La tête de l’emploi de David Foenkinos

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PS : Pour les personnes qui me font le plaisir de participer au jeu de Noël, pensez à m’envoyer votre cadeau ou vos 2 cadeaux avant le 5 décembre. Merci !

Bernard à quarante ans passés, une vie ordinaire, banale, terne, il est banquier en région Parisienne.

Avec les années, on en vient à survoler nos vies, on confie des bribes de manière mécanique. On partage des résumés, alors qu’on aimait tant les digressions. Les mots se sont enfouis de moi. Mon côté banquier peut-être. Les chiffres ont progressivement pris possession de ma vie. Et il me semble difficile de faire des phrases avec des chiffres.

Sa fille prend son envol et part quelque temps pour le Brésil.  Quelques jours après, sa femme le quitte ayant rencontré un autre homme et conserve leur appartement. Enfin, après une légère altercation avec un client, son patron utilise ce prétexte pour le virer afin de faire des économies.

Bernard, sans logement ni travail, est contraint de retourner chez ses parents, lesquels voient d’un très mauvais oeil le retour de ce fils incapable de s’en sortir dans la vie…bref il a raté sa vie !

Est-ce que la vie grignote chaque jour le meilleur de ce que nous sommes ? Je me sentais délesté de mes envies; j’étais devenu plus que jamais la version triste de moi-même. Je me sentais absent de quelque chose, inaccessible au désir.

J’ai retrouvé David Foenkinos après la belle parenthèse  « Charlotte » qui a été pour moi une vraie révélation ; j’ai adoré le livre, découvert la vie et l’oeuvre de Charlotte Salomon, j’ai été voir une expo à Nice. Et là j’ai retrouvé le David Foenkinos qui raconte une histoire sous forme de comédie faussement légère, bien contemporaine et tragique, avec sa fluidité et sa capacité à s’amuser avec les mots tout en donnant du sens à son propos.

Près de moi, un radio-réveil terriblement anxiogène égrenait des chiffres rouges lumineux, et je voyais les minutes défiler sur mon insomnie. Je l’ai pris entre mes mains pour constater qu’il était made in China. Sa longévité m’épatait. Comment était-ce possible? Quelle puissance. Quelle force tranquille. Il semblait heureux de passer sa vie à clignoter, dans l’autoroute paisible de sa mission. Je me sentais si fragile à cet instant. J’aurais voulu moi aussi être made in China.

Il y a dans La tête de l’emploi tout ce que l’on aime chez Foenkinos et aussi tout ce que ses détracteurs lui reprochent. Une mécanique bien huilée, une facilité dans l’écriture et l’emploi des mots, comme un jeu entre l’auteur et son lecteur avec les clins d’oeil habituels. Et des petites pensées qui font mouche et font réfléchir le lecteur .

Il nous arrive même de croire qu’on serait plus heureux ailleurs. Mais c’est une illusion, je le sais. Ailleurs, c’est juste la version amnésique de notre présent.

 

La souffrance, c’est ne pas oublier ce qui nous a rendu heureux.

 

Les souvenirs ne doivent pas se substituer aux cendres.

En résumé, j’ai retrouvé David Foenkinos avec plaisir  et La tête de l’emploi est un  livre réjouissant qui se lit vite et avec envie.

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Stop ou encore- épisode 7.

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Rappel : pour celles qui souhaitent participer au jeu de Noël, j’attends vos envois de cadeau(x) avant le 5 décembre 2016. Merci !!

Après les 7 jours de vote réglementaires, c’est un score serré qui apparaît après les  20 votes  enregistrés ! Mais Goldman gagne encore avec 40% des suffrages contre 35% pour Polnareff et 25% pour Hernandez. Il revient donc en 5 ième semaine…et je n’y peux rien Syl, le peuple c’est exprimé ! Voici dont le nouveau match , avec le mot  » Comme  » en fil rouge.

Proposition 1.

Jean – Jacques Goldman  avec Comme toi . Un classique qui nous rajeunit pas, je l’étudiais en cours de musique au collège…

 

Proposition 2.

