Disco band de Scotch (1984)

gif-femme-9Eté 1984, il y a 32 ans, sur la bande FM et dans les discothèques on dansait sur ça.

Je dis « on  » façon de parler, je ne suis jamais allé en discothèque mais j’aime la musique qui n’a pas d’autre ambition que de faire bouger, c’est la plus universelle, pas de messages, pas de sophistications, pas de ségrégation vis à vis du public…

Disco band  de Scotch est un classique de cette époque, avec ce son  « disco  » venu d’ Italie qui envahit l’ Europe et le monde entier entre les années 1983 et 1988, juste avant l’arrivée de la House et des premières musiques vraiment électroniques.

Allez, on monte le son et on envoie la bande !

Monsieur…

femme robe rose dentellePremière publication le 9 novembre 2013, dans le cadre des plumes d’ Asphodèle.

Monsieur,

Si je prends la plume ce soir, au moment où mon existence  vacille,  c’est pour coucher sur le papier un souvenir passionnel,  comme une explication au désastre  dont vous m’avez fait l’honneur d’être le complice depuis plus de trente années.

Je vous en prie Monsieur, brûlez tout ce qui précède et qui est en votre possession  mais pas cette lettre !  Ne la mettez pas dans votre poubelle comme un vulgaire courrier ou un très mauvais manuscrit même si vous n’avez pas été trop regardant en ce qui me concerne, j’en conviens.

Je l’ai rencontrée dans le train de  17h38 pour Paris, c’était le 26 juillet 1958. Elle portait une   courte robe  de couleur rose avec un assortiment de dentelles . On  voyait très peu  de tenues similaires à cette époque là, c’était presque excentrique.  Sa présence dans ce train  était un peu comme « a  cupcake in a  pudding ».

 Nous eûmes de brefs échanges courtois et de circonstance,  il faisait très chaud dans ce compartiment  où nous étions les seuls passagers, et  tandis que  je détaillai la carte de son anatomie, j’évitai de  croiser ses yeux d’opaline qui pénétraient au plus profond de l’âme humaine.

Alors que le train arrivait  dans l’essoufflement  d’une entrée en gare, elle se leva pour descendre fumer une cigarette sur le quai, je ne sais pour quelle coquetterie elle ne fumât pas dans le compartiment en ma présence. A la faveur d’un courant d’air, sa robe se souleva tandis  que  sa peau m’effleurait  par deux fois, alors qu’elle regagnait sa place.

A ce moment, je sus que je serais perpétuellement amoureux   de cette jeune femme. J’étais pétrifié par son allure et sa beauté juvénile. Mon appendice masculin se mit à s’allonger comme l’appendice nasal de ce stupide pantin de bois dont le nom m’échappe.

Lorsque le train arriva à Paris, j’osai bafouiller deux ou trois phrases et remettre ma carte de visite à Pauline, elle s’appelait ainsi. J’espérai je ne sais quoi en retour, une folie peut être. Je n’étais pas particulièrement bel homme mais je séduisais assez facilement les femmes.

Je n’eus jamais  la moindre réponse. Une relation  épistolaire ne m’aurait de toutes façons pas satisfait, mais elle aurait au moins flatté mon ego.

Par la suite, je n’ai cessé de  rechercher Pauline  en vain,  partout, en tout, et chez les autres femmes aussi.

Je me suis marié cinq  fois, un vrai fiasco conjugal. J’ai eu quantité de maîtresses,  de liaisons sans lendemain, j’ai réalisé beaucoup de fantasmes et pas que dans mes livres, mais pas le seul qui eût pu m’apaiser.

Alors, je suis tombé dans la grossièreté, la facilité, la vulgarité, la misogynie,  pour faire payer aux femmes l’affront pourtant  auto infligé  lors de  cette journée de 1958.  J’ai écris à la chaîne des romans crasseux en picolant plus que de raison.

Mes femmes légitimes  m’ont épousé pour l’argent et vous, Monsieur, vous m’ avez édité  uniquement pour l’argent aussi.  Finalement,  Il y a dans l’existence réelle bien plus de vulgarité que dans mes livres, autant chez les femmes, que chez les hommes, fussent-ils éditeurs.

Cela n’excuse rien,  Monsieur, mais cela donne juste un autre point de vue…

A l’heure où je prends mes distances avec la vie  et me trouve dans le sas de l’au-delà, je vous salue bien bas. La récréation est terminée. J’aime Pauline et j’emmerde tous  mes détracteurs pour des siècles et des siècles !

