Le nouveau nom d’ Eléna FERRANTE ( l’ Amie prodigieuse volume 2 – 2016)

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Un grand merci et un gros bisou à Marie qui m’a offert ce livre !

Lénu et Lila ont maintenant 17 ans au début du tome 2.  C’est le passage dans la vie de jeune adulte qui est décrit dans le Nouveau Nom. Lila s’est mariée après avoir dû choisir antre plusieurs prétendants, son mariage est catastrophique, elle prend un amant, puis elle a un enfant. Elle ne  reste pas loin de son quartier d’origine, mais dans un plus beau quartier, et travaille dans les épiceries de son mari, ou le magasin de chaussure des Solara, les associés mafieux de Stéphano.

Lénu, elle, a eu son bac et elle part étudier à l’université à Pise. Elle n’a pas de prétendants et sa première fois sera une douloureuse expérience. Elle a une relation avec un garçon érudit gravitant autour de l’université, elle fera deux voyages à l’étranger et petit à petit se détachera de son quartier misérable et de Lila…mais l’été les vacances à Ischia avec elle seront l’occasion de retrouvailles et de rebondissements douloureux…

A l’heure où vous lisez ces lignes, sachez que j’ai juste  terminé le volume 3 de la saga d’Eléna Ferrante car j’ai tout simplement adoré Le nouveau nom. Cette suite est encore mieux que l’Amie prodigieuse. Ce qui fait la grande force du livre et son côté addictif, est bien la relation entre ces deux jeunes femmes, faite d’amour et de haine, et dans ce volume, cette relation devient  vraiment passionnante  pour le lecteur.

Elle m’expliqua que je n’avais rien gagné, qu’il n’y avait rien à gagner dans le monde, que sa vie était pleine d’aventures diverses et déraisonnables, exactement autant que la mienne, que le temps s’écoulait sans avoir de sens, et que c’était bien de se voir de temps à autre pour entendre le son fou du cerveau de l’une résonner dans le son fou du cerveau de l’autre

Comment Lénu et Lila, nées quasiment le même jour au même endroit, peuvent-elles à ce point  être différentes et à ce point liées comme des  jumelles  de coeur que pourtant tout oppose dans leur recherche d’émancipation.

C’est la passion et l’amour qui vont prendre les commandes de cette suite, alors forcément Le nouveau nom m’a enchanté !

(attention, si vous être en train de lire le 1 ou le 2 , passez l’extrait suivant sinon vous serez au courant de l’un des rebondissements…)

Soudain je compris pourquoi je n’avais pas eu Nino et pourquoi Lila, elle, l’avait eu. Je n’étais pas capable de m’abandonner à de véritables sentiments. Je ne savais pas me laisser entraîner au delà des limites. Je ne possédais pas cette puissance émotionnelle qui avait poussé Lila à tout faire pour profiter de cette journée et de cette nuit. Je demeurais en retrait, en attente. Alors qu’elle, elle s’emparait des choses, elle les voulait vraiment, se passionnait, jouait le tout pour le tout sans criante des railleries, du mépris, des crachats et des coups. Bref, elle avait mérité Nino, parce qu’elle considérait que l’aimer, cela voulait dire essayer de l’avoir et non espérer qu’il la veuille.

Il est difficile d’expliquer ce que j’aime autant dans cette histoire. J’ai du mal à en parler. Peut-être simplement  qu’ Eléna Ferrante s’avère être une merveilleuse conteuse d’histoire et c’est finalement assez rare. Elle parvient parfaitement à inventer ses souvenirs car il est certain pour moi qu’elle a emprunté une partie des chemins qu’elle trace avec bonheur dans Le nouveau nom.

