Aux origines…

Pour ceux qui me suivent fidèlement, vous vous rappelez peut-être qu’en mai dernier, j’étais à Haworth, dans la maison des Brontë. Une artiste anglaise, proposait aux visiteurs du Presbytère d’écrire chacun une ligne du texte original des Hauts de Hurlevent, afin de re créer une sorte de manuscrit original (dans tous les sens du terme). En effet, Emily Brontë l’a probablement détruit avant sa mort.

Bon, maintenant vous avez 2 choix possibles !

Soit vous dire, encore les Brontë, il me gonfle avec ces auteurs-là…

Sauf que mon petit doigt me dit que si le blog dure encore , vous avez pas fini d’en entendre parler !

Soit vous dire que c’est une super idée, et que peut être vous aimeriez avoir une réplique d’un manuscrit original d’un auteur culte !

Hé bien figurez-vous que sur FB, j’ai vu un post indiquant qu’un éditeur sortait la reproduction du manuscrit original de Jane Eyre, écrit de la main de Charlotte Brontë , puisque le sien a survécu. Ce n’est peut-être pas le premier, car elle écrivait façon pattes de mouches, mais probablement celui qu’elle a fourni juste avant la fabrication du livre !

Et en allant voir sur le site, j’ai trouvé d’autres auteurs qui ne m’intéressent pas…mais peut être qu’ils vous tenteront.

Evidemment, c’est des beaux objets, en tirage limité, qui sont destinés aux collectionneurs ou bibliophiles, mais pas seulement.

Le manuscrit de Jane Eyre, l’original en 3 volumes, représente 800 pages manuscrites. Il y a 1000 exemplaires numérotés. Le prix est de 249 €.

249 euros, c’est cher…surtout que lire Jane Eyre en anglais et écrit à la main, c’est pas aisé pour moi…mais c’est quand même tentant.

Mais les auteurs français sont moins chers…en moyenne c’est 150€ .

Si ça vous intéresse, c’est ici : LES SAINTS PERES

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POLDARK- saison 1

Nous sommes en 1783. Ross Poldark revient de la guerre d’indépendance américaine pour les Cornouailles.
Sa région natale est en pleine récession. Pendant son absence, son père est mort. La mine familiale a fermé. Et son amour de jeunesse, Elizabeth, s’est fiancée à son cousin Francis.
Trahi par les siens, Ross tente de reconstruire sa vie avec son nouvel amour, Demelza…

Je ne regarde que très rarement des séries , parce que ça prend du temps et que je préfère de beaucoup les films.

Mais, là, quand j’ai vu qu’il s’agissait de l’ Angleterre, d’une romance sur fond d’une chronique sociale, de la BBC qui excelle pour adapter les grands succès littéraires des auteurs classiques ou actuels, je me suis laissé tenté. Et puis, il faut dire que j’ai été en Cornouailles et que l’idée  revoir ses paysages somptueux furent  la cerise sur le cup-cake !

A tel point que j’irai voir la mine la prochaine fois que je serai là-bas…

Et j’ai été bien inspiré, j’adore cette histoire, qui est l’adaptation télé de 13 romans écrits par un certain Winston Graham, qui a mis plus de 50 ans pour écrire cette saga (il faut dire qu’il n’a pas écrit que ça…).

Dans Poldark, il y a une véritable intrigue, du suspens permanent et la réalisation sait y faire pour rendre le téléspectateur addict , dès le premier épisode.

Le décor naturel de la Cornouailles, cette mine dont les restes existent vraiment, l’océan et la verte prairie sont pour moi fantastiques. Les décors reconstitués sont réussis, les seconds rôles parfaits et le couple d’acteurs principaux vraiment bien choisis.

Ross, le valeureux Capitaine, prototype de l’homme courageux et bon…

Demelza, la jeune femme pauvre qui s’échappe de sa condition miséreuse…

Elizabeth, qui perd peu à peu sa situation confortable et privilégiée, mais saura probablement la retrouver…

J’ai presque fini le visionnage des 8 épisodes de la saison 1, il reste à voir  les 18 épisodes des saisons 2 et 3. La saison 4 est actuellement en tournage, la série marche très fort sur la BBC en Angleterre.

