Pause vacances – Episode 1

Hello !

Le bar est fermé pour cause de vacances (épisode 1 ). 

Le travailleur que je suis a besoin de partir se ressourcer loin, loin, loin….enfin pas tant que ça géographiquement parlant, mais  quand même loin, loin, loin…

Je m’envole lundi pour une semaine dans le pays des Brontë, le Yorkshire, avec visite d’ Haworth et virée sur les côtes de la mer du Nord , du côté de Whitby !

Réouverture des portes ici même le 31 mai prochain !

A compter de dimanche, les commentaires seront modérés en mon absence , en raison d’indésirables qui arrivent en masse en ce moment, même s’ils sont stoppés par WordPress, on ne sait jamais…il y a des failles sur WP… vous pouvez me laisser des mots doux et des compliments ,  je les verrai et les publierai à mon retour !!

Portez-vous bien, merci de votre fidélité et à très vite , je vous laisse avec Clare Maguire et Elizabeth Taylor.

 

 

Bon appétit !

OMG! Katy est blonde et comme si ça ne suffisait pas, elle s’est fait une coupe à la Pink, à la garçonne…

Bon  les cheveux repoussent et les couleurs existent.

Il reste le nouveau clip du nouveau single , en attendant l’album qui sort le 9 juin…et la tournée en Europe, probablement en 2018 !

Il s’appelle « Bon appétit baby ! » et comment  dire…e ce film me met en appétit…

Et je dédie ce post à Emilie, car je vais faire le même bide qu’elle avec ses propositions musicales et aussi parce que je sais qu’il y a des fans de Katy Perry chez elle…  😀

Lettre à Ellen…

Ellen,

Samedi dernier, en proie à un accès de sentimentalité, j’ai pris la plume pour vous écrire un de ces mots comme je devrais n’en adresser qu’à Mary, qui est presque aussi folle que moi. Il m’est retombé sous les yeux aujourd’hui et je me suis doutée que le regard serein d’ Ellen se teinterait de mépris à une telle lecture. Sur ce, j’ai résolu de concocter quelque chose qui soutienne un peu mieux l’examen des gens de bon sens. Je ne vous dirais rien de toutes les pensées et de tous les sentiments que vous m’inspirez,  Ellen. Je ne franchirai pas les bornes de cette réserve, qui seule me permet de garder la réputation d’une personne un tant soit peu sensée, et sans laquelle tous ceux qui me connaissent m’auraient depuis longtemps rangée dans la classe des écervelées françaises.

Pardonnez-moi si je ne vous raconte que des âneries, car j’ai la tête lasse et le coeur abattu. La tempête fait rage ce soir et la plainte continuelle du vent me remplit d’une intense mélancolie. Quand les circonstances, quand mon humeur m’accablent pareillement, Ellen, je cherche d’instinct refuge dans la contemplation de quelque idée sereine et tranquille ; et c’est votre image que j’invoque à l’instant, dans l’espoir qu’elle m’apportera quelque apaisement. Et vous voilà, assise tout près de moi, droite et silencieuse, vêtue de votre robe noire et ceinte de votre écharpe blanche, avec votre pâle visage aux traits de marbre – et cet air si doux, si paisible,en tout point semblable à la réalité. Comme je voudrais que vous me parliez ! Si l’avenir nous sépare – si le sort veut que nous passions toute notre vie loin l’une de l’autre, sans jamais nous revoir – quand je serai bien vieille et que je me remémorerai mon jeune temps, avec quelle nostalgique jouissance je ressusciterai le souvenir d’ Ellen Nussey, l’amie de mes premières années !

Lorsque j’éprouve de l’affection , je le dis hautement ; C’est là mon caractère, et je ne crains pas le moins du monde d’exciter votre vanité en vous encensant. C’est votre piété qui fait votre plus grand charme ; puisse-t-elle toujours vous garder telle que vous êtes, pure, modeste et charitable, tant en pensée qu’en action. Et moi, que suis-je, à côté de vous ? Comme je me sens indigne en comparaison  ! Je suis une vile créature, un être grossier et commun.

Ellen, je voudrais bien pouvoir passer le restant de mes jours auprès de vous . Je vous suis, depuis peu, plus tendrement attachée que je ne l’ai jamais été. Si seulement nous avions une petite maison et un peu de fortune personnelle, je crois bien que nous goûterions jusqu’à notre mort, à vivre ensemble dans une tendresse mutuelle, un bonheur auquel nul ne pourrait ajouter.

