De l’amour, de l’amour, de la mort

Hier soir, j’ai vu à la télé les images impressionnantes de l’hommage rendu à Johnny Hallyday. En fait, depuis l’annonce de sa mort, je réfléchis autour de cette nouvelle. Je ne suis pas fan, je n’ai même jamais écouté un seul album, mais je suis né avec lui, ma mère était fan, elle l’est encore plus ou moins, mon oncle aussi et d’autres personnes encore. Je l’ai toujours vu, entendu.  Au départ, j’étais juste étonné de la nouvelle, je l’ai appris à 5h du matin, au journal d’ Inter.  Et maintenant , de voir  ce quasi million de personnes rassemblées hier autour de la star, mélange de tristesse absolue mais aussi d’une sorte de liesse, ne me laisse pas indifférent.

Déjà, je me dis qu’aucun autre art que la chanson touche autant le public dans sa globalité. Imaginez que demain meure le plus grand écrivain, l’acteur ou l’actrice la plus populaire du pays, le peintre le plus couru…personne n’aura droit à ce rassemblement et l’impact sera ridicule à côté des funérailles de Johnny.

Alors pourquoi tant de ferveur, tant d’émotion , surtout quand on est pas fan absolu, le fanatisme ôtant toute rationalité?  Il y avait hier la famille et les amis de Johnny, ses amis proches, les ofifciels, les fans ultimes et grands fans, mais aussi simplement des personnes qui ont grandi avec ses chansons les plus célèbres.

Alors je me dis que la disparition de Johnny, c’est d’abord un repère qui s’écroule. Une balise en moins dans l’existence de tout un chacun. On s’est rendu compte que même Johnny Halliday n’était pas immortel. Son oeuvre le sera certainement en partie, mais l’homme ne l’est pas. Et cela c’est triste, on aimerait que les légendes, nos légendes soient immortelles. Mais on n’est pas dans un jeu vidéo, on ne peut pas regagner des vies et recommencer.

Et puis, je crois surtout que sa mort nous renvoie à la nôtre. On se lève le matin en oubliant naturellement qu’on est mortel. C’est la condition nécessaire pour essayer de vivre un minimum, sans cela on finirait cinglé. Or en disparaissant, Halliday nous rappelle que nous sommes mortels et que ce qui vient de lui arriver nous arrivera aussi, espérons le plus tard possible. Et en pleurant la star, au delà de l’immense artiste , au delà de l’homme pour ceux qui l’aimaient ,le connaissaient, je crois que beaucoup pleurent simplement la mort…au fond une histoire où l’amour percute la mort…la vie quoi.

Johnny s’en va reposer dans l’intimité d’un cimetière sur l’ île de Saint Barthélémy, parce qu’il faut bien qu’enfin Jean-Philippe Smet ait la paix, n’appartienne qu’à lui et à ses proches. je me souviens avoir entendu Charlotte Gainsbourg dire que pendant des années elle ne pouvait aller au Père Lachaise, l’allée  du cimetière étant constamment envahie de fans…

J’ai toujours eu l’impression que l’idole des jeunes était quelqu’un de très seul, même si paradoxalement il était très entouré.  Je crois que hier, lors de sa remontée des Champs Elysées, nous en avons eu la preuve…mais sa solitude  nous renvoie aujourd’hui à la nôtre…alors tâchons de parvenir à allumer le feu…

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Mon précieux…par Soprano.

J’aime bien ce que proposent Black M et Soprano, dans le genre nouvelle chanson française, parce que les mots sont simples mais il y a un fond dans beaucoup de leurs tubes.

Et après Le Diable ne s’habille plus en Prada, Roule, Mon Everest et bien d’autres, le chanteur marseillais aborde la question de la transformation numérique de la société et des addictions qu’elle provoque. C’est un tube…

Voici le texte , assez long, écrit par l’un des paroliers de Soprano. Et juste après le clip. Le titre de la chanson,  lui,   » Mon précieux » est emprunté à l’oeuvre de Tolkien…

Mon précieux.

