Aurélien, d’ Aragon (1944)

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Un grand merci à Monesille qui m’a offert ce livre ! Et une pensée pour Galéa qui est un peu aux origines de cette lecture. Enfin un coucou à Valentyne et Soène qui en ont fait une lecture commune

Aurélien est un jeune rentier oisif qui enchaîne les aventures amoureuses dans le Paris mondain des années 1920. Revenu de la grande guerre, il déborde d’une énergie dont il ne sait que faire, et il traîne son ennui sur les quais de la seine, entre réceptions, dîners mondains,  affaires et ateliers d’artistes. Chez son ami Edmond Barbentane, avec qui il a fait la guerre, il rencontre un jour Bérénice Morel,  cousine d’Edmond et épouse d’un pharmacien de province, venue prendre du repos et du bon temps dans la capitale. D’abord insensible à la jeune femme, Aurélien va en tomber fou amoureux. Les deux jeunes gens vont partager un amour passionné, une quête d’absolu , mais leur passion s’avère être impossible…

Je dois dire que j’ai failli abandonner ce livre dans les cinquante premières pages, je ne connaissais pas Aragon , je m’attendais à un récit poétique et pas du tout, du moins au début : des descriptions longues dans un style daté et poussiéreux, presque aussi insupportable que chez Hugo et Balzac que je n’ai jamais réussi à lire.

Seulement, le personnage d’Aurélien est intriguant et assez fouillé dès le début alors j’ai décidé de m’accrocher. Et j’ai bien fait, au final Aurélien est un vrai coup de coeur, quelle histoire et quel pavé (700 pages en petits caractères).

Ah, s’il avait pu douter de lui-même, il ne doutait plus de son amour pour Bérénice ! On ne doute pas d’une plaie vive. L’horrible, le casse-tête, c’était ce comportement… Aurélien croyait se calmer, rendre tout plus tolérable, en cherchant à comprendre, en comprenant. Alors il fouillait les ténèbres récentes de ces quelques semaines extraordinaires, de ce qu’il appelait déjà son bonheur, comme si… A quoi cela se réduisait-il pourtant ? A se martyriser la mémoire, à se déchirer le cœur, Leurtillois reconstituait minute à minute cette période déjà close, cette aventure de la brièveté de laquelle il se surprenait toujours émerveillé.

Vraiment, Aragon construit au fil des pages un personnage complexe, vivant, introspectif, qui traîne son ennui de vivre comme les prisonniers traînaient un boulet à la cheville . Cet Aurélien , mélange de lui-même et de son ancien ami Drieu La Rochelle est un grand personnage de Roman. Bérénice, son amour impossible aussi, même si elle revient mois souvent dans l’histoire.

Aurélien connaissait en lui ce défaut, ce trait de caractère au moins, qui faisait qu’il n’achevait rien, ni une pensée ni une aventure. Le monde était pour lui plein de digressions qui le menaient sans cesse à la dérive. Les volontés les mieux formées, les décisions échouaient là devant. Ce n’était pas de l’irrésolution. Mais sollicité par tout, à quoi se serait-il borné?
Il ne s’était pas plus tôt formulé une vérité certaine, que l’incertain lui en paraissait, qu’il était prêt à parier contre lui-même, à épouser la certitude inverse.

Et puis, c’est une peinture littéraire des années vingt à Paris, des artistes de l’époque, surtout les peintres, de la mode, de la Seine et de la Scène…

C’est également une histoire romanesque sur fond historique, puisque Aragon parle par petites touches de la première guerre, de la victoire, de l’ après guerre et que l’histoire se termine ensuite au moment de la débâcle de 1942. (le roman fut publié en 1944).

Mais enfin et surtout, c’est l’une des plus grandes histoires de passion amoureuse qu’il me soit arrivé de lire. On y retrouve le message et la trame de Belle du Seigneur ou de Madame Bovary, on sait dès le début que la passion va détruire Aurélien et Bérénice et que c’est l’impossibilité de l’amour qui rend l’existence pitoyable.

