Le poids des ombres de Marie LABERGE – 2017 (France) 1994 (Canada)

Aimer soutient mais ne sauve pas. Pas de rachat.

Diane a 30 ans. Elle est fâchée avec sa mère, Yseult, depuis sept ans et en opposition constante avec elle quasiment depuis sa naissance. Alors que les deux femmes se sont perdues de vue, Diane reçoit un appel de la morgue : elle soit aller reconnaître le cadavre d’ Yseutl, laquelle s’est suicidée en se jetant d’un pont , par une journée d’hiver. D’abord en colère, puis sonnée, puis complètement déséquilibrée dans sa vie , Diane va devoir affronter  l’ombre aveuglante  d’ Yseult, à partir de la lumière trouble des bagues qu’elle a laissées…

J’ai découvert cette année Marie Laberge avec  Ceux qui restent, qui fut un vrai coup de coeur. Je me suis donc rué dès la sortie de ce roman qui est en fait une réédition puisqu’il s’agit de l’un des premiers livres publiés par l’auteur, en 1994 au Canada, son pays d’origine.

Et je dois dire que je n’ai pas été déçu.

Je commence néanmoins par un bémol , Le poids des ombres raconte globalement la même chose que Ceux qui restent : faire face au suicide inexpliqué d’un proche et continuer sa vie en intégrant contre son gré celle du disparu. Egalement quelques faiblesses dans la construction du récit, le rythme du livre si je puis dire.

Pour le reste, c’est un roman très fort sur la relation mère-fille, qui oscille en permanence entre l’amour et la haine, la fascination et la répulsion, tant les deux femmes sont en opposition . Yseult est passionnée, hors cases, lucide et cynique, Diane est dans le rêve, l’illusion et le reproche permanent à Yseult qui ne correspond pas à son modèle. Cette fracture la rend jalouse.

Ce qui est génial dans le livre de Marie Laberge , c’est qu’elle arrive à nous faire aimer ces femmes et parfois aussi à les détester. Je dirais même qu’elle parvient à retourner le lecteur au fur et à mesure de la progression de l’histoire. Yseult qui semble au départ insensible et monstrueuse devient humaine et quelque part digne et capable d’amour. Diane, elle, qui semble victime et délaissée, apparaît égoïste et possessive.

Y’a deux luxes dans la vie, le plaisir et la volupté. T’aimes ni un ni l’autre.

Et puis, la plume de Marie Laberge est vraiment belle. Elle fait partie des auteurs qui aujourd’hui m’intéressent vraiment, ceux qui écrivent avant tout avec leur coeur, leurs, tripes,  qui laissent entrevoir leur vérité, leur vraie sensibilité . Les auteurs qui parlent avec leur tête et intellectualisent me laissent froid de plus en plus je crois.  Marie Laberge ne mâche pas ses mots et dans Le poids des ombres, il y a des passages à la fois âpres et acres mais aussi des envolées dont la sensibilité me touche…comme ici :

Si tu trouves un seul souvenir réconfortant, garde-le pour les aubes navrantes. Ne te laisse pas emporter par ton imagination dramatique qui construit des sagas tragiques aux fins lugubres.

Je sais que je relirai cette auteur prolifique et que j’y trouverais encore mon bonheur de lecteur.

Et ce beau passage pour finir…

La beauté, la volupté, le plaisir…ça ne rachète rien ? Dans l’épaisseur de la vie, aucune légèreté tu crois ? Il reste si peu dans nos mains à la fin d’une vie, si peu…il doit bien y avoir quelques grains de sable échappés du sablier impitoyable , quelques grains de sables qui s’incrustent dans les lignes de la main. Yseult, que mes mains n’ont pas retenue…

 

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Docteur Thorne – L’ adaptation pour la BBC

Barsetshire, XIXème siècle. Sans dot, de naissance illégitime, la belle et vive Mary vit auprès de son oncle, le docteur Thomas Thorne. L’héritier désargenté Frank Gresham est amoureux de Mary. Lady Gresham, aidée de ses filles, manoeuvre pour lui trouver un meilleur parti et résoudre leurs problèmes financiers. Mais le docteur Thorne connaît le secret de son ascendance et la fortune dont Mary pourrait hériter…

Ce résumé vous fait peut-être penser à Jane Austen . C’est normal, l’auteur du livre , Anthony Troloppe est un célèbre écrivain anglais qui fait partie du même mouvement que Jane, à savoir la période romantique du début de l’ère Victorienne.