Ta douce mélodie me réveille chaque matin
Avant même d’embrasser ma femme je te prends par la main
Puis je te caresse le visage pour voir si tout va bien
Tellement inséparable qu’on part ensemble au petit coin
Mon café, mon jus d’orange on le partage aux amis
En voiture mes yeux sont dans les tiens donc quelques feux je grille
Au boulot on parle tellement ensemble que des dossiers j’oublie
Au dîner vu le silence tout le monde t’aime dans ma famille, baby
Je te partage ma vie, au lieu de la vivre
Tu me partages la vie des autres pour me divertir
Je ne regarde plus le ciel depuis que tu m’as pris mes yeux dans tes applis, baby
Je ne sais plus vivre sans toi à mes cotés
Ton regard pixélisé m’a envouté, toi mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Quand tu sonnes ou quand tu commences à vibrer
Je perds la tête, comment pourrais-je te quitter, toi mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Tu es ma secrétaire, tu gères mon organisation
Tu allèges mes neurones grâce à tes notifications
Plus besoin d’aller voir la famille vu que tu me les follow
Pour leur prouver que je les aime, je n’ai qu’à liker leur photos
Pourquoi aller en concert, tu m’as tout mis sur Youtube
Tu m’aides à consommer car tu ne me parles qu’avec des pubs
J’fais plus d’gaffes à l’orthographe depuis que je te parle avec mes doigts
Mes gosses font plus de toboggan, ils préfèrent jouer avec toi, baby
Je te partage ma vie, au lieu de la vivre
Tu me partages la vie des autres pour me divertir
Je ne regarde plus le ciel depuis que tu m’as pris mes yeux dans tes applis, baby
Je ne sais plus vivre sans toi à mes cotés
Ton regard pixélisé m’a envouté, toi mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Quand tu sonnes ou quand tu commences à vibrer
Je perds la tête, comment pourrais-je te quitter toi mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mais là je deviens fou
J’ai l’impression que mon pouls ralenti
J’ai plus de repères, je suis perdu
Depuis que tu n’as plus de batterie
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
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vous n’avez pas vu vos amis depuis deux mois
Votre vie est digitale, LOL

Jeu de Noël -treizième énigme – bis !

C’est La Douce et Martine qui gagnent un point chacune ! Rendez-vous pour la dernière épreuve d’ici quelques petits jours. Il fallait trouver flûte !

Coucou.

Pour rattraper l’énigme d’hier qui n’a pas pu être validée, voici donc une nouvelle devinette.

Les 2 premières bonnes réponses qui auront bien mis le mot Fernandel dans leur commentaire auront 1 point.

Comme hier, il s’agit de trouver un mot  de la langue française à travers les indices suivants :

  • Pain
  • Bec
  • Champagne
  • Musique

C’est facile ce coup-ci !! A vous !!

Jeu de Noël : treizième énigme !

Valentyne ayant trouvé la bonne réponse en premier (la goutte) mais ayant mal tapé Fernandel, personne n’aura de point sur cette énigme ! Du coup, c’est un coup pour rien, il y a aura encore 2 énigmes avant la fin du jeu  !! Soyez attentives !!

Plus que 2  énigmes en comptant celle-ci et les scores sont serrés… ça va saigner pour gagner ce fameux  colis de Noël ! Jugez plutôt !

  • Lydia, La Douce , Martine  Manou dans la forêt  et Estelle ont 3 points
  • Valentyne a 2 points
  • Emilie, Syl, et Philissine  ont 1 point.

Aujourd’hui, je vous propose de trouver un mot de la langue française, à partir d’une énigme façon Père Fourras…

  • C’est une maladie causée par trop de plaisir
  • C’est une boisson qui peut occasionner une prune si l’on conduit après en avoir abusé.
  • C’est une particule liquide qui peut être chaude ou froide

Qui est -elle ?

Vite répondez en commentaire avec Fernandel dans la réponse ! Les 2 premières réponses ont 1 point !

Quel est le con qui…

Non mais vraiment, quel est le con qui a décrété qu’il fallait faire une seconde rentrée littéraire en janvier de chaque année ? En janvier, on est fauché, c’est après Noël, les fêtes et pendant les soldes !! Ok, business is business, mais quand même, il n’a pas pensé à moi ce con là , surtout cette fois !

Jugez plutôt, il va y avoir cinq livres dont deux de mes auteurs frère/soeur , qui vont sortir en 15 jours ! Alors même si j’achète la majorité des nouveautés en occasion, cette fois-ci je vais avoir du mal à attendre pour tous ces romans qui me tentent.

Je vous refais pas le coup du  » est-ce que le livre est trop cher? », j’en ai parlé il n’y a pas longtemps…mais quand même…j’en remets une couche !