Il devinait confusément un piège. Une femme pour un homme, c’est d’abord un miroir, ensuite un piège… Un monde de complications. Un monde. Non. Mille fois non. Se reprendre avant d’être dans l’engrenage. D’ailleurs quelle futilité, cette femme !

Il y a une passion si dévorante qu’elle ne peut se décrire. Elle mange qui la contemple. Tous ceux qui s’en sont pris à elle s’y sont pris. On ne peut l’essayer, et se reprendre. On frémit de la nommer : c’est le goût de l’absolu. On dira que c’est une passion rare, et même les amateurs frénétiques de la grandeur humaine ajouteront : malheureusement. Il faut s’en détromper.

Ceci-dit, les histoires et surtout le style n’ont rien à voir ni avec Flaubert ni avec Cohen, même si l’on retrouve des longueurs inutiles et des morceaux de haute volée. Aragon arrive à faire vivre tous les personnages secondaires, et ils sont légion, sans trop perdre le lecteur. Et il savait déjà en 1944 utiliser ce qu’on appelle aujourd’hui le teasing, c’est à dire introduire un évènement qui fait palpiter le coeur du lecteur qui devra attendre deux ou trois chapitres pour y accéder. Par contre, je trouve le dernier rebondissement, donc la dernière page de trop…

En résumé, cette lecture m’a vraiment enthousiasmée, ce personnage d‘Aurélien est l’un de ceux qui m’auront le plus touché dans la littérature romanesque et amoureuse, j’avais souvent l’impression de le voir, de le comprendre, du moins en partie, de partager certains ressentis avec lui. Il est touchant, vraiment.

Au fond, le siècle d’Aurélien s’écrit en deux mots : il y avait eu la guerre, et il y avait Bérénice.

Je sais que cette histoire est l’une des quatre écrites par Louis Aragon dans la série  » La vie réelle ». Est-ce que je tenterai un autre de ses romans ? L’avenir le dira.

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Jeu de Noël 2016 : La liste des participantes…

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Comme promis, voici la liste des participantes à la tombola 2016 du blog de Mind The Gap. Qui est qualifié pour le tirage au sort ? C’est simple, toutes les personnes qui ont envoyé un ou 2 cadeaux pour préparer 2 jolis colis de Noël  à celles qui seront tirées au sort.

J’ai mis moi aussi 2 cadeaux surprise dans  hotte du Père Noël, du coup, presque je m’inclurais dans le tirage au sort, ben oui, il y a plein de cadeaux …mais ça va faire arnaque si c’est moi qui gagne…Warf !

Alors voici la liste officielle des participantes avec par ordre d’arrivée:

  • Asphodèle
  • Valentyne
  • Pativore
  • Soène
  • Syl
  • Manou dans la forêt
  • Emilie
  • Estelle
  • Monesille

En tout , il y aura, je crois, 16 cadeaux à gagner, merci vraiment pour votre participation. Et un énoooorme merci à toutes celles qui m’ont gâté au passage !

Les voici, ça donne envie non ??

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Il y aura 2 gagnantes. Il reste à faire un tirage au sort avec des petits papiers comme il se doit et une main innocente, comme il se doit aussi. Enfin, je répartirai au hasard les cadeaux (qui de toute manière arrivent emballés pour la plupart) entre les 2 heureuses élues.  je préparerai les colis et les posterai au plus tard le 10 décembre.

Et justement, rendez- vous ici  le lundi 12 décembre pour les résultats du tirage au sort. Merci encore de votre participation !

Classement des commentatrices du blog : dernier trimestre 2016 et top annuel !

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Oui, voici du glamour, du sexy et aussi du très bon goût, vous me connaissez non ?

Voici le classement trimestriel des top commentatrices du blog, arrêté au 01 décembre 2016. Pas de gif sexy pour ce premier classement, vous allez voir pourquoi ensuite.

