et d’un vert limpide. Une merveille de la nature. Ces lieux m’ont fait penser aux rochers sculptés de Rothéneur, près de Saint Malo, et à la baie des Trépassés dans le Finistère. J’ai adoré cet endroit, vraiment…

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Et pour finir la journée, je vous transporte là où finit la terre, (encore un clin d’oeil au Finistère), à Lands end. En face de ce point, c’est l’Amérique . Endroit très touristique , il faut y aller tôt le matin ou tard le soir . A 18h , les touristes étaient partis, le mini-parc d’attraction installé fermé, le parking gratuit. Et du coup, se balader à Lands end devient magique…profiter du soleil, de la mer, des landes…et voir la maison qui se définit comme le premier et dernier bar restaurant de toute l’ Angleterre…

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Voilà, fin de journée, petit arrêt chez Marks and Spencer pour le repas et le petit déjeuner du lendemain.

Et demain, je suis tout excité, on va sur les terres de Daphné…faut que je pense à demander à Bella en rentrant à la location si elle l’a lue ou pas !

 

En attendant Bojangles, d’ Olivier BOURDEAUT ( 2015)

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Ce livre est le récit d’un garçon (dont on ne connaît pas le prénom) sur une partie de son enfance avec ses parents, couple extravaguant et hors norme. Le père, Georges, a laissé tombé ses affaires commerciales pour ne vivre que pour sa passion pour son épouse, rencontrée par hasard et aussitôt mariée. La mère, donc, qui change de prénom tous les jours pour éviter la routine, totalement excentrique , folle douce qui fait de leur vie une fête permanente constituée de danses, de soirées, de cocktails. Mais un jour, cette folie joyeuse se transforme petit à petit en folie furieuse…

 » Le temps d’un cocktail, d’une danse, une femme folle et chapeautée d’ailes, m’avait rendu fou d’elle en m’invitant à partager sa démence. »

En attendant Bojangles est un premier roman qui a obtenu un immense succès public, porté par le bouche à oreilles et relayé également par la critique et les prix littéraires, ce qui n’est pas souvent le cas.  Selon moi, c’est plus que mérité car Olivier Bourdeaut à réussi à extraire une jolie pépite, toute en poésie et légèreté, mais aussi en gravité et sensibilité.

Ce n’est pas tant l’histoire qui est originale, dont le déroulé tient sur un post-it, ni la thématique, qui a été écrite des centaines de fois. Il s’agit simplement d’une histoire d’amour très forte, qui commence bien et finit forcément mois bien, comme toutes les histoires d’amour passionnelles.

« Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel…Cette folie, je l’avais accueillie les bras ouverts, puis je les avais refermés pour la serrer très fort et m’en imprégner, mais je craignais qu’une telle folie douce ne soit pas éternelle. Pour elle, le réel n’existait pas… Le problème, c’est qu’elle perdait complètement la tête. Bien sûr, la partie visible restait sur ses épaules, mais le reste, on ne savait pas où il allait. »

Non, ce qui m’a plu, c’est le contexte, l’originalité, la  douce décadence par moment, à travers le père et la mère mais aussi les deux autres personnages centraux du livre : Mademoiselle Superfétatoire, un gros oiseau exotique qui accompagne cette famille partout où elle va,  et l’ Ordure, l’ami de la famille, un sénateur grivois dont l’objectif est de parvenir un jour à pouvoir faire tenir son assiette sur son ventre pour manger…

Et puis, le style de narration choisi par Olivier Bourdeaut a fait mouche : il croise le regard de cet enfant sur sa vie qui ressemble tellement peu à celle de ses camarades de classe et le regard de Georges, le père, qui consigne ses émotions sur un carnet intime que récupérera ensuite son fils devenu adulte.

Au final, En attendant Bojangles est une histoire forte, touchante, décalée, souvent drôle, souvent en forme de pieds de nez au système et aux règles bien établies, une critique des normes et de la normalité et une forme de bras d’honneur aussi vis à vis de la masse, une forme d’éloge de la différence, une incitation à casser la routine, à prendre la route, une année sabbatique, à simplement ne pas vivre en faisant sembler d’oublier qu’un jour il faudra mourir.