L’intégrale de la saison 1  (3 DVD / VOD soit 8 heures de films ) sera disponible le 25 octobre .

Si ça vous tente, voici la bande annonce de la BBC.

Je remercie KOBA films, diffuseur des adaptations de la BBC, pour ce partenariat.

La salle de bal de Anna HOPE – 2017

Nous sommes dans le Yorkshire , au début du vingtième siècle, dans l’asile de Sharston. Dans cet établissement sont internés des aliénés, des faibles d’esprits, mais aussi des indigents, des pauvres livrés à eux-mêmes, des personnes ayant eu un incident de parcours dont personne ne veut plus,  sans pathologie psychiatrique.

A Sharston, il y a le pavillon des femmes, avec Ella, qui épuisée par ses conditions de travail dans une filature a défoncé une fenêtre avec sa tête. Les femmes travaillent à l’intérieur des bâtiments. Il y a le pavillon des hommes, avec John, un Irlandais au passé tourmenté. Les hommes travaillent à l’extérieur.

Les soins (et les contraintes de force en cas de rébellion des pensionnaires)  sont dirigés par le Docteur Charles Fuller. Celui-ci anime un orchestre au sein de l’établissement, et tous les vendredis soirs, une partie des hommes et des femmes , triés sur le volet, se retrouvent autour d’un bal, où Ella et John vont se croiser, dans La salle de bal…

Mais le Docteur Fuller, personnage ambitieux et frustré, va s’intéresser à la théorie de l’ eugénisme, en vogue à cette époque en Angleterre, notamment appréciée par Churchill…

Waouh, quel livre, je reconnais encore une fois le brio et le savoir-faire d’un auteur anglais, qui de plus est un  » jeune » auteur  puisque La salle de bal n’est que le second roman d’ Anna Hope, par ailleurs actrice.

C’est pour moi le roman parfait.

Le roman qui est capable de créer et de faire vivre trois personnages principaux d’une densité forte entourés de nombreux seconds rôles, tous parfaitement accordés. Je pense notamment à Clem et à ses livres…

Le Docteur Fuller m’a fait penser à Arien Deume, dans Belle du seigneur. Ella et John sont des personnages très anglais, j’ai pensé à la littérature du dix-neuvième siècle…celle que j’affectionne…

Un roman qui est capable de dérouler une belle histoire, à la fois sentimentale, humaine  et historique , totalement fictionnelle bien qu’ inspirée de faits historiques et d’un ancêtre de l’auteur. Anna Hope écrit avec légèreté et efficacité, elle sait parfaitement camper son décor, faire naître ses personnages, émouvoir le lecteur, puis le captiver à partir d’un suspense haletant sur le dernier tiers du roman. J’avoue avoir lu en diagonale et très vite certaines pages pour avancer et aller au bout.

La grande Histoire est présente aussi, en arrière plan, avec la situation de l’Angleterre avant la première guerre mondiale, la crise industrielle, la pauvreté, la violence et la question de l’ eugénisme dont on n’entend pas trop parler dans les romans et sur laquelle j’ai appris des choses.

La salle de bal est un livre tout en sensibilité, un livre qui fait réfléchir , qui serre le coeur sans toutefois vouloir choquer le lecteur à tout prix.

L’écriture d‘Anna Hope est fluide et belle, poétique parfois, simple, sincère…bref je n’arrive pas à trouver de défaut, peut-être que l’intrigue met un peu de temps à s’installer au tout début du roman.

En plus contrairement à beaucoup d’auteurs actuels , ce n’est pas un texte qui tient sur 20 pages Word et qui coûte quand même 17 € voire plus,  c’est un vrai roman de 450 pages, en trois parties chronologiques.

Et donc, je vais m’empresser d’aller acheter le premier roman d’ Anna Hope qui s’appelle Le chagrin des vivants.

