souvenirs souvenirs

Il fut un temps où Asphodèle animait son atelier des plumes  (atelier d’écriture, rien de graveleux, vous la connaissez…) et il fut ton temps où j’écrivais des petits textes régulièrement…

Souvenirs souvenirs…première diffusion sur Over Blog le 01 mars 2014…il y a 4 ans !

Avertissement au lecteur : Si vous êtes au bord du gouffre, ne lisez pas ce texte. L’auteur décline toute responsabilité et comme c’est dimanche, ne comptez pas sur moi pour appeler les urgences.

Je me suis inspiré de plusieurs chansons dont je cite des morceaux de paroles à travers mes mots à moi

Petite soeur

Pauvre petite sœur démente ! Tu  voudrais partir à l’aventure ?

Où est-il  ce là-bas, ce continent sans rivage, cet océan sans naufrage ? Tu cherches un ailleurs, un lointain chimérique, mais tu oublies qu’il n’y a pas d’ailleurs…tu sais que ta vie, c’est ici !

La  longue distance est un vol :  elle ne fait aucune différence. On  n’abandonne jamais l’asphalte.  Le goudron ne devient jamais  soierie. Même lors du   dernier voyage, le couffin dans le cercueil  sera « made in China ».

Abandonne petite sœur ! On ne recommence pas, on continue seulement. Tu peux toujours  chercher  le dépaysement, rêver d’une  nostalgie heureuse, d’une existence amnésique.

Au mieux, les jours de soleil, l’améthyste aura la couleur  de tes bleus à l’âme.

Accepte ta mélancolie, porte-la comme un fardeau de plumes.

On pète aussi les plombs en partant   à la découverte de l’inconnu. Ta routine est salvatrice, C’est  un puissant antidote   qui soulage ton corps en anesthésiant les neurones qu’il te reste.

Le seul horizon de l’homme  est le rétroviseur de ses blessures et de ses failles. Or tu fais partie des hommes petite soeur. Sache que les miroirs, contrairement à nous, finissent toujours par réfléchir. Inutile de mettre un coup de poing à ton reflet, il ne mérite pas sept ans de malheurs.

Le paradis blanc n’existe  que dans la chanson : le  poète a trop  donné, ses pianos  ont fini par être usés jusqu’à leurs cordes. Les ours polaires crèvent dans l’insouciance générale.

La banquise a fait banqueroute, occise  par les autoroutes.

Vis ton ennui petite soeur , cette  uniformité que tu sais invincible. Tu es seule, comme les autres…

 

Vous trouvez ça triste ? Morbide? Ok j’entends…

Voici un autre pour la route…d’un autre genre disons…

Nasitude.

Devoirs de vacances : vous définirez les contours de l’immortalité selon Aristote et l’enseignement scolastique.

Aristote ??? Harry  s’ tâte !!!

Pour la seconde fois, à 23 ans, Harry a loupé son bac. Pour se consoler, il mate à longueur de journée les jeunes nones fraîchement recrutées lors des offices à la cathédrale. Il espère qu’elles vont un jour se transformer en vampires. Harry se dit avec lassitude et sans trop de  passion qu’il se laisserait volontiers sucer.

Ne soyez pas choqué(e)s, les créatures à cornettes sont des anges et les anges n’ont pas de sexe…mais cela Harry feint de  l’ignorer. Et puis donner son sang ne lui fait pas peur…c’est dans l’oubli de la douleur que l’on peut accéder au repos éternel de l’âme.

Oui mais voilà, la concupiscence est un péché et le péché d’Harry l’a empêché de choper le repech et d’empocher son fichu bac. Je vous le rappelle au cas où la mémoire de votre cerveau vous causerait des trous de lucarne…

Harry tourne en rond, comme tous ceux qui ne rentrent dans aucun cercle.

Moralité : n’est pas Tarzan qui veut,  à trop se tripoter la liane, on finit par se retrouver dans la jungle.

