La salle de bal de Anna HOPE – 2017

Nous sommes dans le Yorkshire , au début du vingtième siècle, dans l’asile de Sharston. Dans cet établissement sont internés des aliénés, des faibles d’esprits, mais aussi des indigents, des pauvres livrés à eux-mêmes, des personnes ayant eu un incident de parcours dont personne ne veut plus,  sans pathologie psychiatrique.

A Sharston, il y a le pavillon des femmes, avec Ella, qui épuisée par ses conditions de travail dans une filature a défoncé une fenêtre avec sa tête. Les femmes travaillent à l’intérieur des bâtiments. Il y a le pavillon des hommes, avec John, un Irlandais au passé tourmenté. Les hommes travaillent à l’extérieur.

Les soins (et les contraintes de force en cas de rébellion des pensionnaires)  sont dirigés par le Docteur Charles Fuller. Celui-ci anime un orchestre au sein de l’établissement, et tous les vendredis soirs, une partie des hommes et des femmes , triés sur le volet, se retrouvent autour d’un bal, où Ella et John vont se croiser, dans La salle de bal…

Mais le Docteur Fuller, personnage ambitieux et frustré, va s’intéresser à la théorie de l’ eugénisme, en vogue à cette époque en Angleterre, notamment appréciée par Churchill…

Waouh, quel livre, je reconnais encore une fois le brio et le savoir-faire d’un auteur anglais, qui de plus est un  » jeune » auteur  puisque La salle de bal n’est que le second roman d’ Anna Hope, par ailleurs actrice.

C’est pour moi le roman parfait.

Le roman qui est capable de créer et de faire vivre trois personnages principaux d’une densité forte entourés de nombreux seconds rôles, tous parfaitement accordés. Je pense notamment à Clem et à ses livres…

Le Docteur Fuller m’a fait penser à Arien Deume, dans Belle du seigneur. Ella et John sont des personnages très anglais, j’ai pensé à la littérature du dix-neuvième siècle…celle que j’affectionne…

Un roman qui est capable de dérouler une belle histoire, à la fois sentimentale, humaine  et historique , totalement fictionnelle bien qu’ inspirée de faits historiques et d’un ancêtre de l’auteur. Anna Hope écrit avec légèreté et efficacité, elle sait parfaitement camper son décor, faire naître ses personnages, émouvoir le lecteur, puis le captiver à partir d’un suspense haletant sur le dernier tiers du roman. J’avoue avoir lu en diagonale et très vite certaines pages pour avancer et aller au bout.

La grande Histoire est présente aussi, en arrière plan, avec la situation de l’Angleterre avant la première guerre mondiale, la crise industrielle, la pauvreté, la violence et la question de l’ eugénisme dont on n’entend pas trop parler dans les romans et sur laquelle j’ai appris des choses.

La salle de bal est un livre tout en sensibilité, un livre qui fait réfléchir , qui serre le coeur sans toutefois vouloir choquer le lecteur à tout prix.

L’écriture d‘Anna Hope est fluide et belle, poétique parfois, simple, sincère…bref je n’arrive pas à trouver de défaut, peut-être que l’intrigue met un peu de temps à s’installer au tout début du roman.

En plus contrairement à beaucoup d’auteurs actuels , ce n’est pas un texte qui tient sur 20 pages Word et qui coûte quand même 17 € voire plus,  c’est un vrai roman de 450 pages, en trois parties chronologiques.

Et donc, je vais m’empresser d’aller acheter le premier roman d’ Anna Hope qui s’appelle Le chagrin des vivants.

Bientôt Noël…pensez à offrir La salle de bal

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Bakhita de Véronique OLMI – 2017

 

Parfois, la connaissance du monde est une grande fatigue.

Quelle épopée, terrible et sublime que nous raconte Véronique Olmi dans son dernier roman, Bakhita.

Celle d’un jeune fille de sept ans, enlevée par des négriers dans son village du Soudan en 1835, pour être livré à l’esclavage le plus sordide jusqu’à ses 14 ans. A partir de là, achetée par le consul d’Italie au Soudan, elle reste esclave mais ne subira plus de sévices. Elle sera ramenée en Italie où elle sera protégée et instruite par une congrégation de religieuses à Venise. Elle ne quittera plus l’église, deviendra elle-même religieuse , s’occupant d’enfants orphelins et pauvres, jusqu’à sa mort. Devenue célèbre de par sa couleur noir prononcé et sa foi, utilisée par l’ Eglise Catholique à des fins d’évangélisation, elle sera canonisée par Jean-Paul 2, bien après sa mort.