En somme ,  c’est une belle histoire, une histoire d’hier (et d’aujourd’hui) très bien menée et pleine de surprises.  A chaque page ou presque, il y a quelque chose de puissant qu’on n’arrive pas à saisir mais qui nous touche. C’est sur les sentiments qu’ Eléna Ferrante est la plus forte même si l’arrière plan du livre est foisonnant, on peut y voir un portrait social de l’ Italie des années 60, de la condition d’étudiant, de la place de la femme dans la société (c’est un roman féministe qu’on se le dise  et le tome 3 en fonce le clou d’ailleurs ) et j’en passe…

Mais avant tout c’est le destin de Lénu et Lila, ce fil tendu entre elles qui se fissure mais ne rompt  jamais…

Or, c’est Lila qui rend l’écriture difficile. Ma vie me pousse à imaginer ce qu’aurait été la sienne si mon sort lui était revenu, à me demander ce qu’elle aurait fait si elle avait eu ma chance. et sa vie surgit constamment dans la mienne, dans les mots que j’ai prononcés et derrière lesquels il y a souvent un écho des siens, dans mon geste déterminé qui est la transposition d’un de ses gestes, dans mon habitude d’être en deçà qui correspond à sa manière d’être au-delà, dans mes tentatives d’aller au-delà qui exagèrent ses façons d’être en deçà.

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La note…

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C’est l’histoire d’une note, mais j’aurais préféré que ce fut celle d’un autre. Je m’en souviens encore comme si c’était hier.

N’imaginez pas qu’il s’agisse d’un fa dièse, d’un mi bémol ou d’une fadaise. Les désaccords majeurs viennent toujours de sentiments mineurs.

Il ne s’agit pas non plus  de mots qui s’épuisent à s’ordonner dans l’intimité d’un  joli cahier vert. D’ailleurs les mots  notés ne servent à rien pour contrer la griffure du chat s’apprêtant à manger la souris.

Je ne vous parle pas non plus de classement, ces notes là ne sont que des chiffres qui s’écrasent sur un barème sans âme, auquel on peut faire dire n’importe quoi.

Enfin, j’eus préféré qu’il soit question d’un simple mot griffonné sur un post-it jaune mimosa, un mot doux venu de je ne sais où…une sorte de mot d’où en quelque sorte. Hélas, il y a bien longtemps que Chloé avait cessé de m’écrire des lignes, j’étais maintenant  en marge de son brouillon de vie façon cahier.

Ce jour-là, Chloé m’avait laissé un long message vocal me disant qu’elle devait encore rester très tard à l’atelier , qu’elle dormirait même certainement sur place, dans son alcôve en forme de boudoir, bref  de ne pas l’attendre. Et effectivement, elle ne rentra pas cette nuit-là.

Le lendemain soir, nous étions alors un 15 février, jour de son anniversaire, je vis dépasser de la poche intérieure de son manteau vert,  un bout de papier qui semblait représenter une sorte de  cheval .  Intrigué, je le sortais de son repaire alors que Chloé était sous la douche , et la mienne fut soudainement très froide.

Il s’agissait bien d’un cheval marin.  Plus exactement, j’avais en main  la note d’un restaurant dénommé  « l ‘hippocampe heureux  » . Il y était indiqué le prix payé pour deux menus  » amours vénitiennes » , pris la veille au soir au restaurant. En souvenir, on avait entouré le cheval des mers d’ un coeur mi gui mi mauve,  à l’intérieur duquel on pouvait lire  » Chloé et Daphné ».

Je voulus hurler, mais ce furent les larmes qui noyèrent mon chagrin.  De toute manière, j’étais bien incapable de tenir la note…

Comment j’ai raté ma vie…professionnelle (1)

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Le premier métier que je voulais faire, c’était éboueur : tout petit je me souviens de me lever la nuit pour les observer sur le parking du HLM en train de vider les poubelles et de s’accrocher sur les marche-pieds des camions. J’étais fasciné !

Après, pendant longtemps, je rêvais d’être conducteur de train, les trains ont eu une grande place dans mon enfance et mon adolescence.  Je sais aujourd’hui que de toute manière c’était impossible car il y a un côté technique, mécanique  électricité…important dans ce métier et je suis sinistré à ce niveau-là, faire mes lacets est déjà complexe pour moi !  Mais je sais aussi que j’étais fais pour ça, seul avec l’horizon et le paysage qui défile devant moi. J’y pense parfois avec regret…mais quand bien même j’aurais  été doué en technique, ce n’était pas possible, j’étais trop doué à l’école  pour faire conducteur de train, pensez-donc…

Et donc arrivé en quatrième, je tente de faire allemand en seconde langue plus latin en option.  J’ai arrêté l’allemand après un trimestre, je captais rien et la prof m’avais dit que j’étais dyslexique, la garce, ça m’avait pas trop plu (même si elle avait pas complètement tort au final).