 

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Ecrire un peu…

J’ai lu ce texte ce Cécile Coulon, publié sur son mur FaceBook. Elle en publie beaucoup, j’en lis quelques-uns seulement et parfois je tombe sur une pépite…comme celui ci , que je reproduis ici avec son autorisation

Pour ceux qui apprécient l’auteur ou voudraient la découvrir, vous retrouverez Cécile Coulon en librairie le 18 mars 2018 avec  » Eloge du running », dans le genre essai.

Je veux écrire un peu, pas longtemps. Ma tête est fatiguée.
Je veux écrire un peu pour dire qu’il n’y a pas de chagrin injuste.
Parfois la terre tremble à l’autre bout du monde, mais souvent
c’est à l’autre bout de soi-même que quelque chose a bougé.
Ce peut être une coquille qui craque avec son souvenir à l’intérieur,
ce peut être un sexe dans une main timide et peu sûre d’elle,
ce peut être le corps qui remorque ses mille années de mensonges
et de contournements.
Je veux écrire un peu, pas longtemps. Mes yeux sont fatigués.
Je veux écrire un peu, pour dire qu’il faut conserver ses ombres
et rester en contact avec l’image de ceux qui les incarnaient, autrefois.
Il y eut des moments où seuls les incendies furent supportables ;
ceux qui vivent dans les flammes n’ont plus peur, quand elles s’éteignent,
d’être brûlés. Ils serrent des gens qu’ils aiment sans leur faire mal
et ne parlent jamais de cet amour qui ne signifie rien pour ceux
qui ne l’ont pas connu.
Je veux écrire un peu, pas longtemps. Ma langue est fatiguée.
Je veux écrire un peu pour dire que c’est un miracle de trouver
dans la brume quotidienne cet éclat rare et délicat des roseaux penchés,
dont la couleur change selon l’heure de la journée et la colère du ciel.
Que puis-je t’écrire que tu ne saches déjà ? Est-ce qu’il reste
une part de mystère et d’inconnu dans chaque pas que nous faisons ?
Il m’arrive parfois d’imaginer la forme que prendrait ma peur, un beau matin,
si elle sortait par magie ou par nécessité, de ma mémoire. J’imagine
que je m’éveillerais tôt : là, sur la table, il y aurait quelques fleurs nouées
entre elle par une corde brune, et ces fleurs seraient trempées. Ma peur
ressemblerait à cela : un trousseau de fleurs ravagées par la pluie
que la chaleur aurait du mal à sécher.
Je veux écrire un peu, pas longtemps. Je suis plus fatiguée qu’hier,
et moins que demain. Je ne peux rien faire sinon laisser les choses
continuer. Et tenter de les dire.

Copyright : Cécile Coulon

Musique

Première diffusion sur Overblog en 2013.

Jouer de la musique est un acte érotisant.

Lu dans Biba : «  jouer de la guitare peut être un acte érotique étant donné qu’on la tient dans ses bras ». Et moi la question que je me pose   alors immédiatement , c’est comment qualifier la pratique du violon et du violoncelle ?

Prendre une pose sexy sur un piano   est bon pour la santé… des hommes… pas besoin que ça soit écrit dans Biba !

D’ailleurs, la pratique du piano est très sexy en soi : il faut avoir les mains ba(l)ladeuses  pour susciter des accords, fussent-ils mineurs. Le piano est un art majeur, comme le lac, mais le pianotage peut être interdit aux mineurs !

Pensez à toutes les notes d’un clavier: elles n’attendent qu’une seule chose : se faire toucher, bousculer, titiller, enfoncer.

Le pianiste jouit d’un grand pouvoir  sur son instrument de prédilection: il peut en  faire sortir tous les sons . En plus certains  jouent à quatre mains…ça décuple les harmonies !

Revenons aux instruments à cordes.

Les cordes de la guitare sont  téméraires, elles aiment se faire gratter voire même pincer, griffer.

Celles de la harpe  ne valent pas mieux ,  elles se laissent volontiers  triturer par les mains sexy d’une  harpiste.