Adieu, portez-vous bien ma très chère Ellen,

Charlotte Brontë.

Cette lettre fut écrite par Charlotte à son amie intime Ellen Nussey (avec qui elle correspondra jusqu’à sa mort), en 1836.  Charlotte Brontë a alors 20 ans, elle a rencontré Ellen alors qu’elles étaient toutes eux élèves dans un pensionnat , en 1831. Onze années plus tard, Jane Eyre sera publié et deviendra rapidement un succès .

 

J’ai déserté le pays de l’enfance de Sigolène VINSON – 2011

Une autre solution était aussi de vivre . Je devais y songer. Pas d’athéisme plus fort que celui-là.

Française, la narratrice a passé son enfance en Afrique, à Djibouti. Le pays d Arthur Rimbaud, celui  des Afars, des pêcheurs, des bergers, de la mer et du vent. Rentrée à Paris lorsqu’elle était adolescente, elle essaye de surmonter cet arrachement. Elle deviendra  avocate, spécialisée en droit du travail et se retrouvera à défendre des entreprises qui licencient. Jusqu au jour où  l’accumulation de travail et l’envie plus forte de défendre les salariés la perturbent. Elle s’ effondre en pleine audience, burn-out comme on dit aujourd’hui. La narratrice est alors conduite dans un hôpital psychiatrique, pour un très bref séjour, lors duquel ses rêves vont se rappeler à elle…

J’avais douze ans, le nez collé au hublot. Je regardais Djibouti s’éloigner , le pays des braves disparaître. J’imaginais le sillage de l’avion qui s’effaçait, couverture d’un livre qui se refermait et n’offrait plus rien à lire. Je vivrais pour toujours dans le souvenir de la Corne de l’ Afrique qui elle ne se souviendrait pas de moi. Aucune trace de mon passage sur cette terre africaine, juste dans mon ventre, dans mes poumons prêts à exploser. Je m’arrachais du berceau de l’humanité et ressentais une douleur animale, j’étais à bout de souffle, je cherchais l’air.

C’est le premier livre publié par Sigolène Vinson en 2011. Il s’agit d’une autofiction puisque la narratrice c’est elle : elle a vraiment passé une partie de son enfance à Djibouti, elle a vraiment été avocate, a vraiment passé trois jours chez les fous, suite à un gros malaise en pleine audience et a  réellement laissé tomber son métier.

Les ressentis sur le travail, son travail, me parlent…et la comparaison avec la poésie aussi, car il est beaucoup question de poésie dans ce livre aussi !

La poésie était impuissante à nous sauver d’être des hommes, elle aggravait peut-être notre cas. Le labeur seul pouvait nous permettre d’avaler la pilule, à condition d’être rémunéré. Peut-être faut-il travailler sans réel motif sinon celui de gagner de quoi reconstituer sa force. On y perd peu de plumes. Bien moins d’illusions.

Fallait-il qu’ à trente ans je sois bien intégrée, exerçant un métier qui porte titre, pour en comparaison donner à mon enfance la force d’un ordre essentiel et supérieur, celui d’être. J étais quelqu’un quand je me perdais dans la contemplation d un horizon infini, sans bouger le moindre petit doigt, sans cligner de l’oeil. Je ne suis plus personne quand je plaide, quand je prends parti.

Ce livre m’a enchanté encore une fois, c’est un coup de coeur. J’ai retrouvé dans ce récit autobiographique la très forte sensibilité de Sigolène Vinson, son humanisme, son engagement « politique » et surtout son style sec, noir, parfois à la limite du morbide, tout en conservant des touches d’humour.

Et, puis, J’ai déserté le pays de l’enfance est la genèse du dernier roman de l’auteur, Danser avec les ombres, que j’ai relu à la suite, et il y a même une clé anecdotique qui explique pourquoi   » Le Caillou » , qui est selon moi le meilleur livre que j’ai lu, s’agissant  d’une auteur de ma génération.