  • le 3 janvier : Une vie sans fin de Frédéric Beigbeder  (Grasset, 22€, 360 pages soit 0.06€ la page). Enfin, Frédo a bossé pour de bon et il revient à un vrai roman…j’ai hâte de le retrouver.
  • le 3 janvier : Les loyautés de Delphine de Vigan (Lattes, 17€, 208 pages soit 0.08€ la page). On en sait très peu sur ce nouveau roman , probablement inspiré de la vie plus ou moins réelle de Delphine. Par contre, 208 pages, la voilà qui se met au texte court…tout fout le camp !!
  • le 4 janvier : La mise à nu de Jean-Philippe Blondel (Buchet Chastel, 15€, 252 pages soit 0.o6€ la page). Le métronome de la littérature française est de retour…les années impaires il sort un livre jeunesse et les années paires un livre adulte. Texte encore plus court j’ai l’impression mais je sens que cet opus sera dans la veine de Et rester vivant ou 6h48…
  • le 4 janvier : Une longue impatience de Gaëlle Josse (Notabilia, 14€, 192 pages soit 0.07€ la page.) Celui-ci aussi je le sens vraiment bien. Asphodèle l’a beaucoup aimé…c’est bon signe !
  • le 18 janvier, L’amie prodigieuse tome 4 d’ Elena Ferranté (Gallimard, 23.50€, 560 pages soit 0.04€ la page). Enfin, on arrive (hélas) au terme de cette histoire prodigieuse et je me délecte à l’avance des 560 pages finales de l’histoire d’amitié entre Lénu et Lila.

Amis éditeurs qui ne lirez pas cet article, vous constaterez comme moi que les courts textes peuvent être trois fois plus chers que les pavés…alors si vous trouviez une solution pour harmoniser les prix de vente , ça serait pas mal non  ?? Comment ça je fais du mauvais esprit?? Un peu, les livres ne sont pas des morceaux de fromage…mais bon la vente au poids… Comment ça je fais de la provocation ?? Nan, détrompe-toi ami éditeur, j’achète tous les livres ou je me les fais offrir par mon entourage donc je paye vraiment tout ce que je chronique ici. Je n’ai jamais demandé le moindre SP et même, les rares fois où l’on m’en a proposé (4 ou 5 fois) j’ai dit non merci…en même temps c’était nase !Du coup, ami éditeur, je crois que de toute la chaîne du livre, c’est toi qui t’en sort le mieux…alors pense à réfléchir au prix des livres neufs ! Je parle des grosses maisons d’édition, je sais que les petits éditeurs galèrent aussi !

Et vous amis lecteurs, parmi ces cinq nouveautés qui vont illuminer mon début d’année 2018 de lecteur, quels sont ceux qui vous tentent le plus ? Vous pouvez choisir un ,deux, ou trois livres, dans le petit sondage express qui suit !

Le poids des ombres de Marie LABERGE – 2017 (France) 1994 (Canada)

Aimer soutient mais ne sauve pas. Pas de rachat.

Diane a 30 ans. Elle est fâchée avec sa mère, Yseult, depuis sept ans et en opposition constante avec elle quasiment depuis sa naissance. Alors que les deux femmes se sont perdues de vue, Diane reçoit un appel de la morgue : elle soit aller reconnaître le cadavre d’ Yseutl, laquelle s’est suicidée en se jetant d’un pont , par une journée d’hiver. D’abord en colère, puis sonnée, puis complètement déséquilibrée dans sa vie , Diane va devoir affronter  l’ombre aveuglante  d’ Yseult, à partir de la lumière trouble des bagues qu’elle a laissées…

J’ai découvert cette année Marie Laberge avec  Ceux qui restent, qui fut un vrai coup de coeur. Je me suis donc rué dès la sortie de ce roman qui est en fait une réédition puisqu’il s’agit de l’un des premiers livres publiés par l’auteur, en 1994 au Canada, son pays d’origine.

Et je dois dire que je n’ai pas été déçu.

Je commence néanmoins par un bémol , Le poids des ombres raconte globalement la même chose que Ceux qui restent : faire face au suicide inexpliqué d’un proche et continuer sa vie en intégrant contre son gré celle du disparu. Egalement quelques faiblesses dans la construction du récit, le rythme du livre si je puis dire.

