A chacun son ailleurs.

avion

Première publication le 02 novembre 2011 sur OB. (très légères retouches)

Quand le ciel est clair, j’aime regarder les avions et leur traînée de poudre blanche, si agréable à l’œil et tellement nocive pour la planète.

Quand je vois un avion lancé à 800 km par heure et voguant à 10000 mètres d’altitude, je me demande vers quel ailleurs il achemine ses passagers avec autant d’aplomb. Les possibilités d’ailleurs sont infinies. On rêve tous d’un ailleurs à un moment ou un autre.

Peut être un homme fuit-il son passé, un drame familial ou un amour impossible et il se dit qu’ailleurs il prendra un nouveau départ, sans jamais se retourner ni rien regretter. Mais partir à l’autre bout de la France ou du monde pour éliminer un chagrin d’amour ou la perte d’un frère ne suffit pas : si c’était le cas il faudrait réserver ses places 20 ans à l’avance et les aiguilleurs du ciel seraient les maîtres du monde (ils le sont un peu quand ils font grève d’ailleurs…)

Bien sur, le changement de lieux et de repères est propice au travail sur soi pour se retrouver , mais la fuite en elle-même ne changera rien à l’histoire. C’est un ailleurs interne que doit trouver ce passager et peu importe alors l’endroit de sa renaissance.

Peut être que cette femme, elle,  va revoir sa famille, si loin géographiquement et si proche dans son cœur: elle est à la recherche de la source. Sans doutes qu’à mesure que l’avion perdra de la vitesse en négociant sa descente , son cœur à elle   battra de plus en plus vite.

Ce couple assis là juste à côté de l’issue de secours part vivre son histoire d’amour passionnelle et  peut-être condamnée par les circonstances de la vie. Même si l’avion se crashe ils auront une chance d’être les premiers à s’en échapper afin que vive leur passion…ils se serrent si fort la main…ou alors l’un d’eux est terrorisé par l’avion…

Cette femme là au fond de l’appareil accompagne peut-être sa mère pour son avant dernier voyage vers l’ailleurs de sa jeunesse, celui là même qui lui a procuré les plus beaux moments de sa vie de femme et de sa vie d’être humain.

Ces hommes d’affaires blasés qui ne prennent même plus le temps de jeter un œil à travers le hublot pour assister au spectacle éternellement renouvelé du vol au dessus des nuages, au dessus des plus hautes montagnes, vers quoi volent-ils ?  Quelle tristesse de ne pas profiter de ce moment unique qui transcende les rêves et les espoirs. Le business rend aveugle et triste.

Voilà à quoi je pense lorsque je vois une trace de poudre blanche violer l’azur au dessus de moi. Je pense à ces moments où je vole , où je suis l’un des anonymes embarqué dans l’avion.

Simone de Beauvoir qui fit plusieurs fois des traversées de l’Atlantique (encore risquées à son époque) pour rejoindre l’homme de sa vie (pas Sartre qui fut l’amour de sa vie, son double spirituel, sa moitié intellectuelle et humaine, mais Nelson Algren) écrivit ceci à propos des voyages en avion et de cet amour à distance : «  l’avion est le seul mode de transport qui s’harmonise avec l’état du cœur : l’avion, l’amour, le ciel, la tristesse et l’espoir forment un tout ».

A chaque trajet en avion où les éléments le permettent, j’essaye de ressentir ce qu’elle a voulu dire. Parfois j’y arrive, de moins en moins à vrai dire…

Je vous souhaite de jolis trajets en Airbus…plutôt qu’en bus R.

 

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20 réflexions sur “A chacun son ailleurs.

  1. Les seules vraies turbulences que j’ai connues sont dans un coucou Paris Chambéry (il y a longtemps) je crois qu’avec le tgv cette ligne aérienne a disparu )
    Du coup maintenant j’ai peur même dans les avions plus gros ….
    Tiens d’un coup je me sens vieille !!
    Bisesss Mind

    1. Bon ben voilà, avec Emilie et Galéa, on pourrait négocier un tarif de groupe pour vous offrir un stage de réadaptation à l’avion.
      Ceci dit, les petits avions, ça remue plus et ça doit pas être simple à gérer quand ça arrive…
      Bisous.