Une chose étrange également, je en ressens aucune attirance pour l’ Afrique. Le désert, la chaleur écrasante, les paysages arides me font fuir. Et à force de lire Sigolène Vinson, j’arrive à trouver beau son second pays, celui où elle a passé une grande partie de son enfance, celui qu’elle pleure , celui qui l’a façonnée. Ses pleurs sont beaux, parce que c’est une déclaration d’amour à ses paysages et aux hommes et femmes qui les peuplent.

De la même manière, dans J’ai déserté le pays de l’enfance, la galerie des « fous » que la narratrice va rencontrer durant les trois jours passés au service psychiatrique d’un hôpital parisien est extrêmement humaine et forte.

Une fois de plus, je me suis laissé totalement embarquer par les mots de Sigolène Vinson. Ce n’est pas si évident dans les récits autobiographiques, même s’ils sont forcément toujours un peu romancés.

J’espère retrouver prochainement cette auteur dans un prochain roman,  son dernier étant sorti en 2015, mais je crois qu’ hélas, il faudra être patient. Qu’importe, je serai au rendez-vous !

Ce long passage sur l’ Afrique d’enfance de Sigolène Vinson,  pour terminer, que je trouve somptueux…tellement plus beau et fort que ce qu’écrivent habituellement les auteurs de ma génération…

Sept heures et le soleil est déjà là, cuisant, blanc, dur. Nos yeux ne voient pas, nos têtes ne pensent pas, nos jambes, cannes de pêcheurs, cuisses et mollets maigres pareils, seules remuent. Vieilles mécaniques qui avancent pour trouver l’ombre, l’endroit où l’on se pose. Dix-sept heures, les rayons se font tendres et rasants. La mer est d’or en fusion, on y entre, on y pleure, d’eau salée dans les yeux et d’indescriptible cafard. Dix-huit heures, notre peau se hérisse aux dernières lueurs. Ce n’est pas de froid, puisqu’il ne fait pas froid, c’est un nouveau sentiment qui nous saisit, l’appréhension de la nuit qui tombe sans autre transition que cette fraction de seconde où la corneille crie puis s’endort ou peut-être meurt, on ne sait jamais. Et moi, je crois mourir avec elle.  Je cours me mettre à l’abri. Je m’étale de tout mon long. Face contre terre, je guette la minute qui suit et que je reconnais, je l’appelle moment de grande solitude. Viennent enfin les bruits du noir, la rumeur qui me réintègre au monde.  Le miaulement pauvre du chat abyssin, le sifflement reptilien de l’électricité dans les fils au dessus de ma tête , ce même murmure qui s’échappe des lampadaires plantés sur la route de sable, faibles lampions qui font les ombres dansantes et fantastiques, la conversation rocailleuse des Afars et des Somalis aussi.  Au dessus de moi, les étoiles sont au complet, celles qu’on ne voit jamais dans un ciel d’Occident, étincelles du crépuscule, de cette friction fulgurante entre le jour et la nuit. Je me relève. Ces soirs-là, je ne suis pas morte, je ne suis jamais morte. Mais ce matin de décembre 2007, ce matin où j’étais adulte et avocat, je me suis bel et bien évanouie.

 

Jeu de Nöel 2017 : Quatrième énigme

Merci d’avoir joué. Je donne 1 point à Manou (qui a trouvé la première mais a tapé Fernandez…) et 1 point à Valentyne (qui a trouvé la seconde mais a bien tapé Fernandel).  La bonne  couleur était   » orange ». Orange est une marque de téléphonie, c’est un fruit plein de vitamines et orage ô désespoir  !  A bientôt pour la cinquième énigme, ce sera en juin…

Hello darkness my old friend… houla, je m’emporte !

A ce jour, ont chacune un point : Emilie, Lydia, Valentyne, La Douce et Martine.

Voici la quatrième énigme du jeu de Noël 2017, en ce 6 mai.

Elle est facile, il s’agit de trouver une couleur à travers les 3 indices suivants:

  • Téléphone
  • Au désespoir
  • Vitamine.

Le premier commentaire qui donne la bonne réponse marque un point  : n’oubliez pas de mettre  » Fernandel » dans vos commentaires, afin qu’ils ne soient pas publiés instantanément…suspens suspens !

Allez Zou , faites-vous plaisir !  Que la meute se lâche…enfin que mes quelques commentatrices jouent ! Merci de votre participation !