Etienne Daho avec Bleu comme toi  . Un classique également des années 80, Daho le précurseur de la pop mi rock mi électro à la française…et il est encore là et toujours avec bonheur ! Et je vous propose la version maxi !

Proposition 3.

Maître Gims  avec Sapés comme jamais . Ha ha ha…oui je sais, personne ne va voter pour le Maître , une de ses bonnes chansons, sur le deuxième album même si plus il avance et il vend des disques, plus il fait de la soupe…

A vous de choisir qui sera encore là au prochain épisode ! Vous avez 7 jours !

 

Le soleil a rendez-vous avec la lune

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Juste avant qu’elle ne décide de le transformer en braises de bois consumé dans son  âtre, on pouvait lire dans le journal intime de la lune : «  Je brûlerai dans les flammes de l’enfer, perdue pour des millénaires. Soudain tout s’éclaire, c’est dans sa lumière que j’ai goûté la chair »

Un soir d’intense chaleur,  le soleil fit fondre la glace et devint l’amant de la lune.

Il remarqua tout de suite le côté solaire de l’astre lunaire, et le trouva littéralement fascinant.

La lune elle, fut subjuguée par le côté pierrot lunaire du soleil, peut être à cause de ses demi-lunes (être en orbite en permanence finit par rendre presbyte).

Il n ‘en fallut pas plus pour donner naissance à  la plus torride des passions dans l’univers.

Mais dans l’espace, pas facile de raccourcir les distances et le temps.

Comment atteindre l’extase en jouant au chat et à la souris ? Quand le soleil se couchait, la lune se levait, quand l’un brillait, l’autre s’assoupissait.

Les deux amoureux s’organisèrent alors  pour que leur passion ne soit   ni un jeu  pieux ni un château de sable.

Le soleil remarqua que la lune était une cérébrale, capable de prendre du plaisir à distance.

Il missionna donc  les arc-en-ciel et les étoiles filantes lorsqu’ils sont le moins occupés, au printemps et à l’automne. Les arc-en-ciel firent passer à la lune des photos du soleil prises sous  rayons X et leur prisme excita la lune. Les étoiles elles,  lui transmirent les mots doux et brûlants  pour stimuler  d’autant son imaginaire.

Et cela marcha, la lune se caressa en pensant à son ange astral et elle atteignit l’orgasme.

C’est là le paradoxe de l’équinoxe. Les grandes marées d’automne et de printemps  ne sont que le résultat de l’intensité orgasmique de la lune. Les ondulations fiévreuses des vagues  dans l’océan   ne sont dues qu’aux secousses syncopées de la lune.

Le soleil, lui, bêtement mâle, n’était pas trop  cérébral.

Il sentit monter en lui un désir croissant de lune.

Il avait besoin d’être proche de sa maîtresse pour pouvoir prendre du plaisir. Il devint nécessaire pour lui  de se superposer à la lune, de la recouvrir totalement.

Ainsi quand vous voyez  une éclipse de lune, c’est que le soleil fait l’amour avec la  lune.

Hélas, les histoires d’amour finissent mal en général, et un beau jour, ou peut être une nuit, le soleil s’est éclipsé avec la terre alors que la lune était pleine. Bêtement mâle le soleil…

Première diffusion sur over-blog en décembre 2013. J’ai changé juste la fin.

Continuer de Laurent MAUVIGNIER (2016)

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Sybille à la quarantaine, divorcée, maman de Samuel, un adolescent qui part à la dérive. Elle-même a le sentiment d’avoir raté sa vie, et objectivement, sa situation personnelle n’est pas réjouissante. Une soirée à laquelle participe Samuel, tourne mal, il assiste sans rien faire à une agression commise par deux de ses copains, à tendance skinhead. Contre l’avis de tous , son ancien mari, son médecin, ses proches, elle décide de partir seule avec Samuel, au Kirghizistan , pour faire le tour du pays à cheval, espérant enrayer la chute de Samuel. Elle est sonnée après cette soirée qui finit à la gendarmerie…mais elle veut réagir…

Une sorte de journée dans la brume. Comme ces longs dimanches d’hiver qui s’étendent sans fin jusqu’à la nuit, jusqu’au lundi, comme si le temps s’était arrêté, englué dans l’épaisseur d’un silence qui anesthésie toute chose. Peut-être est-ce dû au fait que lorsqu’ils arrivent chez eux, Sibylle et Samuel n’ont pas échangé un mot et qu’ils ne se parleront pour ainsi dire pas de la journée.