Sur le papier, tout pour plaire  : l’Angleterre du XIX ième, les beaux châteaux, l’histoire sentimentale, les rebondissements. Et c’est vrai que l’on ne s’ennuie pas en regardant le film.

Mais en ce qui me concerne, j’ai trouvé que tout allait trop vite, surtout au début où il y a beaucoup de personnages et j’ai eu du mal à m’y retrouver. Par la suite, on y voit plus clair mais le rythme est trop soutenu à mon goût : le réalisateur ,  Julian Fellowes, qui est par ailleurs le créateur de Downtown  Abbey, enchaîne les scènes courtes , comme s’il était pressé d’en finir et de passer à la suivante.

Du coup, si l’on ne s’ennuie pas et si le suspense est hyper bien maîtrisé, on a du mal à s’attacher aux personnages, le docteur Thorne manquant à mes yeux de charisme, contrairement aux personnages féminins principaux.

Au final, ce film  m’a donné envie de découvrir le livre de Troloppe et c’est déjà pas mal. Les fans de cette époque anglaise chérie de la littérature pourront peut-être y trouver leur bonheur.

Pour voir la bande annonce qui vous donnera peut-être envie de vous le procurer, dès le 29 novembre,  c’est ici :

Merci à KOBA films, le diffuseur des films de la BBC en France, pour ce partenariat.

Jeu de Noël douzième énigme.

Bravo à Estelle et Philisine qui ont trouvé en premier. Il s’agissait de télé + fée + riz  + queue…ce qui donne téléphérique !!  Rendez-vous en décembre pour les 2 dernières énigmes et le nom de la gagnante et donc le cadeau…

 

Plus que 3  énigmes en comptant celle-ci et les scores sont serrés…

  • Lydia, La Douce , Martine et Manou dans la forêt ont 3 points
  • Estelle, et  Valentyne ont 2 points
  • Emilie et Syl ont 1 point.

Tout est encore possible, les deux premières bonnes réponses dans les commentaires avec le mot  » Fernandel » ont 1 point !

Voici l’intitulé de la douzième énigme, je vous propose aujourd’hui de trouver un moyen de transport en commun    à partir de la charade suivante

  • Mon premier est une boite éclairée
  • Mon second peut porter clochette
  • Mon troisième est parfois dans un sac
  • Mon quatrième est commun à la pie, au renard et à l’homme.

Et donc, mon tout est un transport en commun !

Trop facile…ou pas  ! Vite , à vous !!

 

 

 

 

La France de mon enfance…

Il y a quelques semaines , dans une émission télé, un chroniqueur disait que dans les années 70, du point de vue musical et télévisuel, il y avait la France de Guy Lux et la France de Jacques Chancel, et qu’aujourd’hui (même si la musique a quasi disparu de la télé), on a la France de Nagui et celle de Patrick Sébastien.

PS : si tu ne sais pas qui sont Guy Lux et Jacques Chancel, soit heureux ami lecteur, c’est que tu es jeune…

C’est toujours réducteur d’opposer les personnes mais si la comparaison d’aujourd’hui me semble plus contestable, celle des années 70 est vraie. Et j’en suis la preuve.