 

Comment j’ai raté ma vie professionnelle – Episode 6 (dernier épisode)

Episode 1

Episode 2 

Episode 3

Episode 4

Episode 5

Me voici donc fonctionnaire territorial, le 9 août 2009…donc le 01 août 2017 cela fera 8 ans que je suis en Ariège sur ce même travail.  Et c’est la fin de la true story de ma vie professionnelle.

Mais faut que je vous raconte un peu mon job…vous allez voir, bon bien sûr je ne donne qu’une partie de mon travail, pour faire marrer. En fait, je travaille dans un établissement qui est un centre de ressources pour assister les collectivités ( mairies, syndicats, communautés de communes…) dans la gestion de leur personnel, en gros c’est de la gestion des ressources humaines ! Sauf qu’on est dans l’administration ! Dans le privé, il y a un gros pavé qui passe pour être compliqué et imbuvable : Le Code du travail. Mais chez nous, cela n’existe pas, pas de code du travail pour les fonctionnaires territoriaux ! Chez nous il y a le fameux  » Statut » des agents. Et aucun livre n’existe…le statut c’est des milliers de textes juridiques flous et énigmatiques :

  • Les lois : elles fixent les grands principes RH qui vont s’appliquer aux agents
  • Les décrets : ils fixent les modalités d’application des grands principes de la loi
  • Les circulaires : Elles expliquent comment il faut comprendre les décrets
  • Les Foires aux Questions  analyses et avis  des spécialistes qui expliquent ce qu’on voulu dire les circulaires pour aider à comprendre comment appliquer les décrets qui précisent ce qu’a instauré la loi.

Et moi j’interviens , un peu comme le phare dans la nuit pour éclairer les employeurs territoriaux vis à vis des problèmes qui se posent dans la gestion quotidienne de leurs employés.

Ha ha, vous voulez rire : voici des exemples choisis…

  •  Les positions statutaires ( rien à voir avec le kama sutra) Une de mes premières questions, à l’époque je ne savais rien du statut était sur le problème d’un agent attaché qui était détaché. J’ai crû qu’on se fichait de moi. Aujourd’hui, je sais qu’un attaché peut être détaché sur un poste d’attaché…

 

  • Les congés de maladie. C’est un gros morceau et parfois on se marre…on fait expertiser des agents auprès de médecins agréés, qui doivent dire par exemple si un agent qui est rippeur (agents qui collectent les poubelles à l’arrière des camions) et qui a un bras qui ne fonctionne pas peut continuer son travail. Dernièrement, j’ai halluciné, on a envoyé un agent en expertise chez un médecin légiste. Purée, je me suis dit, ils vont quand même pas  l’autopsier vivant…je ne savais pas que la médecine légale travaillait sur autre chose que des cadavres. Souvent, faut que j’aide les mairies à calculer les droits des agents en terme de rémunérations quand ils sont malades et là on a un système fabuleux : il faut recalculer les droits des agents tous les jours de leurs arrêts. Oui oui, vous avez bien compris, on travaille sur ce qu’on appelle des périodes glissantes…tous les jours les droits peuvent changer !

 

  • Les primes des agents. Ha ha ha, là aussi, pour ceux qui en ont car dans la fonction publique territoriale, les primes sont facultatives, chaque employeur décide d’en donner ou pas, c’est la jungle. Nous avons des centaines de primes différentes et sexy. Bon , je choisis un peu en vous citant les suivantes. Par exemple, la prime pour utilisation d’une langue étrangère (l’ ariégeois ne compte pas) pour les agents d’accueil : 13.69€ bruts…par mois. Mais si c’est du portugais ou du suédois, ça tombe à 9.23€. On a aussi l’indemnité spéciale de risques aux agents des parcs zoologiques communaux chargés de nourrir les animaux sauvages : jusqu’à 1200€ par an quand même…j’imagine en fonction du potentiel de sauvagerie des animaux ! Heureusement, nous n’avons pas ça en Ariège. Et enfin, je citerai l’indemnité des agents municipaux d’inhumation. Les salauds, ils s’en mettent plein les poches sur le dos des morts…1.31€ brut pour un portage de bière et le scandale, c’est qu’ils peuvent cumuler avec l’indemnité  de mise en bière qui est de 0.67€ brut. Presque 2 € par cadavre…voilà comment on dépense l’argent public! Salauds de fonctionnaires !