Je ne dirais rien des boutons de l’accordéon…là on tombe dans le masochisme pur, il y en a qui aiment mais pas moi.

Quant au trombone, il donne vraiement envie de s’immiscer en coulisse.

Et le joueur de cornemuse ou de biniou : il lui faut  quand même une santé de fer pour maintenir une triple érection voire quadruple quand il est en pleine forme…

Qui n’a pas rêvé un jour d’être l’harmonica accolé aux lèvres  roses et pulpeuses  d’une princesse légère et  court vêtue (oui car on joue mieux en tenue légère, c’est prouvé…)

Il y a plusieurs écoles pour préparer la mise en bouche de l’instrument.

 

Mais moi, ce que je voudrais vraiment,   c’est être  une guimbarde

En effet lisez  le manuel d’utilisation de l’instrument que j’ai récupéré sur le net :

1)Prenez la guimbarde par le cadre, en vous assurant que vos doigts ne touchent que le cadre et non la languette (il ne faut pas obstruer son mouvement). L’extrémité de la languette pointe vers l’avant et non vers vous.

2)Placez vos dents supérieures et inférieures sur les bras de la guimbarde (mâchoire légèrement ouverte).

3)Vos lèvres supérieures et inférieures devraient être posées sur les bras de la guimbarde.

4)Avec l’index ou le pouce, poussez la surcharge soit vers l’avant ou vers l’arrière. La languette passe donc entre vos dents supérieures et inférieures. Assurez-vous que les bras ne quittent jamais vos dents, la vibration en dépend.

5)Pour modifier le son produit, prononcer silencieusement les voyelles (A-E-I-O-U) pendant que la languette est en mouvement. C’est entre autres la forme et la grandeur de la cavité buccale qui influencent le son produit.

6 )Il vous reste alors à combiner le tout avec le rythme.

Heu si ça se trouve, elle joue  de la guimbarde Katy Perry ? Faut que j’aille voir…

Moi avoir l’esprit mal placé ? Moi obsédé sexuel parce que moi être un homme ? Jouer de la musique est totalement érotisant…c’est écrit dans Biba, je n’invente rien, je rebondis sur l’un de leur sujet, rien de plus… mesdames et mesdemoiselles, envoyez vos plaintes (langoureuses s’il vous plaît) à la direction du journal…je n’y suis pour rien !

Un jour, ou peut-être une nuit…

Première diffusion sur OverBlog le 7 juin 2014, pour les plumes d’ Asphodèle.

Un jour…

Un jour le temps devenu alchimiste, transformera la grenadine diaphane de mes artères en  caillots figés. Finis les crépuscules enchanteurs à attendre le clair de lune, une main posée sur tes fesses graciles. Plus de dents pour mordiller ta vertu, fut-ce avec circonspection, plus de bouche  pour te susurrer des mots doux, fut-ce avec grâce, plus de langue pour s’immiscer dans tes chairs roses, fut-ce avec ce que les bien-pensants appellent  un peu de vice.

Un jour, le miroir ne réfléchira plus mon image…et sans réflexion, enfin je n’aurai plus de doutes.

Un jour ton odeur gravée dans ma respiration s’évaporera avec mon propre feu-follet.

La vieillesse, une richesse ? Philosophie de kermesse !

L’âge, une sagesse ? Hypocrisie sans noblesse!

La sérénité,une prouesse ? Refus poltron d’accepter la tristesse !

Paix de l’âme ? Excuse bidon pour oublier qu’on n’a pas su assez jouir de la vie.

Un jour je serai mort. Même pas brûlé sur un bûcher de vanité. Juste mort. Insignifiant. Poussière de cendre évanouie d’évanescence. Un jour je serai pétrifié de putréfaction, anéanti par le néant.