Gamin et ensuite adolescent, j’étais totalement dans la France de Guy Lux et pas du tout dans celle de Chancel.  Jacques Chancel, ses invités musicaux  étaient Le Forestier, Barbara, Ferré, Brassens, sans compter tous les artistes de la musique classique.  Que des artistes disons connotés exigeants, personnellement je dis » élitiste » au sens qu’ils touchaient une part  réduite de la population.  Guy Lux, c’était Delpech, Claude François , Sheila, Sardou, Dalida…des artistes populaires, au sens « grand public ».  Je regardais aussi les émissions des Carpentier, comme Bénabar !

Il n’y a guère que Brel qui à mon sens, arrivait à toucher les deux faces de la planète musicale française et ne faisait parie d’aucune chapelle, enfin en même temps je ne le connais quasiment pas.

Et après, j’ai enchaîné…je regardais peu la télé mais j’ai fait partie des spectateurs de Champs Elysées (à l’époque je croyais Drucker branché et au top de l’actualité musicale…) puis de Sacrée Soirée et du fameux Top 50 sur Canal, à partir de 1984.

Plus petit encore, vraiment gamin, je me souviens du Hit-parade sur Europe 1 et des émissions de RMC. Point de radios de Radio-France  !

Aujourd’hui, je ne regarde plus la télé, donc plus les rares  émissions musicales qui restent, même si parfois je vois encore un peu   La Nouvelle Star, qui ne va pas tarder à disparaître.  Ne supportant pas Nagui, le mec qui à un melon comme une pastèque de Tchernobyl et convaincu d’être à la culture musicale ce que le noyau est à la cerise, je ne regarde pas Taratata. Ou Seulement s’il y a un artiste que j’aime particulièrement, en replay.  Et pourtant, il y a des moments géniaux dans cette émission et disons que les invités se sont démocratisés, fallait bien  pour rester à la télé malgré le peu de téléspectateurs qui suivent l’émission . Patrick   Sébastien, je me souviens l’avoir vu gamin en spectacle, mais à l’époque il était juste  imitateur, aujourd’hui c’est tellement nase et ringard sa variété que lui aussi les audiences se cassent la gueule progressivement et qu’il ne tardera pas à disparaître des prime- time.

En fait, à la réflexion, je regrette que Bernard Pivot ne ce soit pas intéressé à la chanson, peut-être que lui , à l’époque, aurait pu connecter les deux France. Il a bien essayé  avec Bouillon de culture, mais ça n’a pas vraiment marché… probablement que c’était déjà trop tard  ! Et peut-être qu’à sa manière, il continue en tant que Président du Prix Goncourt puisque les lauréats sont plus ou moins populaires suivant les années, une fois sur deux en moyenne.

Pas de chute sur cet article. Il s’arrête là !!

Le grand marin de Catherine POULAIN – 2016

Tout est dans la course Lili.  les étoiles aussi, la nuit et le jour, la lumière, tout court et nous on fait pareil. Autrement on est morts.

Lili est une jeune femme atypique qui quitte la France pour l’ Alaska. Elle veut rejoindre cette terre inhospitalière pour s’embarquer sur des navires de pêche, se confronter à l’océan, aux éléments et peut être même aller voir ensuite le bout du bout de la terre. Elle arrive donc à Kodiac et parvient à se faire embarquer sur un bateau qui part à la pêche à la morue noire. Lila parviendra à se faire embaucher pour deux autres campagnes de pêche, et entre chacune, arpentera le port, les bars à marin, les docks, les chantiers navals, l’alcool, l’ennui, les nuits… et devra se fondre dans cet univers masculin fait de force, de souffrances, de virilité absolue mais aussi de faiblesse et d’humanité. Car les marins sont aussi des humains, surtout un, le plus redoutable, celui qui ressemble à un lion et se prénomme Jude.

Le grand marin est ce qu’on appelle un phénomène d’édition…un premier roman, un succès incroyable à faire pâlir les auteurs confirmés et qui vendent beaucoup de romans, un engouement certain des critiques et libraires,  huit prix littéraires.

Oui mais voilà, j’avais hésité à le prendre en librairie, cet univers là ayant tendance à me faire fuir, les histoires de pêche et de poissons éventrés, très peu pour moi, je l’avais reposé. Et puis Asphodèle me l’a offert l’été dernier et je l’ai lu.