Voilà, c’est mon job !

La question c’est de savoir jusqu’à quand je peux faire ça…à ce jour, je pourrais prendre ma retraite à 62 ans révolus soit encore 15 ans ! Mais comme j’ai fait beaucoup d’études, si je veux avoir une retraite « normale » c’est à dire sans minoration, je devrais bosser jusqu’à 67 ans…soit encore 20 ans !

Voilà, vous savez comment j’ai raté ma vie professionnelle…

Merci de me donner en commentaire vos idées (sérieuses hein…ou pas) de reconversions professionnelles.

Fin de la saga et rendez-vous bientôt pour une seconde sage de loser : je vous raconterai comment j’ai totalement foiré ma vie sociale !!

 

Dans le jardin de l’ogre de LEILA SLIMANI – 2014

Les gens insatisfaits détruisent tout autour d’eux.

Adèle est une  femme qui vit à Paris. Elle a épousé Richard, un chirurgien dévoué à son métier et à sa manière, à sa femme. Le couple a un fils , Lucien, trois ans. Adèle est journaliste . En apparence, une existence bourgeoise et tout à fait normale, ordinaire…un mari, en enfant, un métier. Mais Adèle souffre d’une addiction terrible au sexe, et malgré son envie d’en sortir et son dégoût d’y succomber encore et encore, elle ne parvient pas à s’en détacher

Elle les regarde et comprend qu’à présent sa vie sera toujours la même.  Elle s’occupera de ses enfants, s’inquiètera de ce qu’ils mangent. Elle ira en vacances dans des lieux qui leur plaisent, cherchera tous les week-end à les distraire. Comme les bourgeois du monde entier, elle ira les chercher au cour de guitare, les emmènera au spectacle, à l’école, cherchera tout ce qui peut les tirer vers le haut Adèle espère que ses enfants ne lui ressembleront pas.

J’ai découvert Leila Slimani avec Chanson Douce, qui fut un coup de coeur pour moi et obtint le fameux Prix Goncourt 2016.  Et son premier roman, Dans le jardin de l’ogre en est un aussi.

Il y a d’ailleurs quelques ressemblances entre les deux livres : ici aussi, il s’agit d’un portrait de femme à la dérive, qui a un moment donné s’est frottée au manque d’amour, lequel à engendré des comportements psychologiques déviants et dangereux. Ici aussi, on ressent de l’empathie pour l’héroïne : Adèle est bien plus victime que coupable puisqu’elle est sexuellement compulsive. Il n’y a rien de glamour ou de sexy dans son comportement. Elle subit, et fait subir par ricochet…

Elle comprit très vite que le désir n’avait pas d’importance. Elle n’avait pas envie des hommes qu’elle approchait. Ce n’était pas à la chair qu’elle aspirait, mais à la situation. Être prise. Observer le masque des hommes qui jouissent. Se remplir. Goûter une salive. Mimer l’orgasme épileptique, la jouissance lascive, le plaisir animal.

Leila Slimani nous livre une histoire forte, glaçante de A à Z. Dès la première page du livre le lecteur est en pleine tension, pris à parti par ce récit froid, sans aucune concession. On sait que l’on va au drame et que la fin heureuse n’est que peu probable.

Je salue la maîtrise et le style de cette jeune auteur : vraiment, Le jardin de l’Ogre est un premier roman, et on rencontre rarement autant de brio dans ce cas de figure. Il n’y a rien à enlever, pas de gras dans les mots de Leila Slimani.  La seconde partie est même un peu trop courte à mon avis.

Adèle est un personnage parfaitement réussi et convaincant, et à ses côtés, l’auteur arrive à faire exister par petites touches son mari, son fils,  sa meilleure amie Lauren, la seule au courant en grande partie de la double vie d’Adèle et même ses parents.

Seule la fin du livre, c’est à dire les deux dernières pages, m’ont laissé un peu sur ma faim car Leila Slimani renvoie  le lecteur vers un possible que l’on peut interpréter de diverses manières…voici les toutes dernières lignes , qui ne dévoilent en rien l’intrigue, je vous rassure !

Ca n’en finit pas,Adèle. Non, ça n’en finit pas. L’amour, ça n’est que de la patience. Une patience dévote, forcenée, tyrannique. Une patience déraisonnablement optimiste. Nous n’avons pas fini.