Pour le reste, c’est un roman très fort sur la relation mère-fille, qui oscille en permanence entre l’amour et la haine, la fascination et la répulsion, tant les deux femmes sont en opposition . Yseult est passionnée, hors cases, lucide et cynique, Diane est dans le rêve, l’illusion et le reproche permanent à Yseult qui ne correspond pas à son modèle. Cette fracture la rend jalouse.

Ce qui est génial dans le livre de Marie Laberge , c’est qu’elle arrive à nous faire aimer ces femmes et parfois aussi à les détester. Je dirais même qu’elle parvient à retourner le lecteur au fur et à mesure de la progression de l’histoire. Yseult qui semble au départ insensible et monstrueuse devient humaine et quelque part digne et capable d’amour. Diane, elle, qui semble victime et délaissée, apparaît égoïste et possessive.

Y’a deux luxes dans la vie, le plaisir et la volupté. T’aimes ni un ni l’autre.

Et puis, la plume de Marie Laberge est vraiment belle. Elle fait partie des auteurs qui aujourd’hui m’intéressent vraiment, ceux qui écrivent avant tout avec leur coeur, leurs, tripes,  qui laissent entrevoir leur vérité, leur vraie sensibilité . Les auteurs qui parlent avec leur tête et intellectualisent me laissent froid de plus en plus je crois.  Marie Laberge ne mâche pas ses mots et dans Le poids des ombres, il y a des passages à la fois âpres et acres mais aussi des envolées dont la sensibilité me touche…comme ici :

Si tu trouves un seul souvenir réconfortant, garde-le pour les aubes navrantes. Ne te laisse pas emporter par ton imagination dramatique qui construit des sagas tragiques aux fins lugubres.

Je sais que je relirai cette auteur prolifique et que j’y trouverais encore mon bonheur de lecteur.

Et ce beau passage pour finir…

La beauté, la volupté, le plaisir…ça ne rachète rien ? Dans l’épaisseur de la vie, aucune légèreté tu crois ? Il reste si peu dans nos mains à la fin d’une vie, si peu…il doit bien y avoir quelques grains de sable échappés du sablier impitoyable , quelques grains de sables qui s’incrustent dans les lignes de la main. Yseult, que mes mains n’ont pas retenue…

 

Docteur Thorne – L’ adaptation pour la BBC

Barsetshire, XIXème siècle. Sans dot, de naissance illégitime, la belle et vive Mary vit auprès de son oncle, le docteur Thomas Thorne. L’héritier désargenté Frank Gresham est amoureux de Mary. Lady Gresham, aidée de ses filles, manoeuvre pour lui trouver un meilleur parti et résoudre leurs problèmes financiers. Mais le docteur Thorne connaît le secret de son ascendance et la fortune dont Mary pourrait hériter…

Ce résumé vous fait peut-être penser à Jane Austen . C’est normal, l’auteur du livre , Anthony Troloppe est un célèbre écrivain anglais qui fait partie du même mouvement que Jane, à savoir la période romantique du début de l’ère Victorienne.

Sur le papier, tout pour plaire  : l’Angleterre du XIX ième, les beaux châteaux, l’histoire sentimentale, les rebondissements. Et c’est vrai que l’on ne s’ennuie pas en regardant le film.

Mais en ce qui me concerne, j’ai trouvé que tout allait trop vite, surtout au début où il y a beaucoup de personnages et j’ai eu du mal à m’y retrouver. Par la suite, on y voit plus clair mais le rythme est trop soutenu à mon goût : le réalisateur ,  Julian Fellowes, qui est par ailleurs le créateur de Downtown  Abbey, enchaîne les scènes courtes , comme s’il était pressé d’en finir et de passer à la suivante.

Du coup, si l’on ne s’ennuie pas et si le suspense est hyper bien maîtrisé, on a du mal à s’attacher aux personnages, le docteur Thorne manquant à mes yeux de charisme, contrairement aux personnages féminins principaux.

Au final, ce film  m’a donné envie de découvrir le livre de Troloppe et c’est déjà pas mal. Les fans de cette époque anglaise chérie de la littérature pourront peut-être y trouver leur bonheur.

Pour voir la bande annonce qui vous donnera peut-être envie de vous le procurer, dès le 29 novembre,  c’est ici :

Merci à KOBA films, le diffuseur des films de la BBC en France, pour ce partenariat.

Jeu de Noël douzième énigme.