Et les mots de ce marin m’ont interpellés…

Embarquer, c’est comme épouser le bateau le temps que tu vas bosser pour lui. T’as plus de vie, t’as plus rien à toi.Je ne sais pas pourquoi j’y suis venu, je ne sais pas ce qui fait que l’on veuille tant souffrir, pour rien au fond. Manquer de tout, de sommeil, de chaleur, d’amour aussi, jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à haïr le métier, et que malgré tout on en redemande, parce que le reste du monde vous semble fade, vous ennuie à en devenir fou.

Hé bien, j’ai dépassé mes à priori , j’ai lu le plus vite possible les scènes de poissons éventrés et agonisant , je me suis laissé prendre au jeu , hypnotiser par cette histoire et le talent de Catherine Poulain et je ne le regrette pas ! Cette auteur est une grande conteuse et son récit est d’une force incroyable. Son défi est d’arriver à nous faire aimer sa Lili, dont on ne sait quasiment rien, on ne sait pas ce qu’elle fuit en venant en Alaska et on se doute qu’elle cherche bien plus qu’une simple liberté ou un dépassement de soi. En plus, elle est quelconque, pas jolie, pas drôle, pas sur-homme enfin sur-femme, juste déterminée.

Et puis, la peinture du port, du milieu des marins, des campagnes de pêche, du climat et de la nature polaire est extrêmement bien réussie. Catherine Poulain arrive à nous transporter là ou se trouvent les personnages, je voyais les lieux, même certains visages. Sa plume est belle, forte, à la fois cash et imagée, mélange de glauque et de beau suivant les chapitres.

Je tourne la tête vers la mer, elle est rousse des cuivres de la fin du jour. Peut-être va-t-on toujours aller ainsi, jusqu’à la fin de tous les temps, sur l’océan roussi et vers le ciel et vers le ciel ouvert, une course folle et magnifique dans le nulle part, dans le tout, coeur brûlant, les pieds glacés, escortés d’une nuée de mouettes hurlantes, un grand marin sur le pont, visage apaisé, presque doux.

Il y a quand même quelques critiques à faire sur Le grand marin. Pour une fois, je peux dire que j’ai trouvé un texte d’un auteur français actuel trop long…je veux dire qu’il y a des répétitions et un peu de gras et même si cela participe à hypnotiser le lecteur, sur la fin cela peut être pesant. Et puis, l’histoire entre Jude, Le grand marin et Lili est un peu trop mise au second plan à mon goût même si ce n’est pas l’objet du roman.

En résumé, une histoire que je ne suis pas près d’oublier et je suis vraiment curieux de savoir ce qu’elle va pouvoir proposer comme second roman.

Et un grand merci à Asphodèle d’avoir choisi ce titre pour moi, car comme je l’ai dit plus haut, je ne l’aurais pas lu sans cela !

Chanson pourrie , le retour !

Il y a longtemps, je proposais, la chanson pourrie du lundi tout pourri…

Voici le retour mais pas forcément du lundi !

C’est ambiance déprime depuis quelques temps pour moi…et il paraît qu’en novembre tout le monde déprime plus ou moins. Alors voici la chanson pourrie qu’il faut !

C’est une grande star, 73 ans aujourd’hui, qui a eu cette idée de génie de reprendre un méga tube d’ Eurythmics  » Sweat dreams » . Nous sommes en 1983…le titre s’appelle  » Déprime ».

Il paraît que le parolier s’est pendu quelques semaines plus tard…

Enjoy ! Moi je kiffe !!  Les poètes vont adorer aussi !!

Mes livres chers…

Le prix moyen d’un livre neuf en France, tous formats confondus, brochés et poche, est d’environ 10€. Dit comme ça, on peut pas dire que le livre est onéreux, enfin si on le compare à d’autres produits culturels (un place de cinéma, de théâtre, de concert, d’opéra), il est même plutôt bien placé. Sans compter tous les livres d’occasion quasi neufs qu’on trouve partout  !