Bientôt Noël…pensez à offrir La salle de bal

Dommage !

Les rappeurs Toulousains Big Flo et Oli font un sacré beau parcours. Ils ne sont connus que depuis 2015 et leur second album,  » La vraie vie »  les place dans « La cour des grands » (titre de leur premier album).

Je ne suis pas fan mais j’ai entendu cette chanson et j’aime beaucoup ce qu’elle raconte…

Elle a été réalisé avec Stromaé !

Le titre s’intitule Dommage (Eliane…)

Jeu de Noël 2017 – Neuvième énigme

L’énigme est terminée pour aujourd’hui, il fallait trouver A-PAIX-RIZ-TIF, et Lydia et Estelle sont les deux gagnantes du jour ! Rendez-vous avant la fin du mois pour la suite !

Petit point sur le jeu de Noël  2017 du blog!

Il y aura 2 énigmes en octobre, 2 en novembre et 2 en décembre et dorénavant, je vais prendre en compte les 2 premières bonnes réponses en commentaire. Je vous rappelle que vous devez impérativement mettre le mot  » Fernandel » dans votre réponse, ce qui permet de ne pas afficher directement les commentaires.

A la fin du jeu, il y aura une seule gagnante qui recevra un petit colis de Noël !

Du côté des participantes:

  • Ont 2 points: Martine, Valentyne, La Douce , Manou dans la forêt  et Lydia.
  • Ont 1 point : Estelle et Emilie.

Voici donc la neuvième énigme.

Il s’agit aujourd’hui de trouver un moment de la semaine à travers une charade que voici :

  • Mon premier est la première
  • Mon second n’est pas en guerre
  • Mon troisième est une céréale
  • Mon quatrième peut être blond, roux, gris…

Et donc, mon tout est un moment de la semaine ! A vous de jouer !

c’est en septembre…

Je vais vous faire une confidence, quand tout va bien ici, j’ai entre 2 et 3 semaines d’articles de programmés, il m’est arrivé d’aller au delà ! Mais là, c’est un peu la panne , alors je vais faire comme beaucoup de blogueuses amies , un petit retour sur septembre, qui a été comme un mois de septembre mais en pire…

C’est donc en septembre…

Que j’ai mangé des succulents muffins aux myrtilles chez Asphodèle, avant que le ciel (ou l’innommable pour reprendre les mots de Galéa)  ne lui tombe sur la tête

Que l’album d’ Indochine « 13 » est sorti, et que  j’ai vu un mini concert du groupe sur la page FB de Quotidien et je me suis dit, vivement le live en mars à Toulouse.

Que j’ai eu une  panne de lecture de plus de 15 jours, ce qui ne m’arrive jamais.

Que j’ai malgré tout réussi à lire  » Femme à la mobylette  » de Jean-Luc Seigle, roman d’un tristesse absolue, tellement que je déconseille de passer Au Vieux Campeur acheter une corde d’escalade en sortant de la librairie…

Que j’ai rencontré à Metz, une blogueuse qui part plus souvent en vacances que moi, ce qui me désole et n’est pas normal !

Que je me suis fait  indirectement traiter de pipelette par une autre blogueuse avec qui  j’ai conversé pour la première fois par téléphone…je reste sans voix du coup !

Que la même semaine, je me suis trouvé successivement à Montpellier, Toulouse, Nice, Metz et Lyon…l’année prochaine, je tenterai la même chose mais sur un seul jour.

Que j’ai appris que Sigolène Vinson, qui est pour moi LA rencontre littéraire de ces dernières années, avait sorti un nouveau roman en août, sans que je le sache !

Que j’étais invité  à un repas célébrant des noces d’or…ce qui me paraît juste incroyable !

Que je me suis rendu compte que cette année n’était pas une année à noix,  (mais peut-être plus  à la noix.)