PS : mots prononcés par l’éditeur au moment  où il détruisit cette lettre tout en appelant son assistante :   »  Messa dita est. Il est mort, réimprimez en masse son dernier livre  « 

 

Elle est de retour !!!

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OMG !  Elle est de retour et elle est encore plus belle !

Bon j’arrête de baver et je vous présente le nouveau titre de Katy Perry : Rise. La chanson a été écrite pour soutenir les athlètes américains aux JO de Rio.

Ce titre épuré ne devrait pas figurer sur son prochain album…qui parait-il est en préparation et pourrait sortir fin 2016 ou début 2017 mais ce n’est qu’une rumeur pour le moment…

Le live ci dessous a été enregistré lors d’une convention pour les Démocrates puisque Katy soutient ouvertement Hilary Clinton pour la prochaine investiture américaine.

On la voit simplement chantant, avec une robe sobre , sans costumes ni effets spéciaux.  Elle n’ est même pas très à l’aise sur tout le début de la vidéo…C’est un bonheur de la retrouver avec un titre inédit et de cette manière là.

 

 

Trahi par la technique

gnouPremière diffusion sur Overblog le 19 janvier 2013

Il faut que je vous raconte ce qui m’est arrivé jeudi dernier. Dans le miroir de la salle de bain, au réveil, je ressemble généralement au croisement d’un Orque (celui des Seigneurs des anneaux) et d’un gnou dépressif en pré retraite. Heureusement, il y a Findus, mais surtout,  j’ai mes cosmétiques et jeudi dernier, catastrophe, rupture de stock d’anti-cernes. J’ai beau appuyer  sur la pompe du contenant, rien…et là c’est le drame ! Je me rabats sur le défatigant visage mais on ne peut pas s’en servir pour les cernes.. Je suis cuit, je vais devoir  sortir comme ça.

Déjà sur le chemin, personne ne m’a jeté de cailloux mais je fais le chemin en voiture en et plus de toute façon, j’habite dans un trou paumé donc il n’y a personne sur le chemin.

Au boulot, je fonce dans mon bureau me réfugier . Je commence à me détendre. J’allume l’ordinateur et  pour me remonter le moral je cherche des photos de stars au réveil sans maquillage. Je suis pas fou non plus, j’ai pas été voir Hugh Grant ou Colin firth…ou Clooney faut pas être maso. Pour le fun, j’ai même cherché Jeanne Moreau même si c’est une femme  (mais avec maquillage, parce que sans,  franchement c’est insoutenable…).

Bref tout commençait à aller presque bien, j’ouvre mon agenda et là, grosse panique, j’ai un rendez-vous à 10h soit un face à face, œil pour œil, dans mon bureau. J’avais oublié. Mais mes clientes sont en général des plus ou moins vieilles peaux, physiquement plus proches d’Arlette Chabot que de Charlotte le Bon. Imaginez la scène, si c’était une belle jeune femme, qu’aurais je fais ? Rentrer chez moi et mettre ma cagoule ou alors sortir mes lunettes de soleil de star pour cacher mes cernes ? Cela ne faisait pas trop professionnel mais bon j’aime bien faire ma chochotte…

Mais effectivement, point de jolie jeune femme charmante ce jour là (comme d’habitude bouh…).

J’ai expédié la cliente autant que j’ai pu et me suis rué sur Internet pour voir où j’allais pouvoir trouver mon produit anti-cernes moins cher car c’est après les fêtes, Londres et les soldes, le compte en banque n’ est pas en érection permanente. Et j’ai trouvé :  faut que j’aille chez Marionnaud pour les promos  mais samedi seulement à Toulouse , car ici il n’a en a pas. Donc  il  me reste le vendredi à tenir ( nous somme donc jeudi au moment où j’écris ces lignes  , je dis ça au cas où…).

Si vous me lisez c’est qu’on est samedi ou plus tard et que  donc j’ai survécu: de toutes façons si j’avais dû compter sur vous pour appeler les secours…

Au final, avouez qu’on est peu de choses quand même et qu’on a bien des soucis dans la vie.

Etre en panne d’anti-cernes…à mon âge.

Vous croyez que ça existe l’anti-cernes en intraveineuse ? Pfff dur de vieillir pour nous les hommes (pauvres diables vulnérables que nous sommes), c’est moi qui vous le dit…

PS : aucun gnou n’a été maltraité lors de la publication de cet article !