« – Henriette, faisons les valises, ce soir je veux prendre l’apéritif sur le lac ! Alors on jetait des milliards de choses dans la valise, ça volait dans tous les sens, papa hurlait : – Pauline, où sont mes espadrilles ? Et Maman répondait : – A la poubelle Georges, c’est encore là qu’elles vous vont le mieux ! Et Maman lui lançait : – Georges, n’oubliez pas votre bêtise, on  en a toujours besoin… »

Et l’air de rien, l’auteur nous raconte une histoire d’amour, une vraie, qui n’obéit qu’à ses propres règles.

En résumé, je me suis vraiment régalé en lisant ce court texte, le seul bémol est que j’ai préféré la première partie, celle de la folie douce, à la deuxième, celle de la folie beaucoup moins douce de Constance, enfin Jacqueline, ou plutôt Mireille, enfin la mère de famille quoi ! Je ne dis rien sur l’horrible couverture, c’est je crois  un petit éditeur (Finitude) qui est moins percutant sur l’art visuel et je le remercie d’avoir donné sa chance à Olivier Bourdeaut.

J’ai beaucoup ri en lisant cet extrait !

« Mon petit, il y a deux catégories de personnes qu’il faut éviter à tout prix. Les végétariens et les cyclistes. Les premiers, parce qu’un homme qui refuse de manger une entrecôte à certainement dû être un cannibale dans une autre vie. Et les seconds, parce qu’un homme chapeauté d’un suppositoire qui moule grossièrement ses bourses dans un collant fluorescent pour gravir une côte à bicyclette n’a certainement plus toute sa tête. Alors si un jour tu croises un cycliste végétarien, un conseil mon bonhomme, pousse-le très fort pour gagner du temps et cours très vite et très longtemps ! »

Un joli coup de cour en ce qui me concerne , je vous le conseille , et si vous le lisez vous saurez pourquoi l’auteur a choisi ce titre particulier…et vous comprendrez aussi la phrase de Bukowski, en exergue sur la première page du livre :  » Ceux qui ne deviennent jamais fous…leurs vies doivent être bien ennuyeuses. »

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Je flippe

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Comme prévu, voici le premier article que je rapatrie d’Overblog. Première diffusion le 16 février 2013. Je n’ai pas changé une virgule…

Je flippe ma race depuis quelques temps…j’ai peur, je veux pas mourir même dans trente ans, même dans plus longtemps. Vous autres, mourrez si vous voulez, mais pas moi, il faut une exception.

Je ne veux pas et puis c’est tout. Avant j’y pensais pas mais je finis par vieillir et à force de vieillir et de traverser des turbulences ben j’y pense et puis j’oublie (c’est lea vie c’est la vie) .

Voilà tout. C’est très flippant. Il se passe quoi après, je crois en rien…

Je veux pas passer de l’autre côté, , même dans trente ans parce qu’il y a trente ans, je n’avais jamais été en Corse, je ne connaissais par Londres, Venise, l’Irlande, l’Ecosse…Katy Perry existait à peine, Charlotte le bon n’était même pas prévue au programme, j’avais pas encore été étudiant, je n’avais pas lu Les Hauts de Hurlevent ni Belle du seigneur, je ne savais pas qu’un jour je ferai partie de la blogosphère où l’on croise sur Internet des humains en liberté, je n’avais pas encore eu d’amis, ni d’éjaculation auto procurée (quoi que…à treize ans…si ça se trouve me souviens plus ), je n’avais pas rigolé à en pleurer ni pleuré à en rire, ni goûté de Sauternes et surtout,  je n’avais pas encore rencontré la Douce  et comme vous le voyez en lisant ce blog, ç’est pas facile tous les jours de vivre avec moi.

L’amour ne résout pas tout hélas, il ne suffit pas à ne plus penser à sa propre mort. Il ne suffit pas à arrêter le temps, il ne suffit pas à être heureux en soi ou à s’aimer soi même, mais être aimé reste un luxe.

