Changer l’eau des fleurs – Valérie PERRIN – 2018

Une fois n’est plus coutume, mais voici un coup de coeur pour le second roman de Valérie PERRIN, Changer l’eau des fleurs, sachant que son premier roman , Les oubliés du dimanche, était déjà un coup de coeur pour moi !

Alors de quoi ça parle ?

C’est l’histoire d’une femme, Violette Toussaint, qui autrefois garde-barrière est devenue gardienne de cimetière dans une petite ville de Bourgogne près de Macon. Sa vie est rythmée par les enterrements et les rencontres avec les familles mais aussi par la vie avec les 3 fossoyeurs de la commune, le curé et les propriétaires du magasin de pompes funèbres local.

Et dès le début du livre, c’est beau…

Ma grand-mère m’a appris très tôt comment cueillir les étoiles : la nuit il suffit de poser une bassine d’eau au milieu de la cour pour les avoir à ses pieds.

Le début de l’histoire s’attache à décrire cette vie particulière  à l’intérieur d’un cimetière de province, et c’est un bonheur absolu qui alterne entre humour, tendresse et pensées qui font mouche.

Et vous ? Vous ne buvez pas ?
Je me sers une larme et trinque avec lui.
– C’est tout ce que vous buvez ?
– Je suis gardienne de cimetière, je ne bois que des larmes.

Et puis, Valérie Perrin, commence à raconter l’histoire car elle sait faire ce que beaucoup d’écrivains français actuels ne savent pas faire : raconter une histoire, une vraie, construite, dense, qui va tenir le lecteur en haleine jusqu’aux toutes dernières pages. Et elle sait y faire  !  L’histoire est double : celle de Violette qui peu à peu se découvre comme une femme meurtrie par son passé (on s’en doutait un peu vu sa philosophie de vie, son travail et son humour) mais aussi celle d’un homme, Julien Seul, qui débarque un jour au cimetière et dans l’existence de Violette…

Changer l’eau des fleurs est dans le prolongement exact des Oubliés du dimanche, un mélange de noirceur sur le fond, de tendresse, de sentiments, de choses tristes et dures et de moments de bonheur. Parfois on aurait envie de Kleenex et souvent on sourit. On oscille entre vie et mort, c’est le métier de Violette qui veut ça…

J’adore rire de la mort, me moquer d’elle. C’est ma façon de l’écraser. Comme ça, elle fait moins son importante. En me jouant d’elle, je laisse la vie prendre le dessus, prendre le pouvoir.

Le style est fluide et la façon de raconter est très cinématographique, ce qui est logique car Valérie Perrin est aussi scénariste. On devine bien parfois ce qui va se passer mais sur le passé de Violette et ce qui l’a meurtrie, le suspens est là jusqu’à la fin.

Et quel beau portrait de femme !

Je parle toute seule. Je parle aux morts, aux chats, aux lézards, aux fleurs, à Dieu ( pas toujours gentiment). Je me parle. Je m’interroge. Je m’interpelle. Je me donne du courage. (…)
A Brancion-en-Chalon, il y a des gens qui ne m’aiment pas, se méfient ou qui ont peur de moi. Peut-être parce que je semble porter le deuil en permanence. S’ils savaient qu’en dessous il y a l’été, ils me feraient peut-être brûler sur un bûcher. Tous les métiers qui touchent à la mort ont l’air suspects

Bref, après Joël Dicker, dans un registre totalement différent, Changer l’eau des fleurs est exactement ce que j’ai envie de lire au quotidien ! Vivement le troisième !

 

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75-74

Je vais pas vous raconter ma vie au boulot, mais hier, on se posait la question avec mon chef de ce qui pouvait motiver un gars de 55 ans qui jusqu’ici est sur Paris et qu’on va recevoir en entretien de recrutement la semaine prochaine. Et mon chef s’est souvenu d’une histoire drôle…que j’ai lue et qui m’a fait vraiment rire.