Banquises de Valentine Goby (2011)

gobyNous sommes en 2009 : Lisa, mariée et mère de famille quitte son foyer quelques jours, le temps de se rendre au Groenland , en solitaire sur les traces de sa soeur , Sarah. Celle-ci à disparu 27 ans plus tôt, lors d’un voyage dans cette contrée hostile, ses parents et Lisa n’ont jamais eu de nouvelles et son corps n’a jamais non plus été découvert…

C’est la première fois que je lis Valentine Goby, je ne sais plus où j’avais noté ce titre, c’était une chronique de blog qui m’avait frappée , il y a déjà quelque temps.

Cette découverte est en demi-teinte.

D’une part, Banquises est un récit fort, poignant, troublant parfois. Le pèlerinage de Lisa au Groenland est l’occasion pour elle de passer à autre chose, non pas de tirer un trait sur sa soeur mais disons de se défaire du poids de cette disparition, de la considérer vraiment morte, pour qu’enfin un deuil soit fait.

C’est un récit très noir, sans espoir, très froid, comme la glace du Groenland , même si Valentine Goby en profite pour nous rappeler l’urgence climatique, la calotte glaciaire qui fond et qui entraîne avec elle la disparition de peuples, de cultures, de styles de vie.

Il faut reconnaître à l’auteur la capacité d’interpeller son lecteur, de l’oppresser, voire même de le dégoûter à jamais de se rendre dans un pays arctique !

Mais voilà, le hic, c’est le style de l’auteur. Valentine Goby utilise des phrases très longues, compliquées à suivre, avec un rythme saccadé qui m’a vraiment lassé très vite. N’est pas Proust ou Albert Cohen qui veut.  Banquises du coup, est un livre pas agréable à lire, les seules phrases qui m’ont au final enthousiasmées, sont les quelques pensées ou aphorismes qui arrivent à exister dans cette masse de mots non contrôlés par l’auteur.

En résumé, je ne pense pas relire Valentine Goby, ou alors il faudrait que j’ai l’assurance qu’elle s’est livrée dans Banquises à un exercice de style non concluant

 

Le monde est bleu (comme toi ah ah ah)

bleu peinture  4Ce tableau de Kandinsky pour introduire un article sur le bleu en peinture. Pourquoi le bleu? Parce que je trouve que cette couleur est fantastique dans l’art pictural, la photographie. Pourtant dans la vie réelle, ce n’est pas l’une  de mes couleurs préférées malgré le ciel, la mer, les aurores et les crevasses glaciaires.

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N’est – elle – pas belle cette femme en bleu à la guitare, oeuvre d’une certaine Tamaro de Lempicka…

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De la guitare à ce violoniste bleu, il n’y a qu’un pas franchit par Chagall.

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Ici on voit les mendiants de Picasso dans sa fameuse période bleue.

La symbolique des couleurs est riche et on peut y voir beaucoup de choses, il n’y a pas vraiment de significations tranchées en matière de codes de couleurs. Ceci dit, on associe au bleu la froideur, la distance, le spirituel, le féminin même , et la tristesse. Ceci dit, ce n’est pas évident à voir sur les 2 tableaux modernes qui suivent…c’est des k !   (Klein et Klee)

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Matisse a également mis ses impressions sur de la toile bleutée…

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On associe également au bleu, la sagesse, la sérénité, le rêve. Ci dessous, une oeuvre de Kees Van Dongen, un peintre français (comme son nom l’indique) d’origine des pays Bas. Sa femme est en bleu mais avec un collier rouge…

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Et pour terminer enfin presque, un tableau  que j’aime beaucoup d’un peintre contemporain , Jacques Monory

bleu peinture  10 Monory

Je disais presque, car j’aime les nus féminins en peinture, photographie et art plastique en général. Quoi de plus beau que d’exposer le corps de la femme quand justement  il est beau ? Même les photos érotiques sont belles, quand la femme est seule face à l’objectif, qu’elles soient pudiques ou plus explicites…

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bleu peinture  12 femme allanguie sur drap bleu

 

 

 

Un autre amour de Kate O Riordan (2005)

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Connie et Matt Wilson vivent à Londres avec leurs trois fils. Ils forment l’archétype de la famille bourgeoise heureuse : bon travail, jolie maison, foyer uni…

Lors d’un week-end à Rome en amoureux, Matt croise Gréta, son premier amour , lorsqu’ils vivaient encore à la campagne…avant Connie.  Au moment de rentrer à Londres, Matt annonce à Connie qu’il reste à Rome avec Gréta, officiellement pour l’aider à surmonter le deuil de son enfant.

