Sous la vague de Anne Perçin (2016 )

sous-la-vague

Bertrand Berger Lafitte est l’héritier d’une maison et d’un château classé, produisant du Cognac dans la plus pure tradition française. Hélas, c’est la crise à l’international, les ventes chutent à l’export, les actionnaires de l’entreprise veulent virer Bertrand. Ce dernier, alors qu’il sombre peu à peu dans une sorte de ras le bol généralisé, apprend que son ex-femme sort avec l’actionnaire qui veut le débarquer et que sa fille est enceinte d’un ouvrier syndicaliste de l’usine. Bertrand va se renfermer, ne communiquant réellement qu’avec Eddy, son mystérieux chauffeur.

Le chaos est un état qui ne peut pas durer.

Dis comme cela, on voit tout de suite un film ou disons une adaptation télé de l’histoire et Sous la vague s’y prêterait volontiers. On pense à une grosse farce, satirique et déjantée mais ce n’est pas vraiment le cas. Le récit d ‘Anne Perçin est à la fois plutôt sage et subtilement corrosif, ce n’est pas du rire gras ni  de la caricature.

L’histoire met du temps à démarrer, mais petit à petit, on s’attache au personnage de Berger Lafitte , on éprouve de la compassion pour cet homme dont la vie le bouscule, au point de finalement lui rappeler qu’il est humain, que les humains dérivent,  et l’ on comprend son intérêt  croissant pour les animaux au détriment des êtres qui l’entourent.

Il n’existait que de belles erreurs, qui parfois duraient des années. Des illusions, des rêves, des mensonges, des espoirs montés les uns sur les autres en piles hasardeuses, hautes comme des pièces montées, qui un beau jour s’écroulaient parce que le caramel avait fondu et qu’on avait cessé d’y croire.

Sous la vague est un livre bien construit, qui se lit vite, le style est fluide, c’est un bon moment de lecture.

Oui mais voilà, avant de lire le dernier roman d’Anne Percin, j’ai déjà lu  » Le premier été » et  » Les singuliers ». Et là déception vient de là…c’est comme si j’étais passé d’un Sauternes millésimé à un Gaillac.  Mon sentiment est que Sous la vague est  en dessous du potentiel d‘Anne Perçin...comme si elle surfait sur ses facilités et son talent pour raconter des histoires au détriment de la profondeur du propos.

A suivre lors de son prochain roman, j’espère être à nouveau totalement emballé par les mots d’ Anne Perçin.

Je termine avec ce joli passage, qui me plaît …

Bertrand se leva pour mettre fin à l’engrenage des idées dans sa tête , plus ivre qu’il ne l’avait été depuis longtemps. Ses jambes, ses mains, ses pieds, semblaient décidés à fonctionner mais il sut instinctivement qu’il ne fallait pas accorder à cette pensée plus que quelques secondes, sans quoi la marche lui deviendrait de nouveau et instantanément impossible. La paralysie était dans son cerveau…inspirer l’air. Sentir le vent sur sa tête. Marcher. Prendre des choses entre ses doigts, les palper, les serrer, et ne pas les sentir filer. C’étaient de minuscules imprécations, des nécessités infimes, comme si sa survie était conditionnée désormais à une suite de très petits gestes enchaînés.

 

Publicités

17 réflexions sur “Sous la vague de Anne Perçin (2016 )

  1. D’après ce que j’ai compris (par des lectrices qui la suivaient assidûment), elle a souvent des ratés entre deux bons livres ! Je lirais sûrement le Premier été mais pas plus envie de la lire que ça, tu sais pourquoi ! 😉

  2. soene

    Alors n’en parlons plus de ce roman, hein, Mindounet 🙄
    Pour ma part, j’essaie toujours péniblement d’avaler les 800 pages de l’Homme qui aimait les chiens… Ca me gave, voilà !
    Belle semaine à toi et gros bisous

    1. Ma pauvre So’N qu’est-ce que tu te prends la tête à lire des pavés indigestes (et à les continuer en plus, t’es maso ? :lol:) ! Lis donc des sagas échevelées qui te transportent à la 1000ème page sans que tu n’aies rien vu venir (et tu en redemanderas) ! Il va falloir que je te reprenne en main !!! 😆

  3. celestine

    Dis donc, c’est quoi ce racisme anti-gaillacois ?
    j’ai dégusté un Gaillac 2005 qui valait largement un Sauternes moyen… Tout est relatif.
    Tu me diras que ça n’a rien à voir avec les sujet. Et tu auras raison 🙂
    ¸¸.•*¨*• ☆

  4. estellecalim

    Mais dis donc ! Tu lis beaucoup de romans sur les crises de couple en ce moment ! (2 c’est beaucoup, non ?) Il va falloir changer de sujet non mais oh ! Parce que là, ça ne me botte pas vraiment, surtout si tu n’as pas trop aimé !

Exprimez-vous ici, MTG vous remercie

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s