Je n’avais jamais entendu parler de Laurent Mauvignier avant de le voir dans La Grande librairie. Et j’ai été séduit par son discours sur l’écriture ou plutôt par sa difficulté à discourir, façon Modiano, avec l’impossibilité de finir ses phrases et de restituer les méandres de ses pensées. Et d’ailleurs Dans Continuer, il y a deux auteurs cités, Proust et Modiano…

Au final, Continuer est un beau et bon roman qui m’a interpellé sans toutefois déclencher un vrai coup de coeur .

Laurent Mauvignier est assurément un écrivain confirmé et de talent. Il sait où il va et du début à la fin, la construction de son roman est maîtrisée et séduisante. Le style est assez épuré, simple, avec parfois une prédilection pour les énumérations, et à d’autres moments, pour les pensées brutes et sèches, comme ici…

Les mots qui sont dits sont juste ceux qui ont assumé la vitesse de la pensée.

On ne fait pas de projets d’avenir , les projets , c’est pour ceux qui n’ont pas de présent. Quand le présent vous comble, pourquoi aller chercher demain ce qui s’accomplit pleinement chaque jour ?

 

Si on croit qu’on a pas besoin des autres ou que les autres sont seulement des dangers , alors on est foutu. Aller vers les autres, c’est pas renoncer à soi.

Au fur et à mesure que l’histoire avance, on découvre le passé de Sibylle et au fond, on comprend assez vite que c’est elle-même qu’elle est venue retrouver au fin fond de ce pays hostile, que c’est sa propre chute qu’elle est venu essayer d’enrayer, en même temps que celle de son fils.

Continuer est aussi une réflexion subtile sur le sens de la vie et le pourquoi des existences ratées ou au rabais, sur le sentiment pervers de vouloir toujours être un autre…

On n’est pas un autre.  On n’est que ce corps, on n’est que ce désir bordé de limites, de cet espoir ceinturé. Alors il faut apprendre à s’en rendre compte et à vivre à la hauteur de sa médiocrité, apprendre à s’amputer de nos rêves de grandeur, vivre au calme, à l’abri de nos rêves. Où  est-ce qu’elle aurait pu croire qu’une fille comme elle aurait pu écrire des livres, des romans ?

Il y a cependant  des aspects qui m’ont un peu  refroidis. J’ai eu du mal à me passionner pour l’aventure en elle même, le périple à cheval, la rencontre avec les nomades et les traditions des kirghizes. Et puis, je trouve que Laurent Mauvignier appuie un peu trop sur l’actualité de notre pays, avec la montée de l’extrême droite, le racisme ambiant français , comme d’autres utilisent les attentats , les migrants, comme s’il fallait à chaque fois que l’auteur rappelle que ce n’est pas un écrivain dans sa tour d’ivoire qui ne s’intéresse pas à la société actuelle…c’est pas la peine amis auteurs, on sait que vous n’êtes pas des robots…et j’en ai marre de retomber toujours sur le bordel ambiant du monde de 2016 !

Par contre, je dois dire que les quinze dernières pages sont vraiment belles et fortes et la toute dernière scène particulièrement émouvante et sensible, de celles qui nous font avaler notre salive un peu bruyamment…oui la dernière scène, les derniers mots de l’auteur sont une prouesse !

En résumé, un bon moment de lecture, je relirai Laurent Mauvignier car je pense qu’il a  certainement écrit des choses plus fortes que Continuer.