Il y a ce trimestre, très peu de changements par rapport au précédent classement:

  • Sixième : Célestine qui conserve sa place
  • Cinquième : Soène, qui perd 2 places
  • Quatrième, Estelle Calim qui ne bouge pas
  • Troisième : Lydia B qui gagne  les 2 places perdues par Soène
  • Seconde : Asphodèle, toujours à la deuxième marche du podium
  • Première : Emilie...toujours médaillée d’or des commentatrices du blog pour ce dernier trimestre 2016.

Merci à tous et toutes…c’est les commentaires qui font vivre un blog comme le mien, pas le nombre de visites et de visiteurs, on n’est pas dans une  agence de pub ici sacrebleu ! Même si c’est un équilibre fragile que de faire vivre un blog avec une moyenne de 20 visiteurs uniques par jour, mais je suis un équilibriste par nature…

Oui mais voilà, WP tient à jour le top des commentaires pour les 6 premières personnes seulement, c’est ce que je vous livre  4 fois par an !

Mais  comme on est à la fin de l’année, j’ai décidé d’établir moi même le top annuel des commentatrices en reprenant les 4 classements trimestriels …et cela permet de citer 10 personnes et non 6. Et comme c’est la fin de l’année, c’est le retour des gifs sexy qui représentent parfaitement mes top commentatrices.

C’est parti pour le top 10 annuel  de l’année 2016. Eloignez les enfants et les grenouilles de bénitier , va y avoir du sexy hot, c’est le top annuel…le réchauffement climatique est une réalité. Bref on éloigne les âmes sensibles.

10) Louise :  elle a complètement disparu des écrans radars…elle se serait reconvertie en serveuse fleurie…mais elle était là au début de l’année 2016.

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9) Syl : La comtesse perd de plus en plus de terrain…le déclin de noblesse, c’est triste, les bourgeois ont gagné…et elle passe ses journées à s’hydrater le corps maintenant…gazette-sexy-10

8) Célestine : La fée (selon Emilie) montre le bout de sa baguette magique de plus en plus souvent…et elle prend soin de son corps au bord de l’océan…gazette-sexy-8

7) Philisine : Le lama de la blogosphère est encore dans ce classement , mais elle avait dit qu’elle serait en tête en 2016…ben loupé…chuuuuuuttt je ne le dis pas trop fort, car  » quand lama fâché, lui cracher » selon les aventures de Tintin. Ceci dit elle a l’air zen, elle joue au sablier humain… gazette-sexy-3

5 ex aequo) : Monesille : Ha, on a retrouvé un signal dans le triangle des Bermudes, elle pourrait revenir, finalement sa boite noire est intacte…et elle a l’air ravie de savoir qu’elle est dans ce classement annuel.

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5 ex aequo ) Lydia B : C’est la première petite nouvelle de cette année 2016 au niveau des commentatrices les plus assidues …bienvenue dans le monde du glamour

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4) Estelle Calim  :  C’est la seconde petite nouvelle de 2016,  et déjà aux portes du podium…hou apparemment , elle est sportive et active sur les plages du pays basque😀

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3) Soène : Oui elle est sur le podium, ouf, sans cela elle nous aurait fait un coup de surchauffe…n’empêche quelle régularité l’air de rien…elle venait même avant que le blog existe, juste pour être là…mais là je trouve qu’elle vie de plus en plus dangereusement, tout ça pour éviter son voisin de pallier…hum hum !

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2) Asphodèle : Hé oui la grande prêtresse est number one depuis que le blog existe sur W,P mais pour 2016, elle  n’ est  que la Raymonde Poulidore du classement, et comme lui, elle ne se dope pas…enfin ça dépend. Par contre, elle est retournée au goulag et cette année, c’est option plongée…gazette-sexy16

1) Emilie : Ma jumelle astrale est sans contrefaçon la top commentatrice de 2016, et classée 4 fois première depuis que je fais ce petit jeu…et on la voit ici au milieu de ses montagnes, s’adonner au hula hoop…que voulez-vous, pas facile d’être au top des commentatrices, c’est sportif ! Tiens, elle n’est pas vraiment blonde ? On nous aurait menti ? Par contre elle est tête en l’air , elle a oublié…ses écouteurs pour bouger en rythme !