Alors merde, je veux encore de la vie pour au moins toujours. Ils font quoi les chercheurs à qui on donne des sous ? Ils se construisent des maisons aux Bahamas ou quoi ? Hé les mecs cherchez pour que je ne me fane pas, mais  cherchez bordel de merde !

Chez Loréal et Clarins c’est tous des branleurs, ça marche pas, ça cache la misère et entretient l’illusion. Alors les vrais chercheurs cherchez s’il vous plaît, parce que je le vaux bien !

Pourquoi ne suis-je pas un arbre bicentenaire ou un simple papillon  libre au vent ? Il se passe quoi dans ma tête de mule pour que je pense à prendre le temps d’avoir peur de mourir ? Vous Y pensez vous parfois ?

PS: N’oubliez pas de soutenir la recherche par vos dons…

Cornouailles, une parenthèse enchantée (2)

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Bon debout, il fait beau…la preuve, regardez par la fenêtre… allez hop, un petit déjeuner avec Muffins ( ce n’est pas un ami à nous, je précise) et zou c’est parti après avoir bossé la carte parce que le GPS n’en fait souvent qu’à sa tête !

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Jour 4 : Saint Ives – Lizard Point – Coverack – Porthleven

Bon, au matin du quatrième jour, je ne sais plus ce qu’à fait Dieu mais moi je maîtrise enfin la voiture, le gabarit et les routes étroites du coin. Du coup je peux tranquillement écouter  » cake by the océan  » à la radio…

Premier arrêt à Saint Ives, là la route est bonne. C’est une ville de 12ooo habitants, repère de peintres et d’artistes en raison de sa situation et de la lumière présente à cet endroit là. On arrive par le haut de la ville, et c’est vrai que c’est beau, tout, les petites rues, le port, la jetée, les plages…il y a aussi beaucoup de galeries de peinture et même une annexe de la Tate Modern de Londres…mais ça on l’a zappé !

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Après, arrivée au Cap Lizard, qui est paraît-il le point le plus occidental de l’ Angleterre. Un bout de côte préservé par le National Trust (un organisme qui protège et conserve les espaces naturels et le patrimoine de l’ Angleterre)  où il fait bon humer l’air de l’ océan.  Il y a un petit peu de route depuis Saint Ives, le temps a changé, c’est couvert et même pluvieux. En se baladant sur le sentier côtier, nous avons vu des phoques gris faire la planche dans l’océan. Hélas, on ne le voit pas sur les photos, qui viennent toutes de mon smartphone…

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Bon Faut manger…dans une ferme bio nous avons goûté la fameuse Pastie de Cornouailles, l’une au boeuf, l’autre végétarienne…hyper bon, un peu trop relevé pour la végétarienne (d’ailleurs tous les restos ont des options végétariennes dans leurs menus). Et des glaces maison délicieuses aussi !

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Suite de la journée à Coverack, un petit port de pèche tout tranquille qui vit au gré du vent et des marées. Les maisons sont particulièrement soignées, la plage mi galets mi sable est parfaite pour attendre la marée qui monte , plutôt vite d’ailleurs. On a dû partir avant d’être mouillés !

L’eau est à 13 degrés…

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Ce village m’a vraiment séduit, et  comme j’aime les endroits vraiment paumés, je crois qu’il faut prendre une route encore plus étroite pour aller finir la journée à Porthélen. Et là, bonheur total, le temps a changé, ça se couvre un peu, il y a de fortes vagues, des surfeurs, je me suis même fait éclabousser sur la jetée (la Douce a failli prendre la photo au bon moment…mais non raté et toc ! ) . Ici aussi, joli port de pêcheurs et aussi petite station de villégiature mais à l’écart des endroits touristiques, un endroit pour se ressourcer. Les ados du coin jouent à traverser le port à la nage, d’autres personnes  profitent du soleil qui se fait rare sur une pelouse en buvant une bière, les bateaux rentrent, les pubs s’animent à peine…

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Bon il est grand temps de boire une Ale, une bière locale…c’est celui qui conduit qui boit la pinte, normal, vu les virages et les routes, faut se motiver non ?

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Et retour à la maison…toujours avec l’avenante Bella à l’arrivée…et  » cake by the océan  » à la radio…

A suivre !