Un jour, ou peut-être une nuit…

Les cinq sens dessus dessous…

Lors d’un éclair aveuglant  de lucidité , j’ai eu cette vision de l’autre côté du miroir. J’ai senti soudainement que j’allais toucher le fond, sereinement. Aucun oracle  requis pour  annoncer la débâcle. Les ours polaires le savent bien, pas besoin de  leur flair pour sentir le craquement des glaces. Quand le solide se liquéfie, les océans  dégivrés deviennent alors les plus  glaçants.

Tiens, parlons-en de la dérive des continents, elle est comparable à celle des sentiments : boire la tasse ou être inondé  c’est comme tomber ou basculer,  du pareil au blême ,  la seule chose qui compte c’est la hauteur, celle de la chute ou du sentiment.  Cascade ou torrent, tout n’est que vague. Déferlante de douleur sans ressac.

Eponger  des larmes de fond ne change rien au  ruissellement de l’âme. Quand le coeur suinte,  toute action vaine : point de suture.  Ô, temps, ne suspends jamais ton vol, viens et  prends le butin de mon existence.

A vouloir croquer la vie, goûter l’inédit, on finit par manger la poussière . Mais déguster est la rançon de ce  festin des sens en panne d’aisance  Ô temps, ne suspends jamais ton vol,  viens et prends le butin de ma vie.

Car cette otage intime, je m’en libère aujourd’hui. La foudre a fini par réussir son coup. Me voici fou broyé, mais plus aveuglé. Les pupilles de mon amour se sont dilatées au pollen du printemps et je laisse désormais le vent pas mauvais, tout emporter. Ô vent , ne suspend  plus jamais ton vol !

PS: j’ai piqué deux formules à Mylène Farmer.

 

 

 

Abécédaire de février

abécédaire

Il y a longtemps que je n’avais plus fait cet exercice. J’ai eu envie de m’y remettre, j’ai piqué au hasard une liste de mots sur le blog d ‘Asphodèle, à l’occasion d’un épisode de ses plumes…

  • Belle : femme plutôt volage qui se donne à Sébastien, aux clochards , à la Bête et j’en passe et qui finit au bois à cause de son prince charmant. Autre définition : Femme de Didier Des champs ( la fameuse belle Deschamps qui baguenaude dans les pâturages…)
  • Lapin : ami intime harcelé par Chantal Goya qui un matin, n’en pouvant plus, a préféré en finir sous les balles d’un chasseur…
  • Destin : parcours totalement prévu avant même que l’être humain vienne au monde, ou alors  totalement imprévu, sauf la fin…
  • Souffle : air qui siffle au coeur !
  • Partage : action de découper une masse en plusieurs parts plus ou moins égales : par exemple, les 8 personnes les plus riches du monde ont autant d’argent que la moitié de l’humanité la plus pauvre.
  • S’abstraire : s’absoudre lorsqu’on est une vache laitière ( cette définition n’a aucun sens…comme l’existence)
  • Voyage : voyage, plus loin que la nuit et le jour…dans l’espace inouï de l’amour…respect !
  • Réchapper : opération de chirurgie esthétique qui consiste à regonfler les rustines voire changer la chambre à air des plus ou moins vieilles actrices et chanteuses qui en ont les moyens.
  • Respirer : contraire d’expirer , sauf si on est mort bien entendu.
  • Poète : personne qui élève ses vers à soi .
  • Rêve : voir vie
  • Vie : voir rêve
  • Doux : dur qui a fondu
  • Fugue : elle peut être totale ou limitée. Dans ce cas, c’est seulement  la moitié d’un raisin  (si tu comprends la vanne, bravo à toi, même moi j’ai eu du mal…)
  • Oiseau : être qui vit d’air pur et d’eau fraîche, d’un peu de chasse et de pêche et que jamais rien n’empêche d’aller plus haut…bref le contraire d’un politicien !
  • Imaginer : ne pas se résoudre à vivre sa réalité.
  • Balles : bientôt dans toutes les écoles américaines et pas à blanc.
  • Poudre : Coco Boër quand j’étais gamin,  forme de lessive avant qu’elle ne se liquéfie quand j’étais jeune adulte, tellement aux yeux aujourd’hui que je risque ne me transformer en Perlinpinpin  !