J’ai du mal à rédiger cette chronique, j’ai fini le livre il y a trois semaines . J’aime beaucoup Véronique Olmi et avec Bakhita, elle prouve qu’elle peut changer totalement d’univers, se mettre au service exclusif de cette femme au destin hors du commun et raconter sa vie, la vie, l’humain, l’inhumain, avec sobriété et retenuse,mais avec une force inouïe. Il faut dire que l’auteur de Bord de mer sait écrire avec une force peu commune parmi les auteurs de notre génération.

Du coup, les 200 premières pages sont dures à encaisser, lorsqu’on sait que l’histoire racontée , bien que romancée est l’ HISTOIRE de l’esclavage et notre humanité il n’y a pas si longtemps que ça. D’ailleurs, dans Bakhita, on balaye partiellement 80 ans d’histoire, avec notamment les 2 guerres mondiales du vingtième siècle.

Elle voudrait leur dire comme la vie est rapide, ce n’est qu’une flèche, brûlante et fine, la vie est un seul rassemblement, furieux et miraculeux, on vit on aime et on perd ce qu’on aime, alors on aime à nouveau et c’est toujours la même personne que l’on cherche à travers toutes les autres. Il n’y a qu’un seul amour. Une seule hostie partagée. Un seul pain multiplié. Elle voudrait leur dire, mais avec son mélange et sa timidité, qui la comprendrait ?

La suite est plus  réjouissante, et je dois dire que moi qui suis athée et tout en respectant la foi, farouchement critique voire opposé à toute Eglise, j’ai eu envie de croire , et c’est un tour de force de Véronique Olmi.

C’est un livre essentiel, qui ne fait pas de bruit, comme son auteur, et comme dirait une blogueuse amie qui hélas ne voudra pas lire Bakhita, c’est toujours les personnes qui la ramènent le moins qui sont les plus intéressantes.

Au final, ce roman déchirant est un hommage à cette femme mais aussi à la femme en général et à tout être humain qui possède une grandeur d’âme, et celle de Bakhita est infiniment puissante.

Le fil conducteur de l’histoire est la séparation…la vie de Bakhita est faite de séparations , douloureuses et multiples. Seul Dieu ne se séparera jamais d’elle…

« Elle sait qu’il ne faut s’attacher à personne, qu’à Dieu. C’est ce qu’ils disent mais elle n’y croit pas. Ce qu’elle croit, c’est qu’il faut aimer au-delà de ses forces, et elle ne craint pas les séparations, elle a quitté tant de personnes, elle est remplie d’absences et de solitudes. »

PS: Véronique Olmi a eu le prix Fnac 2017 pour ce roman, lequel est un vrai prix décerné par des lecteurs, libraires et clients de la FNAC. Il est en lisse également pour le Fémina et le Goncourt, mais après étude du dossier, je parie que Véronique Olmi sera dans la dernière sélection mais ne l’aura pas…l’ Académie Goncourt alterne chaque année entre un livre intello et un livre populaire et cette année c’est au tour de l’intello. Pas très important, c’est un succès de librairie depuis sa sortie !

Agatha de Frédérique DEGHELT- 2017

Ceux qui vous quittent vous laissent dans le doute d’être encore fréquentable. C’est peut-être la pire chose qu’ils vous font. Vous laisser croire qu’après eux, plus personne ne vous aimera.

Agatha Christie vient de perdre sa mère, elle est en panne d’écriture et son mari veut divorcer au profit d’une autre femme, plus jeune. Elle a 36 ans et se retrouve en pleine « middle life crise ». Elle va orchestrer une disparition, laissant d’un côté croire qu’elle est peut être morte, mais d’un autre, elle indique sa destination reelle dans une lettre envoyée à son beau-frère : un hôtel dans une station thermale du Yorkshire…

Frédérique Deghelt apporte ici une pierre à l’édifice de ce moment de vie de la célèbre Agatha Christie, souvent raconté , enfin  souvent imaginé, en littérature. Ce travail s’inscrit d’ailleurs dans une collection qui a pour but de réinventer la vie de personnages célèbres en les transformant en personnage de roman (par exemple, David Foenkinos s’était intéressé à John Lennon dans la même série).

Au final, j’ai aimé cette Agatha, j’ai appris des choses multiples sur la vie de la romancière et j’ai retrouvé la sensibilité de Frédérique Deghelt et son habilité à tracer le portrait et les pensées intimes de ses personnages, des femmes le plus souvent.

Toutefois, ce roman n’est vraiment pas son meilleur, peut-être que l’exercice était un peu trop contraignant, toujours est-il qu’il y a beaucoup de répétitions et parfois des longueurs. Certes, Agatha qui ne supporte pas l’idée d’être quittée par son mari qu’elle aime toujours est au bord du gouffre, elle ressasse en boucle cette rupture, mais  du coup le récit perd parfois de son intérêt…

Il reste qu’ Agatha est un récit romanesque intelligent qui apporte une réflexion sensible sur plusieurs questions.

Tout d’abord, l’amour, la passion, la rupture également.