J’ai vraiment hâte de lire le prochain roman de cette auteur douée , initialement journaliste, qui a déjà rencontré un immense écho auprès du public et des critiques.

Stop ou encore – Episode 13

21 votes lors du dernier épisode ont abouti au résultat suivant:

  • Sandra : 33%
  • Benjamin Biolay : 29%
  • Superbus : 19%
  • Christine and the queen : 19%

C’est donc Sandra,  la chanteuse d’origine  allemande qui collectionnait les tubes dans les années 80, qui a gagné…souvenirs souvenirs pour ceux et celles qui ont voté pour elle. Le mot fil rouge cette fois-ci sera le mot « nuit » et les 4 chansons seront internationales.


Voici les 4 chansons à départager aujourd’hui

Sandra : In the heat of the night : sorti juste après MariaMagdaléna, sur le même album, un énorme hit dans le monde entier. Si vous aimez les beaux mâles en sueur, regardez ce clip… 😀

Phil Collins : In the air tonight : Sorti sur l’un des albums solo du leader du groupe Génésis, ce titre est parait-il très fort d’un point de vue de la batterie, le premier « métier » du grand Phil Colins. Et un méga tube aussi. J’ai choisi un live de 1990

Corona :  The rhythm on the night. Ceux qui faisaient des folies de leur corps (ou pas) dans les années 90 s’en rappellent…un méga tube aussi.

Katy Perry : Last friday night : sur l’album de tous les records,  » Teenage dreams » pour la chanteuse américaine, l’un de ses tubes pop rock. Et voici le clip officiel, complètement barré et déjanté comme souvent chez Katy Perry !

A vos votes, prêt(e)s ? Votez !

 

Il est où le Bonheur, il est où ?

Non, je ne deviens pas fan de Christophe Maé, faut pas pousser le bouchon trop loin quand même !

J’ai entendu à la radio une brève expliquant les résultats d’une étude de chercheurs anglais sur l’aptitude au bonheur des personnes, laquelle s’avère être très variable d’un individu à l’autre. Elle a été menée sur 8000 personnes.

L’étude a mis en évidence 5 facteurs ou qualités personnelles qui sont déterminants dans le potentiel au bonheur propre à chacun.  Si un individu a au moins 4 de ces 5 caractéristiques, il sera très probablement heureux et en meilleure forme globale plus longtemps.  Par contre, s’il en a au maximum 2, il y a de fortes chances qu’il soit plutôt dans la dépression ou disons dans l’incapacité chronique à être et se ressentir heureux , tout en ayant des difficultés dans les relations sociales.

Voici les 5 critères révélés par les chercheurs britanniques

  • La détermination
  • Le sens du contrôle
  • La stabilité émotionnelle
  • L’optimisme
  • La conscience

Si je regarde à chaud ces qualités personnelles, ben au mieux j’en ai 2, peut-être 3 , allez disons 2.5 ! Verdict , selon les scientifiques de l’université de Londres qui ont mené cette étude, je ne fais pas partie de ceux qui ont une propension au bonheur.

Bon, à vrai, dire je m’en doutais un peu…

A moins que…

En y réfléchissant…

Reprenons les 5 qualités :

  • Suis-je déterminé ??  Oui, s’il s’agit d’avoir des cadeaux pour mon anniversaire et à Noël et de partir en vacances, je suis motivé comme une hyène de Sibérie !
  • Ai-je le sens du contrôle ?? Oui aussi, est-ce que vous avez déjà lu ici un article trash, une photo de mes fesses ou des insultes ?? Non, donc j’ai le sens du contrôle !
  • Suis-je stable émotionnellement ?? : Carrément, chaque apparition de Katy Perry provoque en moi un Tsunami interne alors que quand j’entends de la musique classique je fuis ! Ceci dit-, son nouveau look de blonde aux cheveux courts…au secours 😀
  • Suis-je optimiste ?? Totalement, je sais que la troisième guerre archi mondiale viendra, que la planète se meurt écologiquement et que les robots conduiront à l’esclavage des humains…mais je m’en tamponne, je serai mort bien avant hé hé hé  !
  • Ai-je de la conscience ?? Sincèrement, je ne sais pas trop à quoi correspond ce critère, je  n’en ai nullement conscience !