C’est une parabole caustique, tellement vraie…j’adore.  Je pense qu’elle est connue dans le coin, peut-être moins ailleurs…la voici !

12 août
On a emménagé aujourd’hui dans notre nouvelle maison dans une Haute Savoie ensoleillée. Cet endroit est vraiment magnifique. Les montagnes sont si majestueuses, je suis impatient de les voir couvertes de neiges. J’adore cet endroit.

14 octobre
La Haute Savoie est l’endroit le plus beau de la planète. Les feuillages passent par toutes les nuances du rouge et de l’orange. Je suis allé en promenade dans ces belles montagnes et j’ai aperçu des cerfs. Ils sont tellement gracieux. Ce sont sans doute les animaux les plus merveilleux sur terre. J’ai l’impression d’être au paradis, j’adore cet endroit.

11 novembre
Bientôt l’ouverture de la chasse aux cerfs. J’ai du mal à imaginer qu’on puisse tuer des créatures aussi adorable. J’espère qu’il va bientôt neiger.
J’adore cet endroit.

2 décembre
Il a neigé cette nuit. Au réveil, j’ai vu que tout était recouvert de blanc. On dirait une carte postale. Nous sommes partis pour déblayer la neige sur les marches et nous avons dégagé le chemin d’accès à la pelle.
Nous avons fait une bataille de boule de neige (j’ai gagné), mais le chasse neige est passé, nous avons dû reprendre les pelles. Quel endroit merveilleux, j’adore la Haute Savoie.

12 décembre
Encore de la neige, cette nuit. J’adore. Le chasse neige nous a refait une farce en encombrant le chemin. J’adore cet endroit.

19 décembre
Encore de la neige cette nuit. Je n’ai pas pu aller travailler. Le chemin était obstrué par la neige. Je suis exténué à force de pelleter. Enfoiré de chasse neige.

22 décembre
Cette merde blanche est encore tombée toute la nuit. J’ai des ampoules pleins les mains à cause de la pelle. Je suis sûr que le chasse neige est planqué dans le virage et attend que j’ai dégagé le chemin. Le connard !!

25 décembre
Joyeux Noël de merde ! Encore cette saloperie de neige. Si seulement je pouvais mettre la main sur le fils de pute qui conduit le chasse neige. Ma parole je lui fais la peau à ce con. Je me demande pourquoi ils n’ont pas rajouté de sel sur la route pour faire fondre cette putain de glace.

27 décembre
Encore cette merde blanche, la nuit dernière. Je suis resté enfermé trois jours, sauf pour dégager le chemin à chaque passage du chasse neige. Je ne peut plus aller nulle part. La voiture est restée enfouie sous un tas de neige. Le gars de la météo dit qu’on doit s’attendre à 25 cm de merde cette nuit. Vous avez une idée de combien de pelletées ça représente , 25 cm de neige ! !

28 décembre
Le météorologue  » de mes deux  » s’est fichu dedans. Cette fois c’est plus de 80 cm qu’il est tombé. A ce train là ça ne fondra pas avant l’été. Le chasse neige est resté coincé sur la route, et l’autre burne est venu à la porte pour m’emprunter une pelle ! Après lui avoir raconté que j’ai déjà bousillé 6 pelles en dégageant la neige qu’il balançait dans mon allée, je lui ai cassé la dernière sur la gueule !

4 janvier
J’ai quand même pu sortir aujourd’hui. Je suis allé au magasin acheter de la nourriture, et sur le chemin du retour, un con de cerf est venu emplafonner l’avant de ma voiture. Il a fait 700 EUR de dégâts ! On devrait massacrer ces putains de bestioles. Je croyais que les chasseurs les avaient toutes tuées en novembre.

3 mai
J’ai conduit la voiture au garage en ville. Vous me croirez si vous voulez,la caisse est toute rouillée à cause de cette saloperie de sel qu’ils ont mis partout sur la route.