Arrivé en seconde, je m’ennuie à mourir en classe…et je découvre en option gratuite (si je puis dire) la comptabilité générale et là, ça me plaît et je capte tout instantanément, c’est simple, débit, crédit… Du coup, à la fin de la seconde, je veux faire un bac G (compta) , les profs veulent que je fasse un Bac C (math , physique chimie)…ce sera un bac B (économie).

La première et la terminale, ben je m’ennuie toujours à mourir, la philo une horreur et une hérésie à 16 ans…l’économie, je n’ai jamais pu ouvrir une seule fois un cours à la maison. Et comme il fallait 2 langues pour ce Bac, j’ai dû me trimballer le latin jusqu’au Bac…il ne m’en reste rien, ça ne m’a servi absolument à rien, pas même à être top en français et en orthographe.  Le Français en seconde et surtout première, j’en parle même pas, ça m’évitera de me fâcher avec l’Education Nationale et les profs de français. Bref Il n’y a que les maths qui m’intéressaient, on était 5 ou 6 à gazer en math, les autres s’enfonçaient, c’était motivant !

Et me voilà arrivé au Bac…je l’ai avec mention AB (12.08 /20 de moyenne)  Assez bien…c’est un peu la lose quand même…vous allez voir mes notes avec mon commentaire…

  • Français : 12 à l’écrit et 14 à l’oral. Aucun souvenir des épreuves, ni du thème, ni du texte à l’oral…
  • Philo : 8 . Une dissertation sur la passion…tu parles à 17 ans…pourtant j’avais bachoté mes fiches, mais je devais pas avoir les bonnes  😀
  • Histoire géo : 11 . Là aussi du bachotage de fiches, pas mal vu le programme de malade à avaler…et franchement les ressources naturelles de l’ URSS…pas grand chose à péter et je suis pas certain que ça soit vital de savoir ce genre de choses !
  • Economie : 12 . Hé hé , là le hold-up du siècle…Warf, la prof ne me mettais que 9 ou 10 en général et je n’ai jamais ouvert un seul cours d’économie…mais pour faire la dissertation, à l’époque on avait des documents, alors suffisait d’être un peu malin…de respecter la forme et de bien écrire ou disons pas trop mal !
  • Mathématiques : 17 . Un sujet sur les statistiques, les probabilités et les équations…une aubaine pour moi, j’ai fait un bac économie et j’ai eu la mention grâce aux mathématiques, la seule matière qui me réveillait en cours !
  • Anglais :  11. Là j’en suis pas fier, j’aurais aimé être meilleur en anglais…
  • Latin : 13 . Je ne comprenais rien au latin, je l’ai déjà dit mais j’avais appris par coeur toutes les traductions des textes, donc forcément la première partie de l’épreuve ça allait. Les questions ensuite…hou hou !
  • Sport : Dispensé ( voilà pourquoi j’ai toujours été un grand sportif…)

Bon super j’ai eu le Bac il fallait 276 points pour la mention AB , j’en ai 278 !!  Et maintenant que faire après le Bac quand on est assez bien pour les études ?

Suite au prochain numéro…

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Chanson douce de Leila Slimani (2016 )

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Le destin est vicieux comme un reptile , il s’arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe.

Paul et Myriam sont parisiens, ils vivent dans un beau quartier et ont deux jeunes enfants, Adam et Mila. Myriam a temporairement arrêté son métier d’avocat pour se consacrer à ses enfants mais elle s’ennuie et veut reprendre son travail. Le couple passe une annonce pour trouver une nounou et leur choix se porte sur Louise, une femme discrète  et recommandée . Louise s’avère être une perle pour les enfants doublée d’une véritable fée du logis. Le couple est enchanté, mais voilà, les perles sont parfois perverties.

Dès le premier Chapitre de Chanson douce, l’auteur expédie le drame, Louise qui pète les plombs et assassine les enfants du couple avant d’essayer de se donner la mort.  Toute l’histoire va se concentrer sur le profil de la nounou, afin que le lecteur comprenne comment cette femme va petit à petit basculer dans la folie meurtrière.

Leila Slimani que je découvre ici (Chanson douce est seulement son second roman) a vraiment réussi son coup en contant cette histoire terrible qui justement terrifie le lecteur quasiment à chaque page. Dès que le personnage de Louise apparaît, la pression s’intensifie, le lecteur est mal à l’aise, il étouffe petit à petit.