La note…

notes-musique

C’est l’histoire d’une note, mais j’aurais préféré que ce fut celle d’un autre. Je m’en souviens encore comme si c’était hier.

N’imaginez pas qu’il s’agisse d’un fa dièse, d’un mi bémol ou d’une fadaise. Les désaccords majeurs viennent toujours de sentiments mineurs.

Il ne s’agit pas non plus  de mots qui s’épuisent à s’ordonner dans l’intimité d’un  joli cahier vert. D’ailleurs les mots  notés ne servent à rien pour contrer la griffure du chat s’apprêtant à manger la souris.

Je ne vous parle pas non plus de classement, ces notes là ne sont que des chiffres qui s’écrasent sur un barème sans âme, auquel on peut faire dire n’importe quoi.

Enfin, j’eus préféré qu’il soit question d’un simple mot griffonné sur un post-it jaune mimosa, un mot doux venu de je ne sais où…une sorte de mot d’où en quelque sorte. Hélas, il y a bien longtemps que Chloé avait cessé de m’écrire des lignes, j’étais maintenant  en marge de son brouillon de vie façon cahier.

Ce jour-là, Chloé m’avait laissé un long message vocal me disant qu’elle devait encore rester très tard à l’atelier , qu’elle dormirait même certainement sur place, dans son alcôve en forme de boudoir, bref  de ne pas l’attendre. Et effectivement, elle ne rentra pas cette nuit-là.

Le lendemain soir, nous étions alors un 15 février, jour de son anniversaire, je vis dépasser de la poche intérieure de son manteau vert,  un bout de papier qui semblait représenter une sorte de  cheval .  Intrigué, je le sortais de son repaire alors que Chloé était sous la douche , et la mienne fut soudainement très froide.

Il s’agissait bien d’un cheval marin.  Plus exactement, j’avais en main  la note d’un restaurant dénommé  « l ‘hippocampe heureux  » . Il y était indiqué le prix payé pour deux menus  » amours vénitiennes » , pris la veille au soir au restaurant. En souvenir, on avait entouré le cheval des mers d’ un coeur mi gui mi mauve,  à l’intérieur duquel on pouvait lire  » Chloé et Daphné ».

Je voulus hurler, mais ce furent les larmes qui noyèrent mon chagrin.  De toute manière, j’étais bien incapable de tenir la note…

Le soleil a rendez-vous avec la lune

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Juste avant qu’elle ne décide de le transformer en braises de bois consumé dans son  âtre, on pouvait lire dans le journal intime de la lune : «  Je brûlerai dans les flammes de l’enfer, perdue pour des millénaires. Soudain tout s’éclaire, c’est dans sa lumière que j’ai goûté la chair »

Un soir d’intense chaleur,  le soleil fit fondre la glace et devint l’amant de la lune.

Il remarqua tout de suite le côté solaire de l’astre lunaire, et le trouva littéralement fascinant.

La lune elle, fut subjuguée par le côté pierrot lunaire du soleil, peut être à cause de ses demi-lunes (être en orbite en permanence finit par rendre presbyte).

Il n ‘en fallut pas plus pour donner naissance à  la plus torride des passions dans l’univers.

Mais dans l’espace, pas facile de raccourcir les distances et le temps.

Comment atteindre l’extase en jouant au chat et à la souris ? Quand le soleil se couchait, la lune se levait, quand l’un brillait, l’autre s’assoupissait.

Les deux amoureux s’organisèrent alors  pour que leur passion ne soit   ni un jeu  pieux ni un château de sable.

Le soleil remarqua que la lune était une cérébrale, capable de prendre du plaisir à distance.