10 mai
Les déménageurs sont là. On retourne à Paris. Je n’arrive pas à imaginer que quelqu’un de sain d’esprit puisse avoir envie de vivre dans ce pays de merde ! ! !

Voilà…toute ressemblance avec…etc !!  Je pars faire des recherches pour voir si je trouve la même avec le manque de soleil en hiver ! Warf !!

 

Miossec live

J’ai vu la semaine dernière Miossec en concert à Annemasse. C’est la troisième fois que je le vois en concert et à chaque fois c’est un bonheur. Je ne suis pas fan, je ne connais pas les chansons mais , j’aime son style, ses paroles désenchantées et noires et musicalement c’est toujours bien  !

Ce concert était assez rock musicalement parlant.

Ce n’est pas un grand chanteur mais un vrai breton poète et buriné si je puis dire.

Il fait plein d’albums et de tournées, dans des salles petites, peu de public mais des fidèles qui le suivent au fil des années

La seconde chanson de son concert m’a interpellée…je trouve le texte très bon. Le titre du morceau c’est  » Je suis devenu ».

Voici quelques extraits du texte :

Je suis devenu ce que j’ai récolté
Ce qui m’est tombé dessus, ce que j’ai bien pu ramasser
Je suis devenu ce que je redoutais
Mais j’m’en suis aperçu qu’une fois le mal déjà fait

Je me suis fait tout seul et je me suis raté (j’adore cette phrase toute simple…)
J’ai du trop souvent être seul
Où je n’ai pas été assez bien conseillé

Je sais qui j’étais, je sais qui je suis plus
Je sais ce que je faisais, je sais ce que je n’ferai plus
Je sais qui j’aimais, je sais qui je n’déteste plus

Je suis devenu ce que font les années
C’est très bien écrit dessus , c’est même soigneusement souligné
Je suis devenu tout ce qui a pu se passer
Des souvenirs perdus ou complètement déformés

Je me suis fait tout seul et je me suis raté…

 

Si vous ne connaissez pas Christophe  Miossec, un petit live de l’une de ses chansons phare  » je m’en vais ».

Alors, vous aimez ou pas ?

Attention, si vous n’aimez pas, la prochaine fois c’est Taqui Taqui Rumba 😀

 

Un poème sur ce blog…tout part en vrille…

 

Non, le titre ne ment pas, vous allez vraiment lire un poème ici même. Je ne suis pas malade. Je suis en tarin de lire le second roman de Valérie Perrin,  » Changer l’eau des fleurs » , qui est top pour le moment, et elle cite un poème de Jacques Prévert.

J’ai dû en étudier à l’école, il me semble qu’il est au programme avant le collège ou pendant, mais je n’en ai bien entendu aucun souvenir.

Le voici !

Le chat et l’oiseau
Un village écoute désolé
Le chant d’un oiseau blessé
C’est le seul oiseau du village
Et c’est le seul chat du village
Qui l’a à moitié dévoré
Et l’oiseau cesse de chanter
Le chat cesse de ronronner
Et de se lécher le museau
Et le village fait à l’oiseau
De merveilleuses funérailles
Et le chat qui est invité
Marche derrière le petit cercueil de paille
Où l’oiseau mort est allongé
Porté par une petite fille
Qui n’arrête pas de pleurer
Si j’avais su que cela te fasse tant de peine
Lui dit le chat
Je l’aurai mangé tout entier
Et puis je t’aurais raconté
Que je l’avais vu s’envoler
S’envoler jusqu’au bout du monde
Là-bas c’est tellement loin
Que jamais on n’en revient
Tu aurais eu moins de chagrin
Simplement de la tristesse et des regrets
Il ne faut jamais faire les choses à moitié.
Déjà, c’est pas de la poésie hermétique, c’est sobre, tout en finesse et puis je me dit, tout ça pour en arriver à la chute que je trouve hyper réussie !
Bref…je vieillis, c’est moche !