Que je me dis qu’il est grand temps de concrétiser des projets,  de  reprendre un chien  (puisqu’ après un an, le deuil n’est toujours pas fait et que je comprends qu’il ne se fera pas totalement),  de faire une cagnotte permettant d’aller voir les aurores boréales (au risque de finir congelé en statue de givre boréal)

Que je me dis qu’octobre aura sa revanche…

 

Bakhita de Véronique OLMI – 2017

 

Parfois, la connaissance du monde est une grande fatigue.

Quelle épopée, terrible et sublime que nous raconte Véronique Olmi dans son dernier roman, Bakhita.

Celle d’un jeune fille de sept ans, enlevée par des négriers dans son village du Soudan en 1835, pour être livré à l’esclavage le plus sordide jusqu’à ses 14 ans. A partir de là, achetée par le consul d’Italie au Soudan, elle reste esclave mais ne subira plus de sévices. Elle sera ramenée en Italie où elle sera protégée et instruite par une congrégation de religieuses à Venise. Elle ne quittera plus l’église, deviendra elle-même religieuse , s’occupant d’enfants orphelins et pauvres, jusqu’à sa mort. Devenue célèbre de par sa couleur noir prononcé et sa foi, utilisée par l’ Eglise Catholique à des fins d’évangélisation, elle sera canonisée par Jean-Paul 2, bien après sa mort.

J’ai du mal à rédiger cette chronique, j’ai fini le livre il y a trois semaines . J’aime beaucoup Véronique Olmi et avec Bakhita, elle prouve qu’elle peut changer totalement d’univers, se mettre au service exclusif de cette femme au destin hors du commun et raconter sa vie, la vie, l’humain, l’inhumain, avec sobriété et retenuse,mais avec une force inouïe. Il faut dire que l’auteur de Bord de mer sait écrire avec une force peu commune parmi les auteurs de notre génération.

Du coup, les 200 premières pages sont dures à encaisser, lorsqu’on sait que l’histoire racontée , bien que romancée est l’ HISTOIRE de l’esclavage et notre humanité il n’y a pas si longtemps que ça. D’ailleurs, dans Bakhita, on balaye partiellement 80 ans d’histoire, avec notamment les 2 guerres mondiales du vingtième siècle.

Elle voudrait leur dire comme la vie est rapide, ce n’est qu’une flèche, brûlante et fine, la vie est un seul rassemblement, furieux et miraculeux, on vit on aime et on perd ce qu’on aime, alors on aime à nouveau et c’est toujours la même personne que l’on cherche à travers toutes les autres. Il n’y a qu’un seul amour. Une seule hostie partagée. Un seul pain multiplié. Elle voudrait leur dire, mais avec son mélange et sa timidité, qui la comprendrait ?

La suite est plus  réjouissante, et je dois dire que moi qui suis athée et tout en respectant la foi, farouchement critique voire opposé à toute Eglise, j’ai eu envie de croire , et c’est un tour de force de Véronique Olmi.

C’est un livre essentiel, qui ne fait pas de bruit, comme son auteur, et comme dirait une blogueuse amie qui hélas ne voudra pas lire Bakhita, c’est toujours les personnes qui la ramènent le moins qui sont les plus intéressantes.

Au final, ce roman déchirant est un hommage à cette femme mais aussi à la femme en général et à tout être humain qui possède une grandeur d’âme, et celle de Bakhita est infiniment puissante.

Le fil conducteur de l’histoire est la séparation…la vie de Bakhita est faite de séparations , douloureuses et multiples. Seul Dieu ne se séparera jamais d’elle…

« Elle sait qu’il ne faut s’attacher à personne, qu’à Dieu. C’est ce qu’ils disent mais elle n’y croit pas. Ce qu’elle croit, c’est qu’il faut aimer au-delà de ses forces, et elle ne craint pas les séparations, elle a quitté tant de personnes, elle est remplie d’absences et de solitudes. »

PS: Véronique Olmi a eu le prix Fnac 2017 pour ce roman, lequel est un vrai prix décerné par des lecteurs, libraires et clients de la FNAC. Il est en lisse également pour le Fémina et le Goncourt, mais après étude du dossier, je parie que Véronique Olmi sera dans la dernière sélection mais ne l’aura pas…l’ Académie Goncourt alterne chaque année entre un livre intello et un livre populaire et cette année c’est au tour de l’intello. Pas très important, c’est un succès de librairie depuis sa sortie !