Il missionna donc  les arc-en-ciel et les étoiles filantes lorsqu’ils sont le moins occupés, au printemps et à l’automne. Les arc-en-ciel firent passer à la lune des photos du soleil prises sous  rayons X et leur prisme excita la lune. Les étoiles elles,  lui transmirent les mots doux et brûlants  pour stimuler  d’autant son imaginaire.

Et cela marcha, la lune se caressa en pensant à son ange astral et elle atteignit l’orgasme.

C’est là le paradoxe de l’équinoxe. Les grandes marées d’automne et de printemps  ne sont que le résultat de l’intensité orgasmique de la lune. Les ondulations fiévreuses des vagues  dans l’océan   ne sont dues qu’aux secousses syncopées de la lune.

Le soleil, lui, bêtement mâle, n’était pas trop  cérébral.

Il sentit monter en lui un désir croissant de lune.

Il avait besoin d’être proche de sa maîtresse pour pouvoir prendre du plaisir. Il devint nécessaire pour lui  de se superposer à la lune, de la recouvrir totalement.

Ainsi quand vous voyez  une éclipse de lune, c’est que le soleil fait l’amour avec la  lune.

Hélas, les histoires d’amour finissent mal en général, et un beau jour, ou peut être une nuit, le soleil s’est éclipsé avec la terre alors que la lune était pleine. Bêtement mâle le soleil…

Première diffusion sur over-blog en décembre 2013. J’ai changé juste la fin.

Béa-titude

kerguelen

Première diffusion le 02 novembre 2013, pour les plumes d’Asphodèle.

Île de Kerguelen, terres australes françaises, 02 novembre 2013.

Croyez-vous comme le prétendent les censeurs que la passion ne soit qu’une onde bienfaisante poussée à son paroxysme,  toujours  vouée à l’échec?

Confirmez-vous que si elle  permet forcément de  transformer un coup de foudre en éclairs, sa lumière ne serve qu’à naviguer à l’aveugle dans l’inouïe profondeur de son propre  vide intérieur?

Pensez-vous que la passion se subisse et entraîne l’être humain vers des ténèbres  où seul le manque éclaire les souterrains boueux  menant aux âmes en peine ?

Croyez-vous que la solitude du passionné ne soit qu’une angoisse de la perte imminente de l’autre qui  l’oblige alors à répéter sans cesse l’acte d’amour pour avoir l’impression d’exister  et de retarder la déchéance?

Estimez-vous que l’acte d’amour sans cesse répété condamne les amants à l’errance, comme si aucune rue ne donnait jamais sur aucune porte ?

Voyez-vous la fièvre des amants enlacés comme des larmes en ébullition qui viennent se ressourcer là, pour mieux les assaillir après leurs ébats assourdissants ?

Détrompez-vous !

L’acte d’amour passionné peut être apaisant et exaltant, il suffit de le pratiquer régulièrement, plusieurs fois par jour, dans un silence verbal absolu et une hystérie frénétique, pour oublier le temps qui sévit et  la vie qui  se tend.

Je sais de quoi je parle, à toute heure et dans toutes les positions je me donne à lui, je m’abandonne à lui, et me plonge dans la couleur obsidienne de ses yeux. Juste lui et moi.

Je l’aime débout, sur ma couche, assise, c’est selon nos humeurs mais je préfère l’aimer à genoux, la bouche entièrement offerte , presque béate de satisfaction et sans aucune ambivalence.

Ne soyez pas choqués, comprenez-moi : Seule la musique sacrée de ses gémissements ensanglantés me parle. Je veux qu’il me prenne dès qu’il le désire et autant qu’il le désire,  qu’il rentre au plus profond de moi, de la rosée du matin  à la lune rousse du soir.

Je veux me laisser pénétrer et pouvoir jouir en paix.

Ne soyez pas choqués, ne me jugez pas, vivez pleinement vos vies et vous transformerez les orages en lacs paisibles et reposants.

Sœur Béatrice, Monastère de la Désolation.

Note de l’auteur : il n’y a aucun monastère aux Kerguelen, mais Soeur Béatrice existe vraiment…

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Monsieur…

femme robe rose dentellePremière publication le 9 novembre 2013, dans le cadre des plumes d’ Asphodèle.