Connie rejoint Londres, ses trois fils, son amie de toujours et associée Marie, et elle compose avec cette situation. Mais…

Bon je dois dire que le début du livre ne m’a pas enthousiasmé.  Paradoxalement, Même si l’on rentre vite dans le vif du sujet, j’ai trouvé que la construction de l’histoire de Kate O Riordan était longue à se mettre en place, que le style de l’auteur était vraiment passe-partout et que l’histoire du couple qui explose à la quarantaine était tellement rabattue en littérature que je ferais mieux de lire autre chose.

Mais quand même, de très belles phrases parfois, comme ici…

Regarder un feu mourant tard le soir – il y avait toujours cette autre vie qu’on aurait pu vivre. Celle qui s’était éclipsée quand on ne regardait pas. Celle qui continuait à se dérouler le long d’une langue de flamme presque invisible qu’on n’aperçoit que du coin de l’oeil.

Et puis, j’ai changé assez vite d’avis, car ce qui compte ce n’est pas l’histoire mais bien l’angle d’attaque de l’auteur. Or l’histoire d’ Un autre d’amour est une histoire d’amour avec un grand A.

Petit à petit, la psychologie et la force des personnages éclate dans l’histoire. Il y a le mari, intègre et paumé, la femme, déterminée à sauver son couple, Gréta, la rebelle détruite par la mort de son fils, Mary, l’amie sensue de la famille , no-life, qui ne vit que par la relation qu’elle a avec Matt et Connie et enfin les 3 garçons, notamment Benny, un enfant qui ressent tout et reste emmuré dans son monde à lui.

Ce que j’ai aimé, c’est ce portrait de femme, aimante, qui va aller au delà des limites habituelles par amour de son mari.

C’était pitoyable : même avec sa meilleure amie, celle à qui elle confiait la vie de ses enfants, elle jouait un rôle. Il y avait la Connie qu’elle avait façonnée au fil des ans. Mère de trois garçons, épouse de leur père, sœur, fille. On serrait les dents, on continuait, on se levait tous les matins, on s’habillait et on mettait du mascara et du rouge à lèvres, on disait : « Bien, merci, et vous ? » Si on perdait cette personnalité, celle qu’on avait façonnée, il était impossible de savoir qui on trouverait pour la remplacer.

J’ai beaucoup apprécié la manière de Kate O Riordan, qui découpe au scalpel la relation de couple et la passion , sans en avoir l’air, sans juger personne.

A vrai dire, la seule chose qu’elle ait jamais voulue avait été d’épouser Matt et de fonder une famille. Elle avait eu honte de l’admettre et quand elle s’était mise à souhaiter davantage, elle avait été confrontée à la frustration face à ce qu’elle était, face à sa vie miniature, ni plus ni moins que ce qu’elle avait prévu et elle n’avait pas suffisamment d’envergure ou d’ambition pour se forcer à aller plus loin.
Elle avait eu ce qu’elle voulait et elle était paradoxalement fâchée contre elle-même d’avoir voulu si peu.

L’auteur arrive même à insuffler du suspens psychologique dans la dernière partie du roman et ce jusqu’à la fin, qui n’est pas celle qu’on attendait.

En résumé, un bon moment de lecture sur un sujet archi classique mais avec une grande humanité et une grande lucidité.

Un autre amour est parfait pour une lecture d’été et je lirais à nouveau cette auteur Irlandaise.

Un petit aphorisme pour terminer…

Les peines les pires sont celles qu’on ressent quand quelqu’un ne veut surtout pas vous en faire.

Cornouailles : une parenthèse enchantée (fin)

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Aie c’est le dernier jour… enfin demain ça compte pas puisqu’il faut reprendre la route pour Bristol, puis l’avion, puis la voiture pour rentrer.

Il fait toujours beau, il faut en profiter…

Jour 7 : Saint Michaels’ Mont – Marazion – Capé Cornwall – Pendeen – Zennor

La journée va commencer en allant au Mont Saint Michel… oui oui vous avez bien entendu ! Il y a une réplique de la célèbre Abbaye normande ici :  en Cornouailles. Elle a été construite après, quelque 80 ans plus tard, et à l’origine c’est  les Bénédictins du Mont Saint Michel normand qui ont voulu fonder une abbaye comparable, située sur une île et perchée sur un rocher de granit .