L’auteur arrive également à restituer avec brio l’étouffement originel du couple qui a eu ses enfants et qui renonce à ses rêves…d’enfant, de parents.

On se sent seul auprès des enfants. Ils se fichent des contours de notre monde. Ils en devinent la dureté, la noirceur mais ne veulent rien savoir.

La vie est devenue une succession de tâches, d’engagements à remplir, de rendez-vous à ne pas manquer. Myriam et Paul sont débordés. Ils aiment à le répéter comme si cet épuisement était le signe avant-coureur de la réussite. Leur vie déborde, il y a à peine de la place pour le sommeil, aucune pour la contemplation.

Puis l’étouffement au sens premier lorsque Louise, la nounou, prend de plus en plus de place au point de devenir indispensable au quotidien et d’asseoir son emprise sur Paul et Myriam.

On la regarde et on ne la voit pas. Elle est une présence intime mais jamais familière. Elle arrive de plus en plus tôt, part de plus en plus tard. Un matin, en sortant de la douche, Myriam se retrouve nue, devant la nourrice qui n’a même pas cligné des yeux. Qu’à-t-elle à faire de mon corps? se rassure Myriam. Elle n’a pas ce genre de pudeur.

Leila Slimani dresse un portrait sans concession de ces parents et de la difficulté du travail et surtout de la condition de nounou : elles doivent réaliser le métier peut être le plus dur et exigeant pour un père ou une mère sans empiéter sur les parents.

Petit à petit, le piège se referme, on en apprend peu sur Louise mais suffisamment pour arriver à comprendre son cheminement et l’élément déclencheur du meurtre.

Chanson douce est un récit captivant du début à la fin, puissant, sec, dérangeant , brillant et j’avoue avoir ressenti de l’empathie pour Louise, l’avoir plaint alors qu’elle va commettre un acte monstrueux et que le lecteur le sait dès le départ.

Le succès de ce livre est à mon avis justifié, Leila Slimani a marqué de sa patte la littérature de 2016 et je lirai son premier roman, Dans le jardin  de l’ogre, sorti en 2014 avec également beaucoup de succès.

Stop ou encore – Volume 8

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C’est le retour du stop ou encore  ! En 2016, lors du dernier épisode, on a enfin réussi à gagner contre Goldman. Voici les résultats :

  • Daho : 58%
  • Goldman: 38%
  • Maître Gims : 5%.

Bravo à Etienne Daho, le dandy de la pop française, que l’on retrouve aujourd’hui face à 2 nouveaux compétiteurs. Le mot fil rouge qui figure dans les titres de chansons est le mot  » Soleil » .

Proposition 1

Etienne Daho : Duel au soleil .  Extrait de l’album  » Pop Satori » , publié en 1987, l’un de ses classiques. Je vous propose la version Maxi 45T, comme il se doit !

Proposition 2

Laurent Voulzy : Le soleil donne . Un titre sorti en 1988, ne figurant sur aucun album hormis les compilations , qui a rencontré un joli succès.  Idem, voici la version longue, 9 minutes ou presque !

Proposition 3

Claude François : Le lundi au soleil.  Claude François vendit à l’époque plus de 500000 45T de ce titre composé par Patrick Juvet. Nous sommes alors en 1972. Je vous mets les paroles, vous pouvez chanter… 😀

Voilà, à vous de choisir, vous avez 7 jours pour voter !

 

 

 

 

L’amie prodigieuse d’Eléna FERRANTE (2015)

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Un grand merci à Valentyne qui m’a offert ce livre et permis de terminer 2016 sur un coup de coeur !

Nous sommes à Naples dans les années 50, dans les quartiers ouvriers défavorisés, violents et durs au quotidien.  Lénu et Lila sont deux gamines singulières, l’une issue d’une père cordonnier et l’autre issue d’un obscur portier  de mairie. Lénu est calme et effacée, studieuse et travailleuse. Lila, elle, est remuante, rebelle, solaire parfois méchante, naturellement douée à l’école sans avoir à fournir d’efforts . Lénu pourra poursuivre sa scolarité au collège, Lila en sera empêchée par sa famille. Les deux filles sont amies, une amitié forte,  parfois trouble et ambiguë, faite de hauts et de bas, de joies et de peines, d’amour et de haine, mais qui résista à tout : le temps qui passe, le milieu archaïque et violent dans lequel les deux fillettes deviennent adolescentes.