Abécédaire…tiens ça faisait longtemps

Comme Emilie Berd ma jumelle astrale, voisine et amie a repris les plumes d’Asphodèle avec la bénédiction de la grande prêtresse (et quand elle bénit, c’est pas avec de l’eau bénite, vous pouvez me croire sur parole…), que je n’ai pas le temps de participer ni l’inspiration pour le faire, j’ai fait un petit abécédaire express en 10 minutes avec les mots proposés.

J’écris ce qui me passe parla tête, faut donc me pardonner !

C’est juste un clin d’oeil…façon MTG ! Pour voir les vrais textes des participant(e)s aux plumes,  c’est ici :https://lespetitscahiersdemilie.com/2019/01/19/les-plumes-dasphodele-les-textes/

  • OCEAN : Mère amère de la mer…et si la mer est trop salée c’est parce que les poissons ont trop pleuré (#référencelittéraire…je me marre 😀 ).
  • DESERT : Situation de ce blog en semaine depuis que je n’ai plus le temps de m’en occuper.
  • ENJAMBEE : Façon de sautée
  • PASSERELLE : Ponton qui n’a pas le courage de se jeter à la mer…
  • TRAVERSIN : Réunion siamoise de deux oreillers.
  • RUE : Entité dans l’impasse, qui n’a ni le charme de la venelle ni la prestance de l’avenue…
  • VOYAGE : Voyage, plus loin que la nuit et le jour… 😀
  • PASSAGE : Gai gué.
  • FRANCHIR : Voir « vieillir… »
  • HORIZON : Endroit où comme chacun sait, l’on peut voir le cul de Robinson (ou de qui vous voulez d’ailleurs).
  • VACANCE : Lorsqu’elle est sentimentale , elle peut faire très mal, mais comme la nature est bien faite, elle est souvent que temporaire…
  • VOILURE : Se transforme en fêlure quand elle se réduit trop.
  • VIEILLIR : Voir  » franchir ».

Voilà voilà…à la prochaine, je sors !!

Le livre !

 

Lu ce paragraphe dans Le livre des Baltimore, de Joël Dicker que je suis en train de lire. Et décidément,  il en parle beaucoup du livre cet homme là ! Et son personnage est un écrivain, souvent en discussion vive avec son éditeur cynique …

 » Allons ne soyez pas triste mon petit Goldman. Dans 20 ans les gens ne liront plus. C’est comme ça. Ils seront trop occupés à faire les zozos sur leurs téléphones portables. Vous verrez Goldman, l’édition c’est fini. Les enfants de nos enfants regarderont les livres avec la même curiosité que nous regardons les hiéroglyphes des pharaons. Ils vous dirons: Grand-père, à quoi servaient les livres ? Et vous répondrez: à rêver, ou à couper des arbres, je ne sais plus. A ce moment-là, il sera trop tard pour se réveiller. La débilité de l’humanité aura atteint son seul critique et nous nous entre-tuerons à cause de notre bêtise congénitale (ce qui d’ailleurs est déjà plus ou moins le cas). L’avenir n’est plus dans les livres Goldman. »

Cette conversation se passe en 2012 si je ne me trompe pas. Donc en gros cela ferait 2032.

Vous savez quoi ? Je n’y crois pas du tout. Je crois que Dicker est pessimiste et manque de clairvoyance. Ce qui mène le monde c’est l’argent. Or contrairement à ce que se dit parfois, il y a plein de fric à gagner dans l’édition, c’est le premier marché des biens dits culturels. Et quand on voit les tractations chez les grands groupes d’édition pour se rapprocher, s’acheter, s’absorber, se concentrer et devenir des géants de l’édition, je me dis que l’avenir du livre est encore bien assuré pour longtemps. Et d’ailleurs, on publie toujours autant et même un peu plus chaque année et le nombre de lecteurs ne faiblit pas. Du moins en France. Donc je ne crois pas à cette disparition annoncée à court ou moyen terme.