Regardez vu de loin, il est saisissant non ce Saint Michaels’ Mount ?

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La différence c’est qu’en fait il s’agit aujourd’hui d’un château, l’abbaye ne fonctionne plus. Et puis, ici, c’est vraiment une île, pas seulement lors des grandes marées, mais tous les jours. On prend le bateau à marée haute ou la digue à marée basse.

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Sur place…

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On trouve un magnifique jardin méditerranéen et même tropical, avec des vues somptueuses sur le château, l’océan Atlantique et les villages alentours.

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A flower inside flowers( yes i speak fluently… )

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C’est vraiment un bel endroit, reposant et beau, on avait envie d’y rester…jusqu’à ce que la faim nous prenne et nous intime l’ordre de rejoindre le pub de Marazion pour manger…

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Allez, nous repartons vers encore un bout du monde, Capé Cornwall. Je trouve que cet endroit ressemble énormément à l’ Irlande, ce qui n’est pas pour me déplaire: du vert, des côtes intactes, quelques moutons ( pas assez pour être en Irlande toutefois), quelques murets également…

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Après une petite marche au soleil sous la brise marine, nous allons finir la journée en empruntant une route magnifique, là encore très irlandaise, qui va nous conduire d’abord à Pendeen.

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Et enfin, le dernier village que nous visiterons, en pleine campagne, dans une ambiance de ferme surplombant la mer, sera Zennor, car sans t’es mort !  Petite déception, plus de cream tea aux 2 pubs du village, c’était trop tard, ils fermaient…WTF ??

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Il faut rentrer au chalet pour préparer le sac et faire un peu de ménage, il est déjà tard, et saluer une dernière fois la propriétaire,  l’ avenante Bella !

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PS: pas une égratignure sur la fucking voiture toute neuve bourrée d’électronique ! 

 

Belle du seigneur d’ Albert Cohen.

Forcément, je ne pouvais que rapatrier cette chronique, parue le 5 août 2011. Je n’ai rien retouché, juste enlevé le paragraphe qui parlait de l’adaptation cinématographique.

Roman hors norme, brillant, ébouriffant, dérangeant, qui ressemble à rien de connu et lu par moi jusqu’ici.

Un mois pile pour avaler les 1100 pages du pavé.

Impression de dépucelage littéraire, de n’avoir jamais rien lu avant.

Cohen est un génie et je ne veux plus rien lire de lui pour rester sur cet ovni littéraire, sur ce livre magistral considéré comme un chef-d’œuvre, l’un des dix meilleurs romans du vingtième siècle.

Je ne sais plus quoi lire maintenant…

Que dire sur ce livre ? Je vais me limiter à parler du thème central, l’exploration de la passion amoureuse en occultant les thèmes secondaires qui sont pourtant essentiels pour cadrer l’histoire d’amour des personnages (la noblesse, la bourgeoisie, les hauts fonctionnaires, la montée de l’antisémitisme au milieu des années 30)

Albert Cohen décortique la passion amoureuse comme jamais :  C’est un  auteur qui dit la vérité, sa vérité sans rien édulcorer en annonçant la couleur dès le départ : les deux personnages sont promis à leur déclin.

L’amour passionnel est voué à l’échec et à la perte des amants, quelle qu’elle soit.

Récit très noir du début à la fin, aucun espoir, toujours la vérité implacable et cruelle.

Aucun répit  dans le récit, les mots claquent à 220 km heure, on a parfois du mal à suivre, il y a des longueurs mais Cohen poursuit sa démonstration implacable et épouvantable. C’est vraiment dur et en même temps son style pour décrire la passion est vraiment beau, vraiment émouvant, parfois même très sensuel tout en restant pudique. Allez soyons honnête tout le monde rêve de la grande passion amoureuse, de l’île déserte avec sa dulcinée pour ne faire que s’aimer du matin au soir….mais après avoir lu ce livre, on y réfléchit à deux fois….car c’est une condamnation sans appel de la passion.

La passion amoureuse n’est possible que si on est jeune, beau, bien socialement ; Ce n’est qu’une gigantesque supercherie puisque que seul le coté bestial, « la viande », « les gorilleries » comptent et sont légitimés par les convenances sociales.

Selon Cohen, dès que l’on vieillit, plus de place pour l’amour physique et la passion, terminé pour la femme dès que ses seins tombent ou dès que l’homme perd quatre canines ou son rang social.