Les seules histoires d’amour viables et véritablement romanesques n’existent que dans la fiction. Prenez Roméo et Juliette au hasard. Vous les imaginez plus vieux, ayant aligné plusieurs dizaines de dîners de famille avec leurs parents respectifs qui se haïssent ? Et nous qui n’aurions jamais fiché au creux du coeur, l’ingéniosité du plan de Juliette et la fatalité du destin qui l’a fait échouer? Sans ce cri du Roméo découvrant sa bien-aimée sans vie, et le désespoir de Juliette mettant fin à ses jours juste après lui, la puissance de l’amour n’existe pas. En amour sans Shakespeare, il ne reste que l’histoire mièvre et sans attrait de la plupart des couples qui jouent à se rencontrer comme s’ils étaient voués l’un à l’autre, alors que leur histoire est promise au gouffre.

 

Ensuite, le temps qui passe et les questions existentielles qui se posent quand on arrive à la moitié de sa vie.

La jeunesse n’est pas une question d’âge. Elle s’en va, je crois, quand on perd ses illusions.

 

Les souvenirs ne devraient servir qu’à bercer nos mélancolies de ce temps où nous trouvions la vie amusante, et seulement ça ! Après…mais après quoi d’ailleurs ? c’est un mystère non éclairci. La vie devient grave, les moments de bonheur se teintent d’une austérité incompréhensible et le côté amusant disparaît. Y a t-il une raison valable pour que notre insouciance se fasse ainsi la malle?

Enfin, la question de l’écriture, des inspirations et des pannes des auteurs, de l’opposition entre vie réelle et vie romancée. Agatha s’invente un personnage lorsqu’elle est dans cet hôtel du Yorkshire, incognito, pour pouvoir s’insérer dans la clientèle de l’hôtel.

Il faut noter que dans la vraie vie, Agatha Christie ne voulut jamais raconter cet épisode très douloureux de sa vie, ni dans ses romans, ni dans son auto-biographie. Elle plaidera toujours l’amnésie, pour expliquer cette disparition…

Ce livre vous tente ? Laissez-vous porter par les mots de Frédérique Deghelt et la vie d‘Agatha...

 

 

Trois lectures d’été.

Aujourd’hui, je fais une rapide chronique commune pour trois livres lus cet été.

  •  Alice Zéniter :  Jusque dans nos bras.

C’est une belle histoire, assez forte et qui fait cogiter : il s’agit de l’histoire de deux amis intimes, de toujours, l’un est de nationalité étrangère et galère pour avoir la nationalité française. L’autre est française . En désespoir de cause, les deux  vont s’engager dans un mariage blanc.

Le fond est vraiment bien, il y a des passages percutants, mais globalement, je n’accroche pas au style de l’auteur. J’ai voulu réessayer après avoir lu Sombres dimanches , mais il me manque quelque chose de vrai, de ressenti. C’est trop intellectualisé pour moi, pas assez brut en quelque sorte. Du coup, je crois que je vais en rester là avec Alice Zéniter même si c’est une auteur  de talent.

  • André Gorz : Lettre à D  (Merci à Somaja de me l’avoir offert).

C’est un très très très court texte où l’auteur, visiblement un grand philosophe, fait le bilan de sa vie en raccrochant son parcours à l’histoire d’amour qu’il a vécu avec sa femme , pendant près de 60 ans. C’est à la fois un vibrant hommage à la femme qui l’a accompagné et inspiré toute sa vie, et aussi un condensé de vie, alors que la fin de la vie n’est plus très loin.

C’est un livre brillant, qui fait beaucoup réfléchir, j’ai aimé cette lecture, même si l’équilibre entre la passion amoureuse et la passion intellectuelle n’est pas toujours facile à trouver dans ces lignes.

  • Maylis de Kerandal : Tangente vers l’ Est.

Enfin j’ai lu ce court récit qui était dans ma PAL depuis longtemps. C’est l’histoire d’un jeune Russe, Aliocha, qui part faire son service militaire en Sibérie. Il est avec des centaines de conscrits dans le Transsibérien. Il veut échapper à l’appel. Il va croiser une Française, Hélène, qui elle échappe à sa vie « russe » avec un  amant qu’elle vient de quitter…

J’ai beaucoup aimé ce livre. l’histoire est simple mais efficace, les paysages russes décrits et la lenteur du Transsibérien sont magnifiés par l’auteur. Les personnages inventés par Maylis de Kerandal sont tellement vivants et humains qu’on a l’impression de les voir à côté de nous.

La plume est belle est sensible et dans le dernier tiers du livre, Maylis de Kerandal arrive à faire monter un suspens et une tension psychologique dignes des meilleurs spécialistes du genre.