Par contre je trouve Dicker optimiste sur la connerie des hommes…s’il faut attendre la disparition des livres pour sombrer dans la débilité humaine, alors ouf on est sauvés, enfin les gens de ma génération. On y est déjà dans le fait de s’entre-tuer et c’est mondial. L’être humain est naturellement crétin et mauvais. C’est l’éducation, l’apprentissage, le niveau de vie, le niveau de sécurité et l’amour familial qui peuvent inverser la tendance. Les livres ne sont qu’un outil qui peut être utile à ce but là.

Je vous épargne le passage suivant sur la télévision, le marketing et la publicité qui est pas mal aussi dans son genre. J’aime bien ce Dicker quand il part dans ce genre de discours. Et j’espère qu’il est conscient que lui-même, comme chacun d’entre-nous participe à cette évolution désastreuse.

Sinon j’ai à nouveau pas mal de livres sympathiques en attente sur mes étagères…j’espère bien enchaîner dessus après avoir fini ma période Dicker !

Dans mon TER…

Je fais maintenant partie de ceux qui prennent le train pour aller au travail et je prends donc le TER tous les jours où je travaille. Cela fait 3 mois enfin presque et au final j’en suis plutôt heureux !

Seulement 2 trains supprimés en tout, donc pas de syndrome Estelle Calim,  sinon des retards, pas plus de 5 minutes et encore c’est souvent à cause de ce fucking train de bouteilles d’eau d’ Evian qu’il faut bien laisser passer au croisement  étant donné que la ligne est à voie unique !

Pas encore de grèves et si ça arrive 2 fois moins de chances d’avoir des perturbations que dans le Sud où j’étais avant . Pourquoi ? Parce que dans le Sud , pour faire marcher le train il faut un chauffeur et un contrôleur. Ici, pas de contrôleurs dans le train . Les contrôles se font de manière aléatoire par brigades de 3 ou 4 personnes qui investissent le wagon et ça rigole pas même s’ils sont très aimables  ! Sans compter la police ferroviaire et municipale que l’on voit parfois mais plutôt pour surveiller les trafics ou personnes louches. On est en zone frontalière alors forcément, ça circule pas mal !

Et donc, tous les jours je vois quasiment les mêmes têtes qui prennent le train à la même heure et qui généralement s’ignorent poliment, hormis les collègues de travail . Et ce qui m’a frappé c’est le calme qu’il y a dans ces trains. Je n’y reste que 15 à 20 minutes mais quand même…pas de conversations à voix haute enfin peu, pas de musique, de conversation au téléphone…c’est pas comme dans le Sud là non plus.

C’est tout un univers le trajet en TER pour aller bosser. Un bon écrivain pourrait en tirer un bon roman.

Et puis c’est pas cher, en s’abonnant , ça coûte en gros 1.90€ par aller retour, dont l’employeur prend la moitié en charge.  Que demande le peuple ? Pourtant il est pas bondé mon TER…mais tant mieux !!

Bref, bilan plutôt positif…jusqu’à hier matin !

Stupeur : que vois-je dans le train? 2 gilets jaunes…et en plus avec des gants, des casques bien costauds…pour pouvoir mettre des coups de boule casqués je suis sûr…et même des vélos pour fuir prestement j’imagine.

Ha, pardon, mais on me dit dans l’oreillette que comme moi ils partaient bosser et comme il fait encore nuit ou sombre le matin…

Mais je reste sur mes gardes ! Manquerait plus que dans le 74 on soit emmerdés par les gilets jaunes…

 

La vérité sur …La vérité…sur L’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

La vérité c’est qu’il m’aura fallu 15 jours seulement pour lire les 850 pages d’Harry Québert alors que je suis en panne de lecture depuis l’été dernier. Ayant vu la série , je me suis rué sur le livre et je me suis alors rendu compte que vraiment la série était hyper fidèle au livre et contenait quasiment tout, donc bravo à Jean-Jacques Annaud, et pour la petite histoire 89 propositions d’adaptation télé ou ciné ont été faites et toutes refusées avant !