De plus les amants condamnés par leur passion s’étouffent rapidement, et sans social autour  d’eux, il est impossible de faire durer la passion, l’ennui vient très vite et l’enfermement est total.

Style très spécial : des pages entières de monologues  parlés des personnages et de monologues intérieurs, sans aucunes phrases ni ponctuation. D’habitude je suis totalement hermétique aux phrases qui n’en finissent pas, j’aime ce qui claque, ce qui est synthétique, ce qui se rapproche des pensées et aphorismes. Là, je suis fasciné par cette écriture, je sais pas pourquoi, on à l’impression d’un tourbillon autour de nous et on en sort épuisé.

Schéma de base très simple : la femme (Ariane) , le mari (Adrien) , l’amant (Solal).

Premier monologue intérieur d’Ariane et ça suffit pour tomber amoureux du personnage : jeune femme belle aux yeux de biche, distinguée, torturée, complexe, mariée mais qui n’aime pas son mari et vit dans son monde intérieur, joue du piano et lit beaucoup,même dans son bain, proche de la nature et des étoiles, toujours prête à parler aux animaux et à les sauver ( à défaut de parler aux humains) ,proche des chevaux (ancienne cavalière) et des crapauds, qui parle seule dans son bain,  s’embrasse sur son miroir, bref un peu barée, un peu princesse et  un peu hystérique aussi ….orpheline très tôt, ayant  de plus perdu sa soeur adorée . Jeune femme réservée et pudique mais capable de folies pour celui qu’elle aime, de tout lui donner. Bref un amour d’Ariane, qui de plus , cerise sur le gâteau rêve d’Himalaya…

Le mari : Adrien, un gentil couillon sans cervelle, fonctionnaire qui ne vit que par le regard de ses supérieurs, préoccupé seulement de lui-même et  de sa progression dans la voie hiérarchique, de la taille de son bureau et du niveau de confort des chambres d’hôtel lorsqu’il part en mission, des personnes qu’il peut inviter chez lui en fonction de leur rang social….bref un pauvre bougre qui ne vit que par le regard des autres et   de sa femme en particulier dont il voudrait être admiré.

Et pourtant il l’aime son Ariane, il est attentionné et gentil mais il est incapable d’aimer vraiment de donner quoi que soit d’épanouissant même si au fond c’est un amour sincère et émouvant.

Solal est piégé par la recherche de cet amour passionnel qui ne le rend pas heureux malgré ses multiples amantes et amoureuses.  Il méprise ses conquêtes, est parfois limite misogyne et en même temps il sait qu’il a accès à la passion amoureuse seulement  par ce qu’il est puissant, chef, jeune et beau. Il voudrait être aimé sans apparat pour ce qu’il est vraiment, la première rencontre il tente de séduire Ariane déguisé en vieillard aux dents cassées et elle le repousse ce qui la condamnera ,car Solal la séduira alors par la force .

Solal est possédé, limite schizophrène, il sait qu’il entraînera Ariane vers la déchéance et qu’il la rendra malheureuse et qu’il se rendra malheureux…il le sait dès le début mais il lui ment alors qu’elle est totalement sincère et naïve. Au fond Solal rêve d’un amour tendresse, d’un amour amitié voir même d’ un amour maternel, en somme d’un amour pur et impossible  mais est incapable de résister à l’appel de la passion.

Fou de jalousie vers la fin de leur passion, il va devenir  malgré lui le bourreau d’Ariane, totalement consentante et soumise à son Seigneur, prête à tout pour l’aimer et le garder.

Quand Ariane quitte Adrien elle lui écrit simplement : «  toi si bon, te faire souffrir, c’est affreux…pardonne moi mais j’ai besoin d’être heureuse. Il est l’amour de ma vie, le premier, le seul. »

 

Quand Solal comprend que leur amour est condamné que la déchéance passionnelle est inéluctable et qu’il pète les plombs il se dit à lui même ; « Du joli, la passion dite amour. Si pas de jalousie ennui. Si jalousie, enfer bestial. Elle est une esclave, une brute. Ignobles romanciers, bande de menteurs »

Vraiment, je suis enchanté, ému, surpris et totalement chamboulé par cet ouvrage. Je ne sais pas si je trouverai un jour un autre livre aussi fort autour d’une histoire d’amour, un autre livre qui me fera autant vibrer.

Belle du seigneur,  » un départ ivre vers la mer »