Monsieur,

Si je prends la plume ce soir, au moment où mon existence  vacille,  c’est pour coucher sur le papier un souvenir passionnel,  comme une explication au désastre  dont vous m’avez fait l’honneur d’être le complice depuis plus de trente années.

Je vous en prie Monsieur, brûlez tout ce qui précède et qui est en votre possession  mais pas cette lettre !  Ne la mettez pas dans votre poubelle comme un vulgaire courrier ou un très mauvais manuscrit même si vous n’avez pas été trop regardant en ce qui me concerne, j’en conviens.

Je l’ai rencontrée dans le train de  17h38 pour Paris, c’était le 26 juillet 1958. Elle portait une   courte robe  de couleur rose avec un assortiment de dentelles . On  voyait très peu  de tenues similaires à cette époque là, c’était presque excentrique.  Sa présence dans ce train  était un peu comme « a  cupcake in a  pudding ».

 Nous eûmes de brefs échanges courtois et de circonstance,  il faisait très chaud dans ce compartiment  où nous étions les seuls passagers, et  tandis que  je détaillai la carte de son anatomie, j’évitai de  croiser ses yeux d’opaline qui pénétraient au plus profond de l’âme humaine.

Alors que le train arrivait  dans l’essoufflement  d’une entrée en gare, elle se leva pour descendre fumer une cigarette sur le quai, je ne sais pour quelle coquetterie elle ne fumât pas dans le compartiment en ma présence. A la faveur d’un courant d’air, sa robe se souleva tandis  que  sa peau m’effleurait  par deux fois, alors qu’elle regagnait sa place.

A ce moment, je sus que je serais perpétuellement amoureux   de cette jeune femme. J’étais pétrifié par son allure et sa beauté juvénile. Mon appendice masculin se mit à s’allonger comme l’appendice nasal de ce stupide pantin de bois dont le nom m’échappe.

Lorsque le train arriva à Paris, j’osai bafouiller deux ou trois phrases et remettre ma carte de visite à Pauline, elle s’appelait ainsi. J’espérai je ne sais quoi en retour, une folie peut être. Je n’étais pas particulièrement bel homme mais je séduisais assez facilement les femmes.

Je n’eus jamais  la moindre réponse. Une relation  épistolaire ne m’aurait de toutes façons pas satisfait, mais elle aurait au moins flatté mon ego.

Par la suite, je n’ai cessé de  rechercher Pauline  en vain,  partout, en tout, et chez les autres femmes aussi.

Je me suis marié cinq  fois, un vrai fiasco conjugal. J’ai eu quantité de maîtresses,  de liaisons sans lendemain, j’ai réalisé beaucoup de fantasmes et pas que dans mes livres, mais pas le seul qui eût pu m’apaiser.

Alors, je suis tombé dans la grossièreté, la facilité, la vulgarité, la misogynie,  pour faire payer aux femmes l’affront pourtant  auto infligé  lors de  cette journée de 1958.  J’ai écris à la chaîne des romans crasseux en picolant plus que de raison.

Mes femmes légitimes  m’ont épousé pour l’argent et vous, Monsieur, vous m’ avez édité  uniquement pour l’argent aussi.  Finalement,  Il y a dans l’existence réelle bien plus de vulgarité que dans mes livres, autant chez les femmes, que chez les hommes, fussent-ils éditeurs.

Cela n’excuse rien,  Monsieur, mais cela donne juste un autre point de vue…

A l’heure où je prends mes distances avec la vie  et me trouve dans le sas de l’au-delà, je vous salue bien bas. La récréation est terminée. J’aime Pauline et j’emmerde tous  mes détracteurs pour des siècles et des siècles !

PS : mots prononcés par l’éditeur au moment  où il détruisit cette lettre tout en appelant son assistante :   »  Messa dita est. Il est mort, réimprimez en masse son dernier livre  «