La vérité c’est que l’histoire du livre  est hyper bien ficelée, suspens jusqu’au bout et construction habile pour accrocher le lecteur. Polar et histoire d’amour sur fond littéraire, rien de bien nouveau. Style très simple (trop diront les intellos…enfin les détracteurs de Dicker). Ok c’est pas du Chopin écrit ! Mais voilà, 5 millions d’exemplaire vendus et diffusion dans près de 40 pays…alors pour un type quasi inconnu (un seul roman écrit auparavant) c’est quand même bluffant et puis Chopin n’est pas accessible à tout le monde !

Mais ce n’est pas qu’un roman à succès facile car au delà de l’intrigue , La vérité est aussi une réflexion sur l’écriture , sur être écrivain, sur la célébrité qui peut être associée à l’écriture et le passage de la gloire à la déchéance. Tout est histoire de faux semblants et d’usurpation dans cette histoire et Dicker montre qu’il n’est pas dupe et bien conscient du milieu dans lequel il évolue et des impostures possibles. Certaines phrases sont jubilatoires et politiquement incorrect et j’aime bien.

Et puis, la peinture de l’ Amérique , bien que pas tant que critique que ça, est bien réalisée et on voit mal comment  certains adaptateurs potentiels avaient prévu de déplacer l’intrigue en Angleterre ou même pire encore !

Bref j’ai aimé La vérité sur  l’ affaire Harry Québert même si j’aurais préféré un peu moins de retenue et de politiquement correct  un peu niais  sur l’affaire criminelle et l’histoire d’amour entre l’écrivain Harry Québert (34 ANS)  et Nola, 15 ans,  l’adolescente disparue. Mais voilà il est suisse Joël Dicker donc forcément un peu sur la retenue 😀  et puis n’est pas Albert Cohen qui veut  !

Et vous savez quoi ? La douce m’a offert Le livre des Baltimore et je vais l’attaquer sous peu, encore 600 pages , je verrai bien si je suis captivé sachant que là il n’y aura pas eu de série pour me donner envie de lire !

Lectures 2018

On arrive à la fin de l’année et je vais quand même faire un petit bilan de mes lectures, sachant qu’au final j’aurai lu 27 livres dont 18 avant la fin juin. Depuis c’est la panne, mais je finis l’année avec La vérité sur l’ affaire Harry QUEBERT , du fameux Joël DICKER, voisin suisse. Et comme je suis tombé en addiction en regardant la série, je me suis dit qu’il fallait que je lise le livre phénomène !

Cette année, l’auteur phare de mes lectures aura été Claudie Gallay, avec trois romans lus dont son dernier, La beauté des jours, mais aussi Seule Venise, et je dois dire que j’ai vraiment beaucoup aimé à chaque fois. Elle a l’art de rendre le banal voire le sinistre merveilleux !

Egalement l’année des retours vers « mes valeurs sures », avec le nouveau Blondel (La mise à nu), pas mal du tout mais pas dans ses meilleurs, le nouveau Foenkinos, (Vers la beauté), pas mal sans plus, le nouveau Delphine de Vigan (Les Loyautés), plutôt décevant au final quand on est fan et récemment le nouveau Julian Barnes (La seule histoire), fort et beau comme toujours chez cet auteur anglais.

A noter que j’ai cédé à la pression médiatique si je puis dire, en lisant un type de livre que je ne voulais pas lire :celui que l’auteur ne voulait pas écrire…vous aurez peut-être reconnu Erwan Lahrer ! Et j’ai bien fait, un livre touchant et décalé sur les attentats terroristes…entre autres !

2018 a été aussi la découverte de Philippe Besson avec Arrête avec tes mensonges puis Les passants de Lisbonne et c’est un auteur que je vais relire , j’aime beaucoup son style et sa sensibilité même si je pressens qu’il est le genre d’auteur qui écrit toujours le même livre…

Forcément, une bio sur les Brontë, car sinon ça ne serait pas drôle et le témoignage si fort et accrocheur  sur la traque des juifs pendant la seconde guerre mondiale de Françoise Frenkel avec Rien où poser ma tête.