Bilan des courses : au final, je possède 4 voir les 5 qualités nécessaires pour être heureux ! Merci les chercheurs anglais, je suis top rassuré…je vais virer mon psy, arrêter la méditation, ne plus boire d’apéro, me mettre à écouter France Info et France Culture  et même  Christophe Maé !

 

Trois saisons d’orage de Cécile COULON (2017)

Ce roman est l’histoire de deux familles au milieu d’un village de montagne  perdu : Les Fontaines. Ici se trouve une carrière que les ouvriers creusent , parfois au péril de leur existence. Il y  La famille d’André, le médecin du village,  qui ne fait pas partie des terres, des Fontaines. Elle vient de la ville… Mais elle saura se faire accepter. André aura un fils Bénédict, qui lui succédera et lui même aura une fille Bérangère.  La famille de Maxime puise son sang aux Trois-Gueules, le nom de la carrière, elle a toute légitimité.  L’un des fils de Maxime, Valère, reprendra la ferme familiale et sera lié avec la famille d’André.

Les Fontaines.
Je vous parle d’un endroit qui est mort mille fois avant mon arrivée, qui mourra mille fois encore après mon départ, d’un lieu humide et brumeux, couvert de terre, de pierre, d’eau et d’herbe. Je vous parle d’un endroit qui a vu des hommes suffoquer, des enfants naître, d’un lieu qui leur survivra, jusqu’à la fin, s’il y en a une.

Sixième roman lu par moi de Cécile Coulon,  Trois saisons d’orage semble rencontrer un accueil fantastique, beaucoup d’écho dans les médias,  le livre est pré-sélectionné dans plusieurs prix littéraires sérieux, bref tout va bien pour Cécile. Mais en ce qui me concerne, ça ne sera pas mon livre préféré de la pétillante auteur et je suis partagé dans mes ressentis.

Indéniablement, c’est un roman riche et efficace, qui arrive à ses fins, happe le lecteur dans la seconde partie de l’histoire et ne lui laisse aucun répit jusqu’à la fin. Le suspens et la tension sont omniprésents et s’installent petit à petit. Certains personnage, notamment Valère et André sont très construits.

Cécile Coulon, décrit parfaitement ce milieu hostile, ces Trois-gueules (la carrière exploitée par les hommes) et ces Fontaines (le village habité par les hommes) avec brio et précision. Mais j’ai trouvé la première partie un peu longue et avec plusieurs répétitions. Et alors qu’on pense que le personnage central de trois saisons d’orages est bien le  » décor  » où évoluent les personnages, un rebondissement auquel j’ai eu un peu du mal à croire au départ,  fait basculer l’histoire dans une saga sur fond de passion et de travail de la terre et de la pierre.

Un jour, quelqu’un découvrirait la vérité, et ce quelqu’un parlerait. Quand les gens parlaient aux Fontaines, ils parlaient beaucoup, longtemps, et très fort.

Je trouve que Trois saisons d’orage est un livre totalement réussi dans sa dimension sociale , lorsque Cécile Coulon nous fait partager sa vision de l’opposition ville campagne. Si au départ, on est du côté de ceux qui sont et font  cet endroit hostile, à la fin on s’interroge vraiment sur leur dimension humaine, et la cruauté n’est jamais très loin.

“ Aux Fontaines, on croyait toujours que le danger venait de l’extérieur, qu’on avait le temps de l’appréhender, personne ne se posait la question des tremblements intérieurs, des mouvements sous la surface, le soir, quand les cloches se taisaient. “

J’ai  également retrouvé ce qui me plaît chez Cécile Coulon, son style sec, précis et souvent extra-lucide, sa noirceur.

  Mais, d’un autre côté,  j’ai trouvé ce roman plus convenu, moins original dans la thématique et le traitement, un peu trop multiples facettes pour qu’il en reste à terme une couleur prégnante dans mon ressenti de lecteur.

Au final, C’est un livre qui oscille entre récit de société, saga familiale, roman de terroir, histoire passionnelle, un bon moment de lecture, et c’est déjà pas si mal !

Et encore une fois, je constate qu’après un coup de coeur pour le roman d’un auteur (Le coeur du Pélican sorti en 2015) on ressent souvent un peu  de déception sur le suivant, on voudrait qu’il soit encore mieux, mais ce n’est pas si fréquent.