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Bon , tout le monde est en vie?? Allez ça fera  3 Pater et 2 Je vous salue Marie…

Merci à toutes et je n’oublie pas aussi ce qui n’apparaissent pas dans ce top 10 mais qui viennent régulièrement ici, je pense plus particulièrement à Valentyne, Sharon, Caroline, Valérie,  Antiblues,  et encore Pativore,  Séia, Manou, Eléa, Marie, Sido, Maryline,  Sandrion, Céline, Martine…

Mais mais…il faut quand même que je finisse par dire que la vrai top commentatrice de ce blog selon WP, est un top commentateur : Mind The Gap.

Hé oui, je ne fais que répondre à vos commentaires, ce qui est bien le minimum, mais WP m’englobe dans le palmarès. Alors…je dois me sacrifier au rituel du gif sexy…non ne me remerciez pas, c’est le jeu voilà tout, et d’ailleurs un jour je finirai bien par montrer mes fesses ici même…quand le blog sera vraiment au bord du gouffre…c’est pas encore mais sait-on jamais…

Allez cadeau les filles…me voici en train de me laver… oui j’ai une installation douche cascade parce que je le vaux bien : qui vient m’aider à me frotter le dos ???

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La tête de l’emploi de David Foenkinos

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PS : Pour les personnes qui me font le plaisir de participer au jeu de Noël, pensez à m’envoyer votre cadeau ou vos 2 cadeaux avant le 5 décembre. Merci !

Bernard à quarante ans passés, une vie ordinaire, banale, terne, il est banquier en région Parisienne.

Avec les années, on en vient à survoler nos vies, on confie des bribes de manière mécanique. On partage des résumés, alors qu’on aimait tant les digressions. Les mots se sont enfouis de moi. Mon côté banquier peut-être. Les chiffres ont progressivement pris possession de ma vie. Et il me semble difficile de faire des phrases avec des chiffres.

Sa fille prend son envol et part quelque temps pour le Brésil.  Quelques jours après, sa femme le quitte ayant rencontré un autre homme et conserve leur appartement. Enfin, après une légère altercation avec un client, son patron utilise ce prétexte pour le virer afin de faire des économies.

Bernard, sans logement ni travail, est contraint de retourner chez ses parents, lesquels voient d’un très mauvais oeil le retour de ce fils incapable de s’en sortir dans la vie…bref il a raté sa vie !

Est-ce que la vie grignote chaque jour le meilleur de ce que nous sommes ? Je me sentais délesté de mes envies; j’étais devenu plus que jamais la version triste de moi-même. Je me sentais absent de quelque chose, inaccessible au désir.

J’ai retrouvé David Foenkinos après la belle parenthèse  « Charlotte » qui a été pour moi une vraie révélation ; j’ai adoré le livre, découvert la vie et l’oeuvre de Charlotte Salomon, j’ai été voir une expo à Nice. Et là j’ai retrouvé le David Foenkinos qui raconte une histoire sous forme de comédie faussement légère, bien contemporaine et tragique, avec sa fluidité et sa capacité à s’amuser avec les mots tout en donnant du sens à son propos.

Près de moi, un radio-réveil terriblement anxiogène égrenait des chiffres rouges lumineux, et je voyais les minutes défiler sur mon insomnie. Je l’ai pris entre mes mains pour constater qu’il était made in China. Sa longévité m’épatait. Comment était-ce possible? Quelle puissance. Quelle force tranquille. Il semblait heureux de passer sa vie à clignoter, dans l’autoroute paisible de sa mission. Je me sentais si fragile à cet instant. J’aurais voulu moi aussi être made in China.

Il y a dans La tête de l’emploi tout ce que l’on aime chez Foenkinos et aussi tout ce que ses détracteurs lui reprochent. Une mécanique bien huilée, une facilité dans l’écriture et l’emploi des mots, comme un jeu entre l’auteur et son lecteur avec les clins d’oeil habituels. Et des petites pensées qui font mouche et font réfléchir le lecteur .