En résumé, j’attendais ce passage de lecture avant de me décider à lire Réparer les vivants, car les blogs m’ont saoulés à force d’en parler et reparler , les médias aussi, je n’aime pas quand tout est blanc et uniforme sur un livre. Mais ça y est, je le mets sur ma wish list et je le lirai car Tangente vers l’ Est m’ a convaincu  !

 

Le garçon de Marcus MALTE – 2016

Mais déjà un autre été s’installe et sans doutes tiendra t-il ses promesses. Car l’univers n’a cure de nos maux. Ni nos peines ni nos tourments n’arrêteront le temps. Et si la nature se recueille, plus florissante encore, sur les tombes de nos morts, c’est qu’il n’est pas de plus fertile terreau que celui des larmes versées et des chairs pourrissantes.

Le garçon, c’ est l’histoire…d’un garçon, du garçon, c’est ainsi qu’il sera nommé par le narrateur . Il ne parle pas, n’a pas de nom, on ne sait rien de ses origines si ce n’est que l’action débute en 1908 et que cette année là, le garçon, alors adolescent  perds sa mère, enfin la femme qui semble être sa mère. Il est donc seul, orphelin,  livré à lui même, à la nature sauvage, et il doit assurer sa survie.  Nous allons suivre les traces et la vie du garçon sur les routes de France puis d’ailleurs, jusqu’à sa mort en 1938. C’est l’histoire d’une vie, avec ses années noires et rudes, faites de souffrances et solitudes,  mais aussi avec quelques années de miel et de bonheur , celles passées avec Emma…

Marcus Malte est connu pour ses polars et je ne lis pas de polars, je me consacre au romanesque . C’était l’occasion parfaite pour découvrir ce talent et sur l’insistance persistante  d’ Asphodèle , qui a fini par m’offrir le livre, j’ai découvert un livre prodigieux et un écrivain qui vole haut, mais vraiment haut…quel récit mes ami(e)s, 535 pages donc 515 vraiment fortes. Je commence donc par le bémol, les 20 dernières pages. A un moment donné, le narrateur, enfin l’auteur dit  » Voilà, l’essentiel est dit ». Mais il n’a pas la sagesse de s’arrêter là et il ajoute un périple inutile et peu crédible pour arriver à la mort du garçon. Quand l’essentiel est dit, ben pourquoi en dire plus alors ? Hein Marcus ?

Ceci étant, Le Garçon est une prouesse littéraire ! Déjà, il y a une histoire, qui repose totalement  sur ce  fameux garçon et quelques personnages extrêmement bien définis et humainement crédibles.  Il y a un message , je ne sais pas s’il faut le qualifier de philosophique, de politique, de subversif bien souvent. Une charge contre l’ordre établi, la classe dirigeante et militaire en particulier. Marcus Malte envoie son personnage faire la Grande Guerre et il n’est pas tendre avec les dirigeants et gradés, responsables d’une telle boucherie. Certains passages sont durs mais jamais trop.

La magie de la guerre. Qui tout transforme, hommes et relief. Mets un casque sur le crâne d’un boulanger et ça devient un soldat.Mets un aigle sur son casque et ça devient un ennemi. Sème, plante des graines d’acier dans un champ de betteraves et ça devient un charnier. Le grand cirque, la caravane. La parade monstre.

Et puis, le garçon va connaître l’amour, auprès d’une jeune femme professeur de piano, qu’il rencontre par hasard lors d’un accident de roulotte : Emma. Elle va le soigner, le découvrir, l’approcher, l’initier aux arts, à la musique , à la lecture, sans jamais essayer de charger ce qu’il est, c’est à dire un inconnu qui ne parle pas et n’écrit pas. Elle le prénomme Félix. Jusqu’à ce que l’amour et le sexe s’emparent du couple improbable : Félix devient  alors pour Emma, »mon amour » !  Marcus Malte a pris un plaisir jouissif à insérer des passages érotiques assez torrides, crus, mais si bien troussés qu’ils réussissent à choquer le bourgeois (comme disait Molière) et le bien pensant sans jamais  trop déraper. Il en rajoute parfois des tonnes en énumérant tous les synonymes possibles au vagin et au phallus, mais il doit avoir un côté sale gamin un peu libertaire qui me plaît.

Quand les jeux sont finis ils écartent les branches du saule et se glissent à quatre pattes dans l’ombre. Ils s’étendent l’un à côté de l’autre. C’est une hutte . C’est un cloître. Ce sont les antipodes : le temps et le ciel se sont renversés et pour eux, pour eux deux seulement, dans cette partie du monde une nuit est tombée, piquée de mille étoiles, de gemmes, d’étincelles – une Voie Lactée en plein soleil. Emma soupire, elle est bien.