Il reste que si l’on ne veut attendre ni la sortie en poche (qui ne concerne pas tous les livres édités en grand format…il faut déjà en vendre plusieurs milliers avant d’espérer une sortie en format économique) ni acheter de l’occasion, il faut alors souvent débourser en moyenne 19€ pour un livre broché. Les prix en gros vont de 14€ à 25€ , en fonction du nombre de pages du livre. Et là, on constate que plus le livre est gros, moins il est cher. Si, je vous assure, je me suis amusé à calculer le prix à la page de 4 livres de la rentrée littéraire :

  • Catherine Pancol : plus de 800 pages = 0.03€ la page
  • Véronique Olmi : plus de 400 pages = 0.05€ la page
  • Sigolène Vinson : 182 pages = 0.08€ la page
  • Patrick Modiano : 105 pages = 0.13€ la page

Bref, tout cela pour dire que je trouve quand même que les courts textes qui sont vendus en grand format restent un peu chers si on les achète neufs. Il n’y a pas beaucoup d’écart de prix entre un livre qui va durer 2 heures et un livre qui va en durer 10 !

Alors je me suis demandé pourquoi, et j’ai été revoir la décomposition du prix d’un livre (données assez constantes , fournies notamment par le Syndicat National de l’ Edition). Prenons un livre vendu 20€ TTC.  C’est parti (amies, si vous êtes allergiques aux chiffres, allez faire un footing…pas Asphodèle pour le footing mais tu peux revenir plus tard 😀 )

  • Le libraire gagne 7€ soit 35% du prix. Du coup, s’il vous fait 5% de remise , il ne gagne plus que 6€ au lieu de 7€ ,  donc il gagne 15% de moins…c’est pour ça que les petits libraires ne peuvent pas le faire, leur marge est trop faible, un commerçant gagnera beaucoup beaucoup plus en vendant des produits high tech et infiniment plus en vendant des fringues…le livre ne rapporte pas pour le commerçant.
  • L’éditeur gagne 4.30€ soit 21.5%.  Cela paraît peu et c’est vrai que pour les petits éditeurs ce n’est pas simple, mais voilà, l’édition est quasiment un oligopole, quelques gros groupes d’édition se partagent le marché…pour eux c’est plus simple, d’autant plus que…
  • Le diffuseur  / distributeur gagne 3.60€ soit 18% du prix du livre. C’est celui qui  » pré-vend » le livre, le met en valeur, assure la promotion etc…le marketing quoi ! Sauf que les boites qui diffusent et distribuent le livre appartiennent souvent aux éditeurs…surtout les gros ! Bingo donc et dommage pour les petits qui n’ont pas leurs propres structures pour pousser le livre chez le lecteur…
  • L’auteur gagne 2€ soit en moyenne 10%. Il y a un système répandu en France, celui du 8-10-12. Jusqu’à 10000 exemplaire c’est 8%, ensuite on passe à 10% et 12% au delà. Il faut savoir que les 3/4 des livres ne dépassent pas les 1000 exemplaires. Celui qui dépasse 10000 est déjà un livre qui se vend bien, à partir de 25000 on est dans un gros succès, au delà de 50000 c’est un best seller. Du coup, les rares auteurs qui arrivent à faire des best sellers en permanence touchent parfois plus, jusqu’à 18%…par contre il y a aussi des auteurs qui touchent même pas 8%…c’est l’éditeur qui fixe ses règles.
  • L’imprimeur :2€ soit 10% du prix du livre, comme l’auteur. Donc ce n’est pas la fabrication du livre qui coûte cher et ça explique pourquoi les gros livres sont moins chers que les petits si on regarde le nombre de pages
  • L’Etat : 1.10€ soit 5.50%, à travers la TVA.

Voilà, c’est décortiqué.