Il nous arrive même de croire qu’on serait plus heureux ailleurs. Mais c’est une illusion, je le sais. Ailleurs, c’est juste la version amnésique de notre présent.

 

La souffrance, c’est ne pas oublier ce qui nous a rendu heureux.

 

Les souvenirs ne doivent pas se substituer aux cendres.

En résumé, j’ai retrouvé David Foenkinos avec plaisir  et La tête de l’emploi est un  livre réjouissant qui se lit vite et avec envie.

Stop ou encore- épisode 7.

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Rappel : pour celles qui souhaitent participer au jeu de Noël, j’attends vos envois de cadeau(x) avant le 5 décembre 2016. Merci !!

Après les 7 jours de vote réglementaires, c’est un score serré qui apparaît après les  20 votes  enregistrés ! Mais Goldman gagne encore avec 40% des suffrages contre 35% pour Polnareff et 25% pour Hernandez. Il revient donc en 5 ième semaine…et je n’y peux rien Syl, le peuple c’est exprimé ! Voici dont le nouveau match , avec le mot  » Comme  » en fil rouge.

Proposition 1.

Jean – Jacques Goldman  avec Comme toi . Un classique qui nous rajeunit pas, je l’étudiais en cours de musique au collège…

 

Proposition 2.

Etienne Daho avec Bleu comme toi  . Un classique également des années 80, Daho le précurseur de la pop mi rock mi électro à la française…et il est encore là et toujours avec bonheur ! Et je vous propose la version maxi !

Proposition 3.

Maître Gims  avec Sapés comme jamais . Ha ha ha…oui je sais, personne ne va voter pour le Maître , une de ses bonnes chansons, sur le deuxième album même si plus il avance et il vend des disques, plus il fait de la soupe…

A vous de choisir qui sera encore là au prochain épisode ! Vous avez 7 jours !

 

Le soleil a rendez-vous avec la lune

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Juste avant qu’elle ne décide de le transformer en braises de bois consumé dans son  âtre, on pouvait lire dans le journal intime de la lune : «  Je brûlerai dans les flammes de l’enfer, perdue pour des millénaires. Soudain tout s’éclaire, c’est dans sa lumière que j’ai goûté la chair »

Un soir d’intense chaleur,  le soleil fit fondre la glace et devint l’amant de la lune.

Il remarqua tout de suite le côté solaire de l’astre lunaire, et le trouva littéralement fascinant.

La lune elle, fut subjuguée par le côté pierrot lunaire du soleil, peut être à cause de ses demi-lunes (être en orbite en permanence finit par rendre presbyte).

Il n ‘en fallut pas plus pour donner naissance à  la plus torride des passions dans l’univers.

Mais dans l’espace, pas facile de raccourcir les distances et le temps.

Comment atteindre l’extase en jouant au chat et à la souris ? Quand le soleil se couchait, la lune se levait, quand l’un brillait, l’autre s’assoupissait.

Les deux amoureux s’organisèrent alors  pour que leur passion ne soit   ni un jeu  pieux ni un château de sable.

Le soleil remarqua que la lune était une cérébrale, capable de prendre du plaisir à distance.

Il missionna donc  les arc-en-ciel et les étoiles filantes lorsqu’ils sont le moins occupés, au printemps et à l’automne. Les arc-en-ciel firent passer à la lune des photos du soleil prises sous  rayons X et leur prisme excita la lune. Les étoiles elles,  lui transmirent les mots doux et brûlants  pour stimuler  d’autant son imaginaire.

Et cela marcha, la lune se caressa en pensant à son ange astral et elle atteignit l’orgasme.

C’est là le paradoxe de l’équinoxe. Les grandes marées d’automne et de printemps  ne sont que le résultat de l’intensité orgasmique de la lune. Les ondulations fiévreuses des vagues  dans l’océan   ne sont dues qu’aux secousses syncopées de la lune.

Le soleil, lui, bêtement mâle, n’était pas trop  cérébral.

Il sentit monter en lui un désir croissant de lune.