Ils sont nus sous le saule. Debout. Elle penchée, buste en avant, croupe tendue, offrant la plus belle vue qui soit sur ses hémisphères, et lui derrière, arrimé aux hanches, ces courbes sublimes, apanage de la femme, baie des anges, ces plages, ces anses où l’on s’ancre, pirate comme flibustier, corsaire, contrebandier, pêcheur de perles ou voleur d’amphores, pour accoster et trouver refuge à l’intérieur des terres. Le garçon s’y est profondément enfoncé.

Le style est vraiment particulier, on peut parfois penser un peu à Albert Cohen mais en plus maîtrisé et plus accessible. Il y a des envolées, de la profondeur, de l’érudition, parfois un peu trop de mots compliqués mais ce n’est pas pour s’écouter parler, enfin je trouve,  alors ça passe très bien.

Enfin, et c’est assez rare chez moi pour le souligner, les passages historiques sont hyper intéressants et instructifs pour le lecteur qui n’y connaît pas grand chose ou fuit devant le fait historique.

Au final, c’est un vrai coup de coeur : Le Garçon est un récit brillant dont les fondations sont l’humanisme, la tolérance et quelque part le non conformisme. Avec un univers noir comme je les apprécie.

Les habitudes sont tenaces mais on n’est pas obligé de vivre, on peut se contenter d’être en vie.

Je relirai Marcus Malte, il doit bien avoir écrit d’autres romans qui ne sont ni des polars ni des livres jeunesse . Et je vous conseille d’attaquer ce respectable pavé si ce n’est pas déjà fait !

 

Et si on regardait les best sellers littéraires de cet été ?

Allez, une fois de temps en temps, j’aime bien regarder le classement des meilleures ventes de roman, publié par Editstat, de manière hebdomadaire. Voici les estimations des 10 meilleures ventes au 16 juillet 2017.

Pour les romans en grand format?

  1. Fred Vargas : Quand sort la recluse . Heu non sans façons merci et pourtant je sais tout le bien que l’on dit de cette auteur.
  2. Laétitia Colombani : La tresse  : le livre dont tout le monde parle, je le lirai mais je vais attendre la sortie en poche, car je suis toujours les conseils de Philisine… (presque).
  3. Audrey Carlan : Calendar girl (juillet) : je vois cette série dans les librairies mais je ne comprends pas le concept. A vrai dire, je n’ai pas cherché !
  4. Guillaume Musso : Un appartement à Paris : je ne lis plus cet auteur, ni même ce genre de livres, je suis vieux maintenant quoi !
  5. Audrey Carlan : Calendar girl (Août) : Ok, mais c’est quoi ?
  6. Paula Hawkins : Au fond de l’eau : ha oui, celui-là je le lirai en poche également, j’avais adoré La fille du train !
  7. Raphaelle Giordano : Le jour où les lions mangeront de la salade verte : non, ce titre est  trop nase…
  8. Anna Gavalda : Fendre l’armure. Bah oui, sûrement que je le lirai, j’aime beaucoup cette auteur mais franchement, marre des nouvelles, faudrait voir de nous refaire un gros roman là, Anna…faut bosser un peu !
  9. Virginie Despentes : Vernon Subutex 3 : heu non, sans façons, mais alors sans aucune façon…et pourtant je sais tout le bien… etc !
  10. Marc Levy : La dernière des Stanfield  : pas pour le moment, mais peut-être un jour je relirai Levy…ou pas !

Et les livres de poche ?

  1. Raphaelle Giordano : Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en a qu’une . Vraiment, trop long ce titre…elle a l’air d’aimer les longs titres Raphaelle !
  2. Simone Veil : Une vie : déjà lu !
  3. Guillaume Musso : La fille de Brooklyn : non toujours pas!
  4. Michel Bussi : Le temps est assassin . Tiens ça me rappelle une chanson ( ta ta tan ) . Jamais lu, faudrait que j’essaye cet auteur qui cartonne depuis des années.
  5. Virginie Despentes: Vernon Subutex 2 : ben non alors ! Et pareil pour le 1, que ce soit clair !
  6. Paula Hawskin : La fille du train : déjà lu
  7. Eléna Ferrante : L’amie Prodigieuse : déjà lu
  8. Aurélie Valognes : En voiture Simone : Hein ? Mais c’est qui ?
  9.  Aurélie Valognes : Même dans les orties : hein mais alors elle est connue?
  10.  Eléna Ferrante : L’amie prodigieuse 2 : déjà lu, et j’attends la sortie du 4 comme le messie, enfin plus même, parce que mis à part Katy Perry, je ne crois en aucun messie ! j’espère que ce sera bien octobre comme on peut le lire parfois pour la fin de la saga napolitaine !

Voilà, voilà…à suivre …ou pas !

Tag féministe

J’ai vu ce questionnaire sur le blog de Valentyne, notre jument verte, et j’ai eu envie de le reprendre à mon compte. Il s’agit d’une sorte de tag « féministe »  et en faisant ce petit jeu,  j’ai une pensée pour Simone Veil, qui aura réellement fait avancer la cause des femmes, et pas que pour l’ IVG d’ailleurs.   Comme Valentyne, je ne tague personne mais si ça vous donne envie…

  • Votre auteure préférée ?