Mais c’est quoi ça ? – l’ Art c’est pas simple – épisode 1 ( à suivre donc, enfin on verra ! )

Ce qui compte lorsqu’on est en présence d’une oeuvre d’art, ce n’est pas ce quelle signifie mais ce qu’elle suscite en nous. Comment on la ressent, ce qu’elle évoque, est-ce qu’elle nous touche ou pas?

Mais pour certaines disciplines artistiques, c’est intéressant de voir ce qu’ a voulu exprimer l’artiste. C’est le cas pour la peinture par exemple. Et là on se confronte aux mystères de la création artistique…ha bon, il a voulu dire ça , représenter ça ? C’est risible tellement on est loin de cette perception le plus souvent…

Alors voici un petit exercice, enfin un jeu. Cet été en Bretagne, j’ai croisé des sculptures en granit (notamment rose) avec une petite fiche de l’artiste expliquant rapidement son oeuvre…et j’ai d’ailleurs plus ou moins oublié l’explication depuis.

Par exemple, la sculpture suivante . Qu’y voir  ?

Et  que voyez-vous dans-celle ci ?

Et dans celle-là ?

Alors, que vous inspirent ces sculptures de granit ?

Des pommes, des poires… et des scoubidous (en photo) !

Non, vous ne  le savez pas encore ? Il sort en novembre…le nouvel i-phone , le numéro 10…pour fêter les 10 ans de la marque ! Et il coûte …un SMIC pour le premier modèle, celui des ploucs, et 1350€ pour le modèle « de base » ! Si si , c’est vrai !

Et vous savez quoi, le paradoxe, c’est que même des fauchés vont l’avoir…pas grave, ils partiront pas en vacances , mangeront les merdes des hard discounters mais ils auront l’objet du désir…ou du délire.

Faut dire qu’il il y a des top nouveautés sur ce nouvel i-phone, en plus de l’amélioration technologique concernant l’écran, le processeur et le double appareil photo:

  • La possibilité de recharger sans fil …waouh, indispensable, pourquoi s’emmerder à équiper les TGV de prises pour recharger les portables, merci Apple, indispensable…
  • La reconnaissance faciale : pour dévérouiller et donc démarrer, plus besoin de code, vous regardez la bête , faites 2 ou 3  grimaces et hop, c’est gagné. Un animateur de Late Show aux USA disait que ça allait poser de gros soucis, surtout en Californie, étant donné qu’on fait de la chirurgie esthétique toutes les 3 semaines…Warf !  l’i-phone sait-il s’adapter au Botox ? Nan mais il a pas tort cet animateur,  je sais pas vous, mais moi, vu la gueule que j’ai au réveil, je suis sûr que la bête refuserait de se connecter. Idem quand vous êtes bourrés le samedi soir  en sortant de boite (enfin si on ne  vous a pas volé le téléphone hein !).
  • Enfin, la possibilité de créer vos propres émoticones à partir des expressions de votre propre visage. Youhou, on en rêvait non ? Bon pour avoir du suivi dans les idées, c’est à éviter le samedi soir  en rentrant bourré  de boite ou le matin au réveil, pensez à vos correspondants !

Je reviens sur ce présentateur de Late Show aux USA dont je n’ai pas retenu le nom, et qui après avoir présenté les nouvelles fonctionnalités de l’appareil, finissait son pitch en disant ceci :  » Mais vraiment, le plus étonnant dans ce nouvel i-phone, c’est qu’il a des idiots qui vont l’acheter » !

Et en tant que génie du Marketing, n’oublions le fameux slogan (officieux) inventé par Steve Jobs naguère : « Apple, nous c’est la pomme, vous c’est les poires » !