Jeu de Noël 2016 du Blog de Mind The Gap…Youpi !

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C’est vrai qu’il n’y a plus de neige ou de moins en moins , mais il y a quand même un Noël, et donc un jeu  sur le blog ! C’est vrai que la période est triste et morose mais bon c’est l’heure du jeu de Noël !

Et cette année je propose une tombola pour pour tous ceux et celles qui voudront participer.

Voici les règles du jeu en 4 étapes simples .

  • S’inscrire à la tombola en me laissant un commentaire ici même. Le jeu est ouvert à tous ceux qui ont déjà commenté ici.
  • M’envoyer avant le 5 décembre 2016, à mon adresse personnelle (pour ceux qui ne l’ont pas ou l’ont perdue, vous m’envoyez un mail à mind.the.gap@orange.fr) , un ou deux cadeaux surprise. Choisissez des petits cadeaux, en terme de poids, d’encombrement (pour les envois postaux) et de prix, et si possible originaux…vous pouvez vous lâcher un peu…évitez le carnet  ou le livre de poche classique si vous le pouvez, essayons de s’amuser aussi !   Il faut un cadeau au minimum et 2  cadeaux au maximum,emballés de sorte qu’on ne sache pas de quoi il s’agit. N’oubliez pas  d’indiquer qui vous êtes dans votre envoi ! je précise que je ferai aussi 2 cadeaux surprise pour cette tombola.
  • Votre envoi vous permet de participer au tirage au sort de la tombola qui sera effectué par La Douce. Il y aura 2 gagnants   sélectionnés par les mains innocentes de la Douce…
  • Le 12 décembre, je publie le résultat du tirage au sort sur le blog et dans la foulée, j’envoie aux heureux gagnants leur colis de Noël. Je partage au pif les cadeaux, surprise totale  donc lors de l’ouverture.

C’est simple et efficace, j’espère que vous serez nombreux  et nombreuses à participer et que vous aurez des idées marrantes de petits cadeaux…

Je vous tiendrai au courant du nombre et des noms des participants lors d’un prochain article  ! A bientôt !

 

Stop ou encore- Volume 6

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Après un suspens insoutenable , 21 votes  et des scores serrés, c’est encore Goldman qui triomphe cette semaine avec 38% contre 33% pour Mylène Farmer et 28% pour Niagara.

Il revient donc en quatrième semaine. J’ai choisi le mot fil rouge  »   né      » pour cet épisode 6.

Proposition 1

Jean-Jacques Golman : Né en 17 à Leidenstadt : probablement l’un de ses textes les plus forts…

Proposition 2

Michel Polnareff : Sous quelle étoile suis-je né. J’aime beaucoup ce titre et je vous propose la version live lors de sa tournée 2007 en France que j’ai eu la chance de voir.

 

Proposition 3

Patrick Hernandez : Born to be alive . Pour le fun…c’est le plus grand tube disco français…en version maxi bien entendu parce que c’est encore mieux !

A vous de voter…

Sombre dimanche d’Alice ZENITER (2013)

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Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois posée au bord des rails près de la gare Nyugati à Budapest . Le jeune Imre grandit dans un univers mélancolique de non-dits et de secrets où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille.  Imré est entouré du grand père, estropié et acâriatre, de son père, Pal,  silencieux et veuf, de sa grande soeur, Agi,  aimante et dynamique et de son meilleur ami, Szolt, plus âgé que lui.

Les gens passaient devant lui comme des trains. Pal les regardait avec intérêt, avec compassion, avec tendresse, mais ils ne faisaient pas partie de lui. Ils n’habitaient pas son monde. Il ne savait pas lui-même pourquoi il était fait de la sorte.Il n’aimait pas être ainsi. Il aurait voulu être normal.

Nous allons suivre plus de quinze ans de la vie d’Imré, enfant, adolescent, adulte. Cette vie singulière et triste s’insère dans la vie familiale  sur trois générations et la vie de la Hongrie, entre la fin de la guerre, le communisme soviétique et l’ouverture européenne du pays.