C’est Lénu qui raconte son enfance, son adolescence…, leur enfance, leur adolescence, alors qu’elle a  presque 70 ans, comme Lila.

Je clame haut et fort que je n’aime pas les sagas en plusieurs tomes qui n’en finissent pas et pourtant j’ai déjà  le tome 2 qui vient de sortir en poche et probablement que je lirai les tomes 3 et 4 également, car oui il s’agit d’une tétralogie.

Je me suis attaché très vite à ces deux héroïnes que tout semble opposer mais qu’un lien d’amour , une dépendance assez  indéfinissable et indestructible  unit.

Le style narratif est plaisant, la forme est simple, vivante, Eléna Ferrante fait partie des grandes raconteuses d’histoire, de celles qui rendent très vite addict le lecteur.

L’amie prodigieuse est aussi une peinture réaliste et réussie de Naples dans les années 50, cette ville de sombre réputation. On a vraiment l’impression que l’auteur a vécu là-bas à cette époque et d’ailleurs je pense qu’il y a pas mal d’auto-biographie dans ce récit. Par la suite, dans la saga, on remontera quasiment jusqu’à nos jours !

Ce qui m’ a un peu gêné, c’est le nombre de protagonistes : Lénu et Lila gravitent autour de 9 familles napolitaines et malgré l’index des personnages en début de livre, j’ai souvent eu du mal à m’y retrouver, même sur la fin, pour les personnages secondaires. Ceci dit, génial d’avoir pensé à mettre cet index des personnages.

Mai j’ai adoré suivre cette ébauche du destin des deux héroïnes ( ce premier volet raconte leur vie de 8 à 16 ans seulement) . Lénu et Lila ont une force de caractère et une forme de sensibilité particulière qui  m’ ont touchées. Elles font face à la pauvreté, à la bêtise, au manque d’éducation, au patriarcat et à la place de la femme dans la société défavorisée napolitaine d’après guerre, à peine mieux qu’une marchandise et encore…

Il n’y a quasiment aucune longueur dans le récit d’Eléna Ferrante qui maîtrise son histoire de A à Z et sait entretenir la curiosité et le ressenti de ses lecteurs et lectrices. Et c’est une histoire forte, engagée, vraie !

L’énorme succès international de l’ Amie prodigieuse (en France en 2016, le livre s’est mieux vendu que le dernier Marc Levy, c’est dire !)  est à mon avis justifié et la suite, le Nouveau nom est top également, je suis dedans !

Je n’ai choisi de vous mettre qu’un seul extrait…représentatif de l’ambiance du livre avec cette réflexion de Lénu, la narratrice…

Je pensais que la condition humaine était à l’évidence tellement exposée à la furie aveugle du hasard, que s’en remettre à un Dieu, à Jésus et au Saint Esprit, c’était la même chose que faire une collection d’images pendant que la ville brûle dans les flammes de l’enfer.

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J’ai renoncé à renoncer de ne pas renoncer !

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Je publiais cet article le 30 décembre 2011, il y a 6 ans donc ! Mon blog n’était pas vieux…quelques mois seulement !  Oui il y a 6 ans j’avais encore des choses à écrire , Yellow Warf ! Je me prenais la tête, mais je ne proposais pas que du culturel et des vannes !  Lisez donc , c’est juste un mauvais moment à passer !

Le renoncement fait partie intégrante de la vie et si l’on y regarde de plus près, il suit l’individu  ou le menace tout au long de son existence. Faut-il faire du renoncement un allié pour avancer ou un ennemi qui empêche l’épanouissement?

Déjà la naissance est le renoncement par excellence : renoncer au ventre de sa mère, à ce nid douillet et arriver dans le plus grand des chaos  dans un monde de brute pour lequel on n’est pas préparé. Tout cela sans rien avoir demandé à personne . Ce premier renoncement se passe plus ou moins bien suivant les êtres mais on n’ a pas le choix même si l’on doit nous sortir avec les ventouses ou la pelle mécanique!

Après on est gamins et là il faut  parfois renoncer à avoir une vie normale : problèmes familiaux, divorces, disputes , rejet de ses camarades de classe, maladie et que sais-je encore.