Agatha de Frédérique DEGHELT- 2017

Ceux qui vous quittent vous laissent dans le doute d’être encore fréquentable. C’est peut-être la pire chose qu’ils vous font. Vous laisser croire qu’après eux, plus personne ne vous aimera.

Agatha Christie vient de perdre sa mère, elle est en panne d’écriture et son mari veut divorcer au profit d’une autre femme, plus jeune. Elle a 36 ans et se retrouve en pleine « middle life crise ». Elle va orchestrer une disparition, laissant d’un côté croire qu’elle est peut être morte, mais d’un autre, elle indique sa destination reelle dans une lettre envoyée à son beau-frère : un hôtel dans une station thermale du Yorkshire…

Frédérique Deghelt apporte ici une pierre à l’édifice de ce moment de vie de la célèbre Agatha Christie, souvent raconté , enfin  souvent imaginé, en littérature. Ce travail s’inscrit d’ailleurs dans une collection qui a pour but de réinventer la vie de personnages célèbres en les transformant en personnage de roman (par exemple, David Foenkinos s’était intéressé à John Lennon dans la même série).

Au final, j’ai aimé cette Agatha, j’ai appris des choses multiples sur la vie de la romancière et j’ai retrouvé la sensibilité de Frédérique Deghelt et son habilité à tracer le portrait et les pensées intimes de ses personnages, des femmes le plus souvent.

Toutefois, ce roman n’est vraiment pas son meilleur, peut-être que l’exercice était un peu trop contraignant, toujours est-il qu’il y a beaucoup de répétitions et parfois des longueurs. Certes, Agatha qui ne supporte pas l’idée d’être quittée par son mari qu’elle aime toujours est au bord du gouffre, elle ressasse en boucle cette rupture, mais  du coup le récit perd parfois de son intérêt…

Il reste qu’ Agatha est un récit romanesque intelligent qui apporte une réflexion sensible sur plusieurs questions.

Tout d’abord, l’amour, la passion, la rupture également.

Les seules histoires d’amour viables et véritablement romanesques n’existent que dans la fiction. Prenez Roméo et Juliette au hasard. Vous les imaginez plus vieux, ayant aligné plusieurs dizaines de dîners de famille avec leurs parents respectifs qui se haïssent ? Et nous qui n’aurions jamais fiché au creux du coeur, l’ingéniosité du plan de Juliette et la fatalité du destin qui l’a fait échouer? Sans ce cri du Roméo découvrant sa bien-aimée sans vie, et le désespoir de Juliette mettant fin à ses jours juste après lui, la puissance de l’amour n’existe pas. En amour sans Shakespeare, il ne reste que l’histoire mièvre et sans attrait de la plupart des couples qui jouent à se rencontrer comme s’ils étaient voués l’un à l’autre, alors que leur histoire est promise au gouffre.

 

Ensuite, le temps qui passe et les questions existentielles qui se posent quand on arrive à la moitié de sa vie.

La jeunesse n’est pas une question d’âge. Elle s’en va, je crois, quand on perd ses illusions.

 

Les souvenirs ne devraient servir qu’à bercer nos mélancolies de ce temps où nous trouvions la vie amusante, et seulement ça ! Après…mais après quoi d’ailleurs ? c’est un mystère non éclairci. La vie devient grave, les moments de bonheur se teintent d’une austérité incompréhensible et le côté amusant disparaît. Y a t-il une raison valable pour que notre insouciance se fasse ainsi la malle?

Enfin, la question de l’écriture, des inspirations et des pannes des auteurs, de l’opposition entre vie réelle et vie romancée. Agatha s’invente un personnage lorsqu’elle est dans cet hôtel du Yorkshire, incognito, pour pouvoir s’insérer dans la clientèle de l’hôtel.

Il faut noter que dans la vraie vie, Agatha Christie ne voulut jamais raconter cet épisode très douloureux de sa vie, ni dans ses romans, ni dans son auto-biographie. Elle plaidera toujours l’amnésie, pour expliquer cette disparition…

Ce livre vous tente ? Laissez-vous porter par les mots de Frédérique Deghelt et la vie d‘Agatha...