Il avait besoin d’être proche de sa maîtresse pour pouvoir prendre du plaisir. Il devint nécessaire pour lui  de se superposer à la lune, de la recouvrir totalement.

Ainsi quand vous voyez  une éclipse de lune, c’est que le soleil fait l’amour avec la  lune.

Hélas, les histoires d’amour finissent mal en général, et un beau jour, ou peut être une nuit, le soleil s’est éclipsé avec la terre alors que la lune était pleine. Bêtement mâle le soleil…

Première diffusion sur over-blog en décembre 2013. J’ai changé juste la fin.

Continuer de Laurent MAUVIGNIER (2016)

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Sybille à la quarantaine, divorcée, maman de Samuel, un adolescent qui part à la dérive. Elle-même a le sentiment d’avoir raté sa vie, et objectivement, sa situation personnelle n’est pas réjouissante. Une soirée à laquelle participe Samuel, tourne mal, il assiste sans rien faire à une agression commise par deux de ses copains, à tendance skinhead. Contre l’avis de tous , son ancien mari, son médecin, ses proches, elle décide de partir seule avec Samuel, au Kirghizistan , pour faire le tour du pays à cheval, espérant enrayer la chute de Samuel. Elle est sonnée après cette soirée qui finit à la gendarmerie…mais elle veut réagir…

Une sorte de journée dans la brume. Comme ces longs dimanches d’hiver qui s’étendent sans fin jusqu’à la nuit, jusqu’au lundi, comme si le temps s’était arrêté, englué dans l’épaisseur d’un silence qui anesthésie toute chose. Peut-être est-ce dû au fait que lorsqu’ils arrivent chez eux, Sibylle et Samuel n’ont pas échangé un mot et qu’ils ne se parleront pour ainsi dire pas de la journée.

Je n’avais jamais entendu parler de Laurent Mauvignier avant de le voir dans La Grande librairie. Et j’ai été séduit par son discours sur l’écriture ou plutôt par sa difficulté à discourir, façon Modiano, avec l’impossibilité de finir ses phrases et de restituer les méandres de ses pensées. Et d’ailleurs Dans Continuer, il y a deux auteurs cités, Proust et Modiano…

Au final, Continuer est un beau et bon roman qui m’a interpellé sans toutefois déclencher un vrai coup de coeur .

Laurent Mauvignier est assurément un écrivain confirmé et de talent. Il sait où il va et du début à la fin, la construction de son roman est maîtrisée et séduisante. Le style est assez épuré, simple, avec parfois une prédilection pour les énumérations, et à d’autres moments, pour les pensées brutes et sèches, comme ici…

Les mots qui sont dits sont juste ceux qui ont assumé la vitesse de la pensée.

On ne fait pas de projets d’avenir , les projets , c’est pour ceux qui n’ont pas de présent. Quand le présent vous comble, pourquoi aller chercher demain ce qui s’accomplit pleinement chaque jour ?

 

Si on croit qu’on a pas besoin des autres ou que les autres sont seulement des dangers , alors on est foutu. Aller vers les autres, c’est pas renoncer à soi.

Au fur et à mesure que l’histoire avance, on découvre le passé de Sibylle et au fond, on comprend assez vite que c’est elle-même qu’elle est venue retrouver au fin fond de ce pays hostile, que c’est sa propre chute qu’elle est venu essayer d’enrayer, en même temps que celle de son fils.

Continuer est aussi une réflexion subtile sur le sens de la vie et le pourquoi des existences ratées ou au rabais, sur le sentiment pervers de vouloir toujours être un autre…

On n’est pas un autre.  On n’est que ce corps, on n’est que ce désir bordé de limites, de cet espoir ceinturé. Alors il faut apprendre à s’en rendre compte et à vivre à la hauteur de sa médiocrité, apprendre à s’amputer de nos rêves de grandeur, vivre au calme, à l’abri de nos rêves. Où  est-ce qu’elle aurait pu croire qu’une fille comme elle aurait pu écrire des livres, des romans ?

