Une part de ciel de Claudie GALLAY – 2013 – Poche

Ce n’est pas les ans qui font l’habitude. C’est le renoncement.

Carole est une citadine qui vit seule, ses filles sont temporairement à l’étranger. A l’approche de Noël, elle  prend le train et rejoint le Val, le village perdu de son enfance, dans les Alpes, au pied des pistes de ski.  En effet, Curtil, son père a envoyé une boule à neige, signal habituel qui marque son retour temporaire dans sa famille . Carole va retrouver Gaby, sa soeur  et Philippe, son frère, renouer avec les lieux et les personnes qui ont peuplé sa jeunesse et les habitants du Val…

Troisième roman lu de Claudie Gallay depuis le début de l’année et encore une fois j’ai adoré ! Bon, quelques longueurs car il fait plus de 600 pages, il ne faut pas se presser pour lire Une part de Ciel. L’intrigue se tisse petit à petit, un peu comme une perfusion au goutte à goutte qui finit par irriguer tous les sens du lecteur.

Déjà la description du lieu, le Val, et de son environnement est parfaitement maîtrisée. Le village de montagne… J’ai pensé un peu aux 3 Gueules dans le livre de Cécile Coulon, sauf que du coup à côté du Val, les 3 gueules font  un peu Disney Land comme description. La terre est très importante dans ce roman, elle donne l’atmosphère générale du livre.

Et puis, comme souvent chez Claudie Gallay, des personnages qui au départ n’ont rien de spécial, rien pour plaire ou accrocher le lecteur , mais qui peu à peu se révèlent et deviennent touchants, faibles et forts à la fois. Peut-être qu’on leur ressemble et c’est  ce qui nous touche.

J’ai toujours froid quand je reviens au Val. Un instant j’ai ressenti l’envie terrible de rester dans le train. Je suis née ici, d’un ventre et de ce lieu. Une naissance par le siège et sans pousser un cri. Ma mère a enterré mon cordon de vie dans la forêt. Elle m’a condamnée à ça, imiter ce que je sais faire, revenir toujours au même lieu et le fuir dès que je le retrouve.

 Mais quel est le thème du livre me direz-vous ? Une part de Ciel est un livre sur les silences, les non-dits, les murmures et l’amour caché qu’il peut y avoir dans une famille, une fratrie, celui qui est là mais ne s’exprime pas, sinon dans le reproche ou la méfiance…

Dans toutes les vies il n’est question que de cela, l’amour, le manque, les interdits. Si tout se passe bien, on finit la conscience tranquille. Mais il est rare que tout se passe bien.

On rencontre aussi une galerie de personnages secondaires vraiment bien vus, comme Sam, l’épicier qui va fermer sa boutique…

La plus grande des solitudes, c’est quand plus personne ne vous a connu enfant, que plus personne ne sait votre passé, votre jeunesse. Vous ne pouvez plus parler de vous alors vous vous repliez et vous vous taisez. J’aime infiniment la vie et j’ai aussi affreusement peur de la perdre. Je ne connais personne qui n’a pas peur.

En résumé,  Une part de ciel est un vrai beau roman, dans la lignée des précédents de Claudie Gallay, avec ce style très personnel qui fait sa force.

Une dernière pensée pour terminer.

Et tout être humain il y a un lac, une tristesse liquide que les oignons aident à vider.

32 réflexions sur “Une part de ciel de Claudie GALLAY – 2013 – Poche

  1. « La plus grande des solitudes, c’est quand plus personne ne vous a connu enfant, que plus personne ne sait votre passé, votre jeunesse »
    Ma grand-mère disait aussi « quand tout ceux qui ont fait votre jeunesse se retrouvent au cimetière » ou un truc du genre.

        1. Enfin, pardon… Je n’ai pas répondu à la question…En fait, la tristesse ou la déprime, sans un minimum d’humour ou même de cynisme (pourquoi pas), ça ressemble trop à la vie. Et ce qui me plait quand je lis, c’est cette impression de prendre un tapis volant… Alors là, a priori, pas pour moi! ❤

  2. celestine

    J’aime beaucoup les extraits que tu proposes.
    Ça a l’air très bien écrit.
    Mais 600 pages …ça ne fait pas trop mal aux bras ? 🙂
    Bisous belle journée
    •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

  3. J’aime beaucoup la dernière citation avec le lac, les oignons ….
    Sortie du contexte c’est dur de se faire une idée : est ce la tristesse qui prédomine dans cette phrase, ou l’autodérision ou l’humour ?
    Je dirai la tristesse quand même …
    Bref, je note de regarder ce titre à la bibli 🙂

    1. Je te le confirme, c’est la tristesse, ou disons la lucidité. Il n’y a pas le côté humour ou autodérision chez Claudie Gallay ce n’est pas son registre.
      Belle lecture si tu trouves le livre à ta bibliothèque.
      Bisous Val !

  4. Oups, mon commentaire est parti un peu vite… Ce qu’il me reste de ce roman, quelques années après l’avoir lu, c’est cette ambiance, ces silences et aussi la description de l’environnement.

  5. Hello Mindounet
    600 pages… en goutte à goutte… une perfusion de lecture qui va me durer trop longtemps pour cet été 😆
    Je note quand même que ce n’est pas un coup de coeur pour toi…
    Si je le trouve chez Emmaüs, je l’achète 😆
    Gros bisous

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