Alors cher ou pas cher les livres quand on est lecteur ? Ben pour moi ça dépend, certains livres, quels que soient leur qualité et leur intérêt sont limite arnaque au niveau du prix proposé. Heureusement ce n’est pas la majorité et globalement, à condition d’être patient et de pratiquer l’occasion, on peut lire des romans récents sans se ruiner.

Jeu de Noël 2017 – Onzième énigme

Bravo à Manou dans la forêt et à Syl qui sont arrivées les premières pour donner la bonne réponse : Mistral gagnant de Renaud ! Rendez-vous avant la fin du mois de novembre pour la douzième énigme

 Plus que 4 énigmes en comptant celle-ci et les scores sont serrés…

  • Lydia, La Douce et Martine ont 3 points
  • Manou dans la forêt, Estelle, et  Valentyne ont 2 points
  • Emilie a 1 point.

Voici la onzième énigme à résoudre, elle est facile , enfin je pense…

Il faut découvrir le titre  d’une chanson française, (un grand classique d’un chanteur très connu),  sortie dans les années 80, à partir des 3 indices suivants:

  • Vent
  • Voiture
  • Bonbon

Vous avez trouvé ? Vite votre réponse dans votre commentaire avec le mot Fernandel !

Les 2 premières bonnes réponses auront  1 point !

 

Le Chagrin des vivants de Anna HOPE – 2014

C’est toujours plus facile de ne pas parler.

Nous sommes à Londres en 1920. La ville s’apprête à commémorer l’armistice lors d’une cérémonie particulière où le corps d’un soldat inconnu tombé en France sera inhumé au sein d’un monument à Westminster Abbey.

L’histoire se passe du 8 au 11 novembre 1920 et Le chagrin des vivants raconte le destin croisé de plusieurs femmes, chacune touchées par la guerre. Il y a,  Evelyne dont le fiancé est mort et le frère, ancien capitaine, est revenu sain et sauf et mène une existence en apparence confortable.  Evelyne travaille au bureau des pensions militaires. Il y a  la jeune Hettie qui, avec son amie Di, travaille dans un club de danse fréquenté par les anciens soldats, ce qui lui permet notamment de subvenir aux besoins de son frère, Fred,  soldat revenu diminué des combats, muré dans son silence .  Il y a  enfin ADA, qui a perdu son fils, Michael,  et continue pourtant de le voir et de le chercher dans les rues de Londres.

Anna Hope,  dont  Le chagrin des vivants fut le premier roman (énorme succès en Angleterre et ailleurs) va tisser une toile redoutable et magnifique, qui va  non seulement emprisonner et lier tous les protagonistes du récit, mais aussi le lecteur. Comme ici, lorsqu’ils vont chacun assister au défilé du soldat inconnu, notamment ADA:

Alors que le silence s’étire, quelque chose devient manifeste. Il n’est pas là. Son fils n’est pas à l’intérieur de cette boite. Et pourtant elle n’est pas vide, elle est pleine d’un chagrin retentissant : le chagrin des vivants.

 

Disons-le tout de suite, j’avais énormément aimé  La salle de bal, j’ai adoré Le chagrin des vivants, au point d’en faire un coup de foudre littéraire pour cette année 2017 !

L’auteur parvient à nous faire vivre cette époque avec beaucoup d’intensité, à nous faire ressentir toute la pesanteur des suites du désastre, la résistance des hommes face à ceux qui voudraient oublier…Et si beaucoup réapprendront à vivre, d’autres resteront à jamais marqués dans leur chair par la grande guerre, qui n’a de grandeur que son nom.

Un bel hommage aux oubliés de l’histoire, les sans grade,  et  aussi aux femmes qui travaillent dans l’ombre à réparer les destins. Un beau travail de mémoire. Un vrai.

Pourquoi ne peut-il pas passer à autre chose ?
Pas seulement lui. Tous autant qu’ils sont. Tous les anciens soldats qui font la manche dans la rue, une planche accrochée autour du cou. Tous vous rappellent un événement que vous voudriez oublier. Ça a suffisamment duré. Elle a grandi sous cette ombre pareille à une grande chose tapie qui lessive la vie de toute couleur et toute joie. […]
La guerre est terminée, pourquoi ne peuvent-ils donc pas tous passer à autre chose , bon sang ?