 Daphné du Maurier pour les classiques et Dephine de Vigan pour les actuelles.

  • Votre héroïne préférée ?

Jane Eyre ou Ariane d’Auble dans Belle du Seigneur.

  • Un roman qui propose un message féministe ?

Il y en a plein, disons la saga d’ Eléna Ferrante dont j’attends la sortie du tome 4 en octobre presque comme j’attends les vacances. Dans le tome 1, les héroïnes sont filles, mais à partir du tome 2 et surtout dans le tome 3, l’auteur analyse la place de la femme à Naples et plus généralement dans la société, sur 2 ou 3 générations. Passionnant en plus de l’histoire d’amitié et des rebondissements liés aux 2 familles de Léna et Lila.

  • Un roman avec une fille/femme sur la couverture ?

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan. L’image est marquante et une fois qu’on a lu le livre on se dit que oui, c’est bien elle le personnage !

 

  • Un roman qui met en scène un groupe de filles/femmes ?

 Le premier tome de Anne Icart, Ce que je peux te dire d’elles que j’avais beaucoup aimé. Le parcours de soeurs, mais aussi de mères et de tantes dans une famille forte et déchirée , dans le milieu de la couture…un coup de coeur. Hélas, je n’ai pas adhéré sur la suite, le tome 2, et n’ai pas lu le tome 3.

  • Un roman qui met en scène un personnage féminin LGBT ?

Je n’en connais pas car LGBT est un mouvement récent, mais disons Virginia et Vita de Christine Orban ou Manderley for ever de Tatiana de Rosnay. Les deux mettent en scène Virginia Woolf et Daphné du Maurier , qui chacune, étaient bisexuelles pour faire simple.

  • Un roman qui propose plusieurs points de vue féminins

Ceux qui restent de Marie Laberge.  Géniale histoire de recomposition après un suicide. Même si les 2  personnages principaux sont un homme et une femme, il y a les points de vue de 3 femmes :  l’ épouse,  la maîtresse et  la mère du suicidé.

  • Un livre dans lequel une fille sauve le monde ?

Alors là, je ne lis pas vraiment ce genre de livre là. Mais c’est de toute manière les femmes qui sauveront le monde non ? mesdames…

  • Un personnage secondaire féminin que vous préférez au héros de son roman ?

Anna Karénine du père Léon !  Oui, je sais , vous allez penser que je n’ai pas vu personnage « secondaire » mais pourtant c’est bien le cas, le personnage principal est le paysan Lévin en fait…si si vérifiez si vous ne me croyez pas !

  • Un livre écrit par un homme qui met en scène un protagoniste féminin ?

Martin Winckler, le choeur des femmes . Coup de coeur aussi pour ce roman autour d’une jeune femme interne qui se prépare à faire médecin dans le domaine de la chirurgie des organes sexuels. Très très fort, je n’ai pas relu depuis cet auteur, mais je le ferai !

Persuasion de Jane Austen -1818

Anne Elliot est une jeune aristocrate de la région de Bath. Elle s’éprend du capitaine Wentworth mais cette union est désapprouvée par son amie Lady Russel, les deux tourtereaux n’étant pas d’un milieu comparable. Anne écarte un autre prétendant qu’on lui destinait. Quelques années plus tard, le capitaine est de retour après des périodes de guerre et il recroise le chemin d’ Anne…

Nous sommes aujourd’hui le 18 juillet 2017 et cela fait exactement 200 ans que Jane Austen est morte. A l’occasion de ce bicentenaire, j’ai eu envie de relire la dame anglaise et j’ai choisi Persuasion, sorti à titre posthume un an après sa mort. Il ne me restait que ce roman et Northanger Abbey à lire. Archipoche a ressorti tous les romans de Jane en version collector, très sympa , avec des dessins illustrant certaines scènes.

Persuasion est du Jane Austen pur jus, avec tout ce qu’on aime et aussi tout ce qui m’énerve chez elle. On retrouve le fil conducteur habituel à savoir, les difficultés pour se marier lorsqu’on est une jeune fille de bonne famille : il est stupide de se marier avec un homme pauvre mais se marier avec un homme que l’on n’ aime pas uniquement pour la position sociale est moralement répréhensible. Et Jane Austen nous interroge à nouveau sur la position de la femme dans cette société bourgeoise anglaise du dix-huitième siècle , tout en nous dépeignant les moeurs, us et coutumes de ses contemporains,  campagnards et aisés .