Il y a cependant  des aspects qui m’ont un peu  refroidis. J’ai eu du mal à me passionner pour l’aventure en elle même, le périple à cheval, la rencontre avec les nomades et les traditions des kirghizes. Et puis, je trouve que Laurent Mauvignier appuie un peu trop sur l’actualité de notre pays, avec la montée de l’extrême droite, le racisme ambiant français , comme d’autres utilisent les attentats , les migrants, comme s’il fallait à chaque fois que l’auteur rappelle que ce n’est pas un écrivain dans sa tour d’ivoire qui ne s’intéresse pas à la société actuelle…c’est pas la peine amis auteurs, on sait que vous n’êtes pas des robots…et j’en ai marre de retomber toujours sur le bordel ambiant du monde de 2016 !

Par contre, je dois dire que les quinze dernières pages sont vraiment belles et fortes et la toute dernière scène particulièrement émouvante et sensible, de celles qui nous font avaler notre salive un peu bruyamment…oui la dernière scène, les derniers mots de l’auteur sont une prouesse !

En résumé, un bon moment de lecture, je relirai Laurent Mauvignier car je pense qu’il a  certainement écrit des choses plus fortes que Continuer.

Jeu de Noël 2016 du Blog de Mind The Gap…Youpi !

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C’est vrai qu’il n’y a plus de neige ou de moins en moins , mais il y a quand même un Noël, et donc un jeu  sur le blog ! C’est vrai que la période est triste et morose mais bon c’est l’heure du jeu de Noël !

Et cette année je propose une tombola pour pour tous ceux et celles qui voudront participer.

Voici les règles du jeu en 4 étapes simples .

  • S’inscrire à la tombola en me laissant un commentaire ici même. Le jeu est ouvert à tous ceux qui ont déjà commenté ici.
  • M’envoyer avant le 5 décembre 2016, à mon adresse personnelle (pour ceux qui ne l’ont pas ou l’ont perdue, vous m’envoyez un mail à mind.the.gap@orange.fr) , un ou deux cadeaux surprise. Choisissez des petits cadeaux, en terme de poids, d’encombrement (pour les envois postaux) et de prix, et si possible originaux…vous pouvez vous lâcher un peu…évitez le carnet  ou le livre de poche classique si vous le pouvez, essayons de s’amuser aussi !   Il faut un cadeau au minimum et 2  cadeaux au maximum,emballés de sorte qu’on ne sache pas de quoi il s’agit. N’oubliez pas  d’indiquer qui vous êtes dans votre envoi ! je précise que je ferai aussi 2 cadeaux surprise pour cette tombola.
  • Votre envoi vous permet de participer au tirage au sort de la tombola qui sera effectué par La Douce. Il y aura 2 gagnants   sélectionnés par les mains innocentes de la Douce…
  • Le 12 décembre, je publie le résultat du tirage au sort sur le blog et dans la foulée, j’envoie aux heureux gagnants leur colis de Noël. Je partage au pif les cadeaux, surprise totale  donc lors de l’ouverture.

C’est simple et efficace, j’espère que vous serez nombreux  et nombreuses à participer et que vous aurez des idées marrantes de petits cadeaux…

Je vous tiendrai au courant du nombre et des noms des participants lors d’un prochain article  ! A bientôt !

 

Stop ou encore- Volume 6

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Après un suspens insoutenable , 21 votes  et des scores serrés, c’est encore Goldman qui triomphe cette semaine avec 38% contre 33% pour Mylène Farmer et 28% pour Niagara.

Il revient donc en quatrième semaine. J’ai choisi le mot fil rouge  »   né      » pour cet épisode 6.

Proposition 1

Jean-Jacques Golman : Né en 17 à Leidenstadt : probablement l’un de ses textes les plus forts…

Proposition 2

Michel Polnareff : Sous quelle étoile suis-je né. J’aime beaucoup ce titre et je vous propose la version live lors de sa tournée 2007 en France que j’ai eu la chance de voir.

 

Proposition 3

Patrick Hernandez : Born to be alive . Pour le fun…c’est le plus grand tube disco français…en version maxi bien entendu parce que c’est encore mieux !