Hé bien en cet automne, j’enchaîne les coups de coeur. J’ai pas mal hésité et attendu avant de lire le deuxième roman d‘Alice Zéniter, qui fut un succès critique et public. En effet, encensé par Télérama, le milieu intello et couronné du prix Inter, auteur Docteur en études théâtrales et normalienne, ça partait plutôt mal. Mais j’ai dépassé mes préjugés et j’ai bien fait car j’ai adoré cette histoire et ce Sombre dimanche qui s’étire sur des années et des années, avec toutefois des joies au milieu du chaos mélancolique des dimanches.

Car la vie d’Imré n’est pas très gaie, mais il se confronte  aux fugues adolescentes, à son premier travail dans un sex shop, à ses premiers émois amoureux et à  l’amour avec la rencontre de celle qui deviendra sa femme et la mère de sa fille, Kerstin,une jeune allemande venue en Hongrie pour voir la « vraie vie », pas celle des bourgeois de Berlin auxquels elle appartient.

Il y a des vies minuscules , on ne rend pas compte. Ce n’est pas une question de temps, on pourrait tous vivre quatre-vingts ans, ça ne changerait rien. Il y a des vies qui sont immenses, qui ont embrassé toutes les dimensions du monde. Et il y a des vies sèches  et linéaires, comme des pailles à cocktail mâchonnées encore et encore. J’avais tellement peur de ça.

L’univers dépeint par Alize Zéniter est noir, on est pas dans un roman bisounours, mais empreint d’une poésie mélancolique et riante à la fois, à condition de vouloir voir les échappées de joies et d’espoirs disséminées dans le brouillard du jardin de la maison au niveau des rails. Car l’univers d’Alice Zéniter est souvent triste…

Il y avait très peu de vrais salauds et de vrai saints. Il n’y avait que des hommes qui regardaient leur nombril , tremblaient pour leur nombril et protégeaient leur nombril sans jamais cesser d’être d’une banalité insoupçonnée.

Sombre dimanche est un livre qui parle du bonheur, de réussir sa vie malgré le poids de sa famille et les secrets plus ou moins nauséabonds qui refont surface dans la vie d’ Imré.

Est-ce qu’on peut oublier qu’on a eu une famille ?

Les mots dAlice Zéniter sont simples, harmonieux , touchants et sa construction en courts chapitres alternants passé, présent, évènements importants et anecdotes est efficace et heureuse.

En résumé, j’ai passé un très bon moment de lecture, tout m’a plu dans ce roman, je n’ai rien trouvé à dire en négatif, et j’avoue ne pas comprendre ce qui s’est passé au niveau de Télérama et du prix Inter…disons qu’un éclair de lucidité n’est jamais à exclure dans ce milieu…à moins que ce soit moi qui devienne lucide en vieillissant???

Je vais relire cette auteur, probablement avec son tout  premier roman et je vous invite à partager mon coup de coeur pour Sombre dimanche. logo coup de couer

Je fantasme, tu fantasmes, nous fantasmons…

femme robe rose dentelle Après le questionnaire sans queue ni tête fait la dernière fois, je vais commenter  autour des 12 fantasmes masculins et féminins  les plus répandus selon une étude réalisée en 2016  sur un panel d’internautes hétérosexuels.  Ce n’est pas vraiment un questionnaire donc  et je ne cherche pas à savoir qui à fait l’étude et comment, ce n’est pas le propos.

Voici donc pour commencer  les 12 fantasmes masculins  par ordre décroissant, du plus cité au moins cité et le commentaire de l’expert !