Bref rien de nouveau , on retrouve un joli portait de jeune femme (pas le meilleur ceci dit), pléthore de personnages au point que j’ai été vraiment paumé dans le tas pendant les cinquante premières pages, et une difficulté à s’intéresser à des non évènements et à des descriptions sans saveur. Et puis, on ne sait pas pourquoi, mais comme dans tous les romans de Jane Austen, il arrive un moment où le lecteur est happé par l’histoire et les personnages et a envie d’aller découvrir le happy end final. Par contre, Jane était trop folle sur la fin de sa vie, il n’y a pas de bal dans ce livre, juste une évocation…

En résumé, Persuasion est parfait  pour les fans de Jane Austen et de son univers, mais si vous ne la connaissez pas, il vaut mieux choisir Emma ou Orgueil et préjugés.

A l’occasion du bicentenaire de sa mort, le recueil illustré grand format de ses 6 six romans est ressorti pour seulement 35€ !

Et puis, je me suis acheté une sorte de biographie géniale et originale, dans la collection Biographics, chez Armand Collin (12€) , qui permet de savoir des tas de choses passionnantes sur Jane Austen, son oeuvre, son cadre de vie, l’époque où elle vivait etc. Le tout, fait à partir de visuels colorés et drôles. Parfait pour découvrir l’auteur devenue culte bien après sa mort.

J’y ai appris, par exemple :

  • Où se trouvaient tous les lieux réels et imaginaires de toutes ses intrigues
  • Que durant toute sa vie, elle a touché seulement 890 livres sterling en droits d’auteur (je ne sais pas ce que ça représentait en 1817, date de sa mort)
  • Qu’elle a accepté une demande en mariage, seulement pour 24h et a changé d’avis le lendemain matin
  • Qu’elle a eu vingt-cinq neveux
  • Qu’elle était toujours fagotée comme un sac et ne se séparait jamais de sa charlotte , au grand dam de ses soeurs et frères
  • Qu’elle était parfois teigneuse envers ses contemporains
  • Qu’il existe des coeurs façon confettis pour les mariages, avec imprimés dessus des extraits de ses livres
  • Que le plus épais livre des Soeurs Brontë (Shirley) comportait beaucoup plus de mots que le plus épais de Jane Austen (Raisons et sentiments)…

Alors, si vous êtes fans, relisez donc Jane Austen !

Un été à quatre mains de Gaëlle JOSSE – 2017

Ce court texte de Gaëlle Josse , aborde quelques mois de la vie de Franz Schubert, le célèbre musicien viennois. Nous sommes en 1824, à la fin du printemps. Le compositeur se rend en Hongrie, dans une famille aristocratique où il sera le professeur de musique des  deux comtesses de la maison, enfin du château, Anne 21 ans et Caroline 19 ans. Six ans auparavant, Schubert avait déjà enseigné auprès des deux filles de la baronne et du comte d’ Esterhazy.  Entre temps, Schubert est devenu célèbre dans le milieu des compositeurs classiques, mais il est resté pauvre, bohème, sans logement fixe, n’obtenant pas la reconnaissance critique et publique. Entre temps également, Caroline est devenue une belle jeune fille et Schubert tombe amoureux…

Si dans la réalité Schubert est bien allé en Hongrie pendant cinq mois en 1924, s’il est bien tombé éperdument amoureux de Caroline , au point de lui dédier , quelques temps avant sa mort, peut-être sa plus belle création musicale, on ne sait pas si l’amour fut réciproque. On sait qu’il rentra à Vienne et ne revit jamais Caroline et Gaëlle Josse imagine dans Un été à quatre mains, une réciprocité amoureuse contrariée par la cuisante différence de classe et de statut, entre une riche fille de l’aristocratie et un artiste sans le sou.

Chaque histoire de vie, chaque destin possède ses trous noirs, ses terres d’obscurité et de silence, ses creux et ses replis. On devine parfois qu’ils « bourdonnent d’essentiel » comme l’écrivait René Char. On devine qu’en leur secret, derrière le rideau, se sont joués des moments décisifs, dont les harmoniques continuent à irradier la vie, longtemps après

Et c’est bien là tout l’intérêt et la force du récit. Cette ébauche de passion est racontée de manière aérienne et subtile par l’auteur d’Un été à quatre mains, dans une partition amoureuse réussie et belle.

On apprends aussi beaucoup de choses sur Schubert, sur la société viennoise de l’époque et l’on sent tout l’amour de Gaëlle Josse pour la musique classique, pour le musicien en particulier  et pour  la ville de Vienne, qu’on a tout de suite envie d’aller visiter après avoir refermé le livre.

La force de ce livre très court, est d’exploiter un évènement biographique réel de la vie de l’artiste, pour brosser un portrait intimiste et sensible de l’homme, au delà du musicien de génie. Et pour tisser les liens d’une histoire d’amour remarquable : le passage où le musicien compose des pièces à quatre mains qui lors du jeu sur le piano obligent les mains de Caroline de croiser et frôler les siennes est très beau.