Et enfin, une série premiers romans qui m’a vraiment procuré du plaisir en tant que lecteur et dès que j’aurais retrouvé la lecture, je compte bien continuer des séries premiers romans.  Dans le désordre :

  • La tresse de Laétitia Colombani : Une super idée de déroulement d’histoire, un gros succès pour l’auteur.
  • Les rêveurs d’Isabelle Carré : Toute la sensibilité de l’actrice est là, même si la construction du livre est foireuse
  • Venise n’est pas en Italie de Ivan Calberac : une histoire géniale, fraîche et un peu déjantée avec un vrai fond en plus
  • Les oubliés du Dimanche de Valérie Perrin  : une très belle histoire, très humaine voire humaniste, peut être un peu trop sentimentale parfois mais top, et d’ailleurs je lirai son dernier roman sorti à la rentrée je crois.

En espérant faire mieux l’année prochaine, par contre toujours pas prévu de lire Victor Hugo 😀

La seule histoire…

Certaines personnes, avançant en âge, décident de vivre au bord de la mer. Elles contemplent le flux et le reflux des marées, l’écume sur la plage, plus loin les brisants et au delà, et peut-être, au delà de tout cela, perçoivent-elles les vagues océaniques du temps, et trouvent-elles, dans cette immensité suggérée, quelque consolation pour leur propre petite vie et leur mort prochaine.

Ha mais carrément, et si l’on enlève l’avançant en âge et la mort prochaine, c’est totalement  ça l’océan lorsqu’on est triste, mélancolique ou en proie au chagrin. Les poètes ont souvent raconté la vague qui s’échoue aux pieds de l’homme ou de la femme, et qui emporte leurs larmes en refluant. Enfin, je n’y comprends rien en poésie mais je crois que c’est vrai !

Et pourquoi diable est-ce que je parle de ça ?

Hé bien parce qu’en exactement 30 jours j’ai réussi à lire un roman vraiment bien de Julian Barnes, l’un des plus grands auteurs  anglais actuels et qui s’appelle La seule histoire. Je n’arrive toujours pas à lire mais peut-être bien que ça revient à très petite dose.  En l’occurrence, c’était seulement 260 pages mais très denses !

Julian Barnes, c’est celui qui a écrit La fille qui danse, que je vais relire tantôt car je me souviens d’un très grand livre, très fort, sans vraiment me souvenir de cette histoire. Et là, dans La seule histoire, il est question d’une histoire d’ amour hors normes, c’est à dire entre une femme mariée et un étudiant, qui bien entendu va finir mal. Et le narrateur s’interroge sur l’amour, alors qu’il est devenu vieux…mais pas en regardant la mer en permanence, il est bien vivant ce monsieur.

Ce qui revient souvent dans ce récit, c’est qu’en amour, tout est vrai et tout est faux et qu’un premier amour, le véritable amour, détermine souvent une vie pour le reste de temps qui reste à vivre. Que les autres histoires viennent se confronter à La seule histoire.

Mais  c’est vrai que la mer, à condition qu’elle ait des vagues et des ressacs, des chaos iodés, à cette vertu de calmer, peut être pas les chagrins d’amour, mais au moins elle arrive à apaiser. La montagne, ce n’est pas pareil pour moi, elle peut aussi apaiser et rendre plus zen, mais à condition de la parcourir ou de l’escalader. La simple contemplation ne suffit pas, peut-être parce qu’il manque le bruit de l’océan qui se retire et le fracas de la houle.

Bref, j’ai lu un livre, j’arriverai peut être à une petite trentaine cette année, mais lus surtout entre janvier et mai 2018. Et je vous conseille de découvrir Julian Barnes si vous ne le connaissez pas encore…