Renoncer à une enfance structurante et positive…puis renoncer à sa famille, cela va prendre du temps dans la vie d’adulte mais sera peut être salutaire au final.

Ensuite si l’on veut être mécanicien et mettre les doigts dans la graisse toute la journée mais que l’on est doué à l’école, on va nous  dire «  quoi ? mais tu vas passer un bac scientifique avec tes capacités…tu vas pas faire mécano !!! » . Ou si l’enfant prodige trouve une passion dans le dessin ou le théâtre, il va s’entendre dire qu’il ferait mieux de faire fonctionnaire plutôt que qu’artiste potentiellement intermittent du spectacle.

On n’ a pas 20 ans  et déjà on  peut avoir encaissé 3 renoncements, et pas des moindres.

A l’âge plus ou moins adulte, on va parfois renoncer encore, à ses rêves d’enfant, à l’amour, aux repas trop arrosés, et que sais-je encore ! Et puis ras-le bol de renoncer, pourquoi ne pas s’exiler dans une maison sur la falaise en bordure de l’océan ou carrément se faire moine ?

Je suis fasciné par la vie dans les monastères : comment peut ou choisir une vie faite de renoncements à ce qui est l’essence même de l’existence ??

Et si on  ne fait rien, on renoncera toute notre  vie durant. Un jour à 79 ans et 2 mois on mourra alors qu’à 79 ans et un mois, on allait très bien, seulement l’usure du temps, pas la moindre maladie.

Sûrement alors  qu’on  aura renoncé à vivre tout simplement, on n’aura plus trouvé aucun sens à notre existence alors qu’on aurait peut être pu atteindre 100 ans, allez savoir.

Alors moi je crois que plus on renonce et moins on est vivant. On existe mais on n’est pas vivant. Ne pas renoncer à ses rêves, à ceux qu’on aime, aux valeurs et à ce que l’on est vraiment, c’est rester vivant.  Cela veut dire ne pas se simplifier les choses mais être en paix avec soi même.  Cela veut dire n’accepter de renoncer qu’en dernier recours, le renoncement donnant  juste l’illusion de la liberté.

Bon c’est mal écrit, je m’en rends compte, mais c’était écrit d’un trait !

6 ans plus tard, j’ai vieilli ma parole, j’ai renoncé à renoncer de ne jamais renoncer. C’est plus facile de vivre ainsi, accepter le loser que l’on est . Du coup, l’embêtant , c’est que je ne sais plus quoi écrire sur ce blog (en dehors, des livres, jeux, musiques, vannes etc) puisque j’ai renoncé ! WTF ?? Avant mes sponsors étaient Kleenex et Lexomil, aujourd’hui c’est WTF productions  !!  Bref je commence à m’auto-lasser de ce blog et comme c’est avant tout égocentrique un blog et que ce n’est pas un blog littéraire,  c’est pas bon signe … j’espère ne pas renoncer car par quoi remplacer un blog ?

J’espère que vous n’avez pas renoncé à comprendre et que vous allez commenter cet article quand même , et vogue la galère ! Pour le moment le bar est ouvert (ou tout vert, c’est comme on veut !).

 

Mon bilan littéraire 2016 !

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Nous sommes passés en 2017, une année de lectures se présente à nous, mais jetons un regard sur 2016, où j’ai lu 44 livres.  Qu’en retenir ?

  • Une année Daphné du Maurier : J’ai visité son pays et vu Ménabilly (de loin pour le moment…) , j’ai relu la Bio de Tatiana de Rosnay la concernant, j’ai lu sa correspondance avec son amie Oriel et j’ai dévoré 4 de ses romans…et j’ai encore de la réserve. C’est une grande parmi les grandes. Mes coups de coeurs sont pour Ma cousine Rachel et La crique du Français.
  • Un vrai coup de foudre : Le caillou de Sigolène Vinson : je l’ai lu 2 fois de suite et à chaque fois j’ai pris le galet en pleine poire…quelle belle histoire et quel style punch line…c’est l’histoire d’une jeune femme un peu perdue dans sa vie, qui a fuit l’enseignement, et  qui souhaite se transformer en caillou après avoir rencontré son vieux voisin de palier excentrique . Et elle  y parvient, en Corse, au soleil… à lire d’urgence.
  • Des bémols et des déceptions : Le nouveau Anne Perçin (Sous la vague), Bonjour tristesse de Sagan (deuxième lecture et deuxième interrogation sur le succès de ce livre…), Amours de Léonor de Récondo (déjà lu 1000 fois, pas d’originalité) , Partition amoureuse de Tatiana de Rosnay (semble avoir été écrit rapido) Banquises de Valentyne Goby (style obscur et compliqué), mais aussi Les gens heureux lisent et boivent du café de Agnès Martin Lugand (oublié dans l’heure) ,  La Femme au carnet rouge d’ Antoine Lourain (tellement prévisible et fade) et enfin un que je n’ai pas pu lire, Sophie Divry, quand le diable sortit de la salle de bain.