Pour l’heure, Franz attend Caroline, Cardine comme l’appellent ses proches pour sa leçon du jour. Il improvise fébrile. Chaque jour un peu plus fébrile. Un peu plus impatient. Elle arrive. Enfin. S’installe sur le tabouret recouvert de velours broché, ajuste sa distance par rapport au clavier. Docile, attend que son professeur lui demande de jouer. Attend ce qu’il va en dire. Ses yeux immenses qui lui font face, qui semble dévorer tout son visage, et ce sourire grave, retenu et tendre à la fois. Elle se tourne vers lui avec lenteur.A chaque fois, il ne peut s’empêcher de remarquer cet écart entre cette lenteur qui l’habite et cette surprenante agilité au piano. Franz aime l’entendre jouer. Elle comprend sa musique. La musique des paradis perdus. Il n’a rien d’autre à dire. C’est pour elle qu’il écrit désormais. Lorsqu’il compose un quatre-mains, c’est pour elle qu’il écrit tel trait, qu’il invente tel croisement de main, sans nécessité le plus souvent, mais qui permettent à leurs mains et leur bras de se frôler, de danser ensemble. Qu’espérer d’autre ?

En bémols, je dirais que malgré la brièveté du propos, j’ai remarqué des répétitions qui m’ont un peu titillées et quelques retours un peu trop fréquents sur la ville de  Vienne et la vie populaire menée par Franz dans la cité à mon goût (même si j’adore l’ Apfelstudel par ailleurs)…

En résumé, j’ai dévoré cette histoire, qui est parmi mes préférées dans tout ce qu’à publié Gaëlle Josse.  Quand on sait que  la musique classique me fait  autant d’effet qu’une chanson de Mireille Mathieu, j’irai presque écouter du Schubert tellement j’aurais envie de retrouver son amour pour Caroline dans sa musique…

 

 

 

 

The Brontë connections…

La fratrie Brontë, est représentée sur ce  tableau réalisé par un ami de  Branwell.  La beauté  physique est plus favorable  ici que dans la réalité.  Branwell, réalisa lui-même un tableau comparable, plus ressemblant, mais décida d’effacer son visage du tableau. Aujourd’hui, l’original du tableau de Branwell , que l’on peut voir à la National Portrait Galery à Londres, ne montre donc  que Anne (ici à gauche), Charlotte ( ici au milieu)  et Emily ( ici à droite)

Voici quelques souvenirs en images, de mon passage à Haworth, dans le Yorkshire,  que je suis heureux de partager avec vous. Vous pouvez agrandir les images et en cliquant ou passant la souris sur l’image, vous aurez la légende.

Les tombes de la famille Brontë.

les 3 premières photos environnent l’endroit où reposent les Brontë, à Haworth. Les 3 dernières montrent la sépulture de Anne Brontë, qui est morte à Scarborough, au bord de la mer du Nord. Elle aimait cet endroit et dans ses derniers jours , sa soeur Charlotte et son amie Ellen l’ont conduite là-bas. Elles logèrent au Grand Hôtel de Scarborough, qui est toujours là, majestieux.

Haworth

On pourrait appeler le village Brontë town ! Les bâtiments, des rues, les commerces, tout est centré sur la famille Brontë. Les anglais sont forts, ils arrivent à faire un vrai business autour de la famille, sans toutefois dénaturer les lieux, ni affaiblir leur rôle dans la littérature anglaise du XIX ième  ni même  leur mythe. Ils sont très respectueux de cette famille et des endroits où elles ont laissé des traces, mais ça ne les empêche pas d’exploiter cette manne commerciale. Le village est beau, enfin Main Street qui aboutit à l’église et au Presbytère où la famille vécut. Bien entendu, il est aujourd’hui entouré d’autres bâtiments et donne un peu moins sur les landes qu’ auparavant.

Le Presbytère

Il a été racheté par la Brontë Society , l’une des plus ancienne et active société littéraire au monde. Elle oeuvre à la conservation des objets et reliques originales  de la famille (certaines sont exposées, d’autres gardées hors de la vue, et le musée continue d’acheter certaines pièces dans le monde)  à l’aménagement des pièces de la maison au plus proche de leur réalité quand elle était habitée par la famille et à rendre vivante et concrète la visite, même pour les simples curieux…j’ai été impressionné par l’organisation du musée et bien entendu ému et ravi de pénétrer dans ce sanctuaire.

A la poursuite des Soeurs Brontë…

Et puis, s’imprégner des Brontë , c’est marcher dans les landes , sur les chemins qu’elles empruntaient, c’est voir des maisons qui les ont inspirées, où elles sont passées.

Il y a de fortes probabilités pour que vous entendiez encore parler des Brontë ici…à plus tard donc !!