A vous de voter…

Sombre dimanche d’Alice ZENITER (2013)

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Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois posée au bord des rails près de la gare Nyugati à Budapest . Le jeune Imre grandit dans un univers mélancolique de non-dits et de secrets où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille.  Imré est entouré du grand père, estropié et acâriatre, de son père, Pal,  silencieux et veuf, de sa grande soeur, Agi,  aimante et dynamique et de son meilleur ami, Szolt, plus âgé que lui.

Les gens passaient devant lui comme des trains. Pal les regardait avec intérêt, avec compassion, avec tendresse, mais ils ne faisaient pas partie de lui. Ils n’habitaient pas son monde. Il ne savait pas lui-même pourquoi il était fait de la sorte.Il n’aimait pas être ainsi. Il aurait voulu être normal.

Nous allons suivre plus de quinze ans de la vie d’Imré, enfant, adolescent, adulte. Cette vie singulière et triste s’insère dans la vie familiale  sur trois générations et la vie de la Hongrie, entre la fin de la guerre, le communisme soviétique et l’ouverture européenne du pays.

Hé bien en cet automne, j’enchaîne les coups de coeur. J’ai pas mal hésité et attendu avant de lire le deuxième roman d‘Alice Zéniter, qui fut un succès critique et public. En effet, encensé par Télérama, le milieu intello et couronné du prix Inter, auteur Docteur en études théâtrales et normalienne, ça partait plutôt mal. Mais j’ai dépassé mes préjugés et j’ai bien fait car j’ai adoré cette histoire et ce Sombre dimanche qui s’étire sur des années et des années, avec toutefois des joies au milieu du chaos mélancolique des dimanches.

Car la vie d’Imré n’est pas très gaie, mais il se confronte  aux fugues adolescentes, à son premier travail dans un sex shop, à ses premiers émois amoureux et à  l’amour avec la rencontre de celle qui deviendra sa femme et la mère de sa fille, Kerstin,une jeune allemande venue en Hongrie pour voir la « vraie vie », pas celle des bourgeois de Berlin auxquels elle appartient.

Il y a des vies minuscules , on ne rend pas compte. Ce n’est pas une question de temps, on pourrait tous vivre quatre-vingts ans, ça ne changerait rien. Il y a des vies qui sont immenses, qui ont embrassé toutes les dimensions du monde. Et il y a des vies sèches  et linéaires, comme des pailles à cocktail mâchonnées encore et encore. J’avais tellement peur de ça.

L’univers dépeint par Alize Zéniter est noir, on est pas dans un roman bisounours, mais empreint d’une poésie mélancolique et riante à la fois, à condition de vouloir voir les échappées de joies et d’espoirs disséminées dans le brouillard du jardin de la maison au niveau des rails. Car l’univers d’Alice Zéniter est souvent triste…

Il y avait très peu de vrais salauds et de vrai saints. Il n’y avait que des hommes qui regardaient leur nombril , tremblaient pour leur nombril et protégeaient leur nombril sans jamais cesser d’être d’une banalité insoupçonnée.

Sombre dimanche est un livre qui parle du bonheur, de réussir sa vie malgré le poids de sa famille et les secrets plus ou moins nauséabonds qui refont surface dans la vie d’ Imré.

Est-ce qu’on peut oublier qu’on a eu une famille ?

Les mots dAlice Zéniter sont simples, harmonieux , touchants et sa construction en courts chapitres alternants passé, présent, évènements importants et anecdotes est efficace et heureuse.

En résumé, j’ai passé un très bon moment de lecture, tout m’a plu dans ce roman, je n’ai rien trouvé à dire en négatif, et j’avoue ne pas comprendre ce qui s’est passé au niveau de Télérama et du prix Inter…disons qu’un éclair de lucidité n’est jamais à exclure dans ce milieu…à moins que ce soit moi qui devienne lucide en vieillissant???

Je vais relire cette auteur, probablement avec son tout  premier roman et je vous invite à partager mon coup de coeur pour Sombre dimanche. logo coup de couer