Anna Hope se base, comme dans La salle de bal, sur des faits historiques, des livres et des documents d’époque, et invente ses personnages et leurs histoires qui sont  si intimement et délicatement mêlées. C’est une auteur, qui sur un premier roman, arrive à allier le fond et la forme, en cumulant les talents de jolie plume et de grande raconteuse d’histoire. C’est un régal permanent.

Le suspens est grandissant et à la fin, j’aurais presque voulu lire en diagonale pour aller plus vite et pourtant, j’ai réussi à épargner les 30 dernières pages pour les lire seulement le lendemain.  La fin est de facture classique mais l’auteur arrive à éviter le happy end trop happy , même s’il est logique…

Vivement le troisième roman, il faudra être patient, mais je serai au rendez-vous !

Derrière le miroir…

Vous vous souvenez de Working girls, Pulp Fiction, Will Hunting, La vie est belle, Shakespeare in love ou du Patient Anglais ? Des films d’auteurs, ne correspondant pas aux productions débilisantes des grands studios de cinéma US…produits et promotionnés avec brio par Harvey Wenstein…qui se révèle aujourd’hui être un prédateur sexuel…

Que dire du beau Bertrand Cantat, qui a tué une femme à coup de poings , et peut-être conduit une autre, la mère de ses deux enfants au suicide. Il paraît que Noir Désir est un groupe culte et que Cantat représente la partie noble du rock (il paraît hein, moi le rock ça m’en touche une sans faire bouger l’autre…comme disait le Président Chirac à l’époque où il était en poste et pouvait encore  parvenir à le faire)…

Vous me voyez venir ou pas ?

Question philo du jour : doit-on considérer l’artiste et oublier l’homme ou doit-on considérer que toute oeuvre venant d’un être plus ou moins abject ne mérite pas d’être aimée, encensée , citée, sanctuarisée?

Personnellement, j’aurais tendance à ne regarder que l’oeuvre d’art , parce que de toute manière, l’artiste est un être humain, et par nature, essence et choix, l’être humain est mauvais et perverti. L’enfer c’est les autres disait Sartre…et de fait on est toujours déçu par l’autre un jour ou l’autre.  L’artiste n’échappe pas à cela ! Et comme on fait nous-même partie des autres, on déçoit aussi…les relations humaines sont sans issue de toute manière, enfin sur la  longue durée.

Je m’éloigne un peu du sujet et revient à mes artistes.

Si l’on condamne les êtres humains derrière le miroir de l’artiste, alors va falloir renier beaucoup de monde…

  • Proust était un parvenu qui achetait les critiques et les prescripteurs littéraires de son époque…
  • Coco Chanel avait de fortes amitiés avec les nazis…voire plus
  • Céline, (qui est quand même le fond de commerce de Luchini ,  du coup c’est ennuyeux si on le met au pilori…imaginez qu’il se mette lui-même à écrire au lieu de se contenter de réciter, on est mal…) était un collabo ouvertement antisémite
  • Chateaubriand a écrit ses plus beaux textes au château de Combourg en Bretagne (très bel endroit), lequel fut acheté par papa grâce à la traite des noirs…et qui sait si le fiston n’ a pas repris l’affaire tant qu’il a pu…
  • Rimbaud a laissé tomber la poésie pour faire du trafic d’armes en Afrique…

Ce n’est que quelques exemples que je connais, mais si vous cherchez bien, vous qui êtes plus érudits que moi sur l’art, vous allez trouver des dizaines d’exemples.

Alors, faut-il se contenter de voir l’oeuvre se refléter dans le miroir ou bien casser le verre pour approcher l’humain qui est derrière ?

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà boycotté des artistes ??

Vous avez 3 heures…