Bravo à Estelle et Philisine qui ont trouvé en premier. Il s’agissait de télé + fée + riz  + queue…ce qui donne téléphérique !!  Rendez-vous en décembre pour les 2 dernières énigmes et le nom de la gagnante et donc le cadeau…

 

Plus que 3  énigmes en comptant celle-ci et les scores sont serrés…

  • Lydia, La Douce , Martine et Manou dans la forêt ont 3 points
  • Estelle, et  Valentyne ont 2 points
  • Emilie et Syl ont 1 point.

Tout est encore possible, les deux premières bonnes réponses dans les commentaires avec le mot  » Fernandel » ont 1 point !

Voici l’intitulé de la douzième énigme, je vous propose aujourd’hui de trouver un moyen de transport en commun    à partir de la charade suivante

  • Mon premier est une boite éclairée
  • Mon second peut porter clochette
  • Mon troisième est parfois dans un sac
  • Mon quatrième est commun à la pie, au renard et à l’homme.

Et donc, mon tout est un transport en commun !

Trop facile…ou pas  ! Vite , à vous !!

 

 

 

 

La France de mon enfance…

Il y a quelques semaines , dans une émission télé, un chroniqueur disait que dans les années 70, du point de vue musical et télévisuel, il y avait la France de Guy Lux et la France de Jacques Chancel, et qu’aujourd’hui (même si la musique a quasi disparu de la télé), on a la France de Nagui et celle de Patrick Sébastien.

PS : si tu ne sais pas qui sont Guy Lux et Jacques Chancel, soit heureux ami lecteur, c’est que tu es jeune…

C’est toujours réducteur d’opposer les personnes mais si la comparaison d’aujourd’hui me semble plus contestable, celle des années 70 est vraie. Et j’en suis la preuve.

Gamin et ensuite adolescent, j’étais totalement dans la France de Guy Lux et pas du tout dans celle de Chancel.  Jacques Chancel, ses invités musicaux  étaient Le Forestier, Barbara, Ferré, Brassens, sans compter tous les artistes de la musique classique.  Que des artistes disons connotés exigeants, personnellement je dis » élitiste » au sens qu’ils touchaient une part  réduite de la population.  Guy Lux, c’était Delpech, Claude François , Sheila, Sardou, Dalida…des artistes populaires, au sens « grand public ».  Je regardais aussi les émissions des Carpentier, comme Bénabar !

Il n’y a guère que Brel qui à mon sens, arrivait à toucher les deux faces de la planète musicale française et ne faisait parie d’aucune chapelle, enfin en même temps je ne le connais quasiment pas.

Et après, j’ai enchaîné…je regardais peu la télé mais j’ai fait partie des spectateurs de Champs Elysées (à l’époque je croyais Drucker branché et au top de l’actualité musicale…) puis de Sacrée Soirée et du fameux Top 50 sur Canal, à partir de 1984.

Plus petit encore, vraiment gamin, je me souviens du Hit-parade sur Europe 1 et des émissions de RMC. Point de radios de Radio-France  !

Aujourd’hui, je ne regarde plus la télé, donc plus les rares  émissions musicales qui restent, même si parfois je vois encore un peu   La Nouvelle Star, qui ne va pas tarder à disparaître.  Ne supportant pas Nagui, le mec qui à un melon comme une pastèque de Tchernobyl et convaincu d’être à la culture musicale ce que le noyau est à la cerise, je ne regarde pas Taratata. Ou Seulement s’il y a un artiste que j’aime particulièrement, en replay.  Et pourtant, il y a des moments géniaux dans cette émission et disons que les invités se sont démocratisés, fallait bien  pour rester à la télé malgré le peu de téléspectateurs qui suivent l’émission . Patrick   Sébastien, je me souviens l’avoir vu gamin en spectacle, mais à l’époque il était juste  imitateur, aujourd’hui c’est tellement nase et ringard sa variété que lui aussi les audiences se cassent la gueule progressivement et qu’il ne tardera pas à disparaître des prime- time.

En fait, à la réflexion, je regrette que Bernard Pivot ne ce soit pas intéressé à la chanson, peut-être que lui , à l’époque, aurait pu connecter les deux France. Il a bien essayé  avec Bouillon de culture, mais ça n’a pas vraiment marché… probablement que c’était déjà trop tard  ! Et peut-être qu’à sa manière, il continue en tant que Président du Prix Goncourt puisque les lauréats sont plus ou moins populaires suivant les années, une fois sur deux en moyenne.

Pas de chute sur cet article. Il s’arrête là !!