Que me réserve l’année 2017 ??  A voir. J’ai  lu L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante  juste avant la nouvelle année et j’ai hate de lire la suite, c’est dire si ça m’a plu puisque je fuis les sagas et les livres multi volumes en général !  Et puis j’ai eu plein de livres à Noël aussi…notamment Chanson Douce de Leila Slimani, hyper puissant et fort !

Prochaines chroniques à lire ici : L’amie prodigieuse d’ Eléna Ferrante et Chanson douce de Leila Slimani.

La dame de Wildfell Hall d’Anne Brontë : l’adaptation de la BBC en DVD.

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Les films Koba qui éditent notamment  les films produits par la BBC, ont eu la bonne idée d’adapter le roman d‘Anne BrontëLa Dame du Manoir de Wildfell Hall, paru en 1848. J’avais beaucoup aimé ce livre, bien meilleur qu’ Agnès Grey même si l’on parle souvent de ce dernier, pourtant assez palot en comparaison.

Dans Wildfell Hall, on retrouve tout l’univers des Brontë, noir, trouble la lutte pour la place de la femme dans l’époque Victorienne , la lutte pour un amour vrai, absolu, la question du bien et du mal, de la moralité…

Le film, découpé en 3 épisodes de 52 minutes , suit plutôt fidèlement le livre et raconte l’histoire de la mystérieuse Hélen Graham, venue vivre loin de tout avec son  jeune fils dans un vieux manoir poussiéreux du Yorkshire, pour fuir un passé qu’elle cache à tous, suscitant ainsi  la curiosité et des rumeurs de dépravation au sein du village.  Son voisin, le fermier Gilbert Markham se lie d’amitié avec Helen et en tombe amoureux. Le propriétaire du manoir de Wildfell Hall, met en garde Markham contre une telle liaison…

J’avoue avoir passé un super moment à regarder ce DVD, j’ai enchaîné les 3 épisodes d’un coup et  retrouvé avec plaisir les personnages du roman le plus romanesque d‘Anne Brontë.  Certes, il est un peu difficile au début de s’y retrouver dans tous les personnages (comme dans le livre) et le réalisateur a choisi d’accentuer le côté romantique, romanesque, bref l’histoire d’amour contenue dans l’histoire au détriment du côté noir et rebelle du roman. C’est un peu le lot habituel des adaptations télé ou ciné d’oeuvres de cette envergure.

Mis à part ce bémol, la BBC  montre une fois de plus son brio pour adapter les grands classiques anglais du dix-neuviève siècle.  L’interprétation est vraiment à la hauteur, C’est Tara Fitzgerald  (vue dans Game of Trones) qui incarne Helen Graham, avec à ses côtés Toby Stephens (déjà présent dans Jane Eyre) et Ruper Graves. Le décor naturel est parfait, les costumes aussi et le suspens est continu jusqu’à la fin de La Dame de Wildfell Hall.

Si vous avez aimé auparavant l’adaptation de Jane Eyre (Charlotte Brontë) et la cultissime adaptation d’ Orgueil et Préjugés (Jane Austen) , également difusée  par Koba films et produite par la BBC ce DVD devrait vous plaire et prolonger la légende des soeurs Brontë !

Et si en plus il vous donnait envie de lire le roman d’Anne Brontë, ça serait génial.

Le DVD sort en France aujourd’hui même, le 2 janvier 2017.

Voici la bande annonce

Merci à Koba Films de m’avoir proposé ce partenariat, que j’ai accepté immédiatement vu le sujet…