  2. Je me souviens encore bien de ce billet ! Comme toi j’aime les traînées blanches dans le ciel et imaginer plein de choses ! La seule fois où j’ai eu vraiment peur en avion c’était un Paris-Nouméa (28h d’avion Emilie, voui, voire 33 !!! 😆 ) et après des turbulences assez violentes après Singapour, l’avion a décroché d’au moins 500m, j’ai cru que nous allions nous écraser ! Mais non ! 😀 J’ai confiance en l’avion, davantage qu’en voiture… Il y a un temps pour les voyages qui nous emmènent ailleurs et un autre pour les voyages immobiles qui font autant rêver parfois… ;à

      1. Emilie ne t’inquiète pas je comprends très bien les phobies, j’en ai pour moins que ça ! L’avion ça ne risquait pas, mes parents me l’ont fait prendre dès 18 mois et après ça n’a pas arrêté ! Gros bisous et je penserai à toi ! 😀 ♥

    1. Oui pour les voyages vers des ailleurs, je trouve que je suis trop immobile hélas. Voyager dans sa tête , heureusement quand on ne peut pas voyager autrement, c’est déjà génial d’y parvenir mais bon…
      Je souhaite ne jamais connaître de vraies turbulences, je ferais alors moins le malin.
      Ceci dit, comme mes trajets en avion ne dépassent jamais 2h…ça limite le risque 😀

  3. soene

    Hélas, certains avions n’arrivent jamais, Mindounet 😥
    Je ne prends plus l’avion…
    Tout devient trop compliqué à présent…
    L’ailleurs est là où tu le veux, pas besoin d’aller loin, suffit de s’évader dans sa tête 😉
    Pour le voyage en Cornouailles, j’ai du retard…
    Il faut que je parte, je pique-nique dans les jardins du Musée des Beaux Arts, un ailleurs frais et sympathique, animé mais sans la grosse foule.
    Gros bisous

    1. Tu sais, tu as 100 fois ou 1000 fois plus de chances de mourir en allant pique niquer au musée des beaux arts ou en sortant juste de chez toi, mais ça , comme personne n’en parle à la télé, on y pense pas.
      Bonne journée et bisous !

  4. estellecalim

    Comme Celestine et comme toi, j’ai ces pensées quand je vois un avion décoller et des gens dans le train avec de lourds bagages. Cela permet de s’évader et de laisser son esprit vagabonder. J’aime aussi regarder les étiquettes d’avion sur les sacs des gens dans le train et voir d’où ils arrivent. Là encore, je m’évade 😉

  5. OMG! Je ne peux pas commenter cet article, non, non, non!
    3 jours (francs!) avant de décoller! Argh!!! 😀 😀 😀
    Il est très joli ce billet, même s’il me fout la chair de poule! Je préfère le plancher des vaches, c’est ainsi! Je fais des efforts pour les autres…C’est tout! Mais si nous devions voler, nous aurions des ailes comme les oiseaux, non?!
    J’observe aussi les gens. Et je pense que les gens à bord se demandent aussi qui est cette blondasse qui, à chaque turbulence, enfonce ses ongles manucurées dans les accoudoirs et garde ses lunettes noires pour cacher ses larmes…
    Gros bisous

    1. Ha mais il y a des gens qui volent vraiment, tu as dû voir ça à la télé, ils se transforment vraiment en oiseaux et ça par contre c’est top dangereux !!
      Je crois que vous êtes nombreux et nombreuses à avoir peur en avion et au moins toi, tu voles, rarement, mais tu en es capable.

    1. De vraies turbulences ne sont jamais arrivées encore quand je volais, juste quelques perturbations mais dans ce cas là en effet, il faut avoir confiance dans la machine et dans l’équipage et de fait les accidents sont rarissimes 😀

  6. J’ai souvent les mêmes pensées…mais dans le train !
    Les plus beaux ailleurs étant parfois ceux que l’on s’offre sans bouger de son fauteuil ^^
    Très joli billet, Mind, tu as bien fait de le republier.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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