  • Faire l’amour avec 2 femmes . Houla, je suis une petite nature moi, j’ai pas la santé…à moins que, voyons,  c’est forcément en même temps dans ce fantasme ou bien l’on peut planifier un agenda ?
  • Faire l’amour avec une jeune auto-stoppeuse : le souci c’est que ça se perd et quand je vois les tronches qui font du stop là où je vis…je suis détendu du string( léopard qui ne me quitte jamais)
  • Prendre des photos osées. Ha oui, ça c’est à ma portée, faut juste que j’achète un APN simple à manipuler…y’a plus qu’à. Ha non mince, faut aussi trouver des modèles. Le mieux, chères blogueuses est de m’envoyer vous-mêmes les photos, ce sera plus simple…
  • Etre attaché par votre femme et ses amies, et être livré à leur merci. hein, non mais ça va pas la tête ? Y’a vraiment des mecs qui fantasment sur ça ? Mais c’est des malades !
  • Faire l’amour avec une hôtesse de l’air, une infirmière, une professeur de tennis, une soubrette.  Facile, il suffit d’avoir un grand dressing sur son lieu d’habitation !
  • Faire l’amour avec une inconnue. Alors oui, si elle est autostoppeuse et habillée en Bunny, qu’elle ne m’attache pas et me laisse prendre des photos osées . C’est peu probable côté statistiques,  de rencontrer une telle personne, mais bon on est sur les fantasmes oui on non ?
  • Faire l’amour avec la femme de votre patron. Tiens un fantasme sexiste …bizarre…bon je ne suis pas concerné, mon patron est une femme !
  • Pratiquer l’échangisme.  Houla, je ne vais déjà pas dans les piscines pour des raisons d’hygiène, alors là, non, ça va pas être possible.
  • Regarder votre femme qui excite un public d’hommes en dansant court vêtue sur un podium.  Ha bon, il n’y a pas que La Douce et moi qui faisons ça le week-end ? Moi qui nous croyaient originaux…
  • Administrer une fessée à votre femme : ha mais ça oui, je veux bien le pratiquer mais le problème c’est que la mienne me mettrait des baffes en retour…
  • Faire l’amour dans la boue : hein, alors je ne fais pas de camping et ne vais plus que dans  les hôtels 3 étoiles , voire 4 c’est pas pour faire des galipettes dans la boue, merde !
  • Etre humilié par une femme vêtue de cuir : j’ai déjà connu ça à l’école, ma prof de dessin me trouvait nul et elle portait des blousons en cuir.

Bon  je passe au top 12 des fantasmes féminins, selon la même enquête !

  • Faire l’amour en pleine nature :  il faut bien choisir son petit coin de nature pour faire ça…éviter les sols qui piquent les fesses, éviter de faire cela en Sibérie ou au Sahara, mais ça part d’un bon sentiment…
  • Faire l’amour attachée avec 2 hommes : Ha tiens, Clara Morgane faisait partie des personnes interrogées donc !
  • Faire l’amour au cinéma : Oui, surtout dans une petite salle d’un trou paumé en province…bon le plus simple est encore de devenir actrice et de tourner une scène d’amour.
  • Sortir habillée mais sans aucun sous-vêtements : ha bon, c’est pas un fantasme masculin ça à la base, d’imaginer une belle femme totalement nue sous sa robe ou sa jupe?
  • Faire l’amour avec une autre femme
  • Faire l’amour avec un parfait inconnu dans un taxi
  • Apprendre l’amour à un jeune homme débutant
  • Se laisser abuser par un pompier, militaire, policier en train de vous sauver d’un danger
  • Faire l’amour avec un autre homme devant son conjoint
  • Recevoir une fessée après une bêtise
  • Se faire payer se mettre nue et prendre des poses suggestives
  • S’exhiber en voiture

Le bouc-émissaire de Daphné du MAURIER (1957)

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John est un professeur d’histoire de France dans une université poussiéreuse. Sur le point de rentrer d’un séjour en France dans la Sarthe, il rencontre par hasard son sosie parfait , Jean, un aristocrate dirigeant une verrerie familiale menacée de faillite. Les deux hommes vont comparer leurs malheurs et boire de l’alcool. John est solitaire, sans famille et convaincu d’avoir raté sa vie. Jean est égoïste et se sent étouffé par sa famille et son entreprise…ambiance !

Il n’y a rien de très grave, dis-je, sinon que j’ai raté ma vie . Nous en sommes tous là, dit-il, vous, moi, tous les gens que vous voyez dans ce buffet de gare. Nous sommes tous des ratés. Le secret de l’existence, c’est de reconnaître ce fait assez tôt et de s’y résigner. Ensuite ça n’a plus d’importance.

Il Saoule John au buffet de la gare, puis au bar  d’un hôtel , prend ses affaires et disparaît dans la nuit. Au petit matin, le chauffeur de Jean vient chercher John à l’hôtel…et le stratagème fonctionne, personne ne remarque le changement d’identité tant la ressemblance physique  est forte…

Le bouc-émissaire  n’est pas parmi les titres les plus connus de Daphné Du Maurier. Il fut publié en 1957, après les déferlantes Rébecca et Ma cousine Rachel , et obtint à l’époque un beau succès, à mon sens totalement justifié. On y retrouve tout le brio de l’écrivain et toute sa manière habituelle d’écrire et de construire ses histoires.

Le point de départ est la recherche des traces de ses ancêtres français, vivant dans la Sarthe, dans un château et exerçant le métier de verriers. Le thème de l’échange des sosies et du changement d’identité est probablement lié à un évènement dont Daphné aura eu connaissance.

Et une fois de plus , le suspense est intense, il va crescendo, jusqu’à l’avant dernier chapitre, lequel est suivi par une fin…ouverte, comme les affectionne Daphné du Maurier. Et quel suspens, psychologique et haletant, le vrai.  Du côté de l’histoire, par moment il y a un peu de Stéphen King, et du côté de l’univers, du cadre de l’histoire, j’ai eu l’impression d’être dans un film de Claude Chabrol…vieille famille en déliquescence, déclin de l’aristocratie , secrets troubles, passé malsain…

Mais surtout, dans Le bouc-émissaire, on retrouve le thème du bien et du mal, de la rédemption, la culpabilité, chers à Daphné du Maurier. On retrouve son goût pour le macabre , les choses noires…ses personnages sont gratinés entre une grand-mère morphinomane, une tante ne jurant que par Dieu et une petite illuminée portée vers la scarification. C’est le côté Gothique de Lady Daphné que j’adore…

C’est parfois céder à une sorte d’indulgence que de penser de soi le pire. On dit: maintenant que je suis au fond du trou, je ne tomberai pas plus bas et on éprouve une espèce de plaisir à se vautrer dans les ténèbres. Oui mais voila, ce n’est pas vrai. On peut toujours tomber plus bas. Le mal en nous est infini, comme le bien. C’est une question de choix. On s’efforce de s’élever ou l’on s’efforce de tomber. L’important est de découvrir dans quelle direction on va.

Le personnage de John, le héros, l’usurpateur d’identité presque malgré lui est vraiment approfondi…le Bouc-émissaire est une personne avec une conscience, un coeur…

Et enfin, on retrouve la fluidité habituelle de Daphné du Maurier, au milieu du premier chapitre on est déjà dans l’histoire, on voit la scène, on est dans le ressenti de son personnage, dans l’atmosphère des lieux…c’est son côté Brontë !

Une mélancolie indéfinissable enveloppant ce décor silencieux comme les lieux où les rêves et la vie se sont enfouis et où les spectres  accoudés comme moi dans l’ombre de vieux murs, couvrent leurs secrets et leurs chagrins. Le profond silence m’était brisé par instants que par un unique son semblable à celui d’un filet d’eau tombant dans le fossé: je me penchai et me tordit le coup pour le découvrir, mais rien ne coulait des masques des gargouilles qui me regardaient en ricanant du haut de la tour surplombant ma fenêtre. L’horloge de l’église du village derrière le château sonna onze heures, sur une note haute et flûtée qui malgré sa maigreur, prenait le sens d’avertissement.

Voilà encore un coup de coeur pour moi…j’attends toujours de lire un roman décevant de Daphné du Maurier !

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