Le grand marin de Catherine POULAIN – 2016

Tout est dans la course Lili.  les étoiles aussi, la nuit et le jour, la lumière, tout court et nous on fait pareil. Autrement on est morts.

Lili est une jeune femme atypique qui quitte la France pour l’ Alaska. Elle veut rejoindre cette terre inhospitalière pour s’embarquer sur des navires de pêche, se confronter à l’océan, aux éléments et peut être même aller voir ensuite le bout du bout de la terre. Elle arrive donc à Kodiac et parvient à se faire embarquer sur un bateau qui part à la pêche à la morue noire. Lila parviendra à se faire embaucher pour deux autres campagnes de pêche, et entre chacune, arpentera le port, les bars à marin, les docks, les chantiers navals, l’alcool, l’ennui, les nuits… et devra se fondre dans cet univers masculin fait de force, de souffrances, de virilité absolue mais aussi de faiblesse et d’humanité. Car les marins sont aussi des humains, surtout un, le plus redoutable, celui qui ressemble à un lion et se prénomme Jude.

Le grand marin est ce qu’on appelle un phénomène d’édition…un premier roman, un succès incroyable à faire pâlir les auteurs confirmés et qui vendent beaucoup de romans, un engouement certain des critiques et libraires,  huit prix littéraires.

Oui mais voilà, j’avais hésité à le prendre en librairie, cet univers là ayant tendance à me faire fuir, les histoires de pêche et de poissons éventrés, très peu pour moi, je l’avais reposé. Et puis Asphodèle me l’a offert l’été dernier et je l’ai lu.

Et les mots de ce marin m’ont interpellés…

Embarquer, c’est comme épouser le bateau le temps que tu vas bosser pour lui. T’as plus de vie, t’as plus rien à toi.Je ne sais pas pourquoi j’y suis venu, je ne sais pas ce qui fait que l’on veuille tant souffrir, pour rien au fond. Manquer de tout, de sommeil, de chaleur, d’amour aussi, jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à haïr le métier, et que malgré tout on en redemande, parce que le reste du monde vous semble fade, vous ennuie à en devenir fou.

Hé bien, j’ai dépassé mes à priori , j’ai lu le plus vite possible les scènes de poissons éventrés et agonisant , je me suis laissé prendre au jeu , hypnotiser par cette histoire et le talent de Catherine Poulain et je ne le regrette pas ! Cette auteur est une grande conteuse et son récit est d’une force incroyable. Son défi est d’arriver à nous faire aimer sa Lili, dont on ne sait quasiment rien, on ne sait pas ce qu’elle fuit en venant en Alaska et on se doute qu’elle cherche bien plus qu’une simple liberté ou un dépassement de soi. En plus, elle est quelconque, pas jolie, pas drôle, pas sur-homme enfin sur-femme, juste déterminée.

Et puis, la peinture du port, du milieu des marins, des campagnes de pêche, du climat et de la nature polaire est extrêmement bien réussie. Catherine Poulain arrive à nous transporter là ou se trouvent les personnages, je voyais les lieux, même certains visages. Sa plume est belle, forte, à la fois cash et imagée, mélange de glauque et de beau suivant les chapitres.

Je tourne la tête vers la mer, elle est rousse des cuivres de la fin du jour. Peut-être va-t-on toujours aller ainsi, jusqu’à la fin de tous les temps, sur l’océan roussi et vers le ciel et vers le ciel ouvert, une course folle et magnifique dans le nulle part, dans le tout, coeur brûlant, les pieds glacés, escortés d’une nuée de mouettes hurlantes, un grand marin sur le pont, visage apaisé, presque doux.

Il y a quand même quelques critiques à faire sur Le grand marin. Pour une fois, je peux dire que j’ai trouvé un texte d’un auteur français actuel trop long…je veux dire qu’il y a des répétitions et un peu de gras et même si cela participe à hypnotiser le lecteur, sur la fin cela peut être pesant. Et puis, l’histoire entre Jude, Le grand marin et Lili est un peu trop mise au second plan à mon goût même si ce n’est pas l’objet du roman.

En résumé, une histoire que je ne suis pas près d’oublier et je suis vraiment curieux de savoir ce qu’elle va pouvoir proposer comme second roman.

Et un grand merci à Asphodèle d’avoir choisi ce titre pour moi, car comme je l’ai dit plus haut, je ne